Ecole primaire : Maîtrise de l’orthographe, un défi en héritage

En accordant, avec la réforme à venir, la priorité à l’école primaire, le gouvernement souhaite notamment mettre l’accent sur la maîtrise de l’écrit. Plusieurs travaux scientifiques montrent en effet que le niveau des Français en orthographe a chuté au cours des dernières décennies. Un recul qui va de pair avec celui des compétences en lecture, attesté tout récemment par l’étude internationale Pirls.

Si beaucoup voient dans la maîtrise de l’orthographe un défi pour les futures générations, c’est aussi qu’elle est étroitement liée à la politesse, comme le note la sociologue Dominique Picard (Auteur de Politesse, savoir-vivre et relations sociales).

Alors que 15 à 20% des élèves quittent aujourd’hui le CM2 avec des lacunes en français et en mathématiques, la maîtrise de l’écrit doit constituer une priorité.

«On peut le regretter, lorsqu’il s’agit uniquement de se distinguer des personnes appartenant à des classes supposées inférieures ou de s’adapter aux codes d’un autre groupe lorsque l’on cherche à s’élever dans la société. Mais le respect des règles orthographiques est aussi, dans une large mesure, la marque d’un respect témoigné à notre interlocuteur. Faisons un parallèle avec l’apparence physique. Quand on reçoit un invité, on ne doit pas forcément enfiler un smoking, mais on doit au moins porter des habits propres. Quand on écrit à quelqu’un, on ne doit pas forcément avoir le talent d’un Bernard Pivot, mais la moindre des choses est de se relire avant d’envoyer son courrier», estime Dominique Picard. […]

La Croix

Quand Abd Al Malik fait la dictée

(…) Car hier soir, à Clichy, c’est le slameur Abd Al Malik qui a joué les Bernard Pivot, lors d’une grande dictée. L’initiative, organisée par le service jeunesse de la ville, a rassemblé quelque 80 personnes. Ecoliers et jeunes mamans, retraités et groupes d’ados, et même quelques élus de la ville, ont planché pendant près d’une heure sur le texte de Saint-Exupéry.

(…)« Il y a des jeunes de mon quartier, que certains traitent un peu vite de racailles. Ils sont venus avec leur feuille et leur stylo, c’est une bonne chose. » A quelques places de là, Assa, 16 ans, Hawa et Baha, 14 ans tous les deux, sont venus sans hésiter. « Pour les lots », glisse Baha, avec un sourire malicieux. « Parce que j’aime bien enrichir mon vocabulaire », glisse timidement sa grande sœur, regard sérieux derrière ses lunettes. Aïcha, 22 ans, de Montfermeil, voulait tester ses bases en français : « C’est un peu comme un jeu, et, en plus il y a Abd Al Malik! »

LeParisien.fr