Cathos et rebelles

L’Eglise de France traîne une mauvaise conscience. Elle ­regrette d’avoir «perdu» la classe ouvrière au cours du XXe siècle… Mais aujourd’hui, elle pourrait bien avoir perdu sa propre jeunesse ! La cécité d’une partie des évêques à ne pas lire ce que leur vocabulaire appelle pourtant les ­« signes des temps » est accablante. Depuis des mois, en ­effet, des catholiques de base, jeunes ou vieux, essentiellement des ­familles, se sont mobilisés par centaines de milliers face à des évolutions de société voulues par le pouvoir socialiste. Cependant certains prélats, et non des moindres, font mine de ne pas voir ce mouvement…

Une partie des évêques a certes compris et accompagné cette indignation massive en encourageant ouvertement la résistance, et en allant même manifester en personne. Mais une autre, dont l’actuelle direction de l’épiscopat français, est restée sur la réserve. En considérant que l’enjeu -la survie ou la disparition de la cellule familiale composée d’un homme et d’une femme et de ses enfants- ne ­valait pas ce dérangement. Pour trois raisons. L’Eglise, selon eux, avait d’abord tout à perdre, en termes d’image, dans ce combat « perdu d’avance » et d’arrière-garde, parce qu’il importerait, aujourd’hui, de « faire avec » l’évolution de la société. En s’engageant, l’Eglise risquait ensuite, d’après eux, de se faire récupérer, dans un combat purement politique, par la droite et l’extrême droite. Certains évêques, enfin, plutôt bienveillants pour le gouvernement socialiste, ne voulaient pas gêner son action, considérant la question du mariage homosexuel comme un débat de société mineur.

Seul problème : en composant avec le politiquement correct, ces évêques perdent leur crédit chez une partie des catholiques, surtout chez les jeunes qui, loin d’être « réacs », sont devenus d’authentiques « rebelles ». Des insoumis « intérieurs » qui n’entrent dans aucune catégorie politique, encore moins celles de l’extrême droite. Mais qui comprennent mal pourquoi la hiérarchie catholique est si réticente à s’engager franchement sur les grands sujets de société, préférant se réfugier dans le non-dit plutôt que de mettre sur la table les désaccords qui ­divisent entre eux les évêques.

Sauf que, le 8 avril dernier, un petit ­miracle s’est produit à Lourdes. Réunis à huis clos lors de leur assemblée de printemps, les évêques de France se sont enfin expliqués « très franchement », selon leur porte-parole, Mgr Bernard Podvin, sur les sujets qui les divisent ­depuis deux ans.

La goutte qui fit déborder le vase épiscopal fut l’« affaire Brugère ». Le 19 mars dernier, cette philosophe, disciple de ­Judith Butler -la papesse américaine de la théorie du genre- était l’invitée de la conférence des évêques, à Paris, pour une journée de formation des responsables diocésains de la pastorale familiale… Fabienne Brugère devait certes s’exprimer sur le care, le « soin » à porter aux autres, une de ses spécialités, et non pas sur le genre. Mais le fait qu’elle ait été choisie par la directrice du service ­Famille et Société de la conférence des évêques, Monique Baujard, fut perçu, à juste titre, comme une véritable provocation par plusieurs évêques et délégués diocésains. La polémique s’enflamma au point que cette conférence fut déprogrammée par l’évêque en charge de la ­famille, Mgr Jean-Luc Brunin, qui avait toutefois couvert cette invitation. Ce qui ouvrit alors un autre incendie: les ­tenants de « l’ouverture » accusèrent les protestataires de refuser le dialogue avec la société, certains dénonçant une « reculade » de l’épiscopat devant une « extrême droite » infiltrée dans l’Eglise via la Manif pour tous !

(…) Le Figaro

Rassemblement de l’UOIF : Tarik Ramadan invite les musulmans à entrer dans la culture française pour y agir «plus efficacement»

Le rassemblement annuel de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) organisé durant ce week-end de Pâques jusqu’à lundi au Parc des expositions du Bourget a pour thème : «Quelles valeurs pour un monde en mutation? L’homme, la famille, le vivre ensemble». Le mariage pour tous et la théorie du genre suscitent des inquiétudes .

Tariq Ramadan encourage ses auditeurs musulmans français à entrer dans la culture française pour la connaître de l’intérieur et y agir «plus efficacement» en tant que musulmans. En 2012, il avait dit à cette tribune que la foi a «une vue longue» et si «le Prophète a été si efficace à La Mecque», c’est «parce qu’il connaissait bien la société» de cette ville.

En France, avait-il conclu, «vous avez à connaître votre société» et prendre «conscience de votre responsabilité» car «nous portons un dépôt, un message» pour ce pays et «l’islam est un et accepte toutes les cultures». Seulement, «il va falloir résister», avait-il lancé.

Même si l’UOIF, proche des Frères musulmans, n’est que l’une des branches de l’islam de France, elle en est la famille la plus dynamique et la mieux organisée puisqu’elle fédère pas moins de 250 associations, revendiquent des partenariats avec un tiers des 3000 mosquées ou lieux de culte en France et vient de lancer une fédération pour les écoles musulmanes. Rien d’étonnant donc à ce qu’elle attende pas moins de 160.000 visiteurs au Bourget!

«Les thèmes du rassemblement collent toujours à l’actualité», explique Amar Lasfar, président de l’UOIF. «Le mariage pour tous, l’ABCD de l’égalité…, ça heurte notre religion et ça nous inquiète», ajoute-t-il. De fait, son prédécesseur, Ahmed Jaballah, avait participé au nom de l’UOIF à la finale de la grande Manif pour tous, le 13 janvier 2013. Il expliquait alors: «Nous sommes sur la même position que toutes les traditions religieuses et humanistes qui estiment que la structure familiale reste la cellule de base de la société. Or, un tel projet met directement en cause la famille.»

Pour autant, l’UOIF s’est désolidarisée de l’initiative lancée par Farida ­Belghoul en janvier dernier, consistant à boycotter, de temps à autre, l’école en retirant ses enfants pour protester contre l’ABCD de l’égalité. «Nous refusons d’utiliser les enfants dans les débats des grands», assure Amar Lasfar et «nous sommes pour le débat mais nous ne voulons pas de polémique».

«Quand on n’a pas de projet social, à droite comme à gauche, le meilleur ennemi facile, c’est l’islam». (Tarik Ramadan sur RMC-BFM)

Cette vision d’un islam fortement identifié mais très intégré est reprochée à l’UOIF par des mouvements plus radicaux et Amar Lasfar reconnaît qu’«une partie des nôtres est tentée par un repli identitaire» en se plaignant car «les premiers à en souffrir, c’est nous».

Une crispation qui faisait dire à Tariq Ramadan jeudi matin sur RMC-BFM : «Les coupables sont ceux qui font de la présence de l’islam en France uniquement un sujet de controverse et jamais un sujet de dialogue serein.»

Le Figaro

Quand Libération “oute” un élu FN

Doit-on tout se permettre dès lors qu’il s’agit du Front national ? Dans une tribune publiée le 24 mars dans Libération, le journaliste Luc Le Vaillant disserte sur l’orientation sexuelle du nouveau maire d’Hénin-Beaumont, Steeve Briois sous prétexte qu’il porte les couleurs du Front national.

“Maire, FN, homo − voici trois éléments d’information qu’il est intéressant de recombiner deux par deux”, se justifie le journaliste en se demandant si Steeve Briois “célébrera lui-même l’union de deux personnes du même sexe” ou “s’il montera en ligne contre l’homophobie”.

Si le milieu journalistique connaît depuis longtemps cette information, le grand public l’ignorait. Cette tribune a d’ailleurs été rapidement l’un des articles les plus lus sur le site de Libération.

(…) Les Inrocks

L’UMP distribue-t-elle des tracts homophobes en arabe à la sortie de la mosquée de Corbeil-Essonnes ?

 

Pour discréditer le PS auprès des Musulmans , un candidat du FDG relaie des SMS anti-mariage homo

A Aubervilliers, un colistier du communiste Pascal Beaudet a relayé des SMS appelant la communauté musulmane à ne pas voter pour le PS à cause, entre autres, de l’ouverture du mariage aux couples homosexuels.

Najat Vallaud-Belkacem ne s’attendait sans doute pas à un tel accueil. La visite, jeudi 6 mars, de la ministre des Droits des femmes à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) pour soutenir le maire socialiste, Jacques Salvator, candidat à sa réélection fin mars, a été précédée de curieux SMS, que francetv info a consultés.

« Avis à tous les musulmans !!! Alors que J. Salvator veut attirer le vote des musulmans d’Aubervilliers aux élections municipales, il reçoit aujourd’hui la ministre Najet [sic] Vallaud-Belkacem… » explique un premier message. « Cette dernière a été à l’origine de plusieurs choses : elle a soutenu le mariage gay, la loi sur les mamans voilées qui accompagnent leurs enfants aux sorties scolaires », explique un deuxième message. Un troisième SMS enfonce le clou : « Musulmans = Anti-PS au niveau national et local !!! Vote sanction !! ».

France Tv

Un complot homo-franc-maçon ? Le délire du Printemps français (Nouvel Obs)

Pour le Nouvel Obs il n’existe pas de lobby gay ou de pressions de la part des francs-maçons pour transformer la nature de la société et de la famille. L’hebdomadaire préfère parler de «délire» du Printemps français.

Un temps membre d’EELV, l’avocate Caroline Mécary, spécialiste de l’homoparentalité, inverse la charge de la preuve : «Si lobby il y a, c’est le lobby catholique intégriste lié aux fondamentalistes américains, qui a soutenu le collectif de la Manif pour tous.»

Les croisés de l’ordre moral fustigent une conspiration imaginaire. Le gouvernement, poussé par des militants de l’égalité homme-femme et de la cause homosexuelle qui veulent aller plus loin, freine.

Des descendants de Maximilien Robespierre et d’Olympe de Gouges hanteraient les ministères et les salles des profs. Ils s’acharneraient à détruire la famille en imposant le mariage pour tous, pervertiraient la jeunesse en enseignant l’homosexualité et annihileraient le mâle occidental en assurant la suprématie féminine… «Il y a une volonté totalitaire de changer l’homme» : c’est ainsi que le polémiste Eric Zemmour fantasme le «politiquement correct» de ce «lobby gay». […]

Les preuves ? Nul n’a jamais pu produire la moindre consigne visant à imposer une « théorie du genre » dans l’Education nationale. Le procédé – bien connu – consiste plutôt à déformer des éléments de la réalité (la prise en compte de la question du «genre») pour étayer la thèse paranoïaque d’un complot. […]

Pour dénoncer les promoteurs cachés de la loi Taubira, 150 militants du collectif Printemps français manifestaient en mai dernier devant le siège parisien du Grand Orient de France au cri de : «Francs-maçons, fascistes !» Depuis Joseph de Maistre, premier penseur contre-révolutionnaire, tous les maux de la fille aînée de l’Eglise ne proviennent-ils pas des frères ? «Les maçons sont très inquiets du climat actuel, mais le temps est passé où les lois de la République étaient discutées dans les loges», confie Daniel Keller, le grand maître du Grand Orient de France. […]

Qu’à cela ne tienne, les agitateurs néoréacs reportent leurs fantasmes complotistes sur le «lobby gay».[…]

Le Nouvel Obs

Fontgombault (Indre) : Des «indignés» dénoncent un village sous «l’influence des moines» (Vidéo)

Le tribunal d’instance de Châteauroux a ordonné vendredi la radiation de la liste électorale de Fontgombault (Indre) de dix moines, qui résident désormais dans le Pas-de-Calais. Un épisode la «guerre» entre les «indignés» et le maire opposé au mariage homosexuel.


A Fontgombault, plus de 60 moines figurent parmi les 258 électeurs inscrits dans la commune. Désormais, ils seront un peu moins. En effet, vendredi, le tribunal d’instance de Châteauroux a ordonné la radiation de la liste de dix religieux de l’abbaye de ce village de l’Indre. Et ce, à la demande de partisans de la laïcité qui ont fait valoir que ces moines n’y résidaient plus. Ces derniers demeurent désormais à l’abbaye Saint-Paul de Wisques dans le Pas-de-Calais

En janvier, dans le cadre de VidéoVilles, les étudiants de l’école de journalisme de Tours (EPJT) s’étaient intéressés à la municipale de Fontgombault et avait rencontré le collectif des «Indignés»

Les citoyens de ce collectif ont décidé de présenter une liste alternative aux municipales de mars prochain afin de marquer leur indignation après une délibération du conseil municipal du village condamnant le mariage homosexuel au nom d’une «loi naturelle». «Le village est sous l’influence des moines», selon André Antigny, un technicien aéronautique retraité âgé de 62 ans qui, six ans après une première tentative infructueuse en solitaire, tente de nouveau de faire son entrée à la mairie avec dix autres «indignés». […]

Deux religieux siègent au conseil municipal de Fontgombault depuis une quarantaine d’années. La commune vit depuis le XIe siècle dans l’ombre de son abbaye bénédictine, joyau de l’art roman et haut-lieu de la messe en latin chantée en grégorien.

Le JDD

France : Des extrémistes menacent des bibliothèques selon Aurélie Filippetti

La ministre de la Culture Aurélie Filippetti a dénoncé aujourd’hui les pressions exercées contre «une trentaine de bibliothèques publiques» par «des mouvements extrémistes» qui «exigent le retrait de la consultation de tout ouvrage ne correspondant pas à la morale qu’ils prétendent incarner».

«Il est temps d’en appeler à Voltaire, à l’esprit des Lumières, pour dénoncer ces atteintes scandaleuses à la démocratie et à la liberté», écrit la ministre de la Culture.

Ces groupes, a indiqué une source proche du ministère, sont liés au «Printemps français» hostile au mariage gay et qui dénonce une supposée «théorie du genre» qui serait enseignée dans les écoles, notamment à travers les ouvrages fournis aux enfants.

Selon Filippetti, ces groupes «se rendent dans les bibliothèques de lecture publique, exercent des pressions sur les personnels, les somment de se justifier sur leur politique d’acquisition, fouillent dans les rayonnages avec une obsession particulière pour les sections jeunesse, et exigent le retrait de la consultation de tout ouvrage ne correspondant pas à la morale qu’ils prétendent incarner».

Le Figaro