Alban, 11 ans : « les gens ne s’autorisent pas à s’enrichir des autres »

Depuis lundi, les collégiens de Mansle en Charente rencontrent des artistes étrangers pour faire tomber les barrières culturelles.

« Parfois, j’entends certains collégiens employer des mots, tels que manouche ou racaille, sans qu’ils sachent vraiment ce que cela signifie. C’est simplement leur façon de désigner l’autre, l’inconnu », confie Laurent Larret, le documentaliste du collège Alfred-Renoleau à Mansle.

Pour pallier ce manque de connaissance des cultures étrangères, les enseignants organisent une semaine sous le signe de la mixité et du métissage.

Quoi de mieux que la littérature, la danse ou la musique pour faire tomber les barrières culturelles?

« C’est la première fois que je vois un Africain chanter en vrai », s’extasie Paul-Émile, 11 ans, qui pratique le djembé depuis un an.

(…) Lorsqu’on leur demande ce qu’évoque chez eux le mot métis, Romane, 11 ans, répond: « Ce sont des gens qui n’ont pas la même couleur de peau que nous ou la même culture, mais qui sont exactement comme nous. »

Alban, ajoute: « Le racisme ne sert à rien. Ça enferme les gens sur eux-mêmes et ils ne s’autorisent pas à s’enrichir des autres. »

Le challenge semble réussi. et se poursuit avec l’intervention de l’association charentaise Sang mêlé, dédiée à la culture burkinabé. Elle initiera les collégiens aux danses africaines.

charentelibre.fr

Chine : « Nous n’avons pas apprécié ce mélange des cultures »

Les participants au Télé-crochet des Jeunes Chanteurs de Chine ont passé une nouvelle étape de la compétition. (…)

Le groupe Jiao’ayi originaire du sud-ouest de la Chine a vainement tenté d’ajouter une pointe d’harmonie dans la musique traditionelle. Ce mariage contre-nature n’a pas convaincu le jury.

« Ces jeunes ont souillé la pureté de la musique traditionnelle avec ce métissage. Nous n’avons pas apprécié ce mélange des cultures et ce pont jeté entre les générations. Nous les avons donc punis avec une mauvaise note. »

Ce groupe de jeunes peu talentueux s’est vu remettre la note de 83 points… Une bien mauvaise performance.

CCTV - [ NDLR : cet article date de 2008... Nous l'avons jugé suffisamment marquant pour le publier]

Libération en 2008 : « Mais quel est donc le secret du modèle suédois ? » (rediff)

[Rediffusion d'un article de Libération, publié sur Fdesouche le 9 janvier 2008] [Extraits]

[Rosengård/Suède] – Diabaté Dialy-Mory surveille les gosses qui s’échauffent avant le cours de boxe. Derrière ses petites lunettes rondes, le Sénégalais à la barbe blanche garde l’œil (…)

Ill a travaillé plus de trente ans comme éducateur à Rosengård. Musulman pratiquant, il prêche l’intégration par le sport.

Il veut que, comme lui, les jeunes se sentent chez eux en Suède et qu’ils comprennent qu’«on fait tout pour les intégrer ici». A la différence de la France.

En matière d’intégration, la Suède surpasse tous ses voisins. Sans passé colonial et à l’écart des grandes voies de communication, le royaume scandinave a longtemps été une terre d’émigration et est doté d’une population ethniquement très homogène.

En à peine trente ans, la Suède est devenue une société multiculturelle. Sur ses 9 millions d’habitants, 13 % sont aujourd’hui nés à l’étranger [Rappel : ce sont les chiffres de 2008, NDLR]

L’an dernier [en 2007], le pays a accueilli 95 000 personnes de 169 nationalités, un record depuis la fin du XIXe siècle, et 40 % d’entre eux étaient non européens. Un sur dix venait d’Irak. Plus d’un quart étaient des demandeurs d’asile, et un tiers d’entre eux étaient des candidats au regroupement familial.

Mais quel est donc le secret du modèle suédois ? «Il y a une dynamique de l’intégration qu’on ne trouve pas ailleurs, avec des objectifs très ambitieux et une idéologie égalitaire à laquelle les gens croient fermement», déclare le sociologue José Alberto Diaz.

La première loi sur l’immigration, adoptée en 1975, érige «l’égalité, la liberté de choix et la coopération» en valeurs centrales de la société.

«Les Suédois et les immigrés ont les mêmes droits, résume José Alberto Diaz, y compris celui d’être différents.»

Depuis 1976, les étrangers peuvent voter aux élections locales. Mais le royaume les encourage aussi à s’organiser en associations culturelles, et il offre à tout enfant d’origine étrangère la possibilité d’apprendre à l’école la langue de ses parents.

«L’Etat ne se mêle pas des questions d’identité, déclare le sociologue. Chacun doit pouvoir s’intégrer, sans renoncer à ses racines.»

La ministre de l’Intégration approuve. Née au Burundi, où ses parents zaïrois s’étaient réfugiés, Nyamko Sabuni est arrivée en Suède en 1981. Elle est la première Noire à accéder au rang de ministre.

Elle juge sévèrement la France, qui, dit-elle, «a sans doute posé des exigences trop dures à ses immigrés» sans leur donner les moyens de s’intégrer.

Malmö est la ville la plus cosmopolite du pays. Dès leur arrivée à Malmö, les demandeurs d’asile et leurs familles se voient proposer des cours de suédois. Par ailleurs, face à la venue massive des Irakiens, la commune organise chaque semaine des séminaires d’orientation en arabe. Au programme : la procédure d’asile, l’emploi, le logement, la sécurité sociale, mais aussi la politique de la famille ou la protection de l’environnement.

En 2006, 45 % des demandeurs d’asile et plus de 90 % des candidats au regroupement familial ont obtenu un permis de séjour permanent.

Construits dans les années 70, les immeubles ne dépassent pas cinq ou six étages. Ils sont bien entretenus. Les espaces verts abondent. «C’est un quartier fantastique où il se passe plein de choses».

A l’école de Rosengård, tous les élèves sont d’origine étrangère. Les résultats scolaires ne sont pas bons mais «ce n’est pas étonnant vu ce que les enfants ont vécu avant d’arriver ici», remarque le directeur. L’établissement, qui compte 600 élèves vient d’être refait à neuf. Ici, le port du foulard est autorisé, de même que l’usage des langues étrangères. L’imam Ali Ibrahim travaille comme responsable culturel à l’école depuis 1990.

(…) Cette politique modèle a un prix. En 2006, le ministère de l’Intégration a versé 275 millions d’euros aux communes pour gérer l’accueil des demandeurs d’asile et de leur famille.

Malgré le durcissement des lois partout ailleurs en Europe, la droite, revenue au pouvoir fin 2006 après douze ans de règne social-démocrate, exclut de renier le modèle suédois.

Ainsi le Premier ministre, Fredrik Reinfeldt, regrettait-il récemment qu’«il se propage une espèce de conception selon laquelle la société multiculturelle ne fonctionne pas». Lui, au contraire, la juge bien «plus excitante et plus intéressante». 

 (source)

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[Dèjà en 2008, nous avions complété cet article par les éléments ci-dessous]

Dans la ville de Sundsvall, les jeunes ne s’attaquent plus seulement à la police, aux facteurs ou aux agents du gaz. C’est cette fois une ambulance qui a subi une attaque en règle. Une ambulance s’est retrouvée assiégée et empêchée de démarrer par un gang de racailles qui ont éclaté les vitres et défoncé le véhicule à coup-de-pieds. Le personnel médical a réussi a s’échapper et a appelé la police à la rescousse. (Aout 2007) (source)

En Suède, « Les viols collectifs commis par des immigrés sur des filles suédoises sont devenus banals. Il y a quelques semaines, cinq Kurdes ont brutalement violé une Suédoise de 13 ans. » A Malmö, il y a 5 à 6 fois plus de viols que dans la capitale danoise toute proche, Copenhague. (Lien disparu / site Point de Bascule

En septembre 2007, le chef de l’organisation Al-Qaïda en Irak a proposé une récompense pour le meurtre d’un caricaturiste suédois dont des dessins ont été jugés insultants par la communauté musulmane. Il menace de s’en prendre aux grandes entreprises suédoises. (source)

La ville de Malmö est le théâtre de 9 fois de plus de vols que Copenhaguen, toute proche.. Certains coupables, arrêtés, et tous d’origine immigrée, ont déclaré : « Nous sommes en guerre contre les suédois ». (source)

• Des partis suédois ont demandé l’interdiction des langues autres que le suédois dans les écoles. (source)

Psychologie et sexualité dans les ‘quartiers’ : « Provocation et violence sont le début d’un processus de métissage »

par Colette Bériot, psychologue, « animatrice en éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle » .

[extraits] Les animateurs du planning familial sont aux prises avec de sérieux changements chez certains groupes de jeunes. Ces changements sont liés à des phénomènes sociétaux comme l’hypersexualisation des médias mais aussi à “l’ethnicisation” de nombreuses écoles.

(…) Trop souvent, le travail d’animation  d’Education à la vie relationnelle, affective et sexuelle (E.V.R.A.S.) se concentre sur la transmission des valeurs d’un idéal humaniste occidental. Du point de vue de notre idéal progressiste d’émancipation des femmes, les positions machistes [des jeunes de quartiers. ndlr] sont difficiles à entendre. Mais sommes-nous cohérents ?

On passe sous silence les discriminations dont sont victimes ces jeunes. Quand on aborde les questions de sexualité, on ne pense pas nécessairement à s’interroger sur les conditions dans lesquelles ils se construisent.

Ils sont pour la plupart les héritiers d’un parcours d’exil souvent douloureux. (…) Comment concilier un héritage familial, culturel, religieux, avec les exigences contradictoires de la société où ils sont censés construire leur avenir ?

Aborder les questions de sexualité en faisant l’impasse sur ces questions constitue une forme de violence faite à ces jeunes.

Les positions machistes exprimées sont à mettre en lien avec la lutte que ces garçons doivent mener pour occuper une place digne dans notre société.

Quotidiennement, ils affrontent racisme et ségrégation. Face à ces questions, garçons et filles n’affrontent pas les mêmes réalités. Eux, plus qu’elles, souffrent d’une infériorisation sociale due à leur origine et leur apparence corporelle.

Si la féminité prête le flanc au machisme, elle écarte en revanche plus volontiers le regard raciste. “Elles” sont bienvenues dans les boîtes de nuit ! L’émancipation des femmes est alors vécue par les hommes de leur communauté comme une forme de trahison de la solidarité “raciale” et sociale.

Cette situation permet de mieux comprendre l’enjeu crucial que constitue le contrôle des femmes et particulièrement le contrôle de leur sexualité.

Dans cette perspective, la virginité des filles prend une valeur symbolique. Il s’agit d’un enjeu de dignité du clan tout entier, dans une société qui l’infériorise.

Ce n’est pas seulement leur libération personnelle qui est en jeu, c’est aussi et surtout leur loyauté à l’égard de leur communauté.

(…) Les garçons sont déchirés entre le désir d’expériences sexuelles et le devoir de s’assurer une épouse fidèle garante de la dignité familiale. Les filles, elles, sont écartelées entre la solidarité “raciale” et le désir d’émancipation.

En pleine traversée de l’adolescence, leur identité est en complète réorganisation. Ils ne savent pas très bien qui ils sont ni qui ils veulent être. La provocation, les conduites à risques et, dans certains cas, la violence constituent un appel à la confrontation, un appel à la loi, voire au conflit pour définir l’autre et, par voie de conséquence, se définir soi-même.

Ils cherchent à mettre l’adulte hors de lui, espérant ainsi accéder à son fond de vérité. Quand l’adulte sera déstabilisé, triste ou en colère, le jeune aura accès à de l’authentique, de l’inédit.

La provocation, vue sous cet angle, fait partie d’une tentative de construction identitaire complexe.

C’est le début d’un processus de métissage, une tentative d’harmonisation de leurs différents repères culturels.

Pour cette élaboration difficile, il apparaît fondamental de fournir à ces jeunes des repères mixtes et des passerelles, de leur permettre de se former auprès d’adultes “réconciliateurs”.

Une construction identitaire harmonieuse ne pourra se faire sans que soit reconnue la culture de leurs familles.  Il semble préférable de commencer par aborder le culturel d’entrée de jeu, travailler avec la diversité et les différences.

Il s’agit de quitter une position ethnocentrique et d’adopter une position “cosmopolite”.

Alors, seulement peut se nouer un dialogue qui enrichira les uns et les autres, fondation d’un réel échange interculturel, source de métissage pour les jeunes mais aussi pour nous.

La Libre Belgique

Lévi-Strauss contre l’idéologie du métissage (rediff)

Par chance il y a un arc-en-ciel des cultures mais il ne faut surtout pas qu’elles se rapprochent : il faut maintenir des écarts sinon elles n’auront plus rien à se dire…

Lors de l’émission de FOG « Vous aurez le dernier mot » du 6 novembre, Régis Debray revient sur la présentation mensongère de Claude Lévi-Strauss faite pas les médias et les politiques au grand public.
http://www.dailymotion.com/video/xb2en2(merci à Noop)

Même son de cloche chez les invités de Daniel Schneidermann (incrédule) : Lévi-Strauss est présenté comme le défenseur de « l’imperméabilité des cultures » contre l’idéologie du métissage et de la mondialisation :
http://www.dailymotion.com/video/xb22zu

Relire : Claude Lévi-Strauss, l’identitaire ?
« Toute création véritable implique une certaine surdité à l’appel d’autres valeurs, pouvant aller jusqu’à leur refus, sinon même leur négation».

Identité – Rocé ; la « laïcité », la théorie du genre, l’idéologie du métissage résumées en une chanson (vidéo)

« (…) le point de départ de la laïcité c’est le respect absolu de la liberté de conscience. Pour donner la liberté du choix, il faut être capable d’arracher l’élève à tous les déterminismes, familial, ethnique, social, intellectuel, pour après faire un choix. »

Vincent Peillon

« Une France consanguine, peureuse et sclérosée contre une France métissée, ouverte et tolérante »

[extraits soigneusement sélectionnés d'un article signé Gay Tapant, paru sur un blog Mediapart]

Face à une France consanguine et sclérosée, le gouvernement Hollande a bien fait de tenir son cap envers et contre tout. Il dessine un projet de société ouverte, qui pourrait bien être la seule vraie solution à la crise.

Ce qui se joue, c’est un véritable projet de société, fondé sur l’ouverture et la liberté, la circulation et l’échange, l’acceptation de la différence et de l’enrichissement qui en résulte.

Ce qui se joue, c’est une vision du progrès, c’est l’opposition entre une France consanguine, sclérosée, peureuse et figée, et une France ouverte à une nouvelle énergie, qui embrasse le présent pour accueillir l’avenir.

Ceux qui ont rejoint la manifpourtous défendent une vision idéalisée d’une France du passé fondée sur l’entre-soi, le copinage, le clientélisme, les conflits d’intérêts, la fermeture à l’autre.

Derrière la famille papamaman, c’est la nation de papamaman qu’ils défendent. Mais ils défendent aussi la nation contre la république, ce pouvoir du peuple qu’ils n’ont jamais accepté.

En face, ce qui se joue dans cette loi d’égalité, c’est notre résistance et notre dignité. Défendre jusqu’au bout les droits des minorités, défendre jusqu’au bout des concepts aussi ringards que l’égalité. C’est bien là la dernière ligne de fracture idéologique.

Alors bien sûr, il faudrait aller plus loin, il faudrait se calmer sur les roms, il faudrait vraiment lutter contre le racisme et l’exclusion, mais au moins c’est un premier geste fort.

Au mieux, c’est peut être l’affirmation non seulement d’une autre France, métissée, ouverte et tolérante, laïque et républicaine, mais aussi le dessin d’un nouveau projet pour l’avenir.

Notre seule voie de survie est le chemin du métissage, de l’ouverture, de l’entraide, de l’hybridation créative, de l’économie solidaire. Un mélange entre créolisation et « care », pour reprendre des mots à la mode. Être ensemble, tout simplement.

Il faudra repenser de nouvelles économies plus ouvertes et solidaires, créatives et hybrides.

Une nouvelle économie trans-genre. C’est peut-être cela la civilisation qui vient, après le mariage

Blog Mediapart

+ cette citation, volontairement hors-contexte :

Les enfants ? Ce ne sont pas des homos qui les enferment dans des caves, les battent à une fréquence incroyable, voire même les congèlent tout crus…

«Pig 26» : un métissage sur mesure avec un gène de porc africain

Le cochon «Pig 26» est né d’une nouvelle technique, plus rapide et plus efficace que le clonage. Il a été conçu pour résister à la peste porcine africaine, un virus qui peut tuer des cochons européens en 24 heures.

En prenant un gène des porcs africains et en l’insérant dans l’ADN de porcs européens, les chercheurs ont donné naissance à un cochon immunisé.

Plus simple que le clonage, ce métissage sur mesure intéresserait déjà des entreprises à des fins commerciales.

20 minutes

Abou Lagraâ, chorégraphe : «La double identité est une richesse. Je suis un Européen, un citoyen du monde »

[extraits] «J’aime les mélanges, parce que je suis mélangé». Ainsi se présente Abou Lagraâ, danseur et chorégraphe. Dans sa nouvelle pièce « El Djoudour » ['Les racines'] qu’il a présenté à Valenciennes, il parle de ses racines et du corps dans la culture musulmane.

- NR : «Vous êtes né en Ardèche, de parents Algériens »
- Abou Lagraâ : Oui. Je trouve que c’est une richesse. La double identité est pour moi une vraie richesse, ce qui me permet, depuis quelques années, de proposer un travail qui est dans le métissage, le mélange des cultures, qu’elles soient du Maghreb, de l’Europe ou même du reste du monde. J’aime les mélanges, parce que je suis mélangé.  (…) Je suis un Européen. Je suis un citoyen du monde, plus exactement. Ma danse s’appelle la danse contemporaine, mais on pourrait l’appeler aussi la danse du monde.

Être à Marseille (lors de la première mondiale), cela a une grosse signification. Marseille est face à l’Algérie, la mer les sépare. Et quand j’ai créé ce «pont culturel méditerranéen» avec mon épouse Nawal Lagraâ, il y avait vraiment du sens. Marseille est pour moi comme la finalité de ce «pont culturel méditerranéen».

« Mes racines, c’est cette double culture et j’avais surtout envie de parler de ma perception du corps dans la culture musulmane, et non pas dans la religion musulmane. Même si, moi, je suis musulman, j’avais envie de parler de cette culture qui est d’une grande ouverture vers les autres, ce qu’on ne connaît pas vraiment. »

On a une image de la religion musulmane assez étriquée, parce qu’il y a un pourcentage très faible d’extrémistes qui donnent une image qui n’est pas celle que je connais. Moi, j’ai été toujours éduqué dans la tolérance, dans l’ouverture (…)

J’ai eu envie de traiter de la frustration de l’homme et de la femme qui sont séparés dans l’espace. C’est une réalité dans notre culture où l’homme et la femme sont séparés.

La pièce parle beaucoup de cette frustration, de cette tension, mais pour aller vers un mélange dans le même espace des deux sexes, de l’homme et de la femme. Et puis aussi, dans la culture musulmane, la terre, la matière, est très importante, parce qu’on y vit (…).

Et puis, il y a l’eau. L’eau, chez nous, c’est l’ablution, le hammam. L’eau est très importante, parce qu’elle fait partie de nos rituels.

Vous travaillez la danse contemporaine, le hip hop. Certains parlent de mixité, d’autres d’un métissage.
Pour moi, ce n’est même pas un métissage, c’est quelque chose qui est naturel chez moi. J’ai toujours fusionné les danses. Depuis seize ans, depuis que je suis chorégraphe. (…) En tant qu’artiste, je suis capable — et je l’ai prouvé grâce à ce pont culturel méditerranéen — d’ouvrir entre les deux rives. Je suis capable d’ouvrir la communication et de permettre à des jeunes Algériens, qui étaient dans la rue il y a trois ans, qui n’avaient pas de métier, de se retrouver propulsés sur les scènes du monde entier, de découvrir d’autres cultures, de rencontrer des gens. (…)

L’autre succès, cela serait de s’ouvrir au Maroc et à la Tunisie, parce que je ne suis pas raciste [rires].

La Nouvelle République

Des pages Facebook appellent à châtier des « beurettes »

Des groupes racistes piochent des photos sur le web et se déchaînent sur les couples formés par des beurettes et des noirs. [...]

Les groupes se nomment «beurettes à khel», traduisez «les filles maghrébines à noirs» ou «les beurettes soumises à l’idéologie sioniste du métissage».

Le spectacle est abject. Alimentées de photos pêchées au hasard, ces groupes ouvertement racistes insultent systématiquement des jeunes filles d’origine maghrébines posant aux côtés d’hommes de couleur.

Les contempteurs les pointent du doigt, livrent leur numéro de téléphone, demandent à ce qu’elles soient châtiées, parfois incitent au viol en publiant des certificats de virginité pêchés au hasard.

Une violence sans borne, comme un écho démultiplié d’un racisme que l’on observe parfois entre maghrébins et descendants d’Africains.

Sous couvert d’anonymat, ces individus reprochent le «métissage indigne» ou encore l’«intégration à la française de ces pseudos musulmanes». [...]

Le Figaro