Bernard Guetta : L’horizon arabe de l’Europe

Pour Bernard Guetta, le monde arabe pourrait être pour l’Europe une solution à ses problèmes économiques.

C’est pourtant clair, simple, évident. Loin d’être, pour l’Europe, loin de constituer cette imparable menace migratoire, identitaire et sécuritaire dont tant d’esprits courts agitent le spectre, le monde arabe est pour elle une solution à beaucoup de ses difficultés.

Cela semblera paradoxal mais quel est aujourd’hui le plus grand des maux dont souffre l’Europe ? Source de chômage, de stagnation de la croissance et de montée des nouvelles extrêmes droites et des tensions politiques, c’est la désindustrialisation, drame provoqué il y a maintenant trois décennies par la délocalisation des usines vers l’Asie et, principalement, la Chine. […]

Non seulement le travail fuit l’Europe, mais les délocalisations multiplient les délocalisations car l’arrivée sur les marchés européens de produits à bas coût concurrence et tue les entreprises qui n’ont pas fait ce choix du bénéfice facile et se retrouvent contraintes d’y céder sous peine de disparaître. […]

Sauf à se barricader et vivre en autarcie, sauf à éclater puisque tous ses pays ne feraient pas ce choix, sauf à ce que chacun de ses membres ne puisse plus compter que sur lui-même dans un monde fait d’ensembles continentaux, l’Union européenne n’échappera pas de sitôt aux délocalisations, quelque effort qu’elle fasse pour en limiter l’ampleur. Elles se poursuivront mais en les réorientant au Sud dans le cadre d’une concertation volontariste entre les entreprises et la puissance publique, l’Europe pourrait proposer un donnant-donnant aux pays arabes. En échange des créations d’emplois dont ils ont un besoin vital et d’une aide à la modernisation de leurs infrastructures, ils s’engageraient à donner un accès privilégié aux entreprises européennes et à garantir à l’Union un approvisionnement en matières premières à prix négociés sur la longue durée. […]

Libération

Catherine Ashton : « Toulouse, c’est un peu comme Gaza »

Chronique de Hugues Serraf, pour Atlantico :

Tss… Moi qui m’agaçais hier des réactions à la gomme de ces commentateurs anonymes rechignant à s’indigner franchement des assassinats de Toulouse tant qu’Israël et la Palestine seraient en guerre, me voici bien récompensé !

Voici que Catherine Ashton, « haut représentant pour les Affaires étrangères » de l’UE, leur emboîte le pas et, même, les dépasse et se met à cavaler loin devant :

« Quand nous pensons à ce qui s’est passé aujourd’hui à Toulouse (…), quand nous voyons ce qui se passe à Gaza et dans différentes parties du monde, nous pensons aux jeunes et aux enfants qui perdent leur vie ».

Hallucinante déclaration pleine de ces fausses évidences que l’on aimerait ne voir énoncées que par une poignée d’ignorants plus ou moins sincères, plutôt que par la patronne de la diplomatie européenne. Car enfin, quel est exactement le rapport entre ces situations, entre l’assassinat de trois gamins français par un terroriste en scooter et un conflit territorial prenant place à plusieurs milliers de kilomètres de Midi-Pyrénées ? [...]

Atlantico

L’Europe à abdiqué toute ambition en «matière politique, culturelle, intellectuelle ou philosophique»

Selon l’historien et philosophe Marcel Gauchet, M. Sarkozy a assumé ouvertement «une ligne directrice suivie en catimini par ses prédécesseurs Mitterrand et Chirac : la banalisation française dans l’espace occidental et mondial».

Les élites européennes ont renoncé de fait à poursuivre la recherche et l’affirmation d’une identité propre. Elles considèrent implicitement que l’Europe n’a plus rien de spécifique à apporter.

Qu’est-ce que le sarkozysme ?

Il incarne un individu avant tout privé qui n’a qu’un sens très relatif de ce qu’est la chose publique et de ce qu’est l’Etat. Dans un premier temps, sa parole libre, sa simplicité d’accès et son indifférence au formalisme ont séduit. Les choses se sont gâtées lorsqu’il est apparu que ce caractère direct et ouvert s’accompagnait d’une franche indifférence envers l’esprit de l’institution. […]

Les élites européennes sont acquises à l’idée que les Etats-Unis sont le laboratoire de la modernité dont il n’y a qu’à s’inspirer. Il ne s’agit plus d’alignement sur le «hard power» américain, comme à l’époque de la guerre froide. Ce qui compte désormais, c’est le « soft power ».

Ce n’est plus le Département d’Etat qui est important, ce sont les universités : Stanford, Harvard, Chicago ou le MIT comptent infiniment plus par les idées qu’elles diffusent que les moyens colossaux du Pentagone. Il ne s’agit plus de stratégie, mais d’économie ; il ne s’agit plus tant de puissance que de modernité technique, managériale et financière. Tel est le noyau dur de ce programme diffus, mais très puissant, dont les variantes peuvent aller du multiculturalisme jusqu’à l’économisme libéral le plus affirmé.

Cet entraînement consensuel a conduit l’Europe à abdiquer toute ambition en matière aussi bien politique que culturelle, intellectuelle ou philosophique. Au mieux, elle défend mollement son «modèle social». […] Ce n’est pas l’arrivée des socialistes au pouvoir qui modifiera l’inspiration des directives européennes.[…]

Le Monde (Merci à Misanthrope Modéré)

Eva Joly : « L’UE doit faire pièce à la puissance des Etats »

« Je suis la seule à porter un véritable projet européen, celui d’une Europe fédérale. » Devant un public largement europhile, celui des étudiants de Sciences-Po et des associations parties prenantes des Etats généraux de l’Europe, Eva Joly a martelé ce mot – « fédéralisme » – que François Bayrou avait refusé car « trop polysémique ».

Déplorant « l’infinie faiblesse des institutions européennes », la candidate d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) a plaidé pour un renforcement du pouvoir du président de la Commission, « qui doit aussi présider le Conseil ».

L’idée étant de « faire pièce à la puissance des pays qui composent l’Union ».

Le Monde

UE : L’Irlande va organiser un référendum sur le pacte budgétaire

L’Irlande a annoncé mardi l’organisation d’un référendum sur le nouveau pacte budgétaire européen, un scénario que voulait absolument éviter Bruxelles après le laborieux accord trouvé fin janvier sur ce texte et dans lequel Dublin joue également gros.

Le Premier ministre Enda Kenny a déclaré devant le Parlement que son gouvernement avait décidé de demander « au peuple irlandais d’autoriser la ratification de ce traité« , après consultation de l’attorney général, personnalité chargée de le conseiller sur les questions constitutionnelles. (…)

Selon des diplomates à Bruxelles, un « non » au traité aurait en effet des conséquences très graves pour Dublin. En novembre 2010, l’Irlande, au bord du naufrage à cause de la faillite de son secteur bancaire, a dû signer un plan d’aide d’urgence de 85 milliards d’euros avec le Fonds monétaire international (FMI) et l’UE. Or, s’ils refusent le traité, les Irlandais ne percevront plus de prêts européens dans le cadre de ce plan de sauvetage, rappellent ces diplomates. Car la ratification du pacte est, pour les pays sous perfusion, une condition sine qua non pour bénéficier de l’assistance.

Un sondage publié fin janvier a montré que près des trois quarts des Irlandais, déjà échaudés par plusieurs budgets d’austérité particulièrement sévères imposés par le plan de sauvetage, souhaitaient une consultation populaire sur le pacte.

40% avaient alors affirmé qu’ils voteraient pour, 36% contre, 24% se disant indécis, selon cette enquête.

Boursorama

Merci à Max 64

Quand le « made in China » se transforme en « made in Europe »

A l’heure où la Chine se positionne en ami de l’Europe face à la crise de la dette, le géant des pays émergents place ses pions, doucement mais sûrement, au sein du marché unique. Même si l’implantation chinoise en Europe est balbutiante, Pékin, qui produit principalement en Asie et en Afrique, s’intéresse de plus en plus à l’Union européenne – particulièrement depuis trois ans.

"Châteauroux Business District"

C’est d’abord sur la Grèce que la Chine a jeté son dévolu, en voulant faire du port du Pirée, près d’Athènes, le principal centre de transit des marchandises vers le marché européen. Aujourd’hui, celui-ci est largement dominé par la présence du géant chinois du transport maritime China Ocean Shipping Company (Cosco), qui y contrôle deux terminaux depuis 2009. En 2010, le premier ministre, Wen Jiabao, y entamait une tournée européenne, rencontrant tout à tour dirigeants politiques et chefs d’entreprises français, portugais, italiens, belges mais aussi, et surtout, grecs.

Suite et commentaires sur Fortune

« Moi je me fiche pas mal de la France » (Cantat/RMC)

Les GG de RMC débattent du slogan de campagne de Nicolas Sarkozy, « La France forte », et abordent le sujet de l’Europe. Avec Jacques Maillot, Pascal Perri et Xavier Cantat (EELV).

« Je ne me sens pas plus fier d’être français que d’être grec ou sénégalais ! » – Xavier Cantat

La France est-elle devenue raciste?

Deux rapports ont épinglé l’Hexagone en matière de traitement réservé aux immigrés alors qu’un troisième relève ce type de phénomène à travers toute l’Europe.

S’il y a un paradoxe que cultive la République française c’est bien celui d’avoir été élevée au rang de «Patrie des droits de l’homme» et de se faire épingler par les organisations de défense des droits de l’homme.

A ce titre, deux rapports ont pointé du doigt l’Hexagone en matière de traitement réservé aux immigrés alors qu’un troisième relève ce type de phénomène à travers toute l’Europe. Tout cela en l’espace de moins d’une semaine.

La recrudescence des actes de racisme se retrouve exacerbée, notamment, en période de campagne électorale.

Ces réactions hostiles envers les migrants qui montent en puissance particulièrement en période de crise économique ne sont pourtant pas une particularité française. Elles s’étendent à toute l’Europe. «La xénophobie, le racisme (…) progressent dans de nombreux pays européens en ce moment, avec des effets négatifs, non seulement sur les migrants, mais aussi sur les Roms et les autres minorités nationales», a déclaré le commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Thomas Hammarberg, à Vienne. Comment contrer un tel phénomène? «Une couverture médiatique plus diversifiée et l’enseignement de la tolérance à l’école pourraient aider à ralentir cette tendance», a préconisé M.Hammarberg à l’occasion d’une allocution prononcée dans le cadre de la sécurité et la coopération en Europe. Mieux vaut tard que jamais. (…)

L’Expression

Une barrière anti-migrants en Grèce

La Grèce a commencé ce matin la construction d’une clôture censée barrer la route aux migrants irréguliers sur une portion de sa frontière terrestre avec la Turquie, devenu l’une des principales portes d’entrée clandestine en Europe, a indiqué le ministère de la Protection du citoyen.

« Il s’agit d’un ouvrage à valeur pratique et symbolique (…) pour décourager la migration clandestine et envoyer le message que l’on ne rentre pas en Grèce comme dans un moulin », a déclaré lors d’une visite sur place le ministre Christos Papoutsis. (…)
Réclamée en particulier par la France, en dépit des réticences de la Commission européenne qui l’estime inefficace, la barrière barbelée doit courir sur quelque 10,3 kilomètres, dans la portion de la frontière où le fleuve Evros, qui constitue ailleurs un obstacle naturel, entre en territoire turc. Le chantier, annoncé depuis des mois et chiffré à 5,498 millions d’euros prévoit une double rangée de barbelés de 2,5 mètres de haut surmontée de 25 caméras thermiques.
En 2011, quelque 55.000 arrestations de migrants ont été enregistrées dans la zone, en augmentation de 16,77% par rapport à 2010, selon le ministère. A un rythme moyen de 300 par jour, ces arrivées clandestines ont représenté l’an dernier le tiers des entrées irrégulières recensées dans l’UE, selon l’agence européenne de surveillance des frontières Frontex. (…)

Le Figaro
(Merci à Chantecler)