Liban: se convertir au judaïsme pour voter librement?

Le projet orthodoxe de loi électorale n’en finit pas de faire débat au Liban. Soutenu pour des raisons très hétéroclites par la majorité des partis chrétiens libanais, cette réforme qui renforcerait la confessionalisation du pays en obligeant les différentes factions à ne voter que pour des candidats de leur propre confession.

Son adoption par les commissions parlementaires conjointes, début d’un processus qui lui permettrait d’être adoptée par l’assemblée libanaise, fait couler des litres d’encre au pays du cèdre et pourrait avoir pour effet inattendu de… provoquer la conversion au judaïsme de ceux qui ne souhaitent pas voter en fonction de la religion.

Explications dans le journal L’Orient-Le Jour: « Comme le stipule l’alinéa c de l’article 2 du projet de loi, ‘les électeurs chrétiens des sectes minoritaires voteront pour les candidats des minorités, alors que les électeurs musulmans des sectes minoritaires qui ne sont pas représentées par un député à la Chambre pourront voter pour le candidat musulman de leur choix’. Et la dernière phrase de l’alinéa de préciser : ‘Les électeurs juifs auront le droit de voter pour le candidat chrétien ou musulman de leur choix’. [...] Sur les réseaux sociaux, certains internautes libanais, horrifiés par l’approbation de la loi dite ‘orthodoxe’, ont déjà appelé leurs compatriotes à se convertir au judaïsme« .

Car sur les réseaux sociaux, le projet orthodoxe déclenche une véritable tempête. Toujours selon le journal francophone, les réactions vont de l’ironie à l’indignation. »Nous venons d’inventer la machine à explorer le temps’, ironise Dona-Maria Souhaid sur Twitter. ‘Imaginez si, aux États-Unis, les Noirs ne pouvaient voter que pour les Noirs et les Blancs ne pouvaient élire que des Blancs !’ s’insurge pour sa part Abdallah Fawzy. (…)

La Vie

Liban : « Les réfugiés syriens et palestiniens prennent la place des Libanais »

« Les réfugiés syriens et palestiniens prennent la place des Libanais », prévient le ministre CPL de l’Énergie Gebran Bassil. « C’est du racisme confessionnel à des fins électorales », accuse le jeune député chiite du Futur, Okab Sakr.

La question des réfugiés, conséquence directe de la crise syrienne sur le pays, est plus que jamais au cœur des préoccupations ministérielles, aggravées par l’afflux grandissant de déplacés palestiniens fuyant les violences en Syrie,notamment dans le camps de Yarmouk à Damas. (…)

Pourtant, le ministre de l’Énergie Gebran Bassil a adopté une position qui se situe aux antipodes de cet appel. « Les réfugiés syriens prennent la place des Libanais », a-t-il martelé. « Nous conserverons chaque parcelle de notre terre », a-t-il ajouté. « Nous devons mettre nos actes en conformité avec nos paroles et refuser de céder notre travail et notre vie sociale aux réfugiés qui, par leur présence, leur travail et leur vie sur notre territoire, menacent notre présence », a encore affirmé le ministre Bassil, qui s’exprimait lors d’une cérémonie organisée par l’association Batrouniyat à Batroun. « Comment peut-on accepter que l’enseignement dans certaines écoles se base sur le programme scolaire syrien ? Où en est notre souveraineté ? Les camps des Palestiniens déjà établis au Liban ne sont-ils pas une menace suffisante ? » s’est-il indigné, rejetant en même temps le caractère raciste de ses propos.

« Ce n’est pas une réflexion raciste, mais patriotique, dont nous sommes fiers », a-t-il précisé, appelant le gouvernement à « examiner sérieusement les moyens d’expulser les réfugiés et de les renvoyer à leur territoire ».

« Que ceux qui veulent nous assister financièrement paient avant tout les dommages causés par les agressions israéliennes, ou que l’Unrwa paie la facture d’électricité des camps palestiniens, dont la valeur cumulée s’élève à plus d’un milliard », et de conclure :« Les pays voisins ont assez d’espaces pour que les réfugiés aillent en Turquie, à Chypre, en Jordanie ou Irak ». (…)

Tout aussi sceptique que le ministre Bassil, mais moins radical, le ministre d’État druze Marwan Kheireddine a estimé que « la crise des réfugiés est le test le plus difficile que connaît le pays depuis l’indépendance, le Liban ne pouvant pas assimiler ce grand nombre de réfugiés ». « L’embarras est clair face à cette situation délicate, puisque la solution n’est pas aisée », a-t-il fait remarquer.

Il a en même temps estimé que « les frontières ne peuvent plus rester sans contrôle et ouvertes à tous ceux qui veulent entrer dans le pays ». (…)

L’Orient le jour

«Au Liban, épouser quelqu’un d’un autre groupe, c’est trahir sa famille»

Le morcellement religieux du pays contraint les femmes dans leur vie sentimentale, les amenant à faire des choix difficiles en tenant compte de leur famille, de leur origine confessionnelle et de leurs aspirations naturelles.

«Quand l’amour vous fait signe, suivez-le. Bien que ses voies soient dures et rudes. Et quand ses ailes vous enveloppent, cédez-lui. Bien que la lame cachée parmi ses plumes puisse vous blesser. Et quand il vous parle, croyez en lui.» Ces vers de Khalil Gibran, poète libanais, datent de 1923 mais restent pertinents au Liban. Dans ce pays, fondé depuis 1943 sur un système politique et social très particulier, le confessionnalisme, le pouvoir est réparti de manière proportionnelle entre les dix-huit communautés religieuses.

La présence de ces dix-huit communautés s’explique historiquement et géographiquement, comme le rappelle Mounir Corm, associé d’investissement dans la banque de financement française Natixis et auteur de l’ouvrage Pour une IIIe République libanaise:

«Le Liban est une terre proche du berceau du christianisme et du judaïsme et fut l’objet d’une des premières conquêtes des tribus arabes lors de la naissance de l’islam. A cette mixité islamo-chrétienne s’est ensuite ajoutée une myriade de «chapelles» dissidentes des trois grands monothéismes du fait de la géographie si spéciale du Liban dans la région».

Ces arrivées successives de communautés religieuses entre le VIe et le XXe siècle ont profondément marqué l’organisation de la société libanaise. (…)

Slate

Le quartier chrétien de Beyrouth touché par un attentat

Un attentat à la voiture piégée a dévasté un secteur du quartier chrétien d’Achrafieh, à Beyrouth. L’attaque a fait au moins huit morts et 78 blessés, selon la Croix-Rouge et l’agence de presse libanaise (ANI). L’attentat a eu lieu près de la place Sassine, à 200 mètres du bureau des Kataeb, parti chrétien d’opposition de l’ancien président Amine Gemayel, hostile au régime syrien de Bachar el-Assad.

Pour le moment, il n’est pas possible de déterminer la cible de cet attentat, le premier dans la capitale libanaise depuis janvier 2008. Aucune revendication n’a été faite pour l’heure.

Selon les images des télévisions libanaises, les dégâts sont impressionnants, dignes de ceux causés par l’attentat en février 2005 qui avait coûté la vie à l’ancien premier ministre Rafic Hariri et à 22 autres personnes. La déflagration a fortement endommagé la façade d’un immeuble et mis le feu à des véhicules. Elle aurait été provoquée par l’explosion d’au moins une voiture.

«Que l’Etat protège les citoyens. Nous ne tolérons aucune procrastination en la matière, nous ne pouvons pas continuer ainsi. Nous mettons en garde depuis un an. Assez», a réagi Amine Gemayel.

Le Figaro

Benoît XVI : «Islam et Chrétienté peuvent vivre ensemble sans haine»

Samedi à Beyrouth, le Pape a lancé un appel sans précédent pour une nouvelle coopération islamo-chrétienne destinée au Moyen Orient, visant à enterrer l’esprit de « vengeance » pour épouser celui du « pardon ». [...]

Le Figaro

Un réfugié, combien ça coûte ?

Cela varie grandement en fonction de sa situation. Un réfugié sri-lankais qui habite en région parisienne n’a pas les mêmes besoins que l’un des 400.000 réfugiés somaliens qui habitent dans les camps géants du nord-est du Kenya.

Dans les pays riches, le coût des réfugiés fait l’objet de polémiques. En France, 520 millions d’euros ont été dépensés sur l’asile par le gouvernement en 2011 pour 60.000 demandeurs (le budget initialement prévu était de 327,55 millions d’euros), soit 8.666 euros dépensé par demandeur d’asile.

Là encore, ce calcul est purement théorique, et ne prend pas en compte les aides aux personnes qui ont obtenu l’asile, ni le budget des associations qui travaillent en parallèle du gouvernement.

Sur ce budget, 334 millions d’euros (soit 64%) sont dédiés à l’hébergement. En comparaison, le logement ne représente que 4,7% de l’aide internationale prévue pour les réfugiés syriens de Jordanie.

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Liban : les plages de l’apartheid

Majoritairement privées, la plupart des plages libanaises refusent le droit d’entrée aux domestiques étrangères. Et, lorsque ce droit leur est accordé, le plus souvent la piscine leur est interdite.

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(…) Dans le cadre de sa campagne, IndyAct a fait des recherches sur plusieurs stations balnéaires et identifié celles qui semblaient avoir des politiques discriminatoires. Des militants se sont ensuite rendus sur place pour voir par eux-mêmes ce qu’il en était. « Cette action est la première d’une série qui a pour but de relever ce type de pratiques pour montrer à la société libanaise dans quelle mesure elle contribue à perpétuer le racisme au Liban”, explique Aimée Razanjay, porte-parole d’IndyAct pour cette campagne.

Il y aurait au Liban environ 200 000 femmes immigrées qui travaillent comme domestiques.

Elles sont originaires du Sri Lanka, des Philippines, d’Ethiopie et du Népal, entre autres. Le droit libanais du travail impose un salaire minimum et un jour de repos hebdomadaire, mais ces lois ne s’appliquent pas aux travailleurs étrangers et la plupart d’entre eux ne bénéficient donc pas de ces droits. Les employées de maison travaillent souvent vingt heures par jour, sont confrontées à l’isolement forcé et parfois victimes de violences physiques et sexuelles. Leurs passeports leur sont confisqués à leur arrivée, ainsi les employeurs peuvent-ils contrôler l’existence de ces femmes. (…)

Courrier International