Le mariage gay comme plan de relance

Le district de Columbia a célébré ses premiers mariages de couples du même sexe le 9 mars, mettant en application une loi historique approuvée la semaine précédente. Le quotidien américain The Washington Post rapporte que ces mariages pourraient potentiellement représenter une industrie très juteuse pour l’économie de la capitale des États-Unis.

Une étude du think tank Williams Institute explique que légaliser le mariage de même sexe va créer d’ici trois ans quelques 700 emplois et drainer 52,2 millions de dollars. Les pâtissiers et décorateurs de gâteaux qui vont devoir créer de nouvelles figurines à poser en haut des pièces montées, les grands hôtels qui se bousculent pour organiser les réceptions, les traiteurs, les bijoutiers… Autant d’entreprises qui voient le bon filon, alors que le taux de chômage est de 11,9%.

Christopher Hill et Richard Marshall, habitants du quartier de Georgetown, considèrent leur mariage à 75.000 dollars, qu’ils prévoient d’organiser en juin, comme leur «plan de relance personnel» pour l’économie de l’état de Washington DC. Et les entreprises locales ont déjà des dollars pleins les yeux.

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Les raisons de la chute de l’industrie française

Usine chinoise

Est disponible, depuis peu, un rapport sur la désindustrialisation en France, par Lilas Demmou, Chargée de Mission à la Direction Générale du Trésor et de la Politique Économique du Ministère de l’Économie, de l’Industrie et de l’Emploi. Si ce texte n’est qu’un simple rapport de recherche, il nous éclaire néanmoins très bien sur l’état actuel de l’industrie en France et de son évolution, ces dernières années et dans le futur.

Il est clair que des données chiffrées manquaient. On apprend donc que « l’industrie a perdu 36 % de ses effectifs entre 1980 et 2007, soit 1,9 million d’emplois ou encore 71 000 par an », principalement dans l’industrie manufacturière.

L’ouverture des frontières commerciales est passée de 11,5% à 18%. Dans le même temps, le solde extérieur industriel est passé de -15Md€ à -54Md€, soit –360% de dégradation ! Cette ouverture expliquerait jusqu’à 45% des destructions d’emplois (dont 17% relatifs aux pays émergeants).

Quant à la préférence nationale, fortement combattue par les libéraux de tous poils, qui, entre parenthèses, avec leurs solutions toutes faites, nous ont conduits dans cette impasse, si elle n’est pas LA seule solution, elle devrait être un point important de notre stratégie.

Pourquoi accepterions-nous des produits étrangers qui ne respectent pas le centième des règles et normes que nous nous imposons ?

Quant à l’Europe, nous voyons hélas, qu’elle a été mal construite et qu’elle nous impose plus de contraintes que d’avantages !

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L’industrie française a perdu 36% de ses effectifs en 30 ans

L’Hexagone est passé d’une économie héritière d’une tradition industrielle à une économie principalement de services. En cause : une hausse de l’externalisation, les progrès techniques qui ont réduit les besoins en main d’oeuvre et la concurrence étrangère.

On est encore loin d’une France sans usine… mais on s’en rapproche. Un document de travail que la Direction générale du Trésor vient de publier montre qu’entre 1980 et 2007 la contribution de l’industrie à la richesse nationale est passée de 24 % à 14 %. «Un recul significatif ».

Sur cette période, l’industrie a perdu 1 913 500 emplois (tombant à 3 414 000). Soit une baisse de 36 % de ses effectifs. «La majorité de ces pertes d’emplois a eu lieu dans l’industrie manufacturière (96 %) ». Et s’il y a eu des périodes où les destructions ont ralenti (au milieu des années 1980 et au milieu des années 1990), cela n’a «pas suffit à inverser la tendance». Les services marchands ont suivi une évolution inverse.

Pourquoi ce déclin de l’industrie et surtout de son emploi ?

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Industrie: comment encourager les relocalisations ?

Aider les entreprises à relocaliser, mais sans passer forcément par une prime : après des décennies de délocalisations, les états généraux de l’industrie cherchent le moyen d’inverser la tendance pour revitaliser le tissu industriel français.

Le spécialiste des arts de la table Geneviève Lethu, les jouets Smoby, le groupe industriel Gantois… ces dernières années, plusieurs entreprises françaises ont rapatrié des activités qui étaient implantées à l’étranger, en Extrême-Orient ou ailleurs. Les relocalisations en France restent toutefois des exceptions. El Mouhoub Mouhoud, professeur à l’université de Paris Dauphine, estime qu’il y a « globalement une relocalisation pour dix délocalisations. »

C’est dans ce but que le comité des états généraux propose « d’aider des entreprises à étudier leur projet de relocalisation, à valider sa faisabilité et à réaliser les investissements productifs et les créations d’emplois. » Mais sans parler de prime à la relocalisation comme l’avait fait le ministre de l’Industrie. « Nous sommes extrêmement sceptiques sur les aides financières. »

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La France, première victime de la désindustrialisation

L’industrie française va mal, depuis plusieurs années déjà. Pourtant dans le monde de l’après-crise qui se dessine aujourd’hui, l’industrie, la technologie et l’innovation seront au centre des futures batailles.

Le lancement il y a quelques jours des états généraux de l’industrie, annoncés par Nicolas Sarkozy en septembre, témoigne d’une angoissante réalité : le tissu industriel français va mal. Très mal. Et les quelques grands contrats signés au gré de voyages présidentiels ne doivent pas masquer une situation préoccupante.

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La fallacieuse théorie du libre échange et la diabolisation du protectionnisme

Marc Rousset, auteur de « La Nouvelle Europe Paris-Berlin-Moscou. Le continent paneuropéen face au choc des civilisations » (Editions Godefroy de Bouillon, 2009), critique le dogme du libre-échangisme et prône le rétablissement du protectionnisme.

«  De tous les dogmes économiques, le libre-échange est celui sur lequel les néo-libéraux sont le plus intraitables. Formulé il y a presque deux siècles dans le contexte théorique de l’immobilité des facteurs de production (capital et travail) et de la division internationale du travail, il est toujours présenté comme le nec plus ultra de la modernité, et comme la recette du développement et de la croissance.

Ses hérauts ont réussi le tour de force de le pérenniser dans un contexte exactement contraire à celui de sa conception : aujourd’hui, le capital ne connaît plus aucune entrave à sa circulation internationale et la main d’œuvre devient, elle aussi, de plus en plus mobile. Quant à la division internationale du travail, elle appartient au passé, avec la multiplication des entreprises mettant en œuvre des technologies de pointe dans les pays à bas salaires. L’économie mondiale est devenue un bateau ivre, sans gouvernail.

(…) Alors que le discours dominant du journalisme économique proclame depuis deux décennies que le protectionnisme est le mal absolu, les travaux scientifiques les plus récents aboutissent à un résultat inverse. Il y a donc discordance entre les discours économiques médiatiques et le discours scientifique.  »

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Depuis 30 ans, les salaires baissent, sauf au sommet

Dans une note de recherche non encore publiée, l’économiste Jacques Sapir explique pourquoi, malgré la déflation salariale, la part des salaires dans la valeur ajoutée n’a pas baissé depuis 1990. En cause : la hausse des salaires les plus élevés et la transformation de revenus du capital en salaires.

Et pour les autres ? La chute des revenus.

«  Le décrochage des salaires depuis 1983 est (…) indubitable.

Le niveau du salaire moyen en 2007 peut être globalement estimé à 25% de moins de ce qu’il aurait été, si les phénomènes cités [par Jacques Sapir] n’avaient pas eu lieu.

Cependant, il est clairement plus important dans l’industrie, et il est encore plus important pour les faibles salaires. Pour ces derniers, on peut parler d’un « retard » salarial de 35% à 45%.

L’impact des importations en provenance des pays à faibles coûts salariaux semble (…) très fort (…).  »

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Entretien avec A. de Benoist : les enjeux de la décroissance

Cet entretien a précédé la publication, en 2007, de l’ouvrage intitulé Demain la décroissance (le titre prévu initialement : Objectif décroissance, était déjà pris).

Alain de Benoist nous explique pourquoi l’écologie n’est en rien un domaine réservé aux gauchistes, altermondialistes et autres bourgeois-bohèmes en goguette, ni ne constitue nécessairement une vision du monde contraire au respect des identités, ou une conception rétrograde de l’existence.

Par opposition au mythe de la croissance infinie, apanage tant des théories économiques libérales que des postulats marxistes, la décroissance paraît inéluctable. De Benoist propose d’en tirer parti, au lieu de la subir.

Quelle est la genèse de l’idée de la décroissance ?

Elle est apparue dans les milieux écologistes lorsque ceux-ci ont commencé à réaliser que, l’activité économique et industrielle étant la cause première des pollutions, il était nécessaire de s’interroger sur la notion même de développement.

Elle est née aussi d’une réaction contre la théorie du « développement durable » qui, prétendant réconcilier les préoccupations écologiques et les principes de l’économie marchande, aboutit seulement à reporter les échéances.

Sur le plan scientifique, le premier grand théoricien de la décroissance a été l’économiste roumain Nicholas Georgescu-Roegen qui, en s’appuyant principalement sur le deuxième principe de la thermodynamique, la loi de l’entropie, a très tôt présenté la décroissance comme une conséquence inévitable des limites imposées par la nature.

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