Pascal Lamy (OMC) : « L’immigration est un moteur de croissance »

Selon Pascal Lamy, Directeur général de l’OMC, notre système social ne peut être maintenu en l’état que par la croissance et cette croissance passe obligatoirement soit par l’immigration soit par des réformes structurelles.

(France Culture – L’invité des matins – 27 février 2013)

OMC : le protectionnisme gagne du terrain

La mise en garde contre «le protectionnisme et son impact comme dans les années 30» lancée jeudi soir par Christine Lagarde, directrice du Fonds monétaire international, a trouvé un grand écho vendredi à la 8e Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) à Genève.

La veille, l’organisation avait donné un chiffre qui n’avait laissé personne indifférent: le nombre de mesures protectionnistes initiées par divers pays, malgré leur promesse de s’en abstenir, en 2011, s’élève à 340, contre 220 l’an dernier. Et Pascal Lamy, directeur de l’OMC, avait, lors de la séance d’ouverture, affirmé que le protectionnisme pourrait coûter 800 milliards de dollars à l’économie mondiale.

L’OMC continuera à surveiller tout dérapage et publiera un rapport sur les mesures restrictives deux fois par an. Pour Pascal Lamy, celles-ci mettraient encore en péril le commerce mondial qui a déjà commencé à ralentir. «Le système commercial multilatéral est un point d’ancrage dans la tempête. Une grosse mer est en train de le déstabiliser et de décrocher l’ancre», a-t-il averti.

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Jacques Sapir : « Il va falloir se passer des règles de l’OMC »

Jacques Sapir, économiste et auteur de «La démondialisation»*.

Le Point.fr : Quels griefs adressez-vous à la mondialisation ?

Jacques Sapir : Ils sont assez nombreux. Depuis une vingtaine d’années, la mondialisation compresse les salaires, d’abord des ouvriers, mais, par ricochet, d’une partie importante de la population. Elle est aussi largement responsable du découplage entre les rémunérations et la productivité, ce qui est une des causes du chômage. Ensuite, la mondialisation a pour effet d’affaiblir les normes écologiques et sociales. Un pays ou un groupe de pays peut bien se doter de normes exigeantes, cela profite à ceux qui ne les respectent pas. Ce raisonnement peut être étendu à la protection sociale : dans les années 70, certaines personnes, comme M. Denis Kessler (ancien vice-président du Medef, NDLR), ont même explicitement dit que l’ouverture avait pour but de démanteler le système social. »

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Attac : « Le FMI met le monde à terre et les peuples à genoux »

L’association altermondialiste Attac a affirmé ce mardi, au lendemain de l’incarcération de Dominique Strauss-Kahn, que « le FMI met le monde à terre », récusant l’idée qu’il soit « le meilleur allié des peuples en crise ».

Sans citer le nom du directeur général de cette institution ni faire référence à ses démêlés judiciaires pour crimes sexuels, Attac estime que « depuis hier (lundi), le FMI est présenté comme le meilleur allié des peuples en crise ».

Selon l’association, « le FMI et toutes les institutions soeurs comme la Banque mondiale et l’OMC, les directoires autoproclamés comme le G8 et le G20, tous ont mené et mènent des politiques qui mettent à genoux les peuples.

Le FMI et l’Union européenne n’ont pas sauvé la Grèce, ils l’ont assommée. Ils n’ont pas sauvé l’Irlande et le Portugal, ils ont conforté leurs gouvernements dans la volonté de ceux-ci de faire payer la crise aux victimes de la crise et non à leurs fautifs ».

« Voilà la nouvelle essentielle de ce week-end : le FMI met le monde à terre (…) », il « est un symbole : celui de l’argent, celui du pouvoir, celui de l’arrogance, celui du mépris » et « c’est ce symbole-là qu’il faut rejeter », poursuit Attac.

Le Figaro

1er mars 1999 : l’OMC impose la dérégulation financière mondiale

La dérégulation à outrance des marchés financiers, ayant abouti à la crise des années 2007-2010, remonte au 1er Mars 1999.

C’est en effet sous l’impulsion de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) que des nations aussi diverses que Bahrein, les Etats-Unis ou l’Australie et représentant 90% du chiffre d’affaires mondial en terme de services financiers, signèrent le «Financial Services Agreement» (FSA), qui devait consacrer l’invulnérabilité des «Too Big To Fail» [trop gros pour faire faillite].

Cet accord ouvrait ainsi une voie royale aux fusions d’établissements financiers d’importance moyenne, qui avaient dès lors la bénédiction de l’OMC et de ses membres pour se transformer en mastodontes, sans devoir être inquiétés par les autorités internationales, ni devoir leur rendre des comptes…

Plus aucune restriction sur les nouveaux produits financiers, ouverture totale de leur marché à toutes les entreprises actives dans la finance et encouragements à la création de corporations géantes, telles étaient donc les directives acceptées, le coeur léger, par des pays qui considéraient cet accord comme une percée considérable dans l’histoire de la civilisation moderne.

Ces pays ont en effet, de facto, abandonné leur sort aux Too Big To Fail, en neutralisant et en limitant, de manière décisive, la marge de manoeuvre de leurs régulateurs. Wall Street peut dormir tranquille, car l’OMC veille au grain, les Etats-Unis n’adopteront pas de sitôt de lois interdisant produits à risques ou établissements financiers à buts purement spéculatifs !

De surcroît, ces Too Big To Fail poussent en faveur de la signature des accords dits de «Doha», qui exigent virtuellement une disparition pure et simple de toute régulation financière.
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Crise financière : comment éviter l’explosion ?

Peut-on soigner une gueule de bois avec un double whisky? Peut-on sortir de la crise de la dette en accumulant plus de dette encore?

Dans tous nos pays, beaucoup s’alarment aujourd’hui de la fuite en avant des finances publiques mais tous savent que, dans l’état actuel de nos économies, stopper les déficits amènerait à replonger dans une récession profonde.

« Il y a une bombe sous la reprise actuelle, c’est l’endettement public », affirmait récemment Pascal Lamy, le directeur général de l’OMC, mais il ne conseillait pas pour autant de stopper les déficits.

Que choisir ? Sombrer dans le gouffre de la récession (tout de suite) ou foncer dans le mur de la dette (dans quelques années) ? En quinze mois, la dette publique des États-Unis a augmenté de 2.000 milliards, soit 14 % du PIB américain. Pour éviter un effondrement complet de leur économie, les États-Unis ont « brûlé », en quinze mois, l’équivalent de toutes les réserves accumulées par la Chine en vingt ans.

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La fallacieuse théorie du libre échange et la diabolisation du protectionnisme

Marc Rousset, auteur de « La Nouvelle Europe Paris-Berlin-Moscou. Le continent paneuropéen face au choc des civilisations » (Editions Godefroy de Bouillon, 2009), critique le dogme du libre-échangisme et prône le rétablissement du protectionnisme.

«  De tous les dogmes économiques, le libre-échange est celui sur lequel les néo-libéraux sont le plus intraitables. Formulé il y a presque deux siècles dans le contexte théorique de l’immobilité des facteurs de production (capital et travail) et de la division internationale du travail, il est toujours présenté comme le nec plus ultra de la modernité, et comme la recette du développement et de la croissance.

Ses hérauts ont réussi le tour de force de le pérenniser dans un contexte exactement contraire à celui de sa conception : aujourd’hui, le capital ne connaît plus aucune entrave à sa circulation internationale et la main d’œuvre devient, elle aussi, de plus en plus mobile. Quant à la division internationale du travail, elle appartient au passé, avec la multiplication des entreprises mettant en œuvre des technologies de pointe dans les pays à bas salaires. L’économie mondiale est devenue un bateau ivre, sans gouvernail.

(…) Alors que le discours dominant du journalisme économique proclame depuis deux décennies que le protectionnisme est le mal absolu, les travaux scientifiques les plus récents aboutissent à un résultat inverse. Il y a donc discordance entre les discours économiques médiatiques et le discours scientifique.  »

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« Sauvons nos emplois: délocalisons Pascal Lamy ! »

L’hebdomadaire Marianne nous offre un article pertinent du Prix Nobel d’Économie Maurice Allais, où ce dernier, dans une « lettre aux Français, » lance son cri d’alarme « contre les tabous indiscutés. »

Alors que nous traversons une crise importante, le seul Français Prix Nobel d’économie, écarté de la plupart des médias comme un éternel casse-pieds inclassable, n’est jamais sollicité pour donner à ses concitoyens ses explications des phénomènes dramatiques que nous vivons.

Quand, lors du dernier sommet du G20, nos dirigeants appellent à conclure au plus vite le cycle de Doha de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en faveur d’une dérégulation accrue, Allais évoque leur « ignorance criminelle ». Car pour lui, « les échanges, contrairement à ce que pense Pascal Lamy, ne doivent pas être considérés comme un objectif en soi, ils ne sont qu’un moyen. »

Lamy, affirme Allais, « ne comprend rien, rien, hélas ! Face à de tels entêtements suicidaires, ma proposition est la suivante : il faut de toute urgence délocaliser Pascal Lamy, un des facteurs majeurs de chômage ! »

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Le marché libre conduit au retour des famines

Le dernier article de The Economist sur les évolutions mondiales de l’agriculture donne involontairement des arguments aux critiques de la libéralisation des échanges : ruée sur les terres des pays pauvres, volatilité des prix, et surtout succès des politiques nationales pour l’autosuffisance alimentaire. Laurent Pinsolle vous en dit plus.

Dans son édition du 21 novembre, The Economist se penche sur le thème passionnant de l’agriculture et se demande comment nous allons faire pour nourrir le monde. Devant l’envolée du prix des produits agricoles en 2007, de nombreux pays ont pris des mesures radicales, comme l’interdiction des exportations, ce qui, par ricochet, a provoqué de graves crises dans les pays importateurs. L’envol des prix a provoqué une hausse historique d’environ cent millions du nombre de personnes mal nourries dans le monde. The Economist se fait l’avocat de la libéralisation des marchés agricoles et appelle à la suppression des barrières douanières récemment mises en place.

Pourtant, ce dossier montre bien que les mécanismes du marché aboutissent aux drames que nous avons connus depuis quelques mois. En effet, la « main invisible » a abouti à une concentration de la production qui rend plus volatiles les cours des produits agricoles, menaçant les populations les plus pauvres de la planète.

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Commerce mondial, Chine contre USA et Europe : la montée des tensions

En temps de crise, les exportations et les importations sont des sujets sensibles. La Chine et les États-Unis viennent d’en donner quelques illustrations et l’Europe, soucieuse de ses propres intérêts, n’est pas en reste.

A l’heure où le protectionnisme reste officiellement condamné par les dirigeants de ces trois ensembles économiques, les politiques chinoise et étasunienne font en réalité peu de cas des discours mondialistes. La mondialisation n’est peut-être pas aussi inéluctable que certains se plaisent à le répéter.

Chine – États-Unis

Le 8 septembre 2009, Washington décide de tripler les droits de douane sur les 2,6 milliards de dollars de tubes pour l’industrie pétrolière annuellement importés de Chine, et Pékin réagit avec indignation. Un porte-parole du ministère chinois du Commerce affirme que la Chine s’oppose fermement à ces actions commerciales protectionnistes. Le Quotidien du Peuple (Chine)

Le mois dernier, la Chine avait appelé les États-Unis à renoncer à une autre mesure protectionniste : la hausse de la taxation sur toutes les importations de pneus pour véhicules de tourisme et véhicules légers en provenance de l’Empire du Milieu, afin, selon Pékin, de préserver le « développement » des relations bilatérales. Lire la suite

Le pire de la crise est encore “à venir”

« Le pire de la crise en matière sociale est toujours à venir, ce qui veut dire que le pire de la crise en matière politique est toujours à venir. Les répercussions de la crise serviront de test de résistance à l’OMC en tant qu’institution capable de contenir le protectionnisme, a averti mardi le directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Pascal Lamy.

« Si vous voulez vraiment maintenir les échanges commerciaux ouverts, vous devez comprendre que le meilleur moyen est de continuer à ouvrir les échanges commerciaux », d’où « l’urgence » de conclure le cycle de Doha pour la libéralisation des échanges, a-t-il poursuivi, à la veille du sommet des pays du G8 en Italie. L’OMC a dénoncé de nouveaux dérapages protectionnistes parmi ses 153 pays membres et revu à la baisse des prévisions 2009 pour le commerce mondial, qui devrait plonger de 10%, au niveau le plus bas depuis la Seconde Guerre mondiale.

« L’impact du ralentissement des échanges commerciaux sera plus dur pour les pays en développement », a par ailleurs averti M. Lamy. L’organisation s’attend ainsi à ce que les flux commerciaux des pays en développement se contractent cette année de 7%, contre 2% à 3% initialement prévus.(Boursorama)