Lucien Pambou (UMP) : «Le combat des Noirs de France est illisible»

En ce jour de commémoration de l’abolition de l’esclavage, le Conseil représentatif des associations noires (Cran) a annoncé qu’il assignait en justice la Caisse des dépôts (CDC), lui reprochant d’avoir profité de la traite négrière. Ancien secrétaire général du Cran, Lucien Pambou, conseiller municipal d’Alfortvile (94) déplore les divisions entre Ultramarins et Africains qui «se regardent en chiens de faïence» et minent selon lui le combat des «Noirs de France».

Entendons-nous bien, il n’y a pas que les Noirs qui sont discriminés dans la société française et je ne tiens pas un discours de pleurnicheurs ou de pleurnicheuses.

Pour moi, la fédération des Noirs a raté une occasion historique : celle de construire un combat analytique, historique dans la société française, le combat des Noirs au nom de l’égalité républicaine et de la valorisation mémorielle.

La République, bonne fille, par la loi Taubira sur la reconnaissance de la traite négrière et l’esclavage, a fait un pas en avant. […]

Le combat des Noirs de France ne repose sur aucune lisibilité. Il ne s’agit pas de détruire la République, il ne s’agit pas non plus de la communautariser, il s’agit de dire qu’un certain nombre de discriminations doivent cesser. Le débat actuel sur le mariage contre ou pour tous est un clin d’œil de l’organisation sociétale pour certaines associations qui veulent faire triompher leur cause. […]

Le Nouvel Obs

Jean-Claude Tchicaya : Les «quartiers populaires» oubliés par les politiques publiques européennes

Tribune de Jean-Claude Tchicaya, ex-maire adjoint de Bagnolet (93), sur la «question des quartiers populaires dans les politiques publiques européennes».

Il faut absolument s’investir sur le plan politique, économique, social, écologique, géopolitique. Nous sommes condamnés à réussir ensemble pour que cette supranationalité soit une construction politique inédite, respectueuse des peuples et des personnes, qu’ils soient européens ou non. Donc, citoyennes et citoyens des quartiers populaires, osons davantage ! Le pouvoir, cela se prend, cela ne se demande pas.

Depuis les débuts de la construction de l’Europe et notamment depuis 30 ans, en France et ailleurs, le phénomène politique des quartiers populaires n’est pas assez évoqué, souligné, traité, développé. Comment l’Europe peut-elle être aussi une solution positive en France et en Europe ? […]

Il doit y avoir des élus des quartiers populaires, présents dans tous ces champs et ne se laissant pas enfermer dans certaines thématiques auxquelles on veut toujours les assigner.

Autre grande inquiétude, nous voyons de nouveau se développer un phénomène très inquiétant, pour la suite de la construction européenne, à savoir, des discours populistes, réactionnaires, racistes, discriminatoires mais aussi on peut le dire, des discours aux relents fascistes.

Beaucoup sont discriminés, montrés du doigt parce que de confession musulmane, étrangers vus ou perçus comme tel dans le pays dans lequel ils vivent parce que d’une couleur ou catégorie sociale différente. […]

Bondy Blog

Laïcité dans l’entreprise : Un imbroglio juridique

L’arrêt sur la crèche Baby-Loup a ravivé un débat : doit-on et peut-on introduire une obligation de neutralité dans le secteur privé ? Un texte imposerait l’interdiction des signes religieux aux seuls établissements s’occupant de la petite enfance qui reçoivent des fonds publics. Sans résoudre le problème de fond.

L’affaire Baby-Loup et ses éventuelles traductions législatives risquent de ne pas répondre à de multiples autres revendications religieuses dans l’entreprise : horaires aménagés, jours de congé, jeûne…

Dans le secteur public, une telle obligation existe pour les fonctionnaires et les agents de services publics (personnel hospitalier, etc.). Par ailleurs la loi du 15 mars 2004 a interdit «les signes religieux ostensibles» dans les établissements scolaires. Dans le privé, la situation est tout autre. Selon le Préambule de la Constitution de 1946, «nul ne peut être lésé dans son travail ou dans son emploi en raison de ses origines, de ses opinions ou de ses croyances». Quant au Code du travail, il précise que le règlement intérieur de l’entreprise ne doit pas introduire de «discriminations à raison des mœurs, des opinions ou de la religion de salariés». Autant dire que la voie est étroite. […]

Ne pas envisager d’interdiction large des signes religieux dans le secteur privé permet d’éviter l’écueil de l’inconstitutionnalité. En effet, la liberté religieuse étant garantie par la Constitution, on ne peut lui apporter de limites absolues. «Dans cette matière, on est sur la ligne de crête», résume-t-on au Conseil constitutionnel, tout en rappelant que toute limitation devra être «proportionnée» au but recherché. L’autre étape à franchir sera enfin celle de la Cour européenne des droits de l’homme dont la jurisprudence est, en fait, assez évolutive sur le sujet. […]

Le Figaro

Jeunes «Français issus de l’immigration ou des quartiers» sur le départ

Il n’y a pas que les exilés fiscaux, nombreux sont les jeunes diplômés à opter pour l’étranger afin d’entamer leur carrière professionnelle. Iymen a recueilli quelques témoignages, entre désillusion et espoir.

C’est sûr que je regrette certains attraits de la France, comme la sécu. Ici, mieux vaut ne pas avoir mal aux dents !

Ces derniers temps, personne n’a échappé à la polémique concernant le départ d’un des plus grands acteurs du cinéma français, pour un pays où il fait très froid et cela pour des raisons fiscales. Mettons en lumière des personnes qui quittent la France pour des raisons plus sérieuses et honorables. Ne réussissant pas à trouver un travail, étant discriminé ou renvoyé à leur milieu d’origine, beaucoup de jeunes issus de l’immigration ou des quartiers décident de quitter la mère patrie pour un avenir meilleur. […]

Sans hésitation Sana choisit Dubaï. […] De plus elle ne se sent plus en sécurité en France. Pour elle, la délinquance y est de plus en plus flagrante et violente, surtout dans les transports en commun. Selon elle, la mentalité en France n’est pas un facteur qui la pousse à rester pas plus que le stress ambiant d’ailleurs. A cela, s’ajoute la stigmatisation.[…]

Il est vrai qu’on a vu des ministres issus de la «diversité», comme on se plaît à le dire souvent, mais quand on regarde l’hémicycle à l’assemblée nationale ou la tête des PDG ou des cadres de grandes entreprises et des présentateurs du JT, on est loin de la France «Black Blanc Beur». Et c’est de cela que doit se préoccuper le gouvernement car Obélix peut se rendre où il veut, il restera français pour tout le monde.

Le Bondy Blog

« Les milliers d’autres français agressés chaque jour seront heureux d’apprendre qu’ils n’ont rien à voir avec la République »

Laurent Obertone explique comment, en partant de la très louable intention de lutter contre les discriminations, la justice est devenue un terrain de luttes communautaires et religieuses. Extrait de « La France orange mécanique ».

Le tableau de la justice est déjà tout à fait noir, mais il y manque encore une petite touche finale. En partant de la très louable intention de lutter contre les discriminations, la justice est devenue un terrain de luttes communautaires et religieuses. « C’est normal », répondront certains, pour qui « des religions en particulier sont visées par des malfaiteurs en particulier ». Il faut être un Inuit autiste pour n’avoir jamais entendu parler des lieux de cultes profanés.

En France, il s’est créé en 30 ans autant de lieux de cultes musulmans que d’églises catholiques en un siècle.

On dénombre 45 000 églises, 2 000 mosquées, 280 synagogues. Voici un récapitulatif des profanations de ces dernières années, selon la gendarmerie (Le Figaro) :

En 2007 151 églises, 8 mosquées, 5 synagogues.
En 2008 269 églises, 13 mosquées, 3 synagogues.
En 2009 216 églises, 6 mosquées, 4 synagogues.
Toutes choses étant égales par ailleurs, voici les pourcentages des lieux de cultes profanés :
2007 0,3 % d’églises, 0,4 % de mosquées, 1,8 % de synagogues.
2008 0,6 % d’églises, 0,65 % de mosquées, 1 % de synagogues.
2009 0,5 % d’églises, 0,3 % de mosquées, 1,4 % de synagogues.
Même si la bêtise humaine semble marquer une préférence pour les synagogues (selon Le Figaro, 15 millions d’euros ont été dépensés pour les sécuriser), le fait que telle ou telle religion soit particulièrement visée par de dangereux adolescents désœuvrés ne saute pas aux yeux. Pourtant, les profanations de lieux de cultes musulmans ou juifs font souvent les gros titres.
Peut-être que les actes contre les personnes sont plus éloquents ? Pour le Service de protection de la communauté juive, sans doute très neutre, 389 actes antisémites ont été commis en 2011. On estime que 600 000 juifs vivent en France. Les actes antisémites concerneraient donc 0,06 % des Juifs. Sous Sarkozy, le ministre de l’Intérieur Hortefeux a qualifié ces actes de « poison de la République ». Le Président Hollande et son ministre Valls n’ont pas de mots assez forts pour fustiger cette « menace de la République ». François Hollande fait même de la sécurité des Juifs « une cause nationale » (Libération, 1/11/12). Lorsque deux Juifs sont agressés à Villeurbanne en juin 2012, Valls déclare qu’il s’agit d’une « attaque contre la République ».
Les milliers d’autres français agressés chaque jour seront heureux d’apprendre qu’ils n’ont rien à voir avec la République.
Pour Valls, un « antisémitisme est né dans nos banlieues » (Le Point, 8/07/12). Le ministre reconnait ce que plus personne ne nie depuis des décennies :
les exemples significatifs d’antisémitisme sont souvent le fait d’agresseurs musulmans. On en parle évidemment le moins possible dans les médias. Faut pas stigmatiser.  (…)
Intéressons-nous à cette pathologie nouvelle qu’est l’islamophobie. Si l’on se base sur des chiffres là encore très neutres, établis en 2011 par un responsable des affaires religieuses de la mosquée de Paris, on estime à 45 par trimestre les actes « islamophobes », c’est-à-dire à 180 par an. Cela concerne donc 0,003 % des musulmans. (…)
La proportion d’actes racistes ramenée à la population concernée (0,001 %) montre à quel point le problème est brûlant. De son côté, l’association très impartiale SOS homophobie a enregistré 88 témoignages d’agressions homophobes en 2009, puis 142 en 2010. Ce qui permet au Figaro de parler de « l’explosion de l’homophobie », sans préciser ces chiffres, en ne donnant que le pourcentage de leur hausse. Comme on estime qu’il y a en France environ 2 millions d’homosexuels (Ifop, 2011), ces agressions concernent 0,0071 % d’entre eux.
À la mesure de ces chiffres qui font froid dans le dos et rappellent les heures les plus sombres de notre préhistoire, nous découvrons avec stupeur qu’une grande communauté, pourtant particulièrement touchée par les violences, a échappé à la vigilance des associations.
Rendez-vous compte, chaque année en France, selon les chiffres officiels très sous-estimés, 450 000 personnes sont victimes de violences physiques (0,7 % des Français).Si les chiffres donnés par les associations sont corrects, ce dont nous ne doutons pas, peut-on en déduire que les gens n’appartenant à aucune communauté sont 200 fois plus agressés que les musulmans, 100 fois plus que les homosexuels et 20 fois plus que les Juifs ? (…)

Afrique du Sud : Le rude quotidien des immigrés

Difficile d’être un immigré en Afrique du Sud. Discriminations, agressions, menaces, harcèlements sont le quotidien de ceux qui ont choisi de s’y exiler. Le pays compte 2 millions d’immigrés sur son sol, soit 3% de sa population.

«Sur beaucoup d’offres, il y a marqué « SA only » ou « Bring your ID » (Sud-Africains seulement, apportez vos papiers sud-africains, ndlr). Les immigrants sont exclus ! », fustige Marc Gbaffou.

Ils sont partis en Afrique du Sud pour travailler. Mais leur quotidien est loin d’être aisé. Les immigrés africains camerounais, congolais, éthiopiens, somaliens, subissent régulièrement des discriminations, menaces, ou harcèlement policier. Il n’est pas rare que leurs commerces soient pillés ou saccagés. Ils sont accusés par les Sud-africains de voler leur travail. Bien que l’Afrique du Sud soit citée en exemple pour son développement économique sur le continent noir, en revanche, son taux de chômage frôle les 25%. […]

La discrimination existe aussi dans le domaine sanitaire. Il est plus difficile pour un immigré d’être soigné en Afrique du Sud. «Quand tu vas à l’hôpital, si tu n’as pas de papiers sud-africains, ça devient très lent. Il y a une femme qui a perdu son enfant comme ça», explique Marc Gbaffou, président du Forum. […]

L’ANC, le parti au pouvoir, souhaite mettre en place pour restreindre «le droit aux non Sud-Africains de pouvoir acheter ou gérer des épiceries ou des entreprises plus grandes sans s’être conformés à certaines dispositions législatives». […]

Afrik.com

Embauches : « On a beaucoup de progrès à faire sur la lutte contre les discriminations raciales et au faciès » (A. Lemaire/RMC)

La députée socialiste Axelle Lemaire s’exprime sur les discriminations au micro des GG de RMC.

Des chrétiens britanniques dénoncent des discriminations

Quatre chrétiens britanniques ont affirmé mardi, devant la Cour européenne des droits de l’homme, avoir subi des discriminations basées sur leur religion. Âgés de 51 à 61 ans, les requérants ont déploré de ne pas avoir pu afficher ou faire respecter leurs convictions sur leur lieu de travail. Ils espèrent ainsi faire condamner le Royaume-Uni.

S’il est peu probable que la Cour donne raison à Lillian Ladele et Gary McFarlane, le verdict qui attend Nadia Eweida et Shirley Chaplin est très incertain et pourrait faire des remous au pays du multiculturalisme.

Les deux premiers plaignants, Nadia Eweida, employée chez British Airways, et Shirley Chaplin, infirmière, affirment avoir subi les foudres de leur hiérarchie respective parce qu’elles avaient choisi d’arborer un pendentif en forme de croix par-dessus leur tenue de travail. Leur employeur avait estimé que cela contrevenait aux règles internes, pour des raisons d’hygiène, de sécurité ou tout simplement d’uniforme.

Lillian Ladele, officier d’état civil au district londonien d’Islington, et Gary McFarlane, conseiller conjugal, avaient pour leur part été sanctionnés pour leur attitude face aux couples de même sexe. Mettant en avant leurs croyances religieuses, l’un avait refusé d’enregistrer les partenariats civils entre deux hommes ou deux femmes, et l’autre avait annoncé à ses supérieurs qu’il refuserait de conseiller les couples homosexuels qui prendraient rendez-vous avec lui. […]

Le Figaro (Merci à Fenzy-frenchy)