« On oublie les natifs Français non issus de l’immigration. On les abandonne à leur sort »

Après l’annonce de la feuille de route du gouvernement sur l’intégration, Guylain Chevrier, ancien membre du Haut Conseil à l’Intégration, dénonce le clientélisme religieux et la dérive communautariste du gouvernement.

(extraits choisis) Il est extraordinaire, au moment où, en Allemagne et au Royaume-Uni, on constate l’échec du multiculturalisme, qu’en France le gouvernement ait choisi une telle orientation.

A moins que cela ne soit animé par les visées d’un clientélisme religieux venant d’une majorité politique en grande difficulté.

On oublie les natifs Français non issus de l’immigration. On les abandonne à leur sort en laissant penser que seuls ceux devant attirer l’intérêt des pouvoirs publics désignés comme les victimes des risques d’exclusion sociale ou exclus, sont nécessairement immigrés ou enfants d’immigrés.

Le problème de l’intégration ne vient pas de la France, mais aujourd’hui de la tendance qui s’affirme, et particulièrement du côté de nos compatriotes [? ndlr] musulmans, d’une séparation communautaire, avec un refus de plus en plus marqué à travers l’extension du port du voile, du refus de se mélanger au-delà de la communauté de croyance.

Figaro

——- Complément : Guylain Chevrier, mai 2013

La France Black/Blanc/Beur a été un immense leurre, car déjà en 1998, la société française se fracturait depuis dix ans autour du voile et du multiculturalisme.  Le repli identitaire que marque le voile à travers sa signification du refus du mélange désigne le trouble dans lequel se trouvent les relations entre ces jeunes issus de l’immigration et la République. Atlantico

 

Blancs et pauvres : la catégorie sociale qui est devenue l’une des plus défavorisées et des moins aidées en France

Difficultés d’accès aux aides sociales, éloignement des grands centres d’activités, les natifs français issus des classes populaires semblent être encore plus pénalisés que d’autres catégories pauvres de la population. Peut-on parler d’une émergence des « white trash » ["déchets blancs"] à la française ?

[extraits] Tout un courant idéologique tend à faire passer pour invisible une partie non négligeable de notre population qui se paupérise et se dévalorise. Elle est formée de personnes, de familles originaires du cru, ouvriers ou employés à faible niveau de rémunération ou au chômage après un licenciement dans des zones à faible taux d’emploi, travaillant à temps partiel ou en contrat précaire, travailleurs pauvres par excellence.

Selon une enquête de l’INSEE de 2009, les employés et ouvriers non qualifiés ont un niveau de vie inférieur d’un quart à la moyenne des salariés.

Aujourd’hui, on évalue que le taux de pauvreté en France est de 13,5%, c’est-à-dire, 8,2 millions de personnes (La Documentation française), dont inévitablement une large majorité de Français de longue date.

L’immigré semble bien devenir le nouveau prisme des réponses publiques à la problématique de la pauvreté, indiquant combien s’est déjà réalisé l’abandon des autres pauvres, pourtant largement plus nombreux.

De plus, même du côté d’une certaine gauche radicale, l’immigré, nouveau damné de la terre, est venu remplacer avec la chute du communisme une classe ouvrière qui était vue jusque-là comme le moteur de l’histoire de la libération humaine

« On explique que dans les ZUS les familles immigrées représentent près d’un quart de la population, 23,6 %, contre 4% hors ZUS. Mais pourquoi alors n’entend-t-on pas pas parler des 76,4 % des enfants issus des autres familles »

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RMC, 24/06/2013 Eric Brunet recevait Guylain Chevrier, l’auteur de l’article

extrait avec illustration du white trash

émission complète

Immigration, violences urbaines. Malika Sorel : «La France Black/Blanc/Beur a été un immense leurre»

Malika Sorel ,essayiste et membre du Haut conseil à l’intégration, et Guylain Chevrier, docteur en histoire, enseignant , reviennent sur les dernières émeutes au Trocadéro à Paris.

La France Black/Blanc/Beur a été un immense leurre, car déjà en 1998, la société française se fracturait depuis dix ans autour du voile et du multiculturalisme. Il ne suffit pas d’avoir une équipe de France du mélange pour que l’on assure que ce mélange perdure dans notre société.

Quelles sont ces fameuses «racines du mal» dont parle le président de la République ? De quels renoncements profonds ce mal est-il le produit ?

Malika Sorel : Évoquons à présent les racines du mal. Il y a une racine principale et des racines secondaires. La plus importante, la racine principale, c’est l’ignorance et l’incompétence de très nombreux acteurs politiques sur le sujet de l’immigration-insertion-intégration, et ce depuis maintenant plus de trente ans. […]

Comme j’ai maintes fois eu l’occasion de le dire et de l’écrire, l’importance des flux migratoires qui a conduit à la reconstitution des terres culturelles d’origine sur le sol d’accueil a fini par rendre impossible l’intégration des entrants suivants.

[…]Or qu’ont fait les gouvernements successifs ? Aucun n’a résolu ce problème des flux. L’immigration familiale est considérable. Elle s’accroît sans cesse par le biais des mariages contractés entre les deux rives de la Méditerranée. […]

Bien sûr, il y a d’autres racines que j’ai déjà eu l’occasion d’évoquer. Je vais en citer quelques unes de nouveau, comme […] le poison de la repentance qui déprécie la France aux yeux des enfants de l’immigration et les amène à la mépriser puis à la violenter ; l’idéologie de la victimisation qui a fini par convaincre bien des jeunes qu’ils ne réussiraient jamais puisque les Français entraveraient leur réussite – cette victimisation attise leur rage ; la géopolitique avec le retour des crispations religieuses et identitaires […].

Guylain Chevrier : Il y a une sorte de folie destructrice chez ces jeunes qui se sont livrés aux déprédations que l’on sait au Trocadéro, où se mêlent la volonté d’en découvre avec les forces de police qui représentent l’État, la volonté de pourrir tout ce qui donne de la société une image de bonheur collectif, l’occasion pour certains de manifester leur rejet de la France et de la République (on aura remarqué, sur les images passant en boucle des échafaudages pris d’assaut par ces casseurs, des drapeaux algériens) . […]

Les supporteurs ultras ont pu jouer le rôle de détonateur, mais de toute évidence ils étaient minoritaires parmi les émeutiers du Trocadéro, lundi soir à Paris. […]

Dès dimanche soir, des affrontements ont eu lieu sur les Champs-Élysées filmés par le caméraman Laurent Bortolussi qui raconte au Nouvel Observateur une soirée qui présageait déjà le pire. Il affirme que les «vrais supporters» et les familles, sont partis rapidement, laissant place à des centaines de jeunes, entre quinze et vingt-cinq ans, «beaucoup de mineurs, de jeunes à capuche dont la physionomie ne faisait pas de doute, et qui se revendiquaient de différentes cités de la région parisienne.» Ce sont les mêmes qui le lendemain sont encore montés d’un cran, fort d’une nuit où on leur aura opposé peu de force tels qu’en témoignent les policiers eux-mêmes : «un policier m’a même confié être à la limite d’utiliser son arme de service car ils se sentaient très isolés et en sous-effectif». […]

atlantico (Merci à Barique )