Allemagne : un Marocain exige la suppression d’un monument

Mardi dernier, la police a dû parlementer pendant quasiment 3 heures avec un jeune homme (Marocain) qui avait grimpé à Ratisbonne sur la statue de Don Juan d’Autriche. Il réclame la suppression du monument.

Hebergeur d'image

« Non au fascisme, non au terrorisme. Mais ça, ça doit disparaître ». « Ca », c’est la statue de Don Juan d’Autriche. Le « vainqueur de la bataille de Lépante » en 1571 est communément fêté comme sauveur de l’Occident et à Ratisbonne comme « le grand fils de la ville » : il est issu d’une liaison entre l’empereur Charles Quint et Barbara Blomberg, habitante de Ratisbonne.

Aujourd’hui, le général des mers est orné des drapeaux du Maroc et de la Turquie. […] L’homme s’est visiblement pris beaucoup de temps pour son action. [...]

Elle a été érigée seulement en 1978 à Ratisbonne pour le 400ème anniversaire de la mort de Don Juan, copie fidèle de la statue originale à Messine. […] A l’époque, les médias nationaux comme le Spiegel se moquaient avec le titre « Don Juan de Ratisbonne » de « « l’imitation d’un monument de guerrier si lointain géographiquement et chronologiquement ». […]

Depuis, il y eut à l’occasion des critiques quant à la représentation martiale, qui au 16e siècle pouvait être comprise, mais qui à Ratisbonne au 20ème siècle fait sensation. Des anti-mosquées et des néonazis ont utilisé la statue comme lieu de pèlerinage dans leur combat pour la sauvegarde de l’Occident chrétien. A l’opposé, des activistes ont paré la tête de Turc battu aux pieds de Don Juan avec un masque d’Hitler. Des « rajouts » par pots de peintures ont lieu régulièrement. Il y a deux ans, l’ « Association pour la Libre Pensée » a proposé de remplacer la statue par un « symbole de l’entente entre les peuples ». [...]

L’homme sur le socle dit la même chose. « Les musulmans sont pacifiques. Ça, ça doit partir » fait-il savoir à tous les gens présents, après être volontairement redescendu au bout de trois heures. [...]

Regensburg Digital

Merci à popo

Serbie : tensions après le démantèlement d’un monument aux rebelles albanais (MàJ vidéo)

Le démantèlement dimanche d’un monument érigé à la mémoire d’insurgés albanais à Presevo, ville du sud de la Serbie en majorité albanaise, a été vivement dénoncé par les autorités locales et risque d’accroître les tensions dans cette partie du pays.

Galip Beqiri, le président du Conseil national des Albanais dans la vallée de Presevo, une organisation qui chapeaute les formations politiques albanaises locales, a parlé d’ »acte de vandalisme ».

L’Albanie ainsi que le Kosovo voisin – où la majorité albanaise a proclamé en 2008 son indépendance de la Serbie, farouchement rejetée par Belgrade – ont condamné cette mesure prise par les autorités serbes.

« Cet acte du gouvernement serbe met sérieusement en danger le processus de dialogue sur la normalisation des relations entre le Kosovo et la Serbie, et la Serbie en est directement responsable », a déclaré le gouvernement kosovar dans un communiqué. [...]

Libération

Monument sur l’esclavage à l’ONU

Un monument commémorant l’esclavage sera érigé d’ici fin 2013 dans l’enceinte de l’ONU, grâce entre autres aux contributions de pays qui n’ont jamais été impliqués dans la traite négrière, a déclaré le président du comité chargé de sa construction. « Il est vrai que les pays qui ont contribué le plus (à ce stade) sont peut-être des pays qui n’ont jamais été impliqués dans l’escalavage », a souligné Raymond Wolfe, ambassadeur de Jamaïque à l’ONU et président du comité chargé de l’érection du monument. [...]

Du XVIe au XIXe siècle, l’esclavage transatlantique entre Afrique et Amérique a été organisé par le Portugal, la Grande-Bretagne, la France, l’Espagne, les Pays-Bas et les Etats-Unis. Les estimations évaluent à 12 millions le nombre d’Africains victimes de l’esclavage, mais le nombre réel pourrait être nettement supérieur.

Le Figaro

A revoir : « Les esclaves oubliés de l’histoire »

Dans le vignoble nantais, la chapelle de la discorde

D’un côté, un historien proche des milieux royalistes qui a lancé un chantier de restauration, de l’autre un maire largement soutenu par la population.

Une ruine. Où les gamins du coin s’inventaient des histoires à la « Club des cinq » entre les ronces. Aujourd’hui, une vingtaine d’années plus tard, cette chapelle a retrouvé fière allure. Reynald Sécher, « enfant du pays » et « historien reconnu dans le monde entier » (comme il se définit lui-même), choie « ce lieu de mémoire » situé dans le vignoble nantais à La Chapelle-Basse-Mer, à plusieurs centaines de mètres de la demeure où il est né.

Il l’achète en 1992. Et, très vite, met en place des chantiers de jeunes, chaque été en juillet. On s’y presse de la France entière. Et on bosse, on défriche, on cimente, on cloue. On prie aussi au milieu des truelles et brouettes, comme ça à la bonne franquette, en short, assis dans l’herbe. La vie est belle, « l’oeuvre » sort de terre.

Les Chapelains observent. Voient parmi les jeunes « des gars aux crânes rasés, en treillis et rangers ». Cette méfiance de la grande partie de la population locale, « les dégradations régulières sur la chapelle », « les vols de matériel ou de l’harmonium », Reynald Sécher en a soupé. En ce jeudi de soleil, il nous parle longuement dans ce cloître, lui aussi construit entièrement lors de ces chantiers. « J’aurais dû avoir la Légion d’honneur pour avoir fait ça », soupire-t-il pendant qu’une petite dizaine de jeunes, bermudas et tennis, s’activent à terminer un tunnel qui mène à une crypte.

« Ah ! On serait pétainistes ? !… »

« Et dire que je ne fais pas ça pour moi mais pour la population. Moi qui ai démontré qu’il y a bien eu un génocide vendéen durant la Révolution française (1), j’aurais voulu créer ici un mémorial des guerres de Vendée. Mais le maire ne veut pas nous accorder de permis. Alors on va arrêter la mort dans l’âme. Encore deux étés, et on s’en ira sauver autre chose. »

(1) Cette thèse est fermement rejetée par un certain nombre de spécialistes de cette période.

Ouest-France

(Merci à Yob)