Canal Plus aborde le thème de l’intérêt de la monnaie unique Euro (vidéo)

A l’occasion de la sortie du livre Casser l’Euro pour sauver l’Europe de Franck Dedieu, Benjamin Masse-Stamberger, Beatrice Mathieu, Laura Raim.


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source : Salut les Terriens – Canal Plus – 19 04 2014

bonus :
l’opportuniste de Jacques Dutronc, 1968.

Associations et syndicats publient un petit manuel pour s’attaquer aux «idées fausses» de l’extrême droite

Des associations et syndicats tels que la CGT, FSU, l’Unef ou la Ligue des droits de l’homme soutiennent cet ouvrage, qui décortique 73 arguments sur l’immigration, l’insécurité, l’islam, pour les démonter.

Comment affronter la pensée d’extrême droite sur d’autres terrains que celui de la morale ? Des syndicats (CGT, Solidaires, FSU, Unef, UNL, Fidl) et associations (Ligue des droits de l’homme, Mrap, JOC) ont mené cette réflexion, face à la «banalisation préoccupante» des antiennes répétées notamment par le Front national. Ils soutiennent la publication d’un livre, En finir avec les idées fausses propagées par l’extrême droite.

«Sortir de l’euro permettrait de revenir au franc et d’avoir des prix plus compétitifs pour les produits exportés»; «les travailleurs sans papiers ne payent pas de cotisations sociales ni d’impôts»; «il y a trop de main-d’œuvre disponible et pas assez d’emploi pour tout le monde», etc. Des affirmations qui seraient, selon les organisations partenaires du petit ouvrage, reprises avec de plus en plus d’aplomb, de moins en moins de complexes. Du bon sens, se voient rétorquer les militants associatifs ou syndicaux. «Ces idées, on ne les entend plus simplement dans les meetings ou sur les plateaux de télé, mais aussi dans les cafés, les usines», s’inquiète l’éditeur Bernard Stéphan (Ed. de l’Atelier).

La porte-parole de Solidaires, Annick Coupé, reconnaît que sur le terrain, son syndicat s’est souvent trouvé démuni, en mal d’arguments pour contrer la progression de ces positions xénophobes et réactionnaires : «L’année dernière, nos équipes militantes ont assisté totalement sidérées à la montée du Front national et ne savaient pas quoi répondre.» Pour Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU, de tels discours sont d’autant plus délicats à déconstruire que des partis comme celui de Marine Le Pen savent désormais choisir leurs mots. «Le FN vient sur le terrain du syndicalisme en tentant de nous instrumentaliser, utilise des termes généreux et les détourne en faisant croire qu’il a des réponses sociales», a-t-elle constaté.

L’idée était donc de disséquer les rengaines de l’extrême droite pour les démonter à l’épreuve des chiffres et des faits. De lancer «une offensive sur le fond», décrit l’auteur Pierre-Yves Bulteau. Le journaliste décortique 73 «idées reçues» sur l’immigration, l’UE et l’euro, l’insécurité, l’islam, la concurrence entre les travailleurs, etc. L’ouvrage aurait pu passer davantage le programme du FN à la moulinette du fact-checking, fournir plus de chiffres et de données précises. Il s’agit en fait moins d’un travail de désintox que d’un contre-argumentaire. Objectif assumé par les partenaires à la recherche d’objections pour répliquer dans les entreprises, les facs et les lycées : «On veut en faire un outil militant pour armer les membres de nos organisations qui nous demandent comment répondre», explique Bernadette Groison (FSU).

Pédago, le petit manuel tiré à 17 000 exemplaires, fournit des munitions intéressantes. Sur le prétendu manque à gagner que représentent les travailleurs étrangers pour la France, il explique que si ceux-ci perçoivent 47,9 milliards d’euros de l’Etat (allocations, prestations de santé, retraites), «ils en reversent 60,3 milliards en impôts, cotisations et taxes à la consommation. Soit un solde positif de 12,4 milliards.» Concernant l’intégration des Roms, il rappelle que sur la période 2007-2013, la France «a touché 1,7 milliard d’euros» du Fonds social européen : 53 projets d’insertion ont pu être montés, mais au bénéfice «principalement de gens du voyage ou de personnes vivant en campement, c’est-à-dire une majorité de Français et non de Roms».

Libération

Les grandes banques d’Europe ont supprimé 80.000 postes en 2013

Les principales banques d’Europe ont encore réduit leurs effectifs de 3,5% l’an dernier et la perspective d’un retour aux niveaux d’emploi d’avant la crise semble très lointaine dans le secteur, en dépit du début de reprise de l’activité.

Les 30 principaux acteurs du secteur sur le Vieux Continent par la capitalisation boursière ont supprimé 80.000 emplois en 2013 selon les calculs de Reuters, effectués sur la base des documents annuels publiés par ces institutions. Et pour 2014, certains cabinets de recrutement soulignent que l’espoir d’une inversion marquée de la tendance risque fort d’être déçu.

Antoine Morgaut, directeur général pour l’Europe et l’Amérique du Sud du cabinet Robert Walters ne s’attend pas à voir l’emploi dans le secteur bancaire revenir un jour à son niveau d’avant la crise de 2008, déclenchée par la faillite de Lehman Brothers. Depuis cette époque, les effectifs globaux des 25 banques sur 30 pour lesquelles des chiffres comparables sont disponibles ont diminué de 252.000 environ pour revenir à 1,7 million de personnes.

Le rythme des réductions d’effectifs a toutefois été réduit de près de moitié l’année dernière et la plupart des banques arrivent pratiquement au bout des plans de cessions et de coupes lancés pendant la crise.

Mais les résultats des tests de résistance auxquels doivent procéder cette année les autorités européennes pourraient déboucher sur une nouvelle vague de ventes d’actifs ou de réductions de coûts.

Les recrutements ne concernent que quelques domaines précis, comme les contrôles internes ou la cybersécurité, des activités dans lesquelles les exigences réglementaires ont été durcies ces dernières années.

Boursorama

Le fardeau des 800 milliards de créances douteuses de la zone euro inquiète le FMI

Le Fonds monétaire international (FMI) estime à 800 milliards de dollars les créances douteuses détenues par les banques de la zone euro. Un montant qui a doublé depuis 2009 et continue à croître, rappelle l’institution.

Un « fardeau ». C’est ainsi que le FMI qualifie, sans détour, les plus de 800 milliards de dollars de créances douteuses qu’ont accumulées les banques des pays en difficulté de la zone euro, dans son dernier rapport sur la stabilité financière mondiale publié mercredi. Des créances qui ne cessent de croître, s’inquiète l’institution, alors même que le secteur financier européen s’apprête à être soumis à un examen de santé.
Assainir le bilan des banques et entreprises

« Les banques dans les pays en difficulté de la zone euro restent plombées par un stock important et grandissant de créances douteuses, résultant du poids de la dette au sein des entreprises et du ralentissement économique », écrit le Fonds.

Un stock qui a doublé depuis 2009, affirme l’institution, qui se penche plus particulièrement sur les pays européens en difficulté financière (Chypre, Grèce, Irlande, Italie, Espagne, Portugal et Slovénie).

Tout en saluant « l’amélioration » de l’image de ces pays auprès des marchés, elle assure que ce « fardeau » des créances douteuses fait peser une menace sur la solvabilité de ces banques, limite leur « rentabilité » et restreint leur capacité à soutenir l’activité économique.

« Les dirigeants de la zone euro font face au difficile défi d’accélérer l’assainissement des banques et des bilans des entreprises sans compromettre le retour de la confiance des marchés », écrit le Fonds.

Se tournant de l’autre côté de l’Atlantique, le FMI s’inquiète de la « course au profit » qui s’accélère sur les marchés financiers américains, portés par la politique de « l’argent facile » fourni par la Réserve fédérale (Fed). Selon le Fonds, cette tendance se traduit par un endettement « croissant » du secteur privé et s’accompagne d’un « affaiblissement » de la qualité des créances sur certaines poches du marché du crédit.

« La stabilité financière mondiale s’améliore (…) mais il est trop tôt pour crier victoire », résume José Vinals, directeur du département des marchés financiers du FMI.

La Tribune

« L’euro oblige les peuples à une concurrence fiscale et sociale mortifère »

Il s’agit de la suite de cet article

Après cinq années d’une crise sans précédent, l’euro, tel qu’il existe aujourd’hui, est cliniquement mort. Pour sauver l’Europe, il faut sortir de la monnaie unique, revenir aux monnaies nationales réunies au sein d’une monnaie commune. C’est la thèse de Casser l’euro, ouvrage écrit par quatre journalistes.

Pourquoi sortir de l’euro maintenant, alors que la crise de la dette est passée?

La crise n’est pas passée. Le coup de bluff de Mario Draghi en 2012 – qui a « déclaré être prêt à tout » pour sauver l’euro – a permis de calmer les marchés, temporairement. Pour autant, les problèmes de fond ne sont pas du tout résolus: la déflation menace, le chômage des jeunes est endémique dans les pays du Sud, et des pays comme la Grèce sont plongés dans une véritable dépression, au sens psychologique du terme. Le chômage ne cesse d’augmenter en zone euro (plus de 12 %), et la France est dans la situation que l’on sait.

Pourquoi en France ne peut-on pas débattre sereinement de la sortie de l’euro?

Nous sommes d’accord. Il s’agit d’un sujet tabou, dont beaucoup refusent de parler pour ne pas avoir à reconnaître que l’on s’est trompé depuis 20 ans. Par ailleurs, il s’agit effectivement d’un sujet en définitive démocratique: le peuple est dépossédé de sa monnaie, et donc d’une parcelle de sa souveraineté. Il ne faut pas s’étonner, dans ce contexte, que les partis contestataires aient le vent en poupe.

Ne pensez-vous pas qu’une difficulté de sortir (pour la France) de l’euro est que c’est considéré comme incongru, vu le conformisme ambiant des idées, et la mauvaise image de marque du FN qui soutient cette idée?

C’est un vrai problème. La sortie de l’euro est un sujet économique, qui doit être débattu et non pas livré aux anathèmes. Or, bien souvent, on refuse même de discuter du sujet, sous prétexte qu’il a été préempté par le Front national. Peut-être vaudrait-il mieux se demander pourquoi les principaux partis de gouvernement refusent d’en parler ? Peut-être parce qu’il faudrait faire un bilan critique de ce qu’ils ont défendu depuis vingt ans. On peut comprendre qu’ils s’y refusent, mais pendant ce temps, la jauge du chômage continue à augmenter. Il est donc temps d’en parler !

L’Express

En finir avec l’euro pour sauver l’Europe: quatre journalistes brisent le tabou

L’euro est cliniquement mort. Pour sauver l’Europe, il faut revenir aux monnaies nationales, réunies au sein d’une monnaie commune. C’est la thèse de Casser l’euro, ouvrage écrit par quatre journalistes.

Il ne s’agit en aucun cas d’un « réflexe populiste », se défendent les auteurs, mais le fruit d’un travail journalistique quotidien au contact des acteurs de ce système. C’est le constat, après cinq années d’une crise sans précédent, que l’euro, tel qu’il existe aujourd’hui, est « cliniquement mort ». « Plus d’une décennie après le lancement de l’euro, la convergence tant attendue des économies n’a pas eu lieu, les modèles sociaux ont été détricotés et la spéculation s’est déchaînée », écrivent les quatre journalistes.

Et de dénoncer tout à tour un euro « made in Germany » (l’Allemagne a un droit d’accès sans restrictions tarifaires à des marchés voisins et un taux de change compétitif), destructeur de croissance (historique des performances à l’appui), machine à fabriquer de l’hétérogénéité (dopage de la demande intérieure au Sud, choc de compétitivité au Nord), instrument de dumping social (devant l’impossibilité de dévaluer, les seules stratégies sont la baisse de la fiscalité ou la baisse des salaires), ou encore l’euro « cheval de Troie de la rigueur ». Les auteurs écornent aussi au passage la Banque centrale européenne (BCE), « dogmatique et déstabilisante ».

Le livre évoque aussi « la vie après le monnaie unique ». Non, la sortie de l’euro ne va pas provoquer le chaos dans les transactions quotidiennes, grâce à la règle du « un pour un » qui consiste à caler, temporairement, l’unité de chaque devise nationale sur l’euro. Non, la dette ne vas pas exploser, car un Etat peut discrétionnairement modifier le libellé de sa dette sans en affecter la valeur nominale (autrement dit, les 2000 milliards d’euros de dette tricolore vaudront 2000 milliards de francs). Non, les marchés ne vont pas se fermer, et même s’ils refusaient de prêter à la France, l’Etat pourrait toujours mobiliser les quelque 3000 milliards d’euros d’actifs financiers dont disposent les Français. Non, l’inflation ne va pas exploser, et qu’on se le dise, 4% d’inflation annuelle permet d’alléger 35 milliards de dette d’un coup.

Ces arguments sont séduisants. Nul doute qu’ils offriront du grain à moudre aux opposants à la monnaie unique. Mais ils restent contestables. Et contestés. « Sortir de l’euro peut être tentant », écrit dans une tribune le journaliste des Echos Guillaume de Calignon. Mais « la sortie de l’euro serait un saut dans l’inconnu, une réaction en chaîne d’événements qui risque de tétaniser les agents économiques, ménages comme entreprises. Sans compter les réactions politiques de nos voisins. Sans l’euro, les Français savent ce qu’ils perdront mais n’ont aucune idée de ce qu’ils gagneront. Les problèmes ne seront pas réglés par un retour en arrière. »

L’Express

Laurent Joffrin : Le FN, un «parti comme les autres partis… d’extrême droite»

Laurent Joffrin, Directeur du Nouvel Observateur, s’interroge : «Comment lutter contre le ‘gentil’ Front national ?».

Faut-il admettre cette politique du bouc émissaire quand les exemples étrangers montrent que les pays les plus ouverts à l’immigration ne sont pas ceux qui vont le plus mal, bien au contraire ?

Les habits neufs d’enfant de Marine rendent moins simple la bataille contre le parti d’extrême droite. Mais il reste tout de même des armes.
C’était tout de même plus simple quand il avait l’air méchant, quand sa vraie nature était bien visible, quand il multipliait les provocations xénophobes ou antisémites. […]

Alors faut-il ranger les drapeaux de l’antifascisme, faire taire toute indignation, mettre au rancart manifs, tracts vengeurs, conférences pédagogiques, rappel des «heures les plus noires de notre histoire», bref accorder au Front national, comme il le demande à cor et à cri, son brevet de parti comme les autres ? C’est là où tout se complique.

Bien sûr les leçons de vertu tombent à plat. Bien sûr les envolées morales sonnent le creux. […]

Mais en attendant que l’économie se rétablisse, que l’Europe se ressaisisse, que le civisme renaisse, que les tensions communautaires s’apaisent, que l’ouverture des frontières fasse moins peur – et tout cela prendra un certain temps – faut-il rester les bras croisés ? Faut-il vraiment banaliser un parti qui fait des immigrés la cause principale des difficultés françaises, au mépris de la réalité ?

Faut-il consentir à un programme qui prévoit de ramener le droit d’asile, pilier des valeurs démocratiques universelles, à la portion congrue, qui préconise les moyens les plus durs pour lutter contre les sans-papiers, allant jusqu’à proscrire toute manifestation de soutien à ces damnés de la mondialisation ? Faut-il sortir de l’euro et de l’Europe pour rétablir la fermeture des frontières, et détruire ainsi l’oeuvre de plusieurs générations, alors que cette construction fragile et improbable garantit, tant qu’elle est là, la paix aux générations futures ?

Ceux qui apprécient, malgré la perte de mémoire contemporaine, ce formidable documentaire sur la guerre de 1914 intitulé « Apocalypse », comprendront de quoi on parle…

Faut-il se rallier à une politique étrangère qui ferait de la France l’alliée de Poutine, l’amie d’Assad, la Ponce Pilate de tous les massacres, l’adversaire des révolutions arabes et la nostalgique de tous les dictateurs déchus, qui ferait de Paris la Mecque de tous les national-populistes d’Europe, la nouvelle Rome des xénophobes ? Le Front national est effectivement un parti comme les autres. Comme les autres partis d’extrême droite…

Ceux qui prétendent le contraire ne le font pas par lucidité, par réalisme, ou par une suprême habileté. La plupart du temps, ils veulent favoriser sans le dire l’intégration du FN au jeu républicain, c’est-à-dire, à terme, l’alliance entre les frontistes et l’UMP, en bloc ou en détail, qui donnerait à la droite très dure une majorité dans le pays. […]

Nouvel Obs

Yann Galut : « On ne peut plus se contenter de dire que le FN, c’est mal »

Courant du socialisme, la Gauche forte sort un « Guide anti-FN ». Un de ses membres évoque la stratégie à adopter pour combattre le parti des Le Pen. [...]

Le Point.fr : Pourquoi sortir un guide anti-FN ? Pourquoi maintenant ?

Yann Galut : Les gens n’ont pas assez conscience de la dangerosité du programme économique du Front national. Le guide est là pour armer les candidats, les militants et les sympathisants qui seront confrontés à des électeurs tentés par le FN lors de porte-à-porte et au quotidien. Nous l’avons sorti dans l’optique des municipales et des européennes. Grâce à lui, ils pourront prendre conscience des conséquences désastreuses de ce programme.

Hebergeur d'imageLesquelles, selon vous ?

Il faut expliquer que la sortie de l’euro augmenterait le prix de l’essence de 20 % à 40 %. Que cette monnaie unique nous a protégés pendant la crise. Qu’il n’existe pas de produit made in France sans matières premières produites à l’étranger. Que faire du protectionnisme à l’égard de la Chine, c’est mettre en péril nos exportations viticoles dans ce pays. Que la sortie concertée de l’Europe est impossible. Qu’il n’y a aucun projet sur la fiscalité. Marine Le Pen dit qu’il faut baisser les charges, mais on ne sait pas comment, ni de combien. Ce projet économique, c’est le flou le plus total. Si elle accède au pouvoir, elle ne pourra pas appliquer son programme. D’ailleurs, elle n’y croit pas elle-même. [...]

Encore un livre anti-Front national. N’est-ce pas une manière de conforter la rhétorique victimaire du parti et de lui donner plus d’écho ?

Nous nous sommes posé la question avant de commencer le projet. Mais Marine le Pen n’est plus dans la victimisation. Les scores du FN flirtent avec les 25 %. Il faut donc faire quelque chose

À 10 %, il est possible de contester leur légitimité. Mais ce n’est plus possible aujourd’hui. Il y a désormais un vote d’adhésion au FN et plus seulement un vote contestataire.

En 2017, elle peut être très haut. Et notre stratégie a changé. Le combat contre le FN a toujours eu lieu sur le terrain des valeurs. Il y a eu la création de SOS racisme, il y a aussi eu la marche pour l’égalité. Mais si nous voulons leur reprendre l’électorat populaire, il faut faire un travail d’affrontement idéologique et pédagogique. La bataille se situe sur le plan économique. On ne peut plus se contenter de dire que le FN, c’est mal. [...]

N’est-ce pas dans votre intérêt électoral de créer des tensions sur des sujets sociétaux pour faire monter le FN et diviser la droite ?

Nous ne sommes pas dans ce calcul. Le FN n’a pas besoin de nous pour monter. Il se débrouille bien tout seul. Est-ce que nous devrions nous taire sur ces sujets parce qu’ils profitent à Marine Le Pen ? Nous portons ces combats depuis 30 ou 40 ans. Cela fait partie de notre ADN. Mais c’est vrai qu’on fait quand même attention.

Après le mariage pour tous, on a demandé au groupe socialiste à l’Assemblée nationale de mettre un frein au droit de vote des immigrés pour ne pas que ces thématiques soient récupérées par les extrémistes. [...]

Le Point

[EXCLUSIVITÉ] – Finance : L’escroquerie du Libor était connue 3 ans avant le scandale

L’affaire de la modification, par des responsables de banques, des taux de référence sur lesquels se fondent de nombreux prêts comme de nombreux autres produits financiers ou hypothèques, a éclaté au grand jour en 2012. Mais trois économistes l’avaient établie dans une étude datant de 2009. En voici la preuve.

Suite et commentaires sur Fortune

Crise de l’euro : Le Parlement européen place la troïka sous contrôle

Selon les médias, une commission formée par le Parlement européen chargée de contrôler les activités de la troïka financière – Commission Européenne, Banque centrale européenne, Fonds Monétaire International – a entamé une tournée dans quatre pays à problèmes de la zone euro: Portugal, Grèce, Chypre, Irlande.

La commission a été créée suite aux évaluations négatives des recommandations de la troïka, censées faire sortir l’économie et les finances des dits États de la crise. Or selon plusieurs politiques et experts, ces recommandations ont aggravé leur situation. Tous les analystes ne partagent pas ce point de vue. [...]

La Voix de la Russie

La montée des populismes en Europe : comment y faire face ?

Papier de Henri Weber, eurodéputé PS

Les périodes de crises économiques ne sont pas propices à l’essor de l’altruisme et de la générosité. Elles nourrissent, au contraire, chez celles et ceux qui en sont victimes, angoisse, colère et ressentiment.

Hebergeur d'imageLes partis populistes donnent une expression politique, illusoire et mystificatrice, à cette colère. Ils présentent une explication simpliste aux difficultés dans lesquelles se débattent les victimes de la crise; leur désignent des responsables à leurs malheurs; leur proposent des solutions simples et mobilisatrices pour remédier à leur situation.

Les idéologies populistes sont diverses, mais elles présentent toujours une même structure.

La politique est conçue comme une lutte entre le Bien et le Mal. Le Bien est incarné par un Peuple idéalisé (clairvoyant, vertueux, généreux, homogène,…). Le Mal par une figure de l’Autre, (s’agissant du national-populisme : l’Etranger, l’Immigré, l’Arabo-musulman, le Noir, le Juif…; s’agissant du social-populisme : le Bourgeois, le Riche, les Patrons suceurs de sang.) Dans ce combat, un troisième larron tient la place de l’ennemi en second : c’est l’Elite, égoïste, cupide et incompétente (l’Establishment, les « Sachants », la Technocratie, la « Classe politique ») qui trahit le Peuple et fait le jeu de ses ennemis. [...]

En période de crise économique et de régression sociale au contraire, les partis populistes, et en premier lieu les partis national-populistes, ont le vent en poupe.

Leur xénophobie gagne en efficacité politique et en rendement électoral. [...]

La nouvelle extrême-droite pratique la « triangulation » : c’est désormais au nom de la défense des conquêtes de la gauche -la laïcité, l’Etat providence, la liberté des mœurs- qu’elle préconise ses politiques d’exclusion, nationalistes et xénophobes.

En réalité, ses boucs émissaires et ses ennemis sont toujours les mêmes : les immigrés, ces parasites qui vivent à nos crochets et nourrissent l’insécurité; les musulmans inassimilables et réceptifs à l’islamisme; les élites mondialisées qui leur ouvrent grand nos portes; la bureaucratie bruxelloise, qui prétend imposer aux peuples ses diktats cosmopolites et défaire les nations…

Sa défense de la laïcité est une machine de guerre contre la religion musulmane. L’Etat providence qu’elle chérit est réservé aux nationaux.

L’anti-islamisme, le nationalisme xénophobe, l’autoritarisme répressif sont devenu le fonds de commerce de cette nouvelle extrême-droite.

Parce qu’elle est foncièrement xénophobe, intolérante et sous un mince verni, raciste, l’extrême-droite, nouvelle ou classique, ne fait pas partie de l’Arc républicain.

Un cordon sanitaire des forces démocratiques et républicaines doit être élevé autour d’elle et toute alliance électorale avec elle doit être prohibée. Le passé récent a prouvé que toute complaisance à son endroit se faisait à son profit, en levant l’interdit humaniste sur l’égale dignité des personnes et leur égalité en droit.

Mais la stigmatisation morale ne suffit pas. Au contraire, si l’on s’en tient là, elle s’avère rapidement contre-productive.

La lutte contre l’extrême-droite doit s’affirmer aussi à deux niveaux complémentaires.

En premier lieu, il faut réfuter systématiquement et soigneusement les propositions du Front national, démantibuler ce qui lui tient lieu de programme, montrer que l’application, même partielle, de ce programme plongerait notre pays dans le chaos et le malheur. [...]

En second lieu, le renvoi des travailleurs immigrés et la discrimination à l’encontre des étrangers résidant en France seraient désastreux.

En raison de leur vieillissement accéléré et de leur démographie chancelante, les pays européens ont besoin d’un flux régulier de travailleurs immigrés. C’est une condition de leur retour à la croissance et du financement de leurs Etats providence. [...]

Il n’est pas vrai que l’Islam est incompatible avec la démocratie, l’Etat de droit, la laïcité. Il ne l’est pas plus que ne l’étaient, il y a deux siècles, le catholicisme ou le judaïsme. Il peut et doit connaître la même adaptation à la modernité, comme le prouvent, au demeurant, les Printemps arabes.

L’exclusion des immigrés de notre système de protection sociale serait calamiteuse, par ses conséquences sur la santé publique et la sécurité. Elle serait juridiquement inconstitutionnelle et moralement scandaleuse. [...]

Huffington Post

Harlem Désir : « Le FN est un parti de menteurs »

 Le premier secrétaire du PS veut mener la lutte contre le FN, faisant fi des critiques internes dont il est l’objet.

Harlem Désir. Il n’y a pas de recette miracle. C’est une bataille politique, idéologique et culturelle, un travail de longue haleine à mener. Il faut non seulement condamner moralement le FN, mais aussi décrypter ses mensonges économiques et sociaux. Sa politique mènerait à la sortie de l’euro mais aussi à la ruine de notre économie et de nos entreprises, à une terrible régression sociale pour le droit des femmes avec la mise en cause de l’IVG. Le FN, c’est avant tout un parti de menteurs, de profiteurs de la crise. Et en divisant les Français, il est dans une attitude antinationale, comme toujours l’extrême droite dans son histoire.

Pourtant, il y a une réelle porosité de ses idées en France…

La progression de ses idées est un défi lancé à toutes les formations républicaines. Aujourd’hui, il n’y a que la gauche qui peut y répondre parce que la droite en est devenue incapable. C’est à nous de déconstruire leur discours. Le plus grave, c’est qu’il y a un bloc droitier qui est sous influence du FN. L’UMP a perdu toute colonne vertébrale, toute boussole républicaine, car elle est aimantée par le FN. Ce bloc droitier antirépublicain joue sur les peurs, alimente la haine. Il faut lui opposer les valeurs de la République. Il faut montrer qu’il y a de vraies réponses sociales, notamment sur l’emploi, et un espoir pour ceux qui souffrent de la crise.

(…)

Pour les municipales, l’unité de la gauche semble menacée…

L’implantation municipale de la gauche, c’est le socle de son histoire. Nos maires sont populaires. Les villes de droite et de gauche, ce n’est pas la même chose. Aujourd’hui, les politiques que nous menons dans les municipalités protègent les Français dans la crise. On ne peut pas mettre ça en danger. La division de la gauche ouvrirait un boulevard au FN et à l’UMP. Je constate que le PC est ouvert à discuter. Notre main est tendue. Je veux des listes d’union de la gauche et des écologistes dès le premier tour.

[...]

Sud Ouest