Peut-on relier les meurtriers de Toulouse, Boston et Londres ?

Après les actions terroristes perpétrées par Merah en France, les frères Tsarnaev aux Etats-Unis et après, cette semaine à Londres, l’assassinat d’un soldat par deux islamistes revendiqués comme tels, peut-on parler d’une nouvelle forme de terrorisme islamiste composé d’individus isolés et passant à l’acte sans l’appui direct de réseaux djihadistes ? Analyse de Louis Caprioli, spécialiste des questions liées au terrorisme.

Les crimes perpétrés par Mohamed Merah, les frères Tsarnaev ainsi que les deux assassins de Londres peuvent-ils être reliés entre eux, ont-ils des points communs ?

Ca peut être pertinent, dans une certaine mesure, parce que derrière ces attentats criminels on peut avoir l’impression qu’il n’y a pas d’organisation. On a le sentiment que ce sont des loups solitaires qui ont agi seuls pour commettre ces attentats.

Justement, on se demande si dans ces points communs de radicalisation il n’y a pas aussi la haine de l’Occident suite à la guerre d’Irak déclenchée sur un mensonge américain, puis celle d’Afghanistan qui affecte un pays entier pour rechercher un seul homme…?

Je pense que même si il n’y avait pas eu l’Irak on aurait eu ces attentats.

Jusqu’en 2001 il n’y avait pas d’occupation des terres d’islam et pourtant il y a des attentats préparés en France. Cette dynamique s’est engagée dès la première guerre d’Afghanistan (de 1979 à 1989, ndlr), avec la haine de l’Occident, représentée par les Russes. Le djihad global trouve sa source en Afghanistan, pour moi. Mais les talibans ont fait le choix de ne pas livrer Ben Laden. Si ils avaient livré Ben-Laden les américains n’auraient pas attaqué ce pays en 2001.

Vous pensez que cette islamisation est en cours, même en France ?

Bien entendu, mais je ne parle pas de faire la guerre ! Personne ne pourra empêcher cette islamisation, ou ré-islamisation, parce que cette religion est naturellement prosélyte.

Ce n’est pas faire un constat négatif que de dire ça. Il y a toute la mouvance qui s’est développée à travers le waabisme, le salafisme : le gouvernement marocain est dirigé par les frères musulmans. Le gouvernement tunisien est lui aussi dirigé par les frères musulmans. En Libye c’est la même chose, en Egypte aussi.

On est en train de dire Al-Quaïda est mort : moi je veux bien, mais mon sentiment c’est qu’ils sont encore plus puissants qu’avant. Au Pakistan, tous les gens qui soutiennent Al-Quaïda sèment la terreur et contrôlent les zones tribales. En Afghanistan les Talibans vont reprendre le pouvoir après le départ de la coalition, c’est quand même surprenant. En Irak, Al-Quaïda existe, au Yemen aussi et le mouvement le plus opérationnel en Syrie est une mouvance d’Al-Quaïda.[...]

TV5

Comment l’expression « Allahu akbar » est devenue synonyme d’un radicalisme religieux

Pour l’écrivaine et blogueuse égyptienne Nervana Mahmoud cette expression est désormais utilisée pour justifier des crimes atroces.

On a tous vu ces images: un homme d’origine nigériane tient dans ses mains rouge de sang un hachoir et un couteau, lesquels ont servi à tuer un soldat britannique. Il demande aux passants d’allumer leur caméra et de prendre des photos. Dans l’une des vidéos filmées ce jour-là, il justifie son geste barbare au nom de l’islam. Il ponctue son message par un «Allahu Akbar» (Dieu est grand!).

Cette énième utilisation de l’expression «Allahu Akbar» a poussé la blogueuse et doctorante égyptienne Nervana Mahmoud à réagir dans les colonnes du site Daily News Egypt. Elle s’indigne devant l’abus d’une expression devenue le synonyme d’un radicalisme religieux.

L’exemple du crime de Woolwich n’est pas isolé. Récemment, après avoir mangé le cœur d’un soldat du régime al-Assad, un insurgé de la brigade al-Farouk avait crié «Allahu Akbar».

L’utilisation de cette expression a évolué ces dernières décennies. Nervana Mahmoud revient sur ces changements.

Selon elle, l’expression était, jusqu’en dans les années 1970, utilisée lors des appels à la prière ou des grandes occasions comme les mariages ou les enterrements. Il s’agissait alors de louer la beauté de dieu, sa grandeur.

Depuis l’émergence de l’islamisme politique et des transformations socioéconomiques qu’ont connue les pays musulmans, Nervana Mahmoud observe une rupture. Elle remarque que les groupes islamistes poussent leurs partisans à scander «Allahu akbar» dès qu’une occasion se présente: une manifestation, une naissance, une réunion… Une manière de rendre plus poreuse la frontière entre le politique et le religieux.[...]

Slate

Syrie. Père Paolo Dall’Oglio : «Il y a des islamistes démocrates et des djihadistes démocrates»

Après avoir œuvré en Syrie pendant 30 ans pour le dialogue islamo-chrétien, le prêtre jésuite Paolo Dall’Oglio il a pris fait et cause pour l’opposition syrienne. Expulsé par le régime de Bachar al-Assad en 2012, il publie depuis son exil La rage et la lumière, un livre-témoignage sur sa vie et son analyse du conflit syrien vécu de l’intérieur. Interview.

La dhimmitude est perçue en Occident comme une institution d’asservissement de la minorité. Un peu court. Dans une époque pré-démocratique, elle constitue un instrument du pluralisme. (L’Express 10/05)

Toutes les nouvelles de Syrie sont mauvaises. Prêtre et homme engagé dans l’opposition, voyez-vous des raisons d’espérer ?

[…] Après deux ans de tragédie, nous nous rendons compte, plus qu’avant, que quelque chose de plus global se joue. En Syrie, nous voyons à l’œuvre à la fois l’Amérique post-bushiste, le néo-soviétisme, les tensions meurtrières entre sunnites et chiites, la confessionnalisation de toute la région, la paralysie européenne pour des raisons internes à l’Europe. Et comme tant d’autres sociétés arabes, nous nous nous demandons quelle pourrait être la compatibilité entre une politique islamiste et une démocratie mûre et pluraliste.

Le djihadisme est le fait de prendre les armes pour rétablir la justice. C’est la guerre sainte islamiste. Il y a des islamistes démocrates et des djihadistes démocrates, comme il y a des djihadistes extrémistes, radicaux, clandestins, criminels, en relation avec les services secrets syriens et les mafias des narcotrafiquants. C’est donc quelque chose de complexe.

Vous avez vécu 32 ans en Syrie. Êtes-vous devenu Syrien ?

Je suis un citoyen du monde avec une spécificité syrienne et avec des origines italiennes. Qu’est-ce que la nation ? Ce n’est pas la race. C’est une aventure culturelle. La nation est dans la fréquentation culturelle, dans l’empathie et dans l’engagement. En ce sens, oui, je suis Syrien.

Je soulignerai que les combattants d’al-Qaida sont des frères et des sœurs en humanité. Dans mes échanges avec eux, j’ai reconnu des hommes et des femmes qui ont une passion religieuse, un sentiment religieux que je partage.

Tous les chrétiens, y compris des jésuites, ne partagent pas votre analyse de la situation. Ils ne croient pas à la résistance armée, mais à une solution négociée.
Il ne faut pas oublier que beaucoup de chrétiens doivent s’exprimer prudemment car ils vivent toujours sous la coupe du régime. […]

Peut-on dialoguer avec Bachar al-Assad ?

Auriez-vous été prêt à parler avec Hitler en 1944 ? Je ne pense pas qu’on puisse discuter de son «droit » de tuer, de discriminer et de considérer un peuple comme un peuple esclave. […]

Mais vous dites en même temps qu’il faut discuter avec des combattants d’al-Qaida qui commettent aussi des crimes. […]

Je suis rejeté par le régime syrien et par les islamophobes chrétiens. Quand je mise sur l’évolution de l’islam, je vais à l’encontre de la perception que beaucoup ont des musulmans.

La Vie; L’Express

Espagne: arrestation de deux djihadistes d’Al Qaïda (+ vidéo)

Un algérien soupçonné d’être lié à Al-Qaïda a été arrêté par la police espagnole en compagnie d’un autre djihadiste marocain.

C’est le ministère de l’Intérieur espagnol qui l’a annoncé ce mardi. Le ressortissant d’origine algérienne, Nou Mediouni a été arrêté dans la province de Saragosse alors que l’autre, marocain Hassan El Jaaouani, dans la province de Murcie. Tous les deux étaient soupçonnés d’appartenance à une cellule radicale proche d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI).

Les deux suspects ont été arrêtés au terme d’une enquête menée conjointement depuis plus d’un an avec les polices française et marocaine, selon les précisions fournies par le ministère espagnol de l’Intérieur. Et Il s’agit de deux militants qui se seraient radicalisés ces derniers temps, accédant à des sites radicaux jihadistes.Le présumé jihadiste algérien était usager d’une plateforme radicale islamiste connue, depuis laquelle des responsables d’AQMI, basés au Mali, procédaient au recrutement de candidats au profil radical.Il avait reçu des instructions pour un voyage vers un camp d’entraînement jihadiste situé dans le nord du Mali.

La forte présence policière internationale sur le terrain avait fait échouer ce projet et le suspect avait dû regagner l’Espagne.Quant au jihadiste marocain, il aurait lui aussi eu des contacts avec des responsables d’Aqmi basés au Mali et chargés du recrutement de militants radicaux en Espagne.

Source

« Jeunes Belges » en Syrie : « Un échec de l’intégration »

Pour le ministère des Affaires étrangères, le dossier des jeunes Belges le fond du problème se situe, à ses yeux, dans «

«On ne peut pas laisser dire n’importe quoi dans des lieux minoritaires. La grande majorité des musulmans en Belgique pratique un culte modéré et souhaite le faire partager à d’autres et je trouve ça très bien, c’est leur libre choix de pratiquer leur religion et de la développer».

Il a nuancé la nature des motivations de ceux-ci: «Si certains partent pour combattre aux côtés du président Assad, qu’ils soient amenés devant le Cour pénale internationale. S’ils rejoignent des groupes terroristes et djihadistes, il faudra les poursuivre sur base de la loi sur le terrorisme. (…) Mais peut-être y en a-t-il qui par idéal partent se battre aux côtés de l’armée syrienne de libération, que nous soutenons. Et on leur érigera peut-être un monument dans quelques années. Donc je souhaite qu’on ne fasse pas d’amalgame en la matière». […]

«On parle beaucoup aujourd’hui d’un phénomène, qui est lié à des mouvements extrémistes islamistes, mais il y a d’autres risques terroristes dans nos pays et il faut aussi les appréhender».

Le ministre estime qu’une vraie prévention en amont passe par un débat profond et sans tabou sur l’intégration. «». Là c’est toute une action beaucoup plus précoce à mener à l’intérieur des écoles, à l’intérieur des communes, à l’intérieur d’un débat général. Il y a un an j’avais évoqué qu’on a dans certains de nos quartiers un échec de l’intégration (Reynders avait comparé Molenbeek à l’étranger, ndlr); cela provoque quand on dit cela un tollé ». […]».

7 sur 7

Trois «apprentis djihadistes français» expulsés du Pakistan

Détenus par le Pakistan depuis mai 2012, trois Français viennent d’être expulsés en toute discrétion vers la France et placés en garde à vue. Un quatrième homme est toujours retenu par les autorités pakistanaises.

Dix mois après leur arrestation au Pakistan, trois français d’une trentaine d’années soupçonnés d’être partis combattre les troupes occidentales en Afghanistan ont été expulsés vers la France. Paris, sous le choc de l’affaire Merah, et Islamabad, soucieux de ne pas apparaître une fois de plus comme un centre de formation au djihad, n’avaient pas jugé bon d’annoncer leur arrestation à l’époque. […]

Si les charges pesant contre eux semblent assez minces, «certains services français auront sans doute envie de leur poser quelques questions» sur les filières jihadistes.
Ils voyageaient en bus avec Naamen Meziche, un franco-algérien de 42 ans, considéré par les services secrets occidentaux et pakistanais comme un important cadre d’Al-Qaida. Il est notamment soupçonné d’avoir entretenu des liens étroits avec Mohammed Atta, le principal organisateur des attentats du 11-Septembre. […]

Le Figaro

Royaume-Uni : nouvelle vague de djihadistes en Syrie

« Le conflit syrien crée une nouvelle vague de djihadistes britanniques », titre le quotidien ce jeudi 14 mars. Plus de 100 Britanniques musulmans seraient partis combattre aux côtés des rebelles, annonce The Independent. (…)

Courrier International

Mali. Hollande/ Le Drian : Des «concitoyens perdus» mais pas de «filière terroriste». Réponse de Hamid Zanaz (MàJ)

Cacophonie au sommet de l’Etat ? Alors que le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a évoqué «la constitution d’une filière terroriste» après la capture d’un deuxième jihadiste français, jeudi au Mali, François Hollande a préféré parler «em>d’un certain nombre de concitoyens perdu.

Addendum 13/03 : Hamid Zanaz, essayiste et journaliste algérien, répond à François Hollande qui « a peur de dénoncer les djihadistes »

Monsieur le Président,

Cette barbarie a un nom, monsieur le Président : l’idéologie islamique dont l’essence n’est autre que le combat contre tout ce qui n’est pas islamique.

Notre compatriote Albert Camus nous a déjà prévenu : « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde. » Je crains, monsieur le Président, que par la façon dont vous qualifiez les soldats d’Allah capturés au nord du Mali, vous n’ajoutiez au malheur de la laïcité, déjà assez malmenée.

«Nos concitoyens perdus», avez-vous dit ! Je ne sais pas s’ils sont concitoyens de quiconque, ni s’ils sont vraiment perdus… Ce sont des djihadistes qui «combattront dans le sentier de Dieu, ils tueront et seront tués… » et, vous savez pourquoi, monsieur le Président ? Pour que «la parole d’Allah reste la plus haute». Ils ne sont pas de jeunes égarés, ils connaissent très bien leur but : l’instauration de la loi coranique par la force. Ils accomplissaient leur devoir religieux, kalachnikov à la main : le djihad fi sabil Allah, la guerre sainte pour la gloire d’Allah. […]

Boulevard Voltaire/a> (Merci à Thomina)

Je ne pense pas qu’on puisse parler de filière. Il y a effectivement un certain nombre de concitoyens perdus, parfois travaillés par des milieux extrémistes et fondamentalistes, qui peuvent se retrouver sur un certain nombre de théâtres d’opérations.

Deux mois après le début de l’opération Serval, Jean-Yves Le Drian se trouve au Mali, où le ministre de la Défense a appris que l’armée française avait capturé jeudi un jihadiste français. Une arrestation, la deuxième de ce type après l’interpellation d’un autre ressortissant français, en novembre, extradé mardi vers l’Hexagone, qui a fait dire à l’ancien maire de Lorient que «cela montre qu’il y avait là constitution d’une espèce de lieu, d’une filière terroriste de guerre, qui pouvait accueillir certains jeunes en quête d’un destin radical, comme certains ont pu le faire en Afghanistan ou en Syrie.»

François Hollande, lui, a tempéré les propos de son ministre à l’occasion d’un déplacement à Paris dans le cadre de la Journée internationale de la femme et a préféré évoqué des «concitoyens perdus». […]

Métro

Philippe Meunier (UMP) veut déchoir de la nationalité française les djihadistes binationaux

Philippe Meunier (UMP) a déposé une proposition de loi pour déchoir de la nationalité française les djihadistes binationaux

Il souhaite ôter la nationalité française à «tout individu portant les armes contre les forces armées françaises et de police».

Une proposition qui fait écho au djihadiste franco-algérien arrêté la semaine dernière au Mali. Cet homme âgé d’environ 35 ans a vécu dans la région de Grenoble. Il devrait prochainement être extradé vers la France.

Lyonmag (Merci à Fab-69)

Tahar Balabes : « Des jeunes djihadistes algériens sont partis combattre au Mali »

 

Le porte-parole du Comité national de défense des droits des chômeurs, Tahar Belabès, est formel.

Des jeunes du Sud algérien sont récemment partis combattre au Mali.

La colère, le chômage et la détresse les aurait poussé au Djihad. Tahar Belabès, le porte-parole du Comité national de défense des droits des chômeurs (CNDDC), en est convaincu. De jeunes Algériens partiraient combattre au Nord-Mali. « Je connais des personnes, de Ouargla et d’autres régions du Sud, qui sont parties au Mali, après le déclenchement de la guerre, pour participer aux combats », a-t-il affirmé au quotidien électronique Tout Sur l’Algérie.

Révoltés contre le pouvoir algérien, les jeunes du Sud, en proie à des difficultés sociales, exprimeraient leur colère en rejoignant les groupes armés et de contrebande au Mali selon le porte-parole du CNDDC

Selon Lies Boukraa, le directeur général du Centre africain d’études et de recherches sur le terrorisme (CAERT), basé à Alger, « des jeunes venus de différents pays du Maghreb combattent (…) en Syrie » (Magharebia.com). Pourquoi pas au Mali, un pays voisin ?

En marginalisant sa politique économique dans certaines régions du Sud, l’Algérie contribue-t-elle à forger sa jeunesse au djihadisme ?[...]

Afrik.com

Au Mali, les djihadistes se droguent à la kétamine

Des soldats maliens ont découvert, dans la maison d’un complice du Mujao à Gao, de la kétamine, un anesthésiant souvent utilisé comme drogue. Ce qui pourrait expliquer la rage aveugle au combat dont faisaient preuve les djihadistes. Les révélations de notre correspondante.

C’est la grande question qui animait les discussions entre soldats maliens. Au-delà de la puissance de feu des djihadistes, comment se fait-il que leur détermination et leur rage aveugle au combat étaient si extraordinaires? Sur ce sujet, les témoignages des soldats sont nombreux. Le commandant « Moh », actuellement à Gao, confirme :

« Je me souviens d’un gars blessé, pendant l’attaque de Konna. Il se trouvait à 100 mètres, ses intestins sortaient, mais il continuait d’avancer vers moi… « 

Le récit d’interrogatoires de police plutôt musclés semble confirmer que les djihadistes n’ont pas que l’idéologie pour moteur :

« Le suspect avait la cuisse ouverte, se souvient un autre militaire. On lui a mis du sel, du piment… Il n’a pas bougé. Il n’a donné aucun nom. »

[...]

L’Express

Le jeu trouble du Qatar

De plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer le richissime émirat du Qatar soupçonné de «financement » des groupes djihadistes au nord du Mali et ailleurs…

Une monarchie absolue qui nourrit des ambitions démesurées et tente d’étendre son influence dans la sphère régionale, notamment à la faveur du Printemps arabe. Pleinement engagé dans le renversement d’El Gueddafi en s’alliant avec l’OTAN, l’émirat du Qatar s’est révélé, à la faveur du Printemps arabe, un acteur «diplomatique» incontournable dans le nouvel échiquier régional. Son rôle grandissant a fait de cette richissime monarchie pétrolière un interlocuteur privilégié et surtout un riche allié de l’Occident. Mais, et contre tout attente, dans la guerre contre les groupes terroristes au Mali, Doha prend ses distances vis-à-vis de son allié, Paris, et critique l’action militaire. Pas seulement. Le Premier ministre qatari, cheikh Hamad Bin Jassem Al Thani, a émis des doutes sur l’efficacité d’une intervention militaire en assurant que «la force ne réglera pas le problème». Une position inattendue, du moins à Paris, qui n’a pas manqué d’éveiller des soupçons dans les milieux politiques et médiatiques.

Des questions fusent de partout sur le rôle «obscur» du Qatar dans certaines contrées musulmanes et sur ses liens «douteux» avec des organisations extrémistes. Ce «bout de terre» coincé entre l’Arabie Saoudite et l’Iran dans le golfe Persique est clairement accusé d’avoir «financé» des djihadistes au nord du Mali. Vrai ou faux ? Accusation fondée ou simple affabulation ? Désormais, ce pays – généreux donateur – suscite de la méfiance sur son passage. (…)

El Watan