BHL : adresse à la droite républicaine confrontée à la nouvelle offensive lepéniste

Avalanche de réactions, lettres de lecteurs, commentaires, à la suite de mon dernier bloc-notes.

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Donc, je précise.

Le Front national n’est pas un parti de droite, mais d’extrême droite.

Entre la droite et l’extrême droite, il y a la même différence de nature, la même barrière d’espèce, dont nous plaidions naguère qu’elle oppose la gauche et la gauche extrême ou, comme disaient les dissidents d’Europe centrale, la gauche modérée et totalitaire. [...]

C’est la même lutte à mort avec les successeurs (fiers de l’être) de ces autres totalitaires qui fondèrent, jadis, le FN sur les ruines du vichysme.

C’est le même combat sans merci avec la dauphine d’un vieux chef dont l’antisémitisme, le racisme, la haine de la démocratie, de la culture, de l’intelligence ont été (et demeurent) l’intense et morbide fixation. [...]

Héritage : la tradition fasciste que Mme Le Pen assume haut et fort quand, interrogée par le journal israélien Haaretz sur les crimes de la Collaboration, elle se récrie qu’elle ne veut pas « dire du mal de son pays ».

Entourage : la foule des conseillers, des cadres du parti, des vieux et jeunes notables, qui affirment leur proximité, l’un avec le négationnisme, l’autre avec l’hitlérisme, le troisième avec les pères fondateurs nazis de la dynastie de fait qui règne, depuis près d’un demi-siècle, en Syrie.

Tempérament enfin : cette fibre factieuse qui, comme le naturel, revient au triple galop quand elle annonce son intention, si elle entre au Parlement, et comme au bon vieux temps du poujadisme antirépublicain, de « tout casser ».

La loi est sans appel : dans la guerre qu’ils ont déclarée aux libéraux de l’UMP, les néofascistes du FN ne feront pas de quartier – une compromission des premiers, un accommodement, un fléchissement, et ils sont morts. [...]

Le Point

Le FN défend-il la laïcité ? « Bien sûr que non ! Attendez, Jeanne d’Arc, c’est quand même une sainte ! » (Soubré/RMC)

Dans les GG de RMC, un auditeur interpelle Marie-Anne Soubré à propos des valeurs de François Bayrou et de la polémique sur la viande halal.

Lapsus Longuet : « Nous, au Front National » (vidéo RFI)

Gérard Longuet (UMP), qui a suscité une polémique par une interview à l’hebdomadaire Minute, a commis un lapsus vendredi sur RFI, parlant de « nous, au Front national »… » Le ministre s’expliquait sur son entretien à l’hebdomadaire d’extrême droite dans lequel il a vu en Marine Le Pen un « interlocuteur » non disqualifié, contrairement à son père. [...]

« Et pour nous au Front national… euh… pour eux au Front national », a promptement corrigé Gérard Longuet, qui a eu une jeunesse à l’extrême droite. [...]

Europe 1


Gérard Longuet, ministre de la Défense par rfi

Marine Le Pen ravive la flamme pour les législatives

Pour la campagne des législatives, Marine Le Pen a décidé de remettre la flamme tricolore et le nom de son parti, le FN, sur les affiches électorales. Deux inscriptions qui avaient disparu des écrans radars ces derniers mois : pendant la campagne présidentielle, la leader frontiste avait préféré incarner sa candidature en s’appuyant sur l’inscription « Marine 2012″.

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D’après les informations du Point.fr, le nom du parti figurera donc sur les affiches à côté de la bannière « Rassemblement bleu Marine », spécialement créée pour le scrutin de juin afin de réunir les candidats souverainistes et indépendants soutenus par le FN. Une manière d’affirmer une bonne fois pour toutes que le débat sur un changement de nom du parti « n’est pas d’actualité ». « La présence du logo et du nom du parti n’a suscité aucune discussion. Cela s’est fait naturellement », assure un proche de Marine Le Pen.

Sur l’affiche, qui sera déclinée pour chacun des candidats, figurera aussi un slogan trouvé par Marine Le Pen : « Pour une Assemblée VRAIMENT nationale ». [...]

Le Point

SOS Racisme dénonce une « nouvelle surenchère » de Sarkozy et Longuet

SOS Racisme a estimé mardi soir que le président-candidat Nicolas Sarkozy et le ministre de la Défense Gérard Longuet se sont lancés dans « une nouvelle surenchère dans la haine, la trahison des idéaux républicains et le populisme anti-immigré ».

« Nicolas Sarkozy a vanté à nouveau, au Trocadéro, son rêve d’une France frileuse et repliée sur une identité figée après avoir déclaré sur RMC/BFM TV qu’il y avait trop d’immigration en France, dans une envolée digne des discours les plus abjects du Front national », a dénoncé l’association dans un communiqué. [...]

TF1 News

Polémia : analyse du score de Marine Le Pen le 22 avril

Voici une analyse précise et méthodique des résultats de Marine Le Pen : un FN en forte baisse dans les grandes villes et victime du « grand remplacement » dans les banlieues ; un FN qui se heurte à un plafond de verre dans ses bastions ouvriers et les villes du sud ; mais qui est en position de force dans le périurbain et les zones rurales : un FN qui doit se rechercher un ancrage territorial s’il veut éviter les lendemains qui déchantent.

Lors du premier tour de l’élection présidentielle, près de 6.500.000 de nos compatriotes ont apporté leurs suffrages à Marine Le Pen : près d’un million de voix de plus que le total réuni par son père le 5 mai 2002. Avant Marine Le Pen, le bloc national n’avait jamais compté autant de partisans. [...] Et son score élevé fait naître de nombreux espoirs que la nouvelle géographie électorale du vote frontiste doit pourtant sérieusement tempérer. [...]

C’est dans les grandes villes que l’évolution électorale apparaît la plus défavorable : disposant d’une base essentiellement urbaine à l’origine, le FN décline dans l’ensemble des grandes agglomérations. Son score brut de 2012 est systématiquement inférieur à celui obtenu en 1995.

Les causes de cette désaffection sont connues : concentration de l’emploi qualifié dans les métropoles, désindustrialisation des villes et départs massifs des ouvriers et des employés ne pouvant plus faire face aux coûts de logement, gentrification des anciens quartiers ouvriers (tels le quartier de la Bastille à Paris) et proportion de plus en plus importante de Français issus de l’immigration dans le corps électoral. [...]

konk

Dans les communes du sud de la France souvent marquées par l’histoire douloureuse des rapatriés et des harkis, ainsi que dans ses bastions ouvriers, le FN maintient ses scores élevés, mais semble avoir atteint les limites de son potentiel électoral. Dans aucune des villes considérées Marine Le Pen ne retrouve les résultats historiques de 2002

A l’origine, le vote FN était fort dans les grandes agglomérations situées à l’est d’une ligne Le Havre/Perpignan. En 2002, le résultat historique de Jean-Marie Le Pen est dû à un « vote de sous-préfecture » : le FN commence déjà à plafonner, voire à décroître dans les grandes agglomérations, mais connaît une forte progression dans les villes moyennes. [...] Enfin, le 22 avril dernier, Marine Le Pen arrive en tête dans de nombreuses petites communes et réalise une véritable percée dans la France de l’Ouest, jusqu’alors terre de mission pour le Front national. [...] Le vote des campagnes devient aussi un vote de prévention face à la montée de l’insécurité et à une présence étrangère jugée excessive : cet effet de halo, qui caractérisait notamment le vote FN en Alsace dans les années 1990 [...]

Le FN aborde les élections législatives de juin prochain avec optimisme du fait de son score inédit du 1er tour de l’élection présidentielle et de la large défaite, très probablement à venir, du président sortant au deuxième tour. Certains sites Internet évoquent déjà 353 triangulaires possibles ; Le Figaro du 26 avril 2002 en prédisait 237 : il y en eu… 9, toutes largement perdues par le Front national. [...]

Les élections législatives n’ont plus de rôle structurant : elles ne sont que des élections de seconde zone, confirmatives du choix des Français au deuxième tour de l’élection présidentielle.

Les législatives de juin prochain ne devraient pas échapper à la règle, et le FN n’a que très peu de chances d’obtenir ne serait-ce qu’un seul élu. Présent au deuxième tour dans près de 500 cantons lors des élections cantonales de 2011, le Front national n’a réussi à obtenir que 2 sièges, alors même que les résultats du premier tour (19,2% de moyenne sur les cantons où le Front disposait d’un candidat) laissaient espérer une dizaine d’élus. [...]

Polémia

Bernard Guetta : «Le crime des nouvelles droites européennes»

Bernard Guetta accuse les partis «d’extrême droite» européens, et leurs électeurs, de ne pas comprendre les nouvelles réalités engendrées par la mondialisation et de fuir dans «un passé révolu et mythifié».

Le pire est que ce n’est pas qu’en France mais dans toute l’Europe que s’affirme une nouvelle extrême droite qui n’a fait que substituer les Arabes aux Juifs comme incarnation de tous les maux.

On peut se rassurer comme on peut. On peut se dire que l’extrême droite n’a pas tant progressé que cela puisqu’elle ne fait que renouer avec ses scores d’avant 2007. [...] On peut se consoler avec ces calculs mais le fait majeur de ce premier tour est que les droites additionnées sont largement majoritaires en France, que la droite ne répugne plus à faire campagne sur les thèmes de l’extrême droite, que le Front national s’est imposé en force incontournable et que toute la droite s’en déporte vers des terres où elle ne s’aventurait pas hier. Pour un pays où la Collaboration avait délégitimé l’extrême droite tandis que le gaullisme recentrait la droite, la régression est aussi brutale que tragique . […]

Non seulement le poids de l’Europe diminue toujours plus vite sur la scène internationale mais la réduction des distances, la concurrence industrielle des puissances émergentes, l’affaiblissement des puissances publiques nationales sous le coup de la déréglementation économique, les délocalisations et la désindustrialisation qui s’est ensuivie dans tout le Vieux Monde diminuent l’emploi, les salaires et la protection sociale des Européens.[…]

Le plus grave avec cette nouvelle droite n’est pas qu’elle ait redonné droit de cité au racisme sous couvert de défense de la laïcité et banalisé la triomphale bêtise du «Tous pareils, tous pourris». Ce n’est pas même qu’elle divise les nations en opposant un peuple qui serait naturellement patriote à des élites dont la traîtrise ne serait plus à prouver puisqu’elles ont vendu la patrie à la finance et à l’immigration. Non, le plus grave n’est pas cette musique des années 30, mais le fait que la nouvelle droite conduise l’Europe au déclin en la détournant du seul chemin qui lui permettrait de l’éviter. […]

Au nom du patriotisme, les nouvelles droites ne font rien d’autre, et c’est leur crime, que de désarmer l’Europe alors même qu’il faudrait réunir toutes ses forces.

Libération

«Rassemblement bleu Marine»: «Une façon de se désextrémiser»

Marcel Botton, PDG de Nomen, agence spécialisée dans les noms de marque, revient sur l’annonce du FN de changer son nom par «Rassemblement bleu Marine»…

«Rassemblement bleu Marine»: dès les élections législatives de juin 2012, le FN quittera ses vieux habits pour ce nouveau nom. Marcel Botton, PDG de Nomen, agence spécialisée dans les noms de marque, revient sur cette annonce.

Le FN a annoncé qu’il se présentait sous l’appellation «Rassemblement bleu Marine» aux législatives. Comment l’expliquez-vous?

Il renonce au mot «national», ce qui contribue à en faire un parti comme les autres. C’est une façon de se désextrêmiser. Le bleu reste une couleur associée à la droite. Et utiliser un nom de couleur comme marque est moderne, comme le prouve Orange.

Mettre son prénom dans une marque n’est-il pas égocentrique?

Non, beaucoup de marques sont des patronymes. Certaines sont restées associées à leur fondateur; d’autres non, par exemple, Darty.

Quel logo imagineriez-vous?

J’aurais du mal à imaginer autre chose que la couleur bleu marine. Je verrais bien un animal ou une figure géométrique, quelque chose qui s’éloigne de la flamme. La marque, avec sept syllabes, est trop longue. Le grand maximum est quatre. Sinon, à l’usage, c’est raccourci d’office. Il y aura donc la marque officielle et à côté, son expression verbale genre «votez bleu marine»

20 minutes

Les militants nationalistes corses sont-ils les électeurs du Front National ?

Un nationaliste corse pour un nationaliste français? L’équation n’est pas si simple, même si bon nombre de militants et de sympathisants ont pu porter leur choix sur la candidate de l’extrême droite

Il s’en est fallu de peu, pendant son meeting ajaccien, qu’elle sonne la charge contre la fabrication du figatelli halal, tant Marine Le Pen a fait les yeux doux au nationalisme corse. Dans la salle du palais des congrès, les 700 personnes venues l’acclamer le 17 mars dernier ont presque tiqué à son discours aux relents régionalistes. Chantant mollement le Salve Regina, après avoir hurlé les couplets de La Marseillaise.

La candidate du Front National ne s’adressait pas là directement à son électorat, mais plus généralement « aux Corses qui se battent pour leur identité ». Bref, aux nationalistes.

Des propos impensables pour le jacobin Jean-Marie Le Pen qui fut persona non grata dans l’île depuis 1992.

Mais ce dimanche, un électeur corse sur quatre a voté pour sa fille (près de 40 000 voix), quand en 2010, un sur trois glissait un bulletin nationaliste dans l’urne territoriale.

Si la droite (même en reculant) a compté ses voix, de même que la gauche, la soustraction est simple : les électeurs nationalistes ont voté FN à côté des partisans de Le Pen.

Ce simple copier-coller peut-il tout expliquer? (…)

Corse matin

Le frère de Bachelot soutenu par le FN

Jean-Yves Narquin, frère de Roselyne Bachelot et maire de Villedieu le Château ‘(Loir-et-Cher), va se présenter aux législatives dans la troisième circonscription de Vendôme sous l’étiquette « rassemblement républicain », avec le soutien du Front National, révèle La Nouvelle République.

Le maire avait apporté un parrainage remarqué à la patronne du parti d’extrême-droite lorsqu’elle était à la recherche de ses 500 signatures. « Suite à ce parrainage, Marine Le Pen a pris contact avec moi », explique-t-il. [...]

« Pour moi, la chimère UMP va exploser, et la reconstruction à droite se fera avec le FN ».

Le Figaro

Tillinac invite Marine Le Pen à soutenir Sarkozy

L’écrivain Denis Tillinac, chiraquien devenu sarkozyste, exhorte Marine Le Pen à soutenir Nicolas Sarkozy et fustige ceux qui ont traité les militants FN « comme des parias », dans une lettre ouverte à la candidate du Front national publiée aujourd’hui par Le Figaro.

« En favorisant l’élection de (François) Hollande, vous vous exposeriez au jugement sévère de l’Histoire« , avertit l’écrivain corrézien à l’adresse de l’eurodéputée d’extrême droite : « elle ne retiendrait que votre complicité dans avènement d’un puritanisme triste et peu respirable, fomenté par une gauche qui vous accable de son mépris. Ce serait du pur masochisme ». [...]

Il a assuré n’avoir jamais voté pour le FN, « réprouvant le principe d’une alliance tant qu’il drainait les restes épars du pétainisme, de l’intégrisme de l’OAS et autres avatars des dictateurs européennes ». Mais « jamais non plus je n’ai cru que votre parti représentait un danger pour la démocratie, la République, les valeurs humanistes etc. », insiste-t-il. [...]

Le Figaro