Municipales : Comment l’UMP veut conquérir le vote musulman par l’abstention

Le quinquennat de Nicolas Sarkozy a renforcé le désamour des musulmans envers l’UMP. Mais deux ans après l’alternance et face au sentiment de déception générale à charge contre les socialistes, la droite veut tirer profit de la situation pour attirer vers elle un électorat traditionnellement ancré à gauche de l’échiquier politique. Ou du moins les pousser à s’écarter de la gauche et, à ce jeu, l’UMP ne manque pas d’idées pour parvenir à ses fins.

«La première étape, c’est de faire en sorte que cet électorat ne vote plus pour le PS, afin de couper la gauche d’un de ses réservoirs de voix traditionnels. C’est ce qui est en train de se produire avec le mariage pour tous et la théorie du genre. Ensuite, la seconde étape, c’est qu’ils votent pour nous», explique un stratège de l’UMP au Monde.

Nicolas Sarkozy et son clan avaient fait baver les musulmans lors de son quinquennat, marqué par des débats à répétition qui ont défiguré l’image de l’islam et de ses fidèles. Alors, quand est arrivé mai 2012, une large majorité de musulmans – 86 % selon un sondage Ifop – avaient apporté leur voix à François Hollande lors du second tour de l’élection présidentielle. Bénéficiant du vote sanction plus que du vote d’adhésion, le candidat socialiste a accédé aux plus hautes fonctions de l’Etat.

Le plébiscite des musulmans, l’illustration d’une population traditionnellement ancrée à gauche qui avait promis « le changement ». Il n’en est rien. Une bonne partie de cet électorat a vite déchanté. Loin d’être acquis au PS, il est déçu par la première moitié du quinquennat de celui qu’il a porté à l’Elysée en 2012. En embuscade, à quelques semaines des élections municipales, l’UMP de Jean-François Copé en profite pour tenter d’attirer dans ses filets des électeurs.

C’est bien sur les questions de valeurs que le parti de droite peut séduire les musulmans, nombreux à désapprouver les changements sociétaux portés par une gauche qui a promulgué, en mai 2013, une loi autorisant les couples homosexuels à se marier et à adopter des enfants. Une partie de cette communauté est également impliquée depuis quelques mois dans le combat contre l’introduction présumée de l’enseignement de la théorie du genre à l’école […]

Pour atteindre ce but, quoi de mieux qu’une personnalité issue de l’immigration pour faire la cour aux musulmans ? Fadila Mehal a naturellement été choisie. Dans une tribune publiée sur le Huffington Post en février dernier, la vice-présidente du Modem à Paris et 2e sur la liste UMP-Modem-UDI du 18e arrondissement parisien veut faire entendre que le groupe qu’elle représente est un «ami sincère» de la communauté musulmane. […]

saphirnews

Saad Khiari : «Samia Ghali, Franck Ribéry, Fadila Mehal : dévalorisés parce que musulmans»

Pour Saad Khiari, «spécialiste de l’Algérie», les origines et/ou la religion de Samia Ghali, Franck Ribéry et Fadila Mehal leur portent préjudice, «de manière insupportable».

La République doit être secouéepour mériter son passé et affronter son avenir.

Premier exemple : Samia Ghali

La primaire de Marseille saluée unanimement comme un exercice tout à fait démocratique n’en a pas moins révélé l’ampleur du ressentiment de plus en plus visible à l’égard des Français descendants d’immigrés maghrébins et des musulmans dans leur ensemble, dussent-ils laver plus blanc que blanc. Ceci pour la gauche.

Les bébés Le Pen ont remplacé les enfants de Jules Ferry pour défendre la laïcité.

Deuxième exemple : Fadila Mehal

Changement de décor. Nous sommes passés dans le camp d’en face, celui qu’ont choisi d’autres Français d’origine immigrée dans leur tentative de se faire une place au même soleil républicain, celui de la droite et du centre, réputés fidèles, comme la gauche, à la tradition républicaine et au respect de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen. […]A peine désignée tête de liste du Modem dans le 13e arrondissement de Paris un vendredi, elle est aussitôt évincée le mercredi suivant.

Troisième exemple : Franck Ribéry

C’est la même tare qui est reprochée à Franck Ribéry, meilleur footballeur français en passe d’être couronné du ballon d’or et pourtant figurant parmi les trois personnalités les plus détestées des Français selon les sondages. Et quand on cherche à savoir sur les réseaux sociaux le pourquoi de ce rejet, on découvre avec effarement qu’on lui reproche entre autres sa conversion à l’islam. […]

Le Nouvel Obs

«Le peuple français s’est constitué par des couches ethniques successives venues des quatre coins de la planète»

Amirouche Laïdi, président du Club Averroes, Charles Aznavour, artiste, Saïd Taghmaoui, acteur, Fadila Mehal, présidente des Marianne de la diversité, plaident pour la création d’un «grand ministère de l’égalité, de la diversité et de la lutte contre les discriminations».

La diversité est trop souvent réduite, dans les discours politiques, aux citoyens venus d’ailleurs. Il n’en est rien. Le peuple français s’est constitué, depuis des millénaires, par des couches ethniques successives venues des quatre coins de la planète, qui ont fait souche et fertilisé la culture nationale. Il n’y a pas de minorités, il n’y a qu’un peuple français aux multiples facettes, uni dans sa pluralité.

Relire : Mythes et mensonges : «la France, terre d’immigration»

Les «grandes invasions » ont duré du IVe au IXe siècle. Mais l’entrée des «Barbares» dans l’Empire romain n’a porté que sur un petit nombre de personnes ; le peuplement d’origine de la France, à quelques pour cent près, n’a pas été modifié.

Fdesouche

Huit mois que «vous président», et déjà tant d’espérances nées du programme présidentiel restées lettre morte ! […] La diversité n’est, pour le pouvoir, qu’un arrière-plan folklorique d’une kermesse où les exclus reçoivent, de temps en temps, un lot de consolation. La vitrine est brisée, il ne reste rien sur les étals. Les jeunes diplômés de nos quartiers, soumis à vie à un examen perpétuel d’intégration, sont écartés des postes à responsabilité. L’élite ferme son cercle protégé à double tour. […]

Où sont les mesures de lutte contre les discriminations annoncées ? Où est le vivre-ensemble proclamé dans les meetings par François Hollande candidat ? Qu’attend-on en haut lieu ? Une nouvelle révolte ? […]

Le Monde

Le Crif a reçu Fadila Mehal, Présidente de l’association «Les Marianne de la diversité»

La Commission pour les relations avec les Musulmans du CRIF a reçu, mercredi 30 janvier, Fadila Mehal, Directrice à l‘Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances, et Présidente de l’association «Les Marianne de la diversité».

L’objet de son association et de donner une image positive de toutes les diversités – sociales, territoriales, culturelles – dans un esprit de cohésion nationale. Elle devrait ouvrir bientôt des antennes dans les pays du Maghreb.

Née à Cherchell, en Algérie, Fadila Mehal est le témoin d’une ancienne génération de l’immigration maghrébine en France, à une époque où beaucoup considéraient le retour dans le pays d’origine comme perspective et où, dans l’attente, il ne fallait surtout pas de distinguer : paradoxe de l’époque, c’est alors qu’ils ne se prétendaient pas pleinement français – beaucoup n’en avaient pas la nationalité – que ces immigrés algériens vivaient leur religion dans la discrétion, faisaient de l’Islam une question privée et surtout poussant leurs enfants à faire des études : toute sa famille a eu ainsi la chance d’accéder à l’Université, à une période où aussi « l’ascenseur social » n’était pas en panne comme aujourd’hui. […]

L’association intervient comme médiateur sur le terrain et en partenariat avec les élus et travailleurs sociaux. Elle porte un message de laïcité, en partenariat avec des militants de toutes les confessions, et en particulier avec l’U.E.J.F avec laquelle elle a participé au projet éducatif « Coexist ». […]

Une soirée bien riche, et surtout la découverte de concitoyens musulmans, à la fois féministes et républicains, et trop souvent oubliés par nos médias, nationaux comme communautaires.

Crif

Fadila Mehal : «Prenons garde que nos banlieues ne fassent sécession»

Plaidoyer de Fadila Mehal Présidente des Marianne de la diversité pour plus de «diversité» afin que «la France gagne le choc de compétitivité tant attendu».

Prenons garde que nos banlieues ne fassent sécession, ce sera la fin de notre «vivre ensemble», chacun le sait, c’est de nos quartiers populaires que viendra le renouveau de notre promesse républicaine.

Sur le plan politique, l’Assemblée nationale et le Sénat sont toujours composés à 73% d’hommes, faut-il s’en réjouir ? […] Quelle est cette démocratie où des leaders politiques représentant la diversité des courants d’opinions sont exclus de la représentation nationale ? Une société qui se passe du talent et parfois du courage de Ségolène Royal, de François Bayrou, de Jean-Luc Mélenchon, pourra-t-elle survivre à l’endogamie et à l’endormissement ? […]

La France connaît une grave crise de la représentation politique. La preuve, depuis plus de deux décennies, l’abstentionnisme est devenu le plus grand parti de France. Comment lutter contre cette défection ? La réponse est simple, nos concitoyens veulent des dirigeants politiques qui leur ressemblent.

Il faudra prendre toute la mesure de cette attente populaire, sous peine de voir de nouvelles voies d’expression explorées avec le risque qu’elles ne soient pas conformes à notre idéal républicain.

Barack Obama a compris cet enjeu de la participation citoyenne et ce sont les femmes et les minorités qui lui ont assuré sa réélection. […]

Libération

Le M. diversité du MoDem votera Hollande

La responsable des questions de diversité au sein du MoDem, Fadila Mehal, a appelé mardi à voter pour le candidat socialiste à la présidentielle François Hollande.

« Au nom des valeurs d’égalité, de justice, de laïcité et de fraternité, j’appelle, à titre personnel, à voter François Hollande », écrit dans un communiqué Mme Mehal, par ailleurs directrice à l’Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances (Acsé) et présidente des Mariannes de la diversité.

« Les deux candidats ne se valent pas et s’il faut faire le choix entre le programme ou les valeurs, je choisis les valeurs », explique Fadila Mehal, qui considère que « Nicolas Sarkozy emprunte dangereusement les thématiques lepénistes, au risque de perdre son âme ».

Europe 1

NDLR: Fadila Méhal fait partie également du collectif «Une si longue attente…» qui avait publié une lettre sur le Bondy Blog regrettant, entre autres, « des médias aux rédactions trop blanches »

L’islam de France « encore très machiste »

L’islam de France reste encore « très machiste », a critiqué aujourd’hui l’association les Marianne de la diversité en dénonçant une « absence béante » de femmes dans le Conseil français du culte musulman (CFCM) qui a renouvelé hier son conseil d’administration.

« Les représentants du culte musulman de France viennent d’élire leur Bureau exécutif et, comme c’était prévisible, aucune femme ne siège au sein de cette instance 100 % masculine », observe la présidente des Marianne de la diversité, Fadila Méhal lundi dans un communiqué.

« La crise de la représentativité que connaît actuellement le CFCM trouve ainsi une illustration parfaite dans cette +absence béante+ de femmes alors que celles-ci restent un marqueur symbolique en islam en termes de modernité et qu’elles représentent plus de la moitié des musulmans de France« , poursuit-elle.

Qualifiant cette absence de « déni d’égalité », l’association se demande « à quand un changement de gouvernance au CFCM pour que les filles d’Allah ne restent pas les éternelles laissées pour compte ». Le CFCM a été créé en 2003 par le gouvernement pour être l’interlocuteur des pouvoirs publics pour toutes les questions liées à l’islam, qui représente 4 à 5 millions de musulmans en France, loin d’être tous pratiquants.

Le Figaro

Décès de Nadia Samir, premier visage de la diversité à la télévision «monochrome»

Nadia Samir, première speakerine «franco-maghrébine» et marraine des Marianne de la diversité, vient de s’éteindre après une longue maladie. Son portrait par Fadila Mehal, présidente et fondatrice des Marianne de la diversité.

Nadia Samir était la première speakerine Franco-maghrebine dans un paysage audio-visuel français jusqu’alors monochrome. À sa façon, elle a montré que sa diversité était pour la France «un cadeau et non un fardeau».

Speakerine vedette de TF1, Nadia Samir a marqué notre inconscient collectif, tant son visage s’est imprimé durant ces longues années dans notre imaginaire, donnant ainsi un visage à la diversité, attendue et espérée par des millions de Français. A sa manière, elle a représenté une autre image de la femme maghrébine ouverte, moderne et engagé,e loin des stéréotypes dans lesquels ont été trop souvent enfermées les femmes de l’immigration.

Nadia Samir, franco-algérienne, était une des figures emblématiques des années 1980. Durant sept ans, elle fut la présentatrice vedette et journaliste de TF1, elle a ainsi ouvert la voie à d’autres visages «beurs» comme Nagui, Djamel Debouzze, en banalisant leur origine pour ne mettre en avant que leur talent. […]

Nadia Samir était aussi une féministe convaincue, qui avait rejoint les Marianne de la diversité, dés sa création. Elle souhaitait humblement, que son parcours serve d’exemple à tout ceux qui doutent et s’interrogent sur la place qui leur est faite dans la société française, du fait de leur origine.

RespectMag

Cinéma : L’Etat finance «l’industrie de la diversité»

Pour lutter contre le racisme, les préjugés et les discriminations, l’Etat finance (pour un montant total de plus de 12 millions d’euros), via la commission «Images de la diversité», de nombreux films faisant la promotion de la diversité et montrant les «évolutions de la société française». Parmi les 412 films financés , Adieu Gary de Nassim Amaouche, Vénus Noire d’Abdellatif Kechiche, ou Dernier Maquis de Rabah Ameur-Zaïmeche.

C’est la vieille question du pouvoir des images dans l’inconscient collectif.

Le «vivre ensemble», qui a fait florès ces derniers mois (où il servait plus de cache-sexe au «vivez comme nous») s’exprime désormais aussi au cinéma. Il est défendu bec et ongles par un organisme public, l’Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances (Acsé) qui, en collaboration avec le CNC, a lancé début 2007 une commission «Images de la diversité».

«Nous sommes très satisfaits du premier bilan d’activité de la commission», confirme aux Inrocks Fadila Mehal, directrice du service culture et information de l’Acsé. Pendant les trois ans de son mandat, la commission «Images de la diversité» a posé la question épineuse –et encore presque inédite– de la représentation de la diversité de la société française dans le champ audiovisuel et cinématographique.

Liste des membres de la commission «Images de la diversité».

Suite sur Les Inrocks

Fadila Mehal : « Rien ne dit qu’il faille prendre le RER ou le bus pour aller prier dans la rue, privatisant ainsi l’espace public »

« Non, ces prières de rues ne peuvent être comparées à de l’invasion ou de l’occupation, comme le prétend la droite extrême. Cette comparaison est choquante quand on sait ce que recouvrent ces mots dans notre mémoire collective avec la sinistre période évoquée.

C’est même une insulte quand on sait que plus de 150. 000 musulmans sont morts pour la France, qu’ils ont défendu ses frontières et chassé hors de France, la barbarie nazie.

Deuxième message, certes l’Islam invite les croyants à la prière 5 fois par jour. Mais il indique qu’elle doit se faire dans un lieu propre et protégé. La prière collective est réservée au vendredi, conduite par un imam dans un lieu de culte, de…proximité. Rien ne dit qu’il faille prendre le RER ou le bus pour aller prier dans la rue, privatisant ainsi l’espace public.

Prenons garde qu’une minorité agissante d’un groupe religieux ne prenne l’espace public en otage, et ne donne de la visibilité polémique à un manque cruel de lieux de culte et c’est là le troisième message. Aujourd’hui en France vivent près de 6 millions de musulmans. Faut-il le déplorer ou faut-il s’en réjouir ? Cette question n’a plus lieu d’être, car cette présence musulmane est une réalité que nous devons assumer ensemble.

La France a changé de visage et les musulmans font désormais partie de l’album de famille. » [...]

RespectMag

NB : Fadila Mehal est membre du « Shadow Cabinet » du MODEM en charge de l’intégration, de l’égalité des chances et de la lutte contre les discriminations.

Fadila Mehal (Modem) dénonce la «surenchère législative sur l’immigration»

Fadila Mehal, née en Algérie, présidente-fondatrice des «Marianne de la Diversité», est membre du «Shadow cabinet», un gouvernement parallèle mis en place par le Modem, au sein duquel elle est en charge des questions d’intégration, d’égalité des chances et de lutte contre les discriminations. Elle dénonce sur Afrik.com les dernières mesures gouvernementales relatives à l’immigration. Extraits.

 » Je le dis très tranquillement en choisissant l’excès et la surenchère, le gouvernement s’est fermé à la pédagogie et s’est privé d’alliés potentiels »

Q. Tous les membres de ce shadow cabinet sont des élus, sauf vous. Qu’est-ce qui y justifie votre présence ?

Vous avez raison. La plupart des membres de ce cabinet sont des élus aguerris : parlementaires, maires, conseillers généraux ou régionaux, mais il est important que la société civile soit aussi représentée. C’est à travers elle que se prend aussi le pouls des Français. C’est par elle que respire notre démocratie. François Bayrou m’a fait confiance en me confiant des responsabilités importantes car il sait que je connais mieux que personne les thèmes dont j’ai la charge. (…)

Q. Le projet de loi Besson est examiné depuis le 28 septembre à l’Assemblée nationale. Pourquoi le dénoncez-vous ?
Fadila Mehal : (…) A travers ce projet, et dans la lignée du discours de Grenoble, ce qui me choque c’est que, pour la première fois de l’histoire de France, le gouvernement a de manière inacceptable corrélé l’immigration et la délinquance. C’est assez choquant pour ces millions d’immigrés qui vivent dans notre pays de façon paisible et régulière. (…)

En se radicalisant dans le «tout répressif» le gouvernement prend le risque, certes de séduire un électorat d’extrême droite mais aussi de s’aliéner un socle électoral de républicains convaincus attachés à la mesure et à l’équilibre. En définitive, cette course en avant du «tout sécuritaire» ne sera pas payante.

Afrik.com