L’illusion du choc de compétitivité

Par Jean-Yves Le Gallou

« Choc de compétitivité » : c’est la nouvelle illusion à la mode. Industriels et économistes (de l’offre) la réclament et le gouvernement la promet. Le débat sur le calendrier fait rage : pour aujourd’hui, pour demain ou pour les calendes grecques ?

C’est pourtant une illusion de plus ! La question n’est pas de répartir autrement les charges sociales et les impôts, c’est de les diminuer. Or pour baisser les impôts, il faut réduire les dépenses.

Mais pour diminuer les dépenses publiques, il faut s’attaquer aux causes structurelles de leur croissance : le libre-échange intégral et la poursuite de l’immigration.

Car le libre-échange (et les délocalisations) ne sont supportées par l’opinion que grâce aux « amortisseurs sociaux » qui permettent de vivre sans travail : mais ces aides publiques, ces allocations chômage, ces retraites anticipées, ce RSA, qui vont encore croître en 2013, il faut bien les financer. Et donc augmenter les charges.

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Pour l’Espagne, l’enfer, c’est maintenant

Coupes claires dans les dépenses publiques, hausse vertigineuse du chômage, récession… Le gouvernement Rajoy n’a guère de prise sur les événements. Et l’Europe s’interroge : que faire de l’Espagne ?

Et si l’Espagne suivait le même chemin de croix que la Grèce ? Chaque jour, des dizaines de milliers de manifestants déferlent dans les grandes villes pour dénoncer les tours de vis budgétaires qui vont encore faire enfler le taux de chômage : 24,6 % actuellement - un record. « Rajoy démission », scandent les contestataires à l’adresse du président du gouvernement. Et à celle des autres salariés : « Aujourd’hui, c’est nous ; demain, ce sera toi. »

Rien ne semble pouvoir arrêter la dégringolade provoquée par les orgies immobilières du passé.

Au début de l’année, le gouvernement Rajoy avait déjà réduit les dépenses publiques de 27,3 milliards d’euros. Le 19 juillet, il a fait voter par le Parlement une nouvelle ponction de 65 milliards. Les fonctionnaires perdent l’équivalent de leur treizième mois, les indemnités de chômage seront réduites de 10 % supplémentaires au bout de six mois et le taux de la TVA passe de 18 % à 21 %. « Il n’y a plus un sou dans les caisses », se défend Cristóbal Montoro, le ministre des Finances.

Les mauvaises nouvelles s’accumulent. À en croire la Banque centrale, l’économie espagnole devrait reculer de 1,6 % cette année et de 0,5 % en 2013. Les régions de Valence et de Murcie ont lancé un appel à l’aide : elles ne sont plus en mesure de financer leurs services publics. Cinq autres pourraient les imiter. (…)

Jeune Afrique

Le FMI plaide pour des mesures d’austérité dès 2011

Les pays développés avec des déficits publics élevés doivent commencer dès aujourd’hui à préparer leurs opinions publiques aux mesures d’austérités qui seront nécessaires à partir de l’an prochain, a estimé dimanche le numéro deux du Fonds monétaire international.

Pour le FMI, il y a urgence à préparer les opinions publiques de certains pays fortement endettés ! Les mesures de restriction qui vont devoir être prises seront inévitables à partir de l’an prochain, de quoi toucher les ménages au portefeuille, selon John Lipsky, le Directeur général adjoint du FMI.

L’ampleur des ajustements sera si vaste que ces mesures inévitables risquent de se traduire par :

1) Un recul des allocations de santé et de retraite

2) Une réduction des dépenses publiques

3) Une hausse des impôts

S’il est pour l’instant « approprié » de conserver les mesures de soutien à l’économie mis en place dans les pays développés, l’assainissement des finances publiques devra démarrer par la suite, dès 2011, si la reprise économique suit son cours, a encore expliqué le numéro deux du FMI…

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La livre sterling, nouvelle cible des marchés

On dit l’euro sous pression, vulnérable, attaqué… A écouter le gérant star Jim Rogers, il y a plus fragile encore : la livre sterling. Une monnaie « au bord de l’effondrement », selon l’ancien associé du financier américain George Soros, avec lequel il avait fondé le célèbre hedge fund Quantum dans les années 1970.

« La livre est déjà dévaluée par rapport à presque toutes les devises sauf le dollar zimbabwéen », a aimablement fait remarquer M. Rogers, jeudi 25 février. « Elle sera particulièrement exposée d’ici les élections au Royaume-Uni. »

De fait, la livre est tombée vendredi à 1,5167 dollar, son cours le plus bas depuis mai 2009. Depuis le début de l’année, la devise britannique s’est dépréciée de 5,5 % par rapport au billet vert. Et la chute n’est pas finie, si l’on en croit les prévisions de George Magnus, le très respecté chef économiste d’UBS à Londres.

Fin janvier, Bill Gross, le directeur général du géant américain d’investissement obligataire Pimco, a déconseillé d’investir dans les bons du Trésor britanniques. Ceux-ci « reposent sur un lit de nitroglycérine », a-t-il lancé. Dans la foulée, l’agence de notation Fitch affirmait que la note souveraine du pays figurait parmi les plus vulnérables dans la catégorie AAA, la meilleure possible.

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Ne m’appelez plus jamais Europe !

Les gouvernements européens maquilleraient donc leurs bilans pour cacher ou édulcorer leurs déficits ! Voilà où en est aujourd’hui réduite la crédibilité de certains Etats Européens et non des moindres.

Ces manipulations comptables, pénalement répréhensibles dès lors qu’elles émanent d’une entreprise quelconque, auraient ainsi été appliquées par les Etats dans le but de satisfaire aux critères du Pacte de Stabilité, en termes de déficits et d’objectifs d’endettement. Ce pêché originel européen, inadmissible et scandaleux, hantera l’Union assurément pendant encore de longues années, car la Grèce – qui a escamoté certaines dépenses publiques – ou le Portugal – qui a fait passer des dépenses pour des investissements – n’ont fait que suivre l’exemple des « grandes nations » leur ayant montré le chemin.

Ces artifices et ces tromperies comptables ne sont, en définitive, que la résultante de machinations politiciennes de dirigeants (de l’époque) ne reculant devant aucun mensonge pour intégrer certains pays dans l’Union, dans le seul but de favoriser certains lobbies capitalistes ayant misé sur des concentrations et des regroupements d’entreprises au niveau européen !

Mais alors : pourquoi s’acharner contre la finance, si la politique elle-même, dévoyée de sa noble mission de servir l’intérêt public, déguise sciemment la réalité afin de parvenir à ses fins ? La crise des années 2007-2009 a-t-elle été provoquée par la gourmandise du milieu financier, par les bonus inacceptables de certains banquiers ou traders, ou par une politique qui, une fois de plus, s’est faite – le coeur léger – instrument et bras armé du système financier et capitaliste ? La vérité est que la politique n’est plus qu’une excroissance de la finance, trop contente de lui rendre service à la moindre occasion.

Une détérioration des conditions économiques européennes, qui semble aujourd’hui inévitable, fera franchir à cette crise ayant démarré en 2007, un nouveau palier dangereux, car ce sont les Etats eux-mêmes, leur crédibilité et leur aptitude à nous diriger sainement, qui seront progressivement remis en question. Après la déconfiture confirmée ou prévisible de petits pays européens – Grèce, Portugal, Irlande -, il conviendra de scruter avec la plus grande attention les développements au sein des « grandes nations », comme la France ou l’Allemagne.

L’Europe est aujourd’hui devenue le maillon faible de l’économie globale.

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Fin d’indemnisation pour 1 million de chômeurs en 2010

Un million de chômeurs épuiseront leurs droits à indemnisation en 2010, faisant certes diminuer les statistiques du chômage (et les dépenses de l’Etat) mais dans un total trompe-l’oeil…

Selon les chiffres de Pôle emploi, « le nombre de sorties du régime d’assurance chômage pour fin d’indemnisation est estimé à 850.000 en 2009 et 1.000.000 en 2010″ et « le nombre d’entrées en Allocation Spécifique de Solidarité est estimé à 149.000 en 2009 et 170.000 en 2010″. Patronat et syndicats ont récemment formé un groupe de travail pour évaluer les besoins 2010 concernant le dossier.

Eléments de base de la discussion : une augmentation probable du nombre de personnes concernées, compte tenu de la crise et du raccourcissement de certaines durées d’indemnisation.

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