Philippe Villin : “Sortir de l’euro, non ! Le faire exploser, oui !”

Pour retrouver une compétitivité face à une Allemagne toute-puissante et s’engager sur la voie de la croissance, les pays de l’Europe du Sud, y compris la France, doivent initier de profondes réformes structurelles et surtout sortir du carcan de l’euro en le faisant exploser.

Je suis ravi que les Italiens aient désavoué Mario Monti: sa politique et son incapacité à rendre l’Italie compétitive rapidement ne pouvaient conduire qu’à sa ruine [...] il a plongé son pays dans la récession- déflation entraînant une explosion du chômage. En Diafoirus de la médecine allemande, il avait prodigué à son pays le même traitement diabolique que celui appliqué à la Grèce, au Portugal, à l’Espagne et maintenant à la France, c’est-à-dire une augmentation massive des impôts et une tentative de baisser les salaires. Il aurait dû faire des réformes structurelles, n’augmenter les impôts qu’à la marge et surtout dévaluer.

Mais il eût fallu bien sûr pour cela que l’euro explose. En effet, l’euro est devenu intolérable pour les Italiens comme pour les Français tandis qu’il fait “crever la gueule ouverte” la Grèce et le Portugal et mourir à petit feu l’Espagne.

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La vérité sur le scandale de l’euro… (Vidéo)

… Ou comment l’on bâtit une tour de Babel de la dette pour sauver un mythe.

Ce qui s’est passé avec l’euro c’est qu’il a créé une illusion de stabilité qui a surtout profité aux États jugés auparavant économiquement risqués – Cette stabilité était factice et n’a pas résisté à la crise financière – La dette est un poison qui tue – Il existe une solution: la dévaluation. »

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Un plan d’aide de 750 milliards d’euros: quel coût pour les populations?

Le plan de stabilisation de la zone euro pourrait coûter cher à la France et le risque d’un endettement supplémentaire n’est pas exclu… La contribution de l’Hexagone se chiffre à 88 milliards d’euros, selon Christine Lagarde. Soit 20% des 440 milliards qui serviront de garantie afin de constituer une nouvelle entité capable de lever des fonds sur les marchés financiers pour ensuite aider un État membre en difficulté.

Après avoir adopté un plan d’aide à la Grèce d’un montant de 110 milliards d’euros, l’Union européenne et le Fonds monétaire international ont créé un fonds d’urgence d’un montant de 750 milliards d’euros. Un plan d’une ampleur historique. S’il vise à éviter une contagion de la crise, de plus en plus probable en raison de la défiance des marchés, il n’est pas sans risque pour les économies des pays concernés. Et donc pour leur population.

La part de la France représente «à peu près 20%» de ces 440 milliards d’euros, soit un peu plus de 88 milliards d’euros, a indiqué Christine Lagarde ce lundi. Cette somme viendra-t-elle s’ajouter aux 6,3 milliards d’euros prêtés à la Grèce, dont 3,9 dès 2010?


Grèce : les 3 mensonges des médias et des experts (1)

«Les Grecs vivent au dessus de leurs moyens.» «L’économie allemande est plus vertueuse.» «L’Euro nous protège de la crise.» Ces trois affirmations font partie du mantra néolibéral répété en boucle par les économistes invités sur les plateaux. L’économiste Jacques Sapir démolit consciencieusement ces pétitions de principe.

La Grèce serait l’homme malade de la zone Euro

Les récents événements en Grèce et dans la zone Euro ont donné lieu à beaucoup de commentaires, au sein desquels on peut constater que certains mythes ont la vie (très) dure. Sans prétendre leur faire la peau définitivement, il convient de rappeler ici certains faits, par sympathie pour les travailleurs grecs mais aussi par amour de la vérité.

La presse allemande, et même française, a usé de termes, en réalité, bien plus injurieux. On se souvient des « cueilleurs d’olives » et même de l’exécrable calembour (la « mauvaise Grèce ») par lequel un quotidien français s’est déshonoré. Il convient de rétablir ici les faits.

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Il n’y a pas qu’en Grèce que ça grince

Depuis huit semaines, la crise de l’État grec domine la discussion publique avec l’ar­rière-pensée que celle-ci risque d’entraîner une crise de l’euro. Les deux sont exagérés.

Le produit social brut de la Grèce n’est pas plus élevé que celui du Land de Basse-Saxe, elle est donc marginale pour l’espace euro. Et la Grèce ne mettra en danger l’euro que si les eurocrates ne laissent pas la Grèce s’assainir elle-même et se précipitent au secours de la Grèce en toute hâte et avec trop de zèle. Dans ce cas, la Grèce deviendrait un modèle pour d’autres pays faibles, tels l’Espagne, le Portugal, la Lettonie, l’Italie et la France et constituerait en fait un danger substantiel pour l’euro.

Ce n’est pas par hasard que les USA crient que la Grèce représente une menace pour l’euro. Cela pourrait être une manœuvre de diversion pour que les investisseurs de fonds du monde entier cessent de fuir le dollar, qui est en déclin, pour aller vers l’euro parce que celui-ci leur semble plus stable.

Le cas de la Grèce représente quand même un tournant pour l’Europe : l’excès d’argent qui est parti des États-Unis par le raz-de-marée financier de la FED et l’augmentation de placements toxiques, auraient dû entraîner l’effondrement des banques fautives, mais l’agent principal Paulson, ancien directeur de banque et ministre des finances américain, a provoqué la crise des fi­nances d’État en injectant aux banques la plus grande somme de tous les temps.

Tout ceci est dissimulé et caché actuellement, rien que parce que la FED submerge le marché d’argent bon marché à 1% et maintient ainsi la liquidité des banques et des États risquant la faillite.

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Zone euro : tous exportateurs !

Par Olivier Demeulenaere

Nous sommes au coeur d’une crise de la dette. Dette des États relayant celle des particuliers, elle-même née de la déflation salariale mise en place depuis 25 ans pour compenser une mondialisation sans règles ni garde-fous.

Aujourd’hui, les pays de la zone euro subissent les affres d’un endettement public insoutenable aux yeux des marchés, qui les sanctionnent pour les contraindre à remettre de l’ordre dans leurs comptes.

Démarche discutable si l’on admet qu’une bonne partie de ces déficits n’ont été consentis que pour sauver l’économie des dégâts provoqués par les marchés eux-mêmes ! Les marchés ne sont autres que les acteurs de la finance privée, au premier rang desquels les banques…

Que celles-ci viennent aujourd’hui nous expliquer, notamment en France, que leur sauvetage n’a rien coûté aux États puisqu’ils ont été remboursés des sommes qu’ils leur avaient prêtées, relève donc d’une belle hypocrisie. Les banques ont en quelque sorte été sauvées deux fois.

Le mal étant fait, comment sortir au mieux de cet endettement public massif ?

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Bye bye salaire fixe

Frappés par la crise et victimes d’une dette publique écrasante, plusieurs États ont décidé de baisser les revenus. Une mesure impopulaire, mais jugée nécessaire faute de pouvoir dévaluer leur monnaie.

Dublin, février 2009. Manifestation contre les mesures d’austérité imposées par le gouvernement Irlandais.

L’intouchable, le sacro-saint salaire garanti des fonctionnaires n’est plus. La Grèce, qui a décidé de réduire d’environ 7% la rétribution des employés du secteur public n’est que le dernier des pays qui ont fait des choix semblables à l’intérieur et hors de la zone euro, il y a un peu plus d’un an. L’histoire a toutefois commencé non pas sur les rives de la Méditerranée, mais sur celles de la Baltique.

Les salaires des fonctionnaire de Lettonie, ce petit pays balte qui a le premier allumé les feux de détresse de cette course au rabais, étaient redescendus en octobre 2009 aux niveaux de 2006. Les réductions, jusqu’à 20% pour les enseignants et quelques autres catégories, ont été durement contestées pendant l’hiver et le printemps dernier, mais elles ont finalement toutes été acceptées.

Les prévisions quant à une dévaluation imminente ont ainsi été déjouées ; le pays a finalement surmonté l’effondrement de son PIB – moins 17% en 2009 – et aujourd’hui il a redressé ses comptes. Et la dette du pays n’est plus considérée à haut risque par les sociétés de notation.

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La livre sterling, nouvelle cible des marchés

On dit l’euro sous pression, vulnérable, attaqué… A écouter le gérant star Jim Rogers, il y a plus fragile encore : la livre sterling. Une monnaie « au bord de l’effondrement », selon l’ancien associé du financier américain George Soros, avec lequel il avait fondé le célèbre hedge fund Quantum dans les années 1970.

« La livre est déjà dévaluée par rapport à presque toutes les devises sauf le dollar zimbabwéen », a aimablement fait remarquer M. Rogers, jeudi 25 février. « Elle sera particulièrement exposée d’ici les élections au Royaume-Uni. »

De fait, la livre est tombée vendredi à 1,5167 dollar, son cours le plus bas depuis mai 2009. Depuis le début de l’année, la devise britannique s’est dépréciée de 5,5 % par rapport au billet vert. Et la chute n’est pas finie, si l’on en croit les prévisions de George Magnus, le très respecté chef économiste d’UBS à Londres.

Fin janvier, Bill Gross, le directeur général du géant américain d’investissement obligataire Pimco, a déconseillé d’investir dans les bons du Trésor britanniques. Ceux-ci « reposent sur un lit de nitroglycérine », a-t-il lancé. Dans la foulée, l’agence de notation Fitch affirmait que la note souveraine du pays figurait parmi les plus vulnérables dans la catégorie AAA, la meilleure possible.

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L’Euro : implosion ou sursaut ?

Le pari de l’Euro était de construire une zone modèle. En exacerbant les différences, on affirme, voire on crée, et on enkyste des différences : modèle rhénan pour l’Allemagne ; modèle anglo-saxon pour l’Irlande ou l’Espagne, etc.

Lorsque la crise financière devient crise économique, et que les Etats s’épuisent à maintenir les demandes globales en creusant de façon historique les déficits publics, c’est le navire tout entier qui est menacé.

Si naguère, en résultante des abandons monétaires, les marchés politiques se sont assez spontanément dirigés vers la création d’une zone monétaire largement artificielle, vont-ils, à la faveur de la crise, poursuivre la construction européenne et arrimer la monnaie à un grand Etat européen ?

Sur le papier des croyants du constructivisme, les choses sont simples : il existe désormais un seul Etat, sans doute hétérogène, mais disposant d’une monnaie souveraine. Il n’y a plus de dettes souveraines au pluriel, mais une dette souveraine au singulier.

Le couple monnaie unique / grand Etat suppose d’énormes changements, qui se ramènent tous à la question de l’évaporation progressive des marchés politiques nationaux, au profit de la naissance de marchés politiques européens. Les énormes coûts d’une implosion de l’Euro pourraient faciliter cette perspective.

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