Paris : La sacristie classée de l’Hôpital Laennec «détruite par erreur»

La sacristie de la chapelle de l’hôpital Laennec (Paris), édifiée au XVIIIe siècle et protégée au titre des monuments historiques, a été détruite «par erreur».

La pression immobilière semble avoir obtenue raison sur toute autre considération…

Il est vrai que sur ce site inscrit aux Monuments Historiques depuis 1975, et aux édifices classés MH depuis 1977, on ne compte plus les scandales.En voici les trois principaux :

Le premier est la vente de la chapelle par l’AP-HP en 2002 et sa privatisation par son acquéreur, le Groupe Allianz, alors que son statut de nécropole la rendait inaliénable.

Le second était d’ordre moral car l’hôpital Laënnec, ancien hospice des incurables (comprenez les nécessiteux ou les pauvres) avait été fondé sur la générosité de mécènes dont les dépouilles reposent dans la chapelle. Comment un site fondé sur la charité publique au profit des plus démunis peut-il faire ensuite l’objet d’une banale spéculation immobilière. Il y a quelque chose d’insultant à les l’égard des «incurables» d’aujourd’hui…

Le troisième est l’opacité qui règne autour du chantier, fermé à la presse. Et apparemment à la conservation des Monuments historiques qui ne peuvent y contrôler l’exécution des travaux, d’où ce troisième scandale révélé par la Tribune de l’Art, hier : une autorisation de travaux sur monuments historiques pour la «reconstruction» de la sacristie, négligemment démolie, malgré son classement…

Notons que près de 12 000 personnes ont signé la pétition du Comité Laennec Turgot à ce jour.

Le Salon Beige (Merci à Stormisbrewing)

Budget 2013 : Plutôt la presse que les monuments historiques !

Dans le budget 2013, 516 millions d’Euros ont été alloués pour subventionner les journaux, 303 millions d’Euros pour les monuments historiques.

Un ministre qui préfère subventionner les journaux qu’entretenir le patrimoine national, voilà qui en dit long sur l’idéologie qui nous gouverne.[…]

Dans cet esprit, que penser des coupes sombres dans le budget de la défense, secteur régalien par définition, qui amène notre armée, en des temps plus qu’incertains, à un état de sous effectif et de sous équipement plus que grave ? […]

Voir le budget de la culture réduit devrait me faire plaisir. Et pourtant, quels choix dans les coupes ! Allons nous voir un seul de ces artistes officiels qui ne vivent que grâce aux subventions et qui créent «dans la ligne» contraint à se remettre en cause ? Non. Allons-nous voir une seule de ces manifestations pseudo culturelles qui polluent nos villes à intervalles réguliers annulée ? Non. Le ministère de la culture va-t-il dégraisser le mammouth en taillant des les effectifs pléthoriques de son administration ? Que nenni. Les économies seront sur l’entretien du patrimoine et sur les musées. […] Comme le signale fort justement La Tribune de l’Art, c’est 213 millions de moins que ce qui est alloué… au soutien de la presse écrite !

Incroyable, non ? Si il est bien un secteur qui ne devrait PAS être aidé ni recevoir de subsides de la part de l’Etat, c’est bien cette presse qui se dit libre et indépendante et qui va tous les mois, au guichet du Trésor chercher sa récompense pour services rendus. […]

Agoravox

Le patrimoine culturel italien aux mains des privés

Les acteurs privés gèrent de plus en plus le patrimoine artistique et culturel de l’Italie. Austérité et crise économique ne laissent pas le choix aux administrations locales, presque obligées de louer les bâtiments historiques en échange de leur restauration.

http://img823.imageshack.us/img823/5606/veneziateaser.jpg

Le patrimoine culturel italien (47 sites référencés à l’UNESCO) serait en train de disparaître. Les vestiges de Pompéi qui s’écroulent, les énormes dommages à Modena suite au tremblement de terre de fin mai, les bâtiments de Rome qui sont à l’agonie…La rigueur budgétaire mise en place par le gouvernent de Mario Monti frappe surtout le secteur culturel.

Le pays est donc obligé à solliciter les privés par la vente de droits d’usage voire la vente de monuments, comme précise le journal Libération dans son site. Selon le journal Il Fatto Quotidiano, en trois ans (entre 2008 et 2011) le budget du ministère de la Culture a été réduit d’un tiers (1,42 milliard d’euros).

Les dépenses pour l’instruction et la culture sont au-dessous de la moyenne européenne et le massacre économique des Institutions locales a donné le coup de grâce.

Pourtant, l’Italie est le seul pays dans lequel la préservation du patrimoine historique et artistique est l’un des principes fondamentaux de la Constitution (article 9).

Pour régler le problème, les gouvernements locaux ont donc décidé de recourir aux sponsors et aux dons privés.

Aujourd’hui il est donc possible de voir les monuments historiques de Venise, Rome et Milan défigurés par la publicité des grandes firmes comme Coca-Cola ou H&M.

Les privés acceptent de prendre en charge les travaux nécessaires, mais, en échange, les villes permettent aux annonceurs de recouvrir la façade du bâtiment (jusqu’à 50 %) d’un panneau publicitaire géant pendant la durée de la restauration. (…)

Le Vif

Nos monuments historiques ne sont pas de vulgaires billboards !

Une chose qui frappe le Parisien averti à son retour de congés … c’est l’apparition de publicités géantes sur les frontons des plus beaux monuments de la capitale. Comme si le temps pluvieux, avait fait pousser ces immondes champignons sur les parois humides de nos monuments durant l’été.

Ici, c’est une publicité qui vante les avantages d’un smart phone coréen sur les murs de la Conciergerie, le plus ancien témoignage du Palais de la Cité, première demeure royale de la capitale et prison lors de la Révolution. Là-bas, c’est Mister George qui pose pour une marque de montres de luxe sur les flancs du Louvre… Les monuments de Paris se sont transformés en billboard de luxe pour marques étrangères.

Triste Paris. Paris humilié, Paris défiguré, Paris balafré par ces publicités monumentales aurait pu proclamer le « grand homme » lors d’un discours.

Il en convient à tous, voici une agression quotidienne de plus. Une nouvelle forme de pollution visuelle. Comme s’il n’y avait pas assez de publicités dans nos vies, le « 360°, 365 jours » a fait des ravages. Voilà, où nous en sommes tristement rendus…

[...] Car le « mal de notre siècle » est de tout mélanger, de tout inverser, de tout confondre. Or le mécénat n’est pas de la publicité ! C’est encore moins de l’achat d’espace publicitaire sauvage. Le mécénat ne donne pas tous les droits. Le mot « mécénat » qui se réfère au personnage de Caius Cilnius Mæcenas, protecteur des arts et des lettres dans la Rome antique, en passant par Laurent de Médicis, dit Laurent le Magnifique, l’un des premiers mécènes, n’a rien avoir avec cette débauche publicitaire. Si le mécène attend toujours en retour notoriété et image par ses dons, le mécénat doit par essence être discret, fait avec parcimonie et avec talent.

[...] voici le message que nous envoyons aux passants : circulez car tout s’achète dans « cette grande braderie » de Paris. En ce sens, les dégâts sont encore biens plus ravageurs pour notre histoire que le manque d’esthétisme de ces publicités disgracieuses.[...]

Les Echos

Le racket de la rénovation des monuments historiques

Après dix ans d’enquête, les dix principales entreprises de BTP ont été condamnées à une amende de 10 millions d’euros.

Quatorze entreprises de travaux publics qui restaurent des monuments historiques viennent d’être condamnées à une amende globale de 10 millions d’euros pour s’être entendues depuis de longues années sur l’attribution de marchés publics.

Le Point

(Merci à Mannala)

A quoi sert la législation des monuments historiques ? : le château d’Ancenis

La législation française de protection des monuments historiques, malgré les attaques qu’elle a subies récemment, permettrait encore de protéger de manière efficace notre patrimoine si elle était mise en application à chaque fois qu’elle s’avère nécessaire.


Nous entamons avec cet article une nouvelle série qui se penchera, hélas, sur les nombreux cas où un monument subit ou risque de subir un vandalisme que l’on pourrait éviter simplement si le ministère de la Culture et ses directions régionales jouaient leur rôle de manière efficace.

Le château d’Ancenis en Loire-Atlantique, menacé par une construction moderne et particulièrement inélégante qui doit abriter les services administratifs décentralisés du Conseil général, est un exemple presque caricatural de cette démission de l’administration. Cas d’école s’il en est, car tout ou presque est scandaleux dans cette affaire entièrement menée par une municipalité, par un département, par un architecte en chef des monuments historiques – on verra comment – et par l’Etat, représenté par l’architecte des bâtiments de France et la DRAC. Soit uniquement des collectivités territoriales et des fonctionnaires qui devraient avoir pour seul objectif l’intérêt public. Rarement le terme de vandalisme officiel aura été mieux employé.

La Tribune de l’Art

(Merci à AL)