Najat Vallaud-Belkacem : «La femme est un homme comme les autres !»

La ministre des droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem veut lutter contre les stéréotypes sur les femmes et les hommes.

Dieu sait que j’ai lu beaucoup de Petit ours brun à mes enfants, mais avouez que l’image de maman en permanence derrière les fourneaux pendant que papa, qui vient de rentrer du travail, lit le journal, a ses limites.

Lutter contre les stéréotypes se fait dès le plus jeune âge, vous avez récemment visité la crèche Bourdarias, à Saint-Ouen, qui travaille depuis plusieurs années sur ces questions…

Il est important de ne pas enfermer les enfants dans des rôles préétablis qui s’avèrent inégalitaires. N’oubliez pas que, devenues femmes, la moitié de ces petites filles vont se concentrer dans seulement onze familles professionnelles sur quatre-vingt-sept. Cette crèche met en avant des jeux neutres, comme les animaux de la jungle, et propose aux petits garçons aussi de changer les langes ou de donner le bain aux poupées, et aux filles de réparer des voitures. Les livres sont également choisis dans cette optique.[…]

Avez-vous une approche éducative différente avec votre fils, et avec votre fille ?

Je ne jette pas la pierre aux parents qui reproduisent les stéréotypes. Cela a quelque chose de rassurant. Comme mes enfants sont des jumeaux, j’avais tendance à moi-même forcer le trait pour les différencier. Mais je fais des efforts. Quand je leur raconte des histoires, je veille à ce que la princesse puisse aussi vaincre les ténèbres et n’attende pas toujours d’être protégée par un chevalier. La douceur, la sensibilité et la discipline, le courage et l’audace sont des qualités à développer indifféremment chez les unes et chez les autres.
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Gala (Merci à Antislam)

À Saint-Ouen, on lutte contre le «sexisme» dès la crèche : Adieu Petit Ours Brun

(…) Dans cette structure pilote, pas de place pour les images du passé. Un ménage a été effectué dans la bibliothèque où un certain nombre d’ouvrages ont disparu.

Adieu Petit Ours brunjugé inopportun avec ses représentations de papa fumant le pipe en lisant le journal et de maman aux fourneaux.

«L’enfant se construit par identification, il faut faire attention aux images et aux représentations que nous lui donnons», plaide David Hellebecq, un des éducateurs. Mais quand les petites filles s’obstinent à se rêver en princesse, est-il pertinent de confisquer diadèmes et robes roses? «Nous essayons d’ouvrir l’horizon de la princesse en lui proposant du bricolage mais sans l’empêcher de jouer à la princesse», répond l’éducateur.

En Suède, certains établissements vont jusqu’à prôner l’emploi d’un pronom neutre pour remplacer les traditionnels «il» et «elle» ou à éliminer les jouets jugés trop sexués. Des pratiques qui n’ont pas cours à Bourdarias. «Nous ne cherchons pas à faire des filles des garçons ou l’inverse», assure la directrice. «Pourquoi être dans la lutte? Il faut proposer à chaque enfant d’être garçon ou fille à sa manière, sans nier la différence des sexes comme le font des partisans de la théorie du gender, estime le pédopsychiatre (1) Stéphane Clerget. On peut proposer à un garçon de jouer à la poupée, mais il ne faut pas l’embêter s’il aime bien la bagarre.».

(…) le Figaro