Axel Kahn : quand un « homme de gauche » ouvre les yeux (màj)

[mise à jour 13 avril]

[extraits] Le généticien de renom Axel Kahn a parcouru la France à pied et est revenu profondément troublé par l’état d’une population qu’il a trouvée inquiète et désenchantée.

« J’ai trouvé une France profondément éprouvée. Une France en de nombreux endroits sinistrée, dévastée, ravagée. J’ai découvert un pays en voie de sécession par rapport au discours des hommes et des femmes politiques (…) et qui sont totalement convaincus que l’avenir est encore pire!

Personne n’étant capable de leur vanter un futur désirable, on comprend l’attrait exercé par des forces politiques qui leur vendent un retour à marche forcée vers un passé qu’ils fantasment et qu’ils idéalisent.

Je n’ai nullement été surpris par les résultats des municipales. J’étais certain qu’il en serait ainsi. À ceux qui se rassuraient, je disais : « Vous ne vous rendez pas compte du rejet de la politique du gouvernement et du degré d’animosité à l’égard du président de la République » Sur mes près de 2 000 kilomètres, je n’ai pas rencontré une personne pour me louer son action.  (…)

J’ai fait campagne dans un endroit de la France qui n’est pas vraiment la France. Il s’agit des 5e, 6e et 7e arrondissements de Paris. Très loin des gens que j’ai pu rencontrer à Charleville-Mézières ou Decazeville.

Avez-vous l’impression que les médias rendent bien compte de la France que vous avez traversée ?
Non. Nous savons en réalité que le monde des décideurs, qu’ils soient politiques, médiatiques ou économiques, est un tout petit monde. Un monde de l’entre soi.

FranceAntilles.fr

———– ci-dessous article du 31 mars ————-

ARDENNES. D’une randonnée de 2 160 kilomètres des Ardennes au Pays Basque, le généticien Axel Kahn a ramené un livre et un constat : notre belle et douce France a le moral dans les chaussettes.

(…) J’ignorais que les Ardennes avaient été à ce point éprouvées par la crise. Dans toute la Champagne-Ardenne, j’ai vu ce que j’appelle des populations en sécession.

Les gens y ont des raisons objectives de penser que le passé est mieux que le présent et de craindre l’avenir.

Cette idée qu’ils ne peuvent rien pour dévier cette course folle les rend imperméables à tout discours rationnel sur l’Europe, sur la mondialisation qu’ils rendent responsables de leurs maux. D’où le vote FN de dimanche dernier, que je pressentais.

Ce que j’observais dans mon village de Mussy-sur-Seine qui a perdu la presque totalité de ses 1 200 emplois industriels, je le prenais pour une exception exacerbée. Or, je l’ai vu partout. La métallurgie ardennaise, la bonneterie troyenne, l’électronique tonnerroise, l’industrie minière aveyronnaise, tout cela a été laminé.

(…) Une chose m’a sidéré. Sur la presque totalité du parcours, en tout cas jusqu’à Figeac, je n’ai pas rencontré une personne qui me parle de l’avenir de manière positive. Pas une seule !

J’ai eu l’impression d’une sorte de déprise vis-à-vis des racines. Les régions qui vont le moins mal, me semble-t-il, sont celles où les gens connaissent et sont profondément attachés à leur histoire.

Avez-vous été surpris par les résultats des élections municipales ?
Atterré mais pas surpris. Atterré par la méconnaissance de la situation réelle du pays de la part des dirigeants politiques de tous bords, incapables de proposer un avenir désirable, alors que le Front national alimente au contraire l’illusion rassurante d’un retour en arrière. Comment les résultats pourraient-ils être différents ?

L’union

———— Complément : Axel Kahn :

« L’humanité s’est toujours métissée. Il n’y a pas de civilisation sans métissage. Rien n’est revigorant comme le métissage. Seul le dialogue avec l’autre enrichit chacun. »

Le moral des Français en forte hausse, selon l’Ifop

Près de la moitié (49%) des Français se disent confiants quant à leur avenir et celui de leurs proches, selon un sondage Ifop réalisé pour Dimanche Ouest France, ce qui marque une forte progression. Dans la précédente enquête de ce type, réalisée par l’Ifop en août, seules 32% des personnes interrogées se disaient optimistes en pensant à l’avenir.

La progression a été plus importante chez les proches de l’UMP, avec 50% contre 28% en août, et du Front national, avec 43% contre 17%.

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«Ce résultat, qui paraît surprenant dans un contexte de crise et d’augmentation continue du taux de chômage, peut s’expliquer par une démarche de rupture de la part des Français, une volonté de penser à autre chose en période morose, ceci étant sans doute accentué par un effet de saisonnalité -les fêtes de fin d’année», explique l’Ifop.

Le sondage a été effectué les 3 et 4 janvier par téléphone auprès d’un échantillon 1.023 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

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