Sapir: « Il est urgent de dissoudre la zone euro »

Par Jacques Sapir

La crise de la zone euro a atteint un point critique. Quelles que soient les solutions envisagées, qu’il s’agisse de la mutualisation de la dette ou des mesures dites « non conventionnelles » que la Banque centrale européenne pourraient prendre, elles ne peuvent apporter de solution durable. A cela une bonne raison : cette crise n’est pas une crise de la dette souveraine mais une crise de compétitivité aggravée par l’effet pervers de l’euro sur la croissance.

Les différentes mesures prises depuis le début de 2010 ont été globalement inopérantes. Elles n’ont pu éviter que, pays après pays, cette crise s’étende, de la Grèce à l’Irlande, de l’Irlande au Portugal, puis à l’Espagne et à l’Italie. La situation dans la plupart des pays va continuer à se dégrader sous l’effet de la conjonction de politiques mal avisées de déflation compétitives, qui sont l’équivalent des politiques de dévaluation compétitives que l’euro prétendait supprimer.

Alors que le chômage recommence à fortement monter en France, il est temps de changer de politique, sinon nous nous imposerons l’équivalent d’une grande dépression par notre propre stupidité.

Des politiques inefficaces liées à une erreur de diagnostic

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Washington se dit prêt à porter secours à la zone euro

Au terme d’un sommet qui a réuni, lundi, les dirigeants de l’Union européenne et Barack Obama à la Maison Blanche, le président américain a pour la première fois fait savoir que les États-Unis participeraient au redressement de la zone euro.

Les Etats-Unis, inquiets des répercussions de la crise de la dette sur leur économie, ont appelé lundi l’Union européenne à agir avec « force et détermination » pour la résoudre, tout en se disant « prêts à faire leur part pour aider » le Vieux continent à maîtriser la situation.

Résoudre la crise actuelle « est extrêmement important pour notre économie. Si l’Europe se contracte, si l’Europe est en difficulté, il sera bien plus difficile pour nous de créer des emplois ici« , a déclaré le président Barack Obama après avoir reçu pendant deux heures à la Maison Blanche le président de l’UE Herman Van Rompuy et de celui de la Commission européenne José Manuel Barroso.

Je leur ai fait savoir que les Etats-Unis se tiennent prêts à faire leur part pour aider (l’UE) à résoudre ce problème », a dit M. Obama, sans donner plus de détails dans l’immédiat. » [...]

Les Etats-Unis « ont intérêt à la réussite » de l’Europe, a déclaré pour sa part M. Obama. Washington craint les conséquences de la crise sur l’économie américaine, d’autant plus que l’OCDE a prévenu lundi que la zone euro semblait être entrée en « légère récession« , et revu nettement à la baisse ses prévisions de croissance pour l’UE mais aussi pour les Etats-Unis. [...]

Reste que M. Obama semble en position délicate pour donner des leçons en matière de responsabilité budgétaire, au moment où la dette américaine vient de dépasser les 15.000 milliards de dollars, en progression inexorable vers les 100% du PIB. [...]

Le sommet, dans son communiqué final, a pris acte de cette situation, les Européens disant attendre « des actes des Etats-Unis en direction d’une consolidation budgétaire à moyen terme. » [...]

France 24 – 28/11/2011

Crise de la dette : La France craint d’être la prochaine victime

Après l’Italie, la France craint d’être la prochaine victime de la crise de la dette. Les marchés et Bruxelles ne semblent pas convaincus par le nouveau plan de rigueur du gouvernement face à la dégradation de la situation économique.

«Après la Grèce et l’Italie, la France ?», titrait vendredi le quotidien «Le Monde» en constatant que le taux des emprunts d’Etat à 10 ans de la France, 3,4%, est désormais près de deux fois supérieur à celui accordé à l’Allemagne, même s’il reste encore deux fois inférieur à celui de Rome.

Bien que France et Allemagne disposent toutes les deux de la meilleure note possible attribuée par les agences financières – un «triple A»-, la perception des deux pays par les investisseurs est de fait bien différente. «Ne nous faisons pas d’illusions : sur les marchés, la dette (française) n’est déjà plus AAA», a constaté Jacques Attali, ex-conseiller du président Mitterrand.

La diffusion «par erreur» jeudi d’une note de Standard et Poor’s sur un prochain abaissement de la note de la deuxième économie de la zone euro a accentué la nervosité sur les marchés. L’incident intervient quelques semaines après le coup de canif de l’agence Moody’s, qui s’est donné trois mois pour déterminer si la perspective «stable» attachée à la note de la France restait justifiée.

Plan de rigueur jugé insuffisant

La Commission européenne a accru le pessimisme ambiant en estimant jeudi que le nouveau plan de rigueur annoncé trois jours auparavant par le gouvernement français ne suffirait pas à ramener le déficit public à 3% du PIB en 2013 et a demandé à Paris des «mesures supplémentaires». [Lire la suite]

La Tribune de Genève.ch

Le Libre Journal des Contribuables du 25/10 (Audio)

Benoîte Taffin recevait sur l’antenne de Radio Courtoisie, le 25 octobre dernier, Nicolas Perruchot (député du Loir-et-Cher), Bernard Zimmern (président de l’iFRAP) Alain Mathieu (président de Contribuables Associés), ainsi que Samuel-Frédéric Servière (expert en finances publiques) et Pierre Garello (professeur d’économie).

Partie 1: Commission d’enquête sur le financement des syndicats

Partie 2: Crise de la dette souveraine française

(Merci à PayezVotreCotisation)

L’Italie veut faire acheter de sa dette souveraine par la Chine

L’Italie a demandé à la Chine de pratiquer des achats importants de sa dette souveraine, écrit le Financial Times. De hauts fonctionnaires italiens ont dit au FT que Lou Jiwei, le président de China Investment Corp (CIC), était à la tête d’une délégation qui s’est rendue à Rome la semaine dernière pour rencontrer le ministre des Finances Giulio Tremonti, ainsi que des responsables de la Cassa Dspositi e Prestiti.

Il y a deux semaines, une délégation italienne se trouvait à Pékin pour rencontrer des responsables de CIC et de l’administration publique des changes, chargée de gérer l’essentiel des réserves de change de la Chine, ajoute le FT.

Le Figaro

La Grèce devra encore plus se serrer la ceinture

Le rapport de mission en Grèce de la « troïka », qui rassemble l’Union européenne (UE), le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque centrale européenne (BCE), explique que la prochaine tranche d’aide ne pourra être accordée à Athènes tant que son programme d’ajustement comportera un déficit de financement.

Le document publié mercredi et que s’est procuré Reuters prévient également que la Grèce risque de manquer ses objectifs de déficit si elle ne prend pas de nouvelles mesures d’assainissement budgétaire.
La troïka constate aussi que la récession s’avère plus longue et plus profonde que prévu initialement.

« La stratégie financière doit être revue. Etant donné qu’il est de moins en moins probable que la Grèce retourne se financer sur les marchés en 2012, le programme d’ajustement est désormais en déficit de financement », apprend-on.

« Le prochain versement (de l’aide) ne pourra avoir lieu tant que ce déficit de financement ne sera pas résolu. »La troïka précise enfin qu’une agence de privatisation grecque gérée par un conseil indépendant verra le jour sous peu. La Commission européenne et les pays de la zone euro pourront y nommer des membres.

Yahoo Finance

La crise, moteur du capitalisme

L’histoire du capitalisme se confond avec l’histoire de ses crises. Sur la période 1970-2007, on ne compte pas moins de 124 crises bancaires, 208 crises de change et 63 crises de la dette souveraine !

Devant de tels chiffres, l’idée d’une autorégulation par les marchés apparaît comme insuffisante. Pour comprendre comment le capitalisme gère ses excès, il semble que l’hypothèse alternative d’une régulation par les crises ne manque pas d’arguments. Pour s’en convaincre, il n’est que de considérer ce qu’on nomme les « grandes crises » ou crises structurelles. Parce qu’elles sont des périodes de profonde mutation, leur rôle dans l’évolution historique du capitalisme est crucial.

Il s’agit de crises profondes, non seulement quantitativement par leur intensité, mais également qualitativement par l’ampleur des transformations institutionnelles qu’elles initient. Ces crises ont pour origine l’épuisement d’un modèle de croissance qui ne réussit plus à contenir ses déséquilibres.

Pour repartir, le système économique a besoin de nouvelles règles du jeu, de nouvelles institutions, de nouveaux compromis. Tel est l’enjeu des grandes crises : réinventer un nouveau modèle de croissance.

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Krach obligataire : déjà ?

Après la Grèce, le Portugal… le scénario de contagion est en marche.” Cela sent le roussi sur le marché obligataire. Si certains doutaient encore que la dette souveraine serait le problème majeur de 2011, cette nouvelle dégradation – et la baisse des marchés qui l’accompagne – devraient les convertir au krach obligataire.

Que s’est-il passé ces derniers jours ? L’agence de notation Fitch a dégradé la note de long terme du Portugal pour ses déficits et sa solvabilité, qui passe ainsi de “AA” à “AA-.” Ce n’est pas vraiment une surprise, puisque le Portugal fait partie des fameux PIGS, ou PIIGS, ou Club Med qui sont sous le feu de la rampe depuis les ennuis grecs. L’euro est de nouveau le grand perdant puisqu’il est repassé cette semaine sous les 1,33 dollar, pour la première fois depuis 10 mois.

Dubaï, puis la Grèce et maintenant le Portugal… est-ce le début d’un effet boule de neige sur le marché obligataire ? En tout cas, la Fed avait, il y a quelques jours, publiquement exprimé ses inquiétudes. “La Fed craint que la crise grecque ‘affecte’ l’économie américaine.

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Le krach de 2010 : la crise systémique

Par Paul Bara (ancien trader, économiste de marché puis directeur financier, il a parallèlement enseigné l’économie et la finance à Paris X et à l’ENA)

Hokusai, La grande vague de Kanagawa (1831)

La crise actuelle n’est pas une crise comme celles que nous avons connues depuis 1945. La croissance au quatrième trimestre 2009, en France et aux États-Unis, n’est due (en partie) qu’à un facteur technique transitoire, le moindre déstockage des entreprises. Nous ne sommes pas dans un enchaînement cyclique normal.

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La prochaine bulle: les obligations d’État

Des milliers de milliards de dollars de déficits… des dépenses pour relance qui transforment les États-Unis en Économie Zombie, des subventions données aux banquiers, des cadeaux aux carry traders… Maintenant, les banquiers achètent de la dette souveraine – du papier émis par les gouvernements – parce qu’ils pensent que cela leur offre un rendement « sans risque ». En réalité, c’est l’un des investissements les plus risqués qui existe.

(Cliquer sur le graphique pour l’agrandir)

Cette année et l’année prochaine, les principaux gouvernements vont devoir lever 12 000 milliards de dollars pour financer leurs dettes et déficits. C’est une augmentation énorme de la quantité d’obligations souveraine dans le monde. Le gouvernement américain à lui seul va devoir trouver 4 500 milliards de dollars en obligations l’année prochaine. Ce montant représente deux fois le capital total de la plus grosse Banque centrale du monde – la Fed.

Le coût de la dette va aussi atteindre des niveaux stupéfiants. L’administration Obama prévoit que les intérêts dépassent de 200 milliards de dollars leur niveau actuel, à 700 milliards de dollars d’ici 2019. Si le déficit atteint le niveau annoncé la dette nationale va grimper de 12 000 milliards de dollars à plus de 20 000 milliards de dollars en cinq ans.

Même si les Chinois prenaient tout ce qu’ils ont dans leurs réserves financières et s’en servaient pour acheter la dette américaine, il resterait encore près de 2 300 milliards d’obligations invendues.
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