Le Guen (PS) constate une «radicalisation» de la droite

Le député (PS) de Paris, Jean-Marie Le Guen, a estimé dans l’émission «Le Grand entretien» de RCJ que la droite est «en train d’être transformée» par le débat sur le mariage gay, avec le retour d’un courant radical «d’inspiration catholique», différent du FN, et qui va «entrer en compétition avec ce qui a été la synthèse des valeurs de droite».

«Je constate qu’il y a une radicalisation à tous les sens du terme. Radical au sens de la racine des choses, c’est-à-dire qu’on en revient à une droite d’inspiration catholique forte qui a toujours été présente dans l’histoire de notre pays mais qui avait disparu politiquement pour des raisons diverses ».

Pour Jean-Marie Le Guen, on assiste en effet à «une recomposition idéologique du paysage politique français ». «On retrouve ses racines, dit-il, mais ce sont des racines à mon avis très à droite, très conservatrices, parce qu’on voit bien dans les propos de Mme Frigide Barjot et de celui qui anime le mouvement avec elle qu’on va maintenant parler d’autres sujets, on va parler de l’euthanasie, on va parler de l’IVG, on va parler de la contraception». […]

Et «ce mouvement se fait fondamentalement sur des valeurs que je respecte, que je ne partage pas du tout, mais c’est un mouvement global», assure-t-il. «C’est une vision idéologique globale qui va choquer au sens premier du terme, qui va entrer en compétition avec ce qui a été la synthèse des valeurs de la droite il y a quelques années. Je pense qu’il va y avoir de vraies divergences, et je n’assimile même pas ça au FN, qui est encore autre chose», a-t-il précisé.[…]

Le Figaro

Les «cathos zombies», arbitres de l’avenir du pays (Pèlerin)

Dans Le mystère français (éd. du Seuil), coécrit avec Emmanuel Todd, le démographe Hervé Le Bras fait apparaître la persistance de structures catholiques comme facteur de la réussite de certaines régions. Interview par Pèlerin.

L’Église a marqué plus profondément qu’on ne l’imaginait les mœurs et les comportements, une vision des rapports humains, du couple, de la famille.

Dans Le mystère français, vous faites le constat d’une France coupée en deux. Selon quel axe ?

Depuis la Révolution, deux France cohabitent : l’une laïque, l’autre catholique. Nous l’avions déjà observé dans notre ouvrage, L’invention de la France (éd. Gallimard), en 1981. À l’époque, la fracture était politique, entre des régions acquises à la droite, structurées par l’Église catholique, et une France de gauche, structurée par le Parti communiste. Le communisme s’est effondré à partir des années 1990. La pratique religieuse a aussi chuté. Pourtant, nous avons pu observer que le clivage demeure.

Ce clivage est perpétué par ce que vous appelez un «catholicisme zombie» ?

Nous ne portons pas de jugement sur les croyances. Avec ce terme, nous voulons exprimer que malgré sa mort apparente avec la baisse de la pratique, le catholicisme est vivant en France. Il se traduit désormais en termes culturels, sur des questions comme le travail partiel des femmes, les choix d’orientation des jeunes ou l’esprit d’entreprise. Sans doute à cause d’une vision des rôles plus différenciée entre homme et femme, ou une méfiance envers le pouvoir central, qui ont produit une organisation différente. Cette France-là résiste assez bien à la crise : le chômage et les problèmes scolaires y sont moindres.

Comment expliquer une telle persistance ?

C’est l’un des enseignements de notre étude : l’anthropologie, c’est-à-dire les manières de penser, d’agir et de s’organiser, est plus forte que les mutations économiques.

Pélerin
Lire l’intégralité de l’article de Gwénola de Coutard : Hervé Le Bras, Les «cathos zombies », arbitres de l’avenir du pays, dans Pèlerin n° 6806, du 9 mai 2013.

Grande-Bretagne : La «résistible ascension» de la droite de la droite. Percée historique de l’UKip (MàJ)

Anti-Europe, anti-immigrés, l’UKip (UK Independance Party) pourrait bien faire une entrée fracassante sur le théâtre électoral outre-Manche. Au grand dam de Cameron.

Addendum 04 05 2013 : Percée historique des souverainistes anglais. Avec 23% des voix aux élections locales, le parti europhobe Ukip soulève un vent de panique chez les conservateurs.

Les clowns ne font plus rire. Les adhérents de l’Ukip (UK Independence Party), qualifiés par le ministre conservateur Ken Clarke de «brochette de clowns», vont devoir être pris au sérieux. Ils donnent des sueurs froides au parti tory de David Cameron, alors qu’ils célébraient vendredi une percée historique lors d’élections locales partielles en Grande-Bretagne. «Les électeurs qui ont voté pour l’Ukip doivent être respectés. [...]

Le Figaro (Merci à ayla et Paul Kruger)

Un scénario-cauchemar pour David Cameron qui n’a jamais fait mystère de son dégoût prononcé pour un parti qu’il juge composé «d’idiots et de racistes inavoués».

Avec ses cheveux lisses soigneusement séparés par une raie rectiligne sur le côté, ses blazers rutilants sans un faux pli et son sourire «Ultra-brite» jusqu’aux oreilles, Nigel Farage pourrait presque faire figure de gendre idéal pour la gentry britannique. Sauf que le leader-fondateur de l’Ukip prononcer «youkip», fait fonds de commerce de prendre à rebrousse-poils l’establishment, le bousculer, le rudoyer parfois. Avec sa voix tonitruante, son humour et son talent oratoire, le député européen est un invité à grande gueule très demandé des plateaux télés : avec lui, c’est sûr, il y aura du spectacle. Et de l’audience à la clé.

Surtout celle des déçus de la classe politique, ceux qui ne font pas confiance au peu charismatique leader du Labour Ed Miliband pour apporter un vrai changement dans leur vie quotidienne, et ceux qui sont en colère contre le Premier ministre David Cameron, jugé pas assez à droite. Souvent une Grande-Bretagne des champs ou des banlieues, blanche, un peu plus âgée que la moyenne, nostalgique de l’autorité affirmée de Margaret Thatcher, du rayonnement du Commonwealth, inquiète du poids de l’immigration et profondément anti-impôts et anti-Bruxelles. Ces inquiétudes et ces colères s’étendent et se transforment rapidement en convictions politiques en cette période d’austérité et de crise.

C’est quand il dénonce les «scroungers», les profiteurs des aides sociales, trop souvent des immigrés d’Europe de l’Est à ses yeux, que Nigel Farage rencontre le plus d’écho. Anti-écologiste, l’Ukip prône aussi la sélection à l’école, davantage de dépenses militaires, et le retour de l’autorisation de fumer dans les pubs. […]

Et à court terme, l’outsider est une menace supplémentaire pour son autorité sur son parti. «Si l’Ukip fait de bons résultats jeudi prochain, tous les paris sont ouverts», confie ce week-end un cadre conservateur au quotidien The Independent. Un vent de panique pourrait souffler, les élus craignant tous pour leur siège. L’aile droite du parti pourrait exiger un nouveau durcissement du ton face aux soutiens de David Cameron. Ceux-ci estiment qu’après la promesse d’un référendum sur la sortie de l’Union européenne et l’annonce d’une réorientation des aides sociales en direction des nationaux, beaucoup de gages ont déjà été donnés en deux mois. […]

Le Point

«La droite ne s’est pas demandé quel poids la communauté civile homo avait dans notre pays» (MàJ)

 

L’article qui contredit les chiffres du Nouvel Obs


Après de longs mois de débat au Parlement et de longues querelles dans la rue, la loi Taubira a été votée. Quatre jours plus tard, un salon du mariage gay a ouvert ses portes et marqué l’émergence d’un nouveau business. Benjamin Bourinat, «Marketing aficionado» et contributeur au Nouvel Obs, trace un surprenant portrait de la «communauté homosexuelle».

Pourtant, les chiffres sont là et ils parlent d’eux-mêmes. Selon les enquêtes, les homosexuels représenterait entre 3 et 10% de la population et la moitié vivrait en couple.

Sous-estimer l’électorat homosexuel est tout sauf stratégique. Cela dénote un manque cruel de curiosité, mais surtout de jugeote. […] À croire que la droite ne s’est pas demandé quel poids la communauté civile homo avait dans notre pays.

Selon Mediabrands, la majorité des pro-mariage pour tous – LGBT, CSP+, bac +4 et professions libérales – se distinguent par des positions sociales et un pouvoir d’achat élevés. Plusieurs études montrent également que les homosexuels consomment davantage de produits high-tech et de biens culturels que la moyenne nationale.

Populistes et réacs peuvent crier à l’élite capitalistique. Si les homos sont devenus un groupe qui ne peut plus être négligé, leurs détracteurs ont une grande part de responsabilité. De nouvelles recherches montrent que les homos compensent la stigmatisation de leur sexualité en devenant des perfectionnistes hyper-performants.

Super école, super look, super compétiteur. Des attributs prisés dans le monde des affaires. Continuer de nier leur droit à fonder une famille est la raison même pour laquelle ils affichent de plus belles réussites professionnelles que la normale. N’est-il pas donc raisonnable de défendre les libertés de ceux qui dirigent nos entreprises et embauchent nos jeunes diplômés ?

L’adaptation saine de la discrimination homosexuelle a créé un ultra-travailleur et un über-consommateur. Si l’UMP et le FN n’ont toujours pas saisi la puissance économique LGBT et son pouvoir d’influence sur l’opinion publique, les marques françaises établissent déjà des budgets entièrement dédiés à tirer profit de l’argent rose. De quoi les rendre «folles» de rage.

Le Nouvel Obs

Mariage gay : Echec de la droite sénatoriale qui voulait une «union civile»

La droite sénatoriale a échoué lundi à faire accepter la création d’une «union civile» pour les couples homosexuels, son initiative la plus importante pour tenter de faire obstacle au projet de loi sur le mariage pour tous, en débat devant la Haute Assemblée jusqu’à vendredi.

Une union réservée qu’aux homosexuels et aux lesbiennes, comme discrimination, il n’y a pas mieux. (Esther Benbassa)

«Ces quatre amendements sont presque les plus importants de ce débat», a reconnu le rapporteur Jean-Pierre Michel (PS). Mais, a-t-il poursuivi, «cette union civile ne peut être retenue car elle contredit l’esprit qui anime la réforme, en perpétuant l’inégalité ou la différence de traitement infligée à des situations pourtant identiques».

«L’union civile ressemble fort à un sous-mariage, comme la négation de l’adoption plénière revient à une sous-adoption», a estimé de son côté Dominique Bertinotti, ministre chargée de la Famille.

«Nos concitoyens n’ont pas besoin d’une nouvelle union civile, le mariage offre toutes les précautions nécessaires», a relevé Esther Benbassa (EELV).

A l’ouverture de la séance, David Assouline (PS) a fait un rappel au règlement pour dénoncer les intimidations et menaces dont ont fait l’objet des élus favorables au mariage pour tous, les qualifiant de «pression inadmissible sur la représentation nationale». «Il faut que les responsables des partis républicains qui siègent dans l’hémicycle aient une parole forte» contre ces actions, a-t-il dit.

Plus tard dans le débat, la ministre de la Justice, Christiane Taubira a révélé que l’UMP Christian Cointat, favorable au mariage gay, avait été de son côté victime de menaces. «C’est inadmissible», a-t-elle dit.

20 minutes

Michel Wieviorka : L’affaire Cahuzac, «un désastre généralisé»

Le sociologue Michel Wieviorka revient pour le JDD sur l’affaire Cahuzac. Extraits.

Quelle est votre réaction à l’affaire Cahuzac ?

Je suis dans un état de sidération. C’est un désastre pour la gauche, pour le monde politique, pour la vie intellectuelle et la vie morale. Un désastre généralisé.
Vous parlez aussi de crise morale…

Oui, nous traversons une crise morale. La France est en Europe un des pays qui a le plus de mal avec la mondialisation. Dans toutes les études, nous sommes ceux qui ont le plus peur de l’avenir. Il y a une sorte d’inquiétude collective. Du coup, on s’enferme dans des débats surréalistes, comme le dernier en date, celui de la crèche Baby Loup. Nous sommes devenus un pays sans repères. Coup sur coup, l’affaire DSK, puis l’affaire Cahuzac, cela fait beaucoup… La crise est aussi intellectuelle. À la Maison des sciences de l’homme, on essaye de construire un débat d’idées sur des bases solides, respectables, mais c’est difficile. La plupart de nos initiatives ne provoquent que bien peu d’intérêt auprès des politiques…

Vous craignez une montée du Front national ?

Ma plus grande inquiétude, ce n’est pas tant que le Front national rafle la mise, c’est plutôt une droitisation d’une partie de la droite. Dans un même temps, le FN va réclamer davantage de respectabilité et une partie de la droite est en cours de lepénisation. Cette double logique peut provoquer une rencontre. [...]

Le JDD

Loi sur le voile : «Désislamiser le pays afin de mieux le catholiciser»

Article de Pierre Marcelle sur l’arrêt de la Cour de cassation relatif à la crèche «Baby Loup».

On devrait pourtant s’en rendre compte, depuis le temps, que sans égalité sociale, la laïcité est à peine un vœu pieux.

Allez-vous lui faire un sort, un bûcher ou une interdiction professionnelle, à l’employée de service croisée à potron-minet dans l’ascenseur le chef couvert d’un fichu, d’un béguin, d’un foulard ou que sais-je, en signe indubitable de son prosélytisme musulman ? […]

Après un quart de siècle de retours de cette flamme soufflant décidément toujours dans la même direction, on se dit que ça devrait lui passer, au législateur, cette manie de bricoler de nouveaux encensoirs à la sacro-sainte «laïcité républicaine» pour mieux désislamiser le pays afin de mieux le catholiciser mais bernique, le législateur ne lâche pas le morceau. Sur fond de service public télévisé consacrant à travers trois-quarts d’heure de JT (à) l’élection d’un pape ou de pèlerinages homophobes au nom des saints sacrements, l’urgence consiste à ravaler la vieille façade idéologique. […]

Une autre loi à la Sarkozy, en quelque sorte, qu’un seul cas particulier inspirerait, dans un domaine où il n’est pas de cas qui ne soit particulier… Pourquoi faire ? Pour convaincre, pour séduire ou pour calmer une droite, sinon encore tout à fait liguarde, du moins déjà un peu factieuse, à laquelle les dévotions faites par l’exécutif au Vatican ne suffisent plus ? Mais cette droite-là ne souhaite pas être convaincue. […]

Libération

LICRA : «Nous avons été élevés avec l’idée que les racistes et les antisémites étaient blancs, chrétiens et de droite»

La nouvelle donne : c’est ainsi qu’Alain Jakubowicz, président de la Ligue contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) nomme les nouveaux combats de l’anti- racisme d’aujourd’hui. Nouvelles technologies, internationalisation, racisme anti-blanc ont reconfiguré le racisme ordinaire. La Licra veut s’adapter.

«C’est l’adaptation du combat antiraciste à l’évolution de la société. Les temps ont changé, les acteurs et les vecteurs ne sont plus les mêmes : nous ne sommes plus dans le monde qui a vu la montée du FN et la marche des Beurs». Il ajoute «Aujourd’hui nous devons combattre un antisémitisme lié à l’importation du conflit du Moyen-Orient se dissimulant sous le faux nez de l’antisionisme. Tout cela doit être pris en compte par les militants de l’antiracisme ».

Pour le président de la Licra, le combat antiraciste post-Seconde guerre mondiale, post-colonial, postmai 68 n’est plus actuel. «Nous avons été élevés avec l’idée que les minorités étaient consubstantiellement victimes et que les racistes et les antisémites étaient blancs, chrétiens et de droite. Tout ça a complètement explosé» dixit Jakubowicz, qui ajoute : «Aujourd’hui le racisme et l’antisémitisme sévissent à droite et gauche, à l’extrême droite et à l’extrême gauche. Le racisme n’a ni couleur de peau, ni religion».

Le vocable de racisme anti-blanc n’est pas adapté, presque impropre selon Alain Jakubowicz. «On travaille à trouver le bon terme» dit-il.

«On ne peut néanmoins ignorer que ce racisme anti-blanc n’a pas les mêmes conséquences que le racisme subi par les minorités«» précise-t-il. «Car il n’entraîne pas de discriminations, que cela soit pour accéder à un travail, à un logement, ou entrer en boîte de nuit. Mais ce n’est pas une raison pour ne pas le prendre en compte ajoute-t-il, car les victimes, elles, portent les mêmes blessures». […]

Licra/Actualités Juives