Morano menacée par une triangulaire

Nadine Morano part favorite au premier tour des législatives dans la cinquième circonscription de Meurthe-et-Moselle, à Toul, mais la présence du Front national dans une triangulaire au second tour pourrait lui être fatale. L’ex-ministre de l’Apprentissage, proche de Nicolas Sarkozy, fait intensivement campagne depuis quinze jours, bien décidée à endiguer le vote FN, alors que Marine Le Pen avait recueilli plus de 24% des suffrages à la présidentiel le 22 avril dernier.

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« Nous avons à parler à tous les Français. Arrêtons de parler du péril FN. J’ai à parler de sécurité, d’immigration », martèle celle qui avait repris cette circonscription rurale à la gauche en 2002. [...]

« Si l’on se fie aux dernières échéances électorales depuis deux ans, le bloc des gauches peut être supérieur à celui des droites », observe Etienne Criqui. « La véritable inconnue est celle de la possibilité d’une triangulaire : le cas échéant, elle pourrait être fatale à Mme Morano« , fait valoir le politologue. Il suffirait en effet que deux tiers des électeurs de Marine Le Pen à la présidentielle votent pour le candidat Front national, Olivier Prugneau, pour que celui-ci se maintienne au deuxième tour de la législative.

Cet enseignant, qui se définit comme « gaulliste de gauche », s’était fait connaître il y a dix ans en tant que secrétaire départemental du MRC de Jean-Pierre Chevènement. Candidat malheureux aux législatives en 2002, il avait ensuite soutenu le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan pour la présidentielle de 2007, avant de rallier le parti d’extrême droite. [...]

Le Figaro

Lucien Pambou, militant UMP, «ne souhaite pas la victoire de la droite aux législatives»

Lucien Pambou, conseiller municipal (UMP) de la ville d’Alfortville (94), membre de plusieurs associations, cofondateur et premier Secrétaire Général du CRAN… souhaite l’échec de la droite aux législatives afin de permettre une «refondation nécessaire» de celle-ci sans la moindre ambigüité vis-à-vis du Front national.

L’UMP va être obligée de tenir compte des notions différentes en matière de valeurs et de croyances de ses différentes composantes : sociale-humaniste à laquelle je me réfère, libérale voire néo-libérale, centriste de droite et droitiste au sens de droite populaire, une droite populaire qui n’hésite pas à poser la question d’une alliance avec le Front national dans les élections locales et qui sait, peut-être, un jour au niveau des élections nationales.[…]

Si les élections législatives sont gagnées par l’UMP, la refondation aura beaucoup de mal à exister et la ligne politique vis-à-vis du Front national continuera d’être confuse, même si aujourd’hui la ligne officielle est : pas de négociation avec le Font national. On voit bien que certains responsables de premier rang, qui disent en public ne pas vouloir pactiser avec le Front national, souhaitent et espèrent haut et fort en privé que cette alliance soit possible. […]

Alors, si la société française est majoritairement à droite, comme l’infusent les statistiques, pourquoi cette droite ne se retrouve-t-elle pas dans les urnes ? Poussons la provocation jusqu’au bout : pourquoi l’UMP considère-t-elle que le FN est un parti de pestiférés avec lequel on ne peut pas négocier, mais que l’on comptabilise volontairement dans les statistiques pour montrer que la société française est à droite ?

La refondation est donc nécessaire. Une fois celle-ci établie et clarifiée, la stratégie en matière d’alliance sera plus claire et évitera aux responsables politiques de l’UMP les nombreuses contorsions physiques et intellectuelles quant à ses relations avec le FN. […]

Le Nouvel Obs

Législatives/PCF : pas d’accord avec le PS et EELV

« Aucun accord national n’a été trouvé » avec le Parti socialiste et Europe Ecologie-Les Verts pour les législatives sur les circonscriptions où il y a un risque d’élimination de la gauche à l’issue du premier tour à cause du Front national, a affirmé Lydie Benoît, responsable élections du PCF. [...]

Le Figaro

Présidentielle : « Je n’avais pas l’impression d’assister à une élection qui avait lieu en France » (RMC)

Dans Bourdin & Co, un auditeur, président d’un bureau de vote à Marseille, ne s’étonne pas de voir l’ascension Marine Le Pen. Une auditrice, militante socialiste, dénonce l’agression de son fils de 11 ans par des enfants « racistes ».

« L’animosité est beaucoup plus sensible d’un côté que de l’autre. C’est à dire qu’aujourd’hui, j’ai l’impression qu’à partir du moment où l’on a fait certaines déclarations, on veut casser du Français. » – Lucien

« Lundi matin, mon fils est arrivé à l’école et s’est fait prendre à partie par 3 ou 4 gamins qui lui ont dit : ‘Ouais ta mère doit être contente ! Les Arabes ils vont nous écraser tous ! T’es content mais on va leur faire la peau !’ « . – Ghislaine

BHL : adresse à la droite républicaine confrontée à la nouvelle offensive lepéniste

Avalanche de réactions, lettres de lecteurs, commentaires, à la suite de mon dernier bloc-notes.

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Donc, je précise.

Le Front national n’est pas un parti de droite, mais d’extrême droite.

Entre la droite et l’extrême droite, il y a la même différence de nature, la même barrière d’espèce, dont nous plaidions naguère qu’elle oppose la gauche et la gauche extrême ou, comme disaient les dissidents d’Europe centrale, la gauche modérée et totalitaire. [...]

C’est la même lutte à mort avec les successeurs (fiers de l’être) de ces autres totalitaires qui fondèrent, jadis, le FN sur les ruines du vichysme.

C’est le même combat sans merci avec la dauphine d’un vieux chef dont l’antisémitisme, le racisme, la haine de la démocratie, de la culture, de l’intelligence ont été (et demeurent) l’intense et morbide fixation. [...]

Héritage : la tradition fasciste que Mme Le Pen assume haut et fort quand, interrogée par le journal israélien Haaretz sur les crimes de la Collaboration, elle se récrie qu’elle ne veut pas « dire du mal de son pays ».

Entourage : la foule des conseillers, des cadres du parti, des vieux et jeunes notables, qui affirment leur proximité, l’un avec le négationnisme, l’autre avec l’hitlérisme, le troisième avec les pères fondateurs nazis de la dynastie de fait qui règne, depuis près d’un demi-siècle, en Syrie.

Tempérament enfin : cette fibre factieuse qui, comme le naturel, revient au triple galop quand elle annonce son intention, si elle entre au Parlement, et comme au bon vieux temps du poujadisme antirépublicain, de « tout casser ».

La loi est sans appel : dans la guerre qu’ils ont déclarée aux libéraux de l’UMP, les néofascistes du FN ne feront pas de quartier – une compromission des premiers, un accommodement, un fléchissement, et ils sont morts. [...]

Le Point

Le FN défend-il la laïcité ? « Bien sûr que non ! Attendez, Jeanne d’Arc, c’est quand même une sainte ! » (Soubré/RMC)

Dans les GG de RMC, un auditeur interpelle Marie-Anne Soubré à propos des valeurs de François Bayrou et de la polémique sur la viande halal.

Lapsus Longuet : « Nous, au Front National » (vidéo RFI)

Gérard Longuet (UMP), qui a suscité une polémique par une interview à l’hebdomadaire Minute, a commis un lapsus vendredi sur RFI, parlant de « nous, au Front national »… » Le ministre s’expliquait sur son entretien à l’hebdomadaire d’extrême droite dans lequel il a vu en Marine Le Pen un « interlocuteur » non disqualifié, contrairement à son père. [...]

« Et pour nous au Front national… euh… pour eux au Front national », a promptement corrigé Gérard Longuet, qui a eu une jeunesse à l’extrême droite. [...]

Europe 1


Gérard Longuet, ministre de la Défense par rfi

Marine Le Pen ravive la flamme pour les législatives

Pour la campagne des législatives, Marine Le Pen a décidé de remettre la flamme tricolore et le nom de son parti, le FN, sur les affiches électorales. Deux inscriptions qui avaient disparu des écrans radars ces derniers mois : pendant la campagne présidentielle, la leader frontiste avait préféré incarner sa candidature en s’appuyant sur l’inscription « Marine 2012″.

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D’après les informations du Point.fr, le nom du parti figurera donc sur les affiches à côté de la bannière « Rassemblement bleu Marine », spécialement créée pour le scrutin de juin afin de réunir les candidats souverainistes et indépendants soutenus par le FN. Une manière d’affirmer une bonne fois pour toutes que le débat sur un changement de nom du parti « n’est pas d’actualité ». « La présence du logo et du nom du parti n’a suscité aucune discussion. Cela s’est fait naturellement », assure un proche de Marine Le Pen.

Sur l’affiche, qui sera déclinée pour chacun des candidats, figurera aussi un slogan trouvé par Marine Le Pen : « Pour une Assemblée VRAIMENT nationale ». [...]

Le Point

SOS Racisme dénonce une « nouvelle surenchère » de Sarkozy et Longuet

SOS Racisme a estimé mardi soir que le président-candidat Nicolas Sarkozy et le ministre de la Défense Gérard Longuet se sont lancés dans « une nouvelle surenchère dans la haine, la trahison des idéaux républicains et le populisme anti-immigré ».

« Nicolas Sarkozy a vanté à nouveau, au Trocadéro, son rêve d’une France frileuse et repliée sur une identité figée après avoir déclaré sur RMC/BFM TV qu’il y avait trop d’immigration en France, dans une envolée digne des discours les plus abjects du Front national », a dénoncé l’association dans un communiqué. [...]

TF1 News

Polémia : analyse du score de Marine Le Pen le 22 avril

Voici une analyse précise et méthodique des résultats de Marine Le Pen : un FN en forte baisse dans les grandes villes et victime du « grand remplacement » dans les banlieues ; un FN qui se heurte à un plafond de verre dans ses bastions ouvriers et les villes du sud ; mais qui est en position de force dans le périurbain et les zones rurales : un FN qui doit se rechercher un ancrage territorial s’il veut éviter les lendemains qui déchantent.

Lors du premier tour de l’élection présidentielle, près de 6.500.000 de nos compatriotes ont apporté leurs suffrages à Marine Le Pen : près d’un million de voix de plus que le total réuni par son père le 5 mai 2002. Avant Marine Le Pen, le bloc national n’avait jamais compté autant de partisans. [...] Et son score élevé fait naître de nombreux espoirs que la nouvelle géographie électorale du vote frontiste doit pourtant sérieusement tempérer. [...]

C’est dans les grandes villes que l’évolution électorale apparaît la plus défavorable : disposant d’une base essentiellement urbaine à l’origine, le FN décline dans l’ensemble des grandes agglomérations. Son score brut de 2012 est systématiquement inférieur à celui obtenu en 1995.

Les causes de cette désaffection sont connues : concentration de l’emploi qualifié dans les métropoles, désindustrialisation des villes et départs massifs des ouvriers et des employés ne pouvant plus faire face aux coûts de logement, gentrification des anciens quartiers ouvriers (tels le quartier de la Bastille à Paris) et proportion de plus en plus importante de Français issus de l’immigration dans le corps électoral. [...]

konk

Dans les communes du sud de la France souvent marquées par l’histoire douloureuse des rapatriés et des harkis, ainsi que dans ses bastions ouvriers, le FN maintient ses scores élevés, mais semble avoir atteint les limites de son potentiel électoral. Dans aucune des villes considérées Marine Le Pen ne retrouve les résultats historiques de 2002

A l’origine, le vote FN était fort dans les grandes agglomérations situées à l’est d’une ligne Le Havre/Perpignan. En 2002, le résultat historique de Jean-Marie Le Pen est dû à un « vote de sous-préfecture » : le FN commence déjà à plafonner, voire à décroître dans les grandes agglomérations, mais connaît une forte progression dans les villes moyennes. [...] Enfin, le 22 avril dernier, Marine Le Pen arrive en tête dans de nombreuses petites communes et réalise une véritable percée dans la France de l’Ouest, jusqu’alors terre de mission pour le Front national. [...] Le vote des campagnes devient aussi un vote de prévention face à la montée de l’insécurité et à une présence étrangère jugée excessive : cet effet de halo, qui caractérisait notamment le vote FN en Alsace dans les années 1990 [...]

Le FN aborde les élections législatives de juin prochain avec optimisme du fait de son score inédit du 1er tour de l’élection présidentielle et de la large défaite, très probablement à venir, du président sortant au deuxième tour. Certains sites Internet évoquent déjà 353 triangulaires possibles ; Le Figaro du 26 avril 2002 en prédisait 237 : il y en eu… 9, toutes largement perdues par le Front national. [...]

Les élections législatives n’ont plus de rôle structurant : elles ne sont que des élections de seconde zone, confirmatives du choix des Français au deuxième tour de l’élection présidentielle.

Les législatives de juin prochain ne devraient pas échapper à la règle, et le FN n’a que très peu de chances d’obtenir ne serait-ce qu’un seul élu. Présent au deuxième tour dans près de 500 cantons lors des élections cantonales de 2011, le Front national n’a réussi à obtenir que 2 sièges, alors même que les résultats du premier tour (19,2% de moyenne sur les cantons où le Front disposait d’un candidat) laissaient espérer une dizaine d’élus. [...]

Polémia