Polémique : «La seule discrimination dont puissent se plaindre les Français d’outre-mer est une discrimination positive massive »

Un article paru dans un Dictionnaire historique et critique du racisme fait polémique. La déléguée interministérielle à l’égalité des chances des Français d’outre-mer l’a qualifié de « collection de poncifs et de stéréotypes« .

Un article écrit par Anne-Marie Le Pourhiet, professeur de droit public à l’université Rennes 1, et figurant dans le « Dictionnaire historique et critique du racisme » paru en 2013 aux Presses universitaires de France (PUF), fait polémique.

L’auteur de cet article de quatre pages évoque ainsi une « discrimination positive massive » en faveur des Ultramarins :

« La seule discrimination dont puissent aujourd’hui se plaindre les citoyens français d’outre-mer est une discrimination positive massive : majoration de salaires et de retraites, exonérations sociales et fiscales, subventions à perte de vue, primes de toutes sortes, y compris les voyages gratuits ou à prix réduit vers la métropole au nom de la « continuité territoriale ».

« Les français issus de l’immigration, qu’elle provienne des anciennes colonies ou d’autres pays, ne peuvent se prévaloir d’aucune autre distinction que celle du temps nécessaire à tous les immigrés pour s’intégrer et remonter la pente de la pauvreté économique et du retard culturel qui les a poussés à quitter leur pays.

Ce temps varie évidemment selon la capacité et la volonté d’intégration des populations et leur écart socio-culturel avec la société d’accueil ».

Elle continue :

« alors que la situation n’a rien à voir avec les Etats-Unis ou l’Afrique du Sud, il a fallu fabriquer de toutes pièces un prétexte selon lequel les populations « issues de l’immigration » seraient « au quotidien » victimes de discriminations ».

La déléguée interministérielle à l’égalité des chances des Français d’outre-mer, Sophie Elizeon, a qualifié cet article de « collection de poncifs et de stéréotypes« .

(…) « Le mépris que doit susciter chez nos compatriotes, originaires des outre-mer ou non, ce pseudo-travail est de mon point de vue la meilleure réponse », écrit-elle.

Zinfos974La 1ere.fr

Relire :

« La diversité est le faux-nez de la discrimination positive. Ce terme n’a d’autre fonction que de camoufler une politique de passe-droit généralisé. En lui-même, il ne signifie absolument rien, c’est un slogan débile. » Anne-Marie Le Pourhiet

« Femmes, handicapés, “issus de l’immigration africaine et maghrébine”, homo-bi-trans-sexuels, originaires de régions “à identité forte”, etc. ont le droit de bénéficier d’avantages refusés aux hommes mâles, blancs, valides, hétérosexuels et originaires de régions hexagonales à … identité faible».
Anne-Marie Le Pourhiet, 10 octobre 2005

« La lecture des débats parlementaires fait souvent frémir tant la novlangue et le totalitarisme orwellien s’y répandent. En particulier, la lecture des débats sur la loi de 2004 créant la Halde et réprimant les propos prétendument sexistes, homophobes ou handiphobes, est de ce point de vue assez terrifiante. C’est un lavage de cerveau, une obsession purgative et répressive. » Anne-Marie Le Pourhiet

• Video Anne-Marie Le Pourhiet : certains passages sont très techniques. Ne vous laissez pas décourager. L’intervention est saisissante.
http://www.dailymotion.com/video/x74nmu

Le Conseil Représentatif des Français d’Outre-mer : «Une optique purement républicaine»

Ancien délégué interministériel à l’égalité des chances des ultramarins sous la présidence de Nicolas Sarkozy, Patrick Karam prend aujourd’hui la présidence du nouveau Conseil Représentatif des Français d’Outre-mer (Crefom).

Par sa diversité, l’Outre-mer est porteuse d’un modèle de vivre ensemble, d’une société apaisée, dont l’hexagone peut s’inspirer. Parmi nos actions, il y aura bien sûr la lutte contre les discriminations.

Vous lancez aujourd’hui le Conseil Représentatif des Français d’Outre-mer (Crefom) dont vous allez assurer la présidence. Encore un nouveau collectif ?

Jusqu’à présent on n’arrivait pas à rassembler même les associations ultramarines de l’hexagone, très marquées par leurs origines. Plus d’une centaine d’associations participent à la fondation du Crefom, qui seront bientôt rejointe par des milliers d’autres. Nous avons aussi un collège d’élus de tous bords politiques et des personnalités représentatives de la belle diversité de l’Outre-mer.

A quel besoin répond le Crefom ?

Le Crefom se donne pour mission de valoriser, promouvoir et défendre les Outre-mer. Lorsque la ministre de la Justice, Christiane Taubira, a été victime d’attaques racistes, il y a eu de la part des autorités un retard à l’allumage pour la défendre. On a bien senti à ce moment là qu’il manquait une voix puissante des ultramarins. […]

Ne va-t-on pas vous reprocher de faire surgir un nouveau communautarisme ?

Nous voulons absolument fuir le communautarisme car nous nous plaçons dans une optique purement républicaine. […]

Le Parisien

La Réunion : un enfant retrouvé décapité

Le corps d’un enfant de 4 ans a été découvert décapité et calciné dans une niche à chiens dans la cour de la maison familiale à Saint-Benoît, sur la côte est de l’île de la Réunion, a-t-on appris mercredi auprès de la gendarmerie.

Selon le Journal de la Réunion, qui révèle l’information, le beau-père de l’enfant est suspecté d’être l’auteur du crime. [...]

Le Figaro

Mariage gay et Colonialisme par TAUBIRA. Ne dites plus Métropole mais Hexagone (vidéo)

Métropole relève totalement du vocabulaire de l’Empire colonial, totalement [...] Je ne sais pas si, ni combien de temps prendra le mot Hexagone pour s’installer mais il n’y a pas un sujet de tension ni de friction là.


[Même si le fait est historiquement vrai, qui de nos jours utilise le terme de Métropole dans ce sens ?, NDLR]
wikipédia

Le Front de gauche va constituer un groupe à l’Assemblée avec des députés d’Outre-mer

Les dix députés du Front de gauche vont constituer un groupe avec des élus d’outremer, a annoncé mardi le député communiste du Puy-de-Dôme André Chassaigne, qui devrait le présider.

Le renfort de députés ultramarins permet ainsi de franchir la barre des 15 députés nécessaire pour constituer un groupe, et « d’être tout de suite opérationnel », a expliqué André Chassaigne.

BFMTV

Pour information : Un groupe à l’Assemblée, clé de la visibilité politique

[...]
Des avantages matériels. Les groupes bénéficient d’une enveloppe financière, en fonction de leur effectif, ce qui se traduit en moyens matériels (bureaux, salles de réunion) et humains. Des chargés de mission – qui s’ajoutent aux assistants des députés – aident ainsi à gérer le suivi des travaux en commission et à mutualiser les tâches comme les argumentaires sur les textes de loi.

Des avantages politiques. Les postes de responsabilité (bureau de l’Assemblée nationale, bureaux des commissions), les sièges en commission, les places dans l’Hémicycle et les temps de parole sont répartis proportionnellement au nombre total de sièges que les groupes détiennent.

Les présidents de groupe ont, eux, une capacité d’expression importante puisqu’ils sont membres de droit de la Conférence des présidents, qui fixe l’ordre du jour, organise les séances de questions au gouvernement, etc. Les présidents de groupe peuvent demander un scrutin public, une suspension de séance ou la création d’une commission spéciale. Une fois par mois, tout groupe peut disposer d’une journée pour défendre ses propositions de loi.

Des avantages électoraux. Le Code électoral prévoit que lors des législatives la répartition du temps d’antenne sur les chaînes publiques s’effectue par accord entre les présidents des groupes. [...]

Mémoire et Histoire de l’Esclavage : Un totem kanak planté à Paris ? (MàJ vidéo)

Addendum : La mission sur « la mémoire des expositions ethnographiques et coloniales » a rendu son rapport à Marie-Luce Penchard au ministère de l’outre-mer à Paris.

Au-delà des monuments qui rendent hommage aux victimes, il faudrait également investir tous les sites qui renvoient aux pages les plus sombres de notre histoire coloniale » [...] – Marie-Luce Penchard, ministre de l’outre-mer. JT de Mayotte 1ère – 16/11/2011

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C’est une préconisation au gouvernement. Hier à Paris, Françoise Vergès, présidente du Comité pour la Mémoire et l’Histoire de l’Esclavage a remis à la ministre de l’Outre-mer un rapport sur les « zoos humains » qui se tenaient notamment en France au siècle dernier. Ce travail a largement dépassé le cadre des expositions coloniales pour explorer les moyens de « dépasser la fragmentation des mémoires et faire apparaître les passerelles qui nous unissent ». Ce travail de mémoire peut renforcer la cohésion sociale dans un esprit de vérité et réconciliation.

Inscrire dans l’espace public les mémoires issues des mondes de la colonisation.

Françoise Vergès

C’est le 7 avril dernier que Françoise Vergès, présidente du Comité pour la Mémoire et l’Histoire de l’Esclavage, a été chargée par la ministre de l’Outre-mer d’une mission de « réflexion et de propositions concrètes autour d’un travail mémoriel et historique consacré aux inacceptables expositions d’êtres humains, appelées aussi aujourd’hui « zoos humains » qui ont pu se tenir, entre autres, dans notre pays ». Hier lors d’une conférence de presse à Paris, Françoise Vergès a remis son rapport au gouvernement.

Totem Kanak

Après avoir remercié l’administration, « les élus, les personnalités et les chercheurs qui ont répondu à notre invitation d’être auditionnés ou consultés », les ministères de la Culture et de l’Outre-mer ainsi que la Ville de Paris, Françoise Vergès a expliqué que la mission s’est inscrite « autour de l’émergence dans le débat et l’espace public des mémoires issues de la longue histoire de la colonisation française, et qui interpelle chercheurs, pouvoirs publics, élus, et le monde associatif, culturel et artistique ».

[...] « il nous apparaît donc nécessaire de multiplier les gestes et les actions d’une éducation citoyenne, qui affirme [...] le rôle de l’histoire de la colonisation dans la construction de la société française » [...]

[...] « le sentiment de ne pas être pris en compte donne lieu à un sentiment de frustration qui nourrit une rivalité entre mémoires et histoires », a affirmé hier Françoise Vergès.

[...] « Il nous semble aujourd’hui que nous sommes prêts à créer un espace où ces mémoires entrant en conversation, découvrent ce qui les relient », ajoute la présidente du CPMHE.

Témoignages.re – 16/11/2011

La Réunion est-elle au bord de l’explosion ?

Pendant six semaines, la Réunion a assisté avec un certain effarement aux violentes révoltes sociales qui ont secoué Mayotte. Une explosion survenue au lendemain de l’accession de l’île aux parfums au statut de département français, et déclenchée par le ras-le-bol de la cherté de la vie. En mars 2009, la contagion était venue des Antilles jusqu’à la Réunion. Le phénomène pourrait-il être importé cette fois de Mayotte ?

Si les décideurs locaux se refusent ne serait-ce qu’à envisager le scénario, les leaders syndicaux et associatifs en revanche en sont sûrs, la Réunion est au bord de l’explosion.

RANCE-OVERSEAS-STRIKE-ECONOMY-REUNIONLa Réunion – Incidents entre groupes de jeunes et forces de l’ordre, à Saint-Denis, en Mars 2009.

A 1500 km de la Réunion, sur un territoire qui vient de devenir le 101ème département français, des révoltes d’une grande violence ont éclaté pendant un mois et demi. Une explosion sociale inédite sur ce territoire. Alors que le contexte social réunionnais ne cesse de se dégrader depuis trois ans, avec un taux de chômage qui tutoie à nouveau les 30%, la question d’un mouvement de contestation du type de celui que vient de connaître Mayotte se pose. Certes pas aux yeux des décideurs économiques locaux, qui frémissent à la seule l’évocation d’une telle perspective et préfèrent balayer d’un revers de main le spectre d’un nouveau mars 2009 ou, pire, d’un mars 1991. Mais pour les associations à caractère social et les syndicats de salariés, c’est sûr, en revanche, le couvercle de la cocotte-minute va forcément finir par sauter. Leur seule incertitude porte sur l’échéance et sur le degré de violence de l’explosion.[...] Les responsables associatifs et syndicaux listent les motifs de souffrance et de mécontentement de la population locale. Hausse du chômage atteignant des sommets chez les jeunes (60% selon les dernières données de l’Insee), cherté de la vie, polémiques récurrentes autour de la fixation des prix des carburants, remise en cause du bonus Cospar sur les bas salaires, plans d’austérité du gouvernement…[...]

« Il s’installe une sorte de fatalisme qui n’exclut pas pour autant la possibilité, à un moment donné, d’une contestation virulente. Après, est-ce que ce qu’il s’est passé à Mayotte est possible à la Réunion ? Peut-être pas sous la même forme. Mais le malaise dans la société réunionnaise est évident. La situation mahoraise n’est pas exportable à la Réunion de façon identique, car les éléments déclenchants sont différents. Mais la violence existe déjà à la Réunion », résume Philippe Fabing, responsable des études politiques et de conjoncture pour Ipsos. En témoigne, par exemple, le saccage, fin octobre, d’un supermarché du Moufia, à Saint-Denis, par une soixantaine de jeunes du quartier. En outre, de façon générale, les différentes études réalisées sur l’Outre-mer montrent que la Réunion se caractérise par un niveau de pessimisme plus important que les autres Doms et un sérieux problème de confiance vis-à-vis des institutions, en particulier chez les jeunes.[...]

Dans les situations économiques et sociales difficiles, les jeunes Réunionnnais deviennent plus susceptibles d’enfreindre le cadre réglementaire et moral de la société [...] Incivilités, agressions, violences [...] On comprend que ce type d’actions constitue leur réponse à la violence sociale qu’ils subissent. »

« Ce regard des jeunes sur le contexte réunionnais n’est pas enthousiasmant.[...] Car il ne suffit pas de vouloir donner envie aux jeunes de travailler… Encore faut-il leur donner un travail ! » [...] « Des jeunes très touchés par le chômage, sans réelles perspectives d’avenir… A l’évidence, ce type de situation présente un risque. » [...] « C’est une situation inédite à la Réunion. On attaque une phase inconnue de notre histoire. C’est la première fois depuis l’après-guerre que se combinent, et sans doute pour longtemps, une croissance du chômage de masse des jeunes et une jeunesse majoritairement formée. », poursuit Philippe Fabing [...]

Clicanoo.re – 14/11/2011

France / Outre-mer : Le Service Militaire Adapté (Vidéo)

Un documentaire qui est le fruit de cinq mois de tournage à Mayotte, en Guadeloupe et en Guyane.

Dans les territoires d’outre-mer et notamment aux Antilles, l’Armée et ses régiments du Service Militaire Adapté (SMA) obtiennent un taux record d’insertion professionnelle là où beaucoup ont échoué. L’initiative est née il y a 50 ans. Ces 75% de réussite sont le résultat d’un engagement humain original auprès des jeunes en grande difficulté scolaire ou sociale.

KTO – 10/11/2011

Mayotte / Plan de relance : Pas d’austérité pour l’Outre-Mer (vidéo)

L’enveloppe allouée à la mission Outre-Mer sera presque la même qu’en 2011, pratiquement 2 milliards d’euros auxquels viendront s’ajouter les contributions des autres ministères. » JT de Mayotte 1ère – 09/11/2011

France Ô chaîne ghetto de la diversité?

France Ô,  -anciennement RFO-sat- est-elle une chaîne de la « diversité », comme étiquetée depuis septembre 2010, où l’une des nombreuses stations  régionales du groupe France Télévisions ? Est-ce une chaîne alibi ou la vitrine et le relais d’information des départements d’Outre-mer?

Renaud Revel (L’express)