Comment les Algériens voient le reste du monde

En Algérie, le monde n’est pas toujours perçu tel qu’il est représenté sur la planisphère. Les mutations sociales et technologiques ont modifié la vision du monde des Algériens.

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Sur Internet, circule une carte. Elle ressemble, mis à part sa dose d’humour, aux anciennes cartes dites en T, ou carte en TO (TO pour Terrarum Orbisdu Moyen-Âge européen). (…)

L’imago mundi algérien fait rire. Car, quand on est Algérien, l’on y découvre, malgré sa culture générale,  ses voyages et ses lectures, que c’est ainsi que l’on «voit» le monde. L’imago mundi est la véritable représentation d’inconscient d’un peuple, selon la définition.

Le colon européen du XVIIe siècle y dessinait des terra incognita à s’approprier, le religieux du Moyen-Âge ses instincts sous forme de bestiaires invraisemblables.

Au sud donc, les «K’haliches», alias les «noirs». L’Algérien est raciste, on le sait tous, entre-nous Algériens. L’Afrique est un continent qui se trouve dans le dos de l’Algérien. Il n’en fait pas partie. (…)

L’Afrique est encore un continent, mais l’africanité est une culture morte ou momifiée. Le festival culturel panafricain de 2009 avait davantage ressemblé à une nostalgie de jeunesse bouteflikienne qu’à une perspective culturelle pour tous les pays participants.

Ainsi, peut-on parler de l’africanité de l’Afrique du Nord, par exemple? Presque pas. L’Afrique du Nord est d’abord le nord et presque pas l’Afrique. Peut-on parler de panarabisme africain? Presque pas: le Maghreb a toujours été le Maghreb du Machrek. C’est-à-dire une géographie secondaire du panarabisme dont les capitales se trouvent au Moyen-Orient.

Peut-on parler de l’UMP, l’Union pour la Méditerranée? Sûrement pas. La rive sud de la mer Blanche n’est pas un continent qui commence, mais un comptoir commercial qui promet.

Pire encore: les Algériens sont moins arabes que les Arabes du Machrek, mois africains que les Africains à peau noire, pas du tout blancs pour être admis dans l’Union européenne, tellement peu maghrébins pour fonder le Maghreb et si racistes que même les Algériens noirs du Sahara subissent des contrôles de papier au faciès, lorsqu’ils se promènent à Alger au-delà de 19 heures. (…)

Slate Afrique

Arié Bensemhoun/CRIF : « l’islam radical est le nouveau fascisme du XXIe siècle »

Arié Bensemhoun, président du CRIF Midi-Pyrénées nous parle de la marche de cet après-midi et nous livre ses pensées sur cette atroce semaine.

Quel est votre sentiment à quelques heures de cette marche silencieuse ?

Toute la communauté juive toulousaine est absolument horrifiée par cette tuerie qui a vu la mort d’enfants et d’un professeur qu’ils connaissaient. Et dans ce lieu qu’ils aimaient, qui est leur intimité, qu’est l’école Ozar Hatorah. Nous avons reçu des témoignages de solidarité, des Toulousains, de la France entière et même du monde entier.

Il semble y avoir un changement dans la prise de conscience sur ce mal absolu qu’est l’islam radical.

La tuerie de Merah était uniquement motivée par une haine implacable des Juifs, d’Israël, mais aussi de tout ce qui fait la beauté de nos sociétés démocratiques : la liberté, la tolérance, la fraternité. D’ailleurs le terroriste l’a dit : « Il voulait mettre la France à genoux ». (…)

(…) Comment lutter contre ce terrorisme ?

Il faut prendre le mal à la racine. Si on ne prend pas conscience que l’islam radical est le nouveau fascisme du XXIe siècle, et qu’il plonge ses racines au cœur même de l’islam, alors nos sociétés sont finies.

Et celle également de tous les musulmans qui sont d’ailleurs les premières victimes, dans leurs pays, de ces terroristes.

Et dans les actes ?

Arrêter la complaisance. J’ai été choqué de voir que jusqu’à mercredi, les médias parlaient à 100 % des victimes et que depuis mercredi c’est 100 % sur le tueur, en nous racontant sa vie comme un héros… « Mal nommer les choses, c’est rajouter du malheur au monde », disait Camus. Il faut voir la réalité en face.

Le terroriste islamiste, c’est le mal à l’état pur, Aujourd’hui à part la Turquie, je ne vois pas un seul des  54 pays musulmans du monde qui pratique la liberté, la tolérance ou la démocratie…

On ne veut pas stigmatiser les musulmans et, au nom de cela, on ne désigne pas ce mal. Or il faut isoler les choses, les nommer pour les combattre. Si vous ne voulez pas que le cancer se généralise, isolez-le. (…)

 La Dépêche

Banlieues, islam : Les réactions des lecteurs du Monde

Dans sa chronique du médiateur, Pascal Galinier, présente quelques-unes des très nombreuses réactions des lecteurs du quotidien à l’enquête «Banlieues, islam : l’enquête qui dérange», publiée en «une» du Monde (daté 5 octobre).

Des quartiers où une religion prend le relais pour un certain nombre de missions, c’est plutôt gênant dans un Etat républicain et laïc… (Didier Pourquery)

Régis Vlachos, «professeur certifié de philosophie au lycée Alfred-Nobel de Clichy-sous-Bois, comédien de la compagnie du Grand Soir à Clichy», n’y va pas par quatre chemins :

«L’islam est source de repères pour une population ghettoïsée, cela pose des problèmes à la cantine, le halal devient fatigant pour nos moeurs, on se marie dans la même religion… La belle affaire ! C’est tout ce qui a été trouvé à dire sur l’islam à Clichy-sous-Bois ?» Et notre prof de philo, très «laïcard» dans le ton, de nous envoyer une sorte de contre-enquête, pour montrer que la situation est, selon lui, «bien plus grave que ce qu’en dit Le Monde et son compte rendu du rapport censé « déranger »…» […]

Le Monde

Pierre Bergé : Le Monde ne “sera pas le bulletin du candidat de gauche”

Je veux un Monde impartial, qui ne soit pas le bulletin du candidat de gauche en 2012, assure d’emblée Pierre Bergé. J’ai trouvé parfois que la rigueur n’était pas toujours là au Monde, que la vérification n’existait pas, que certains articles étaient dictés par des officines.

Ce Monde-là, je ne l’aimais pas et je veux aimer le prochain Monde.«  Il concède: « Oui, on sera irrité par ce qu’on lit parfois. C’est comme ça! » Pour Xavier Niel, « trois actionnaires différents, même politiquement, cela protège Le Monde ». Interrogé sur leurs liens avec Nicolas Sarkozy, les actionnaires ont détaillé un par un leurs dernières rencontres avec le Président.

le JDD.fr

Paris : la ligne 5, le monde à portée de main

La ligne 5 du métro parisien, Place d’Italie-Bobigny (Seine-Saint-Denis), est selon Inès El Laboudy, du Bondy Blog, une sorte d’arche de Noé où l’on peut croiser toutes sortes de gens : juifs pratiquants, musulmanes voilées, Algériens de Barbès, Roms, gays, travestis, touristes, SDF, hommes d’affaires…


Tous les jours ou presque, j’emprunte la ligne 5 du métro afin de me rendre à l’université ou au boulot. J’habite au terminus, Bobigny Pablo Picasso. La 5 prend sa source en banlieue et termine en plein cœur de Paris, Place d’Italie. Le monde entier est sur cette ligne. A Porte de Pantin monte la population juive, reconnaissable chez beaucoup aux kippas et bouclettes.

Stalingrad ensuite, où croise la ligne 2, en direction de Place de Clichy, entre autres stations. Et là, c’est le tout Pigalle qui surgit : des hommes épilés comme des mannequins, des travestis, des transsexuels. La ligne 2 donne également accès à l’Algérie, heu, Barbès, pardon. Les voiles, les odeurs de pain dans les sacs, on a l’habitude. Nous voici à la moitié du trajet, Gare du Nord, avec sa population africaine, mais aussi son grand nombre de touristes et leurs grandes valises, bouteilles d’eau à la main.

A Gare du Nord, les SDF qui dorment sur les sièges du quai montent parfois pour nous faire entendre leurs discours, qui se répètent d’un wagon à l’autre. De sacrés numéros, sur la ligne 5 ! Une jeune demoiselle rom d’une quinzaine d’années se prend sûrement pour Mariah Carey à monter si haut dans les aigus. Et son compagnon à l’accordéon. Je dois dire que tout cela me donne le sourire de bon matin.

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Le krach de 2010 : la crise systémique

Par Paul Bara (ancien trader, économiste de marché puis directeur financier, il a parallèlement enseigné l’économie et la finance à Paris X et à l’ENA)

Hokusai, La grande vague de Kanagawa (1831)

La crise actuelle n’est pas une crise comme celles que nous avons connues depuis 1945. La croissance au quatrième trimestre 2009, en France et aux États-Unis, n’est due (en partie) qu’à un facteur technique transitoire, le moindre déstockage des entreprises. Nous ne sommes pas dans un enchaînement cyclique normal.

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Selon le LEAP, au second trimestre 2010, la crise s’aggravera brutalement

Francisco de Goya, Le naufrage (1793)

 » Pour le LEAP/Europe2020, l’effet des milliers de milliards dépensés par les Etats pour « traverser la crise » aura fait long feu. Ces sommes immenses auront permis de ralentir, pendant quelques mois, l’évolution de la crise systémique globale ; mais, comme anticipé dans les [numéros] précédents, cette stratégie n’aura servi, in fine, qu’à entraîner définitivement les Etats dans la crise générée par les institutions financières.

Notre équipe anticipe donc dans ce [numéro] une aggravation brutale de la crise pour le second trimestre 2010, générée par un double effet de rattrapage des phénomènes qui ont été provisoirement « gelés » au deuxième semestre 2009 et d’impossibilité de maintenir les mesures palliatives de l’année passée.

D’ailleurs, en ce mois de février 2010, un an après notre annonce que la fin de l’année 2009 allait marquer le début de la phase de dislocation géopolitique mondiale, chacun peut constater qu’un tel processus est bien en cours : Etats au bord de la cessation de paiement, montée inexorable du chômage, chute de millions de personnes hors des filets de protection sociale, baisses de salaires, suppressions de services publics, désagrégation du système de gouvernance globale (échec du sommet de Copenhague, confrontation croissante Chine/USA, retour du risque de conflit Iran/Israël/USA, guerre monétaire globale, etc.). Pourtant, nous ne sommes qu’au tout début de cette phase.

L’aggravation brutale de la crise systémique globale va ainsi être caractérisée par une accélération et/ou un renforcement de cinq tendances négatives fondamentales :

. l’explosion de la bulle des déficits publics et la montée corollaire des cessations de paiement d’Etats,
. la collision fatale du système bancaire occidental avec la montée des défauts de paiement et le mur des dettes arrivant à maturité,
. l’inéluctable remontée des taux d’intérêts,
. la multiplication des sujets de tension internationale,
. l’insécurité sociale croissante. « 

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La fallacieuse théorie du libre échange et la diabolisation du protectionnisme

Marc Rousset, auteur de « La Nouvelle Europe Paris-Berlin-Moscou. Le continent paneuropéen face au choc des civilisations » (Editions Godefroy de Bouillon, 2009), critique le dogme du libre-échangisme et prône le rétablissement du protectionnisme.

«  De tous les dogmes économiques, le libre-échange est celui sur lequel les néo-libéraux sont le plus intraitables. Formulé il y a presque deux siècles dans le contexte théorique de l’immobilité des facteurs de production (capital et travail) et de la division internationale du travail, il est toujours présenté comme le nec plus ultra de la modernité, et comme la recette du développement et de la croissance.

Ses hérauts ont réussi le tour de force de le pérenniser dans un contexte exactement contraire à celui de sa conception : aujourd’hui, le capital ne connaît plus aucune entrave à sa circulation internationale et la main d’œuvre devient, elle aussi, de plus en plus mobile. Quant à la division internationale du travail, elle appartient au passé, avec la multiplication des entreprises mettant en œuvre des technologies de pointe dans les pays à bas salaires. L’économie mondiale est devenue un bateau ivre, sans gouvernail.

(…) Alors que le discours dominant du journalisme économique proclame depuis deux décennies que le protectionnisme est le mal absolu, les travaux scientifiques les plus récents aboutissent à un résultat inverse. Il y a donc discordance entre les discours économiques médiatiques et le discours scientifique.  »

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Les Français sont les plus kidnappés au monde après les Chinois

Ils seraient courageux mais beaucoup trop imprudents…

Les expatriés français sont-ils totalement inconscients ou n’ont-ils juste pas de chance? Ils seraient en effet les plus kidnappés au monde avec les Allemands mais après les Chinois selon une étude du leader mondial de l’assurance kidnapping et rançon, Hiscox.

La raison principale de ce classement pas très glorieux serait l’imprudence selon Nicolas Fontvieille, représentant français de l’assureur britannique, qui explique à l’AFP: «Sans tomber dans la caricature d’OSS 117, le Français a tendance à être un peu trop courageux ou candide.»

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Nicolas Hulot : « un devoir de riches » envers le Sud

Nicolas Hulot, invité hier de deux radios nationales, a affirmé qu’il existerait un « devoir des riches », sociétés ou individus « qui ont un peu de marge de manoeuvre », d’aider les pays pauvres du Sud.

« L’idée qu’on puisse, nous en Europe, en Occident, raisonner derrière nos frontières et s’affranchir des réalités au Sud, ça ne marche plus dans un monde mobile, dans un monde nomade », a-t-il déclaré sur France Inter.

Rédacteur en chef du « journal inattendu » de RTL, il a insisté sur la nécessité d’un partage des richesses entre le Nord et le Sud, prônant une « Europe ouverte, vers le Sud ».

L’écologiste, dont le film « Le syndrome du Titanic » sort en salle mercredi, a mis en garde contre le risque, selon lui, de « condamner ceux que le système oublie à une double peine, être exclu et, en plus, condamné à rester les bras croisés, si possible avec le sourire ».

La crise écologique va « aggraver les difficultés » de cette « humanité qui souffre », entraînant humiliations et frustrations, a-t-il prétendu.

« Si nous, on ne fait pas en sorte de partager nos richesses plus efficacement, cette palette de l’humanité-là réagira », a-t-il insisté, estimant qu’on « n’a pas le choix, au début du 21ème siècle » face aux « deux priorités à prendre en charge ».

Il faut, selon lui, « régler simultanément » les problèmes posés par « les contraintes physiques imposées à la planète », des contraintes qui sont aussi « climatiques », d’autre part les « contraintes sociales ».

Relevant la nécessité de « mutations profondes » alors que « la marche triomphante du progrès a pris du plomb dans l’aile », il a estimé que nous nous sommes « condamnés à être créatifs », pour « réinventer » une économie qui « passera par la régulation des Etats ».

(Source)