« Aurais-je été résistant ou bourreau ? » (Canal +)

Canal + 22/03/2013

On a retrouvé en 1940 à Londres pour suivre De Gaule, autant de socialistes que de nationalistes d’extrême-droite française, autant de républicains que de royalistes (…) on peut être de tous bords politiques et se mettre à résister, c’est beaucoup plus complexe – David Abiker


Pierre Bayard, Aurais-je été résistant ou bourreau ? – Éditions de Minuit

Un ancien membre de l’OAS privé de sa Légion d’honneur

Un ex-membre de l’Organisation de l’armée secrète (OAS) a été privé de sa décoration de chevalier de la Légion d’honneur, obtenue en 2011 à titre militaire comme mutilé de guerre en Algérie, par un décret paru vendredi sur la version papier du Journal officiel. Selon l’article R96 du code de la Légion d’honneur cité dans le décret, les peines disciplinaires (censure, suspension totale ou partielle, exclusion) « peuvent être prises contre tout légionnaire qui aura commis un acte contraire à l’honneur ».

Cette mesure d’exclusion pour « acte contraire à l’honneur » est extrêmement rare, les exclusions étant généralement prononcées contre des légionnaires condamnés à des peines de prison.

Jean-François Collin, 73 ans, avait été nommé chevalier de la Légion d’honneur avec traitement, dans la promotion du 5 mai 2011 réservée aux militaires et anciens militaires au titre de mutilé de la guerre d’Algérie, durant laquelle il avait servi comme sous-lieutenant. Il préside l’Association de défense des intérêts moraux des anciens détenus (Adimad) ayant appartenu à l’OAS.

Interrogé par l’AFP, M. Collin ne s’est pas étonné outre mesure de son exclusion, rappelant le discours qu’il avait prononcé devant la stèle de l’Adimad à Marignane (Bouches-du-Rhône) le 1er novembre 2011, après avoir reçu sa décoration d’un ex-membre de l’OAS. Il avait dédié sa croix de chevalier « à tous les combattants de l’OAS qui sont morts les armes à la main ou ont été fusillés par le plus grand traître de l’Histoire de France (le général de Gaulle). Ce sont eux, aujourd’hui, qui devraient être honorés à ma place ! » « Et pour que les choses soient limpides, je vous promets que je ne porterai jamais cette croix tant qu’il y aura un gaulliste ou un ami du FLN à l’Elysée ! » avait-il ajouté.

Gravement blessé au combat en Algérie en 1960, M. Collin avait ensuite rejoint l’OAS « Métro » à Paris.

(…) Ouest France

Merci à Destouches

«Le Front de Gauche est un mouvement républicain, contrairement au FN»

Pour Bruno Belliot, professeur d’histoire, membre du cabinet du Maire de Choisy le Roi, «les communistes, aujourd’hui comme hier, se situent dans la République».

Pour De Gaulle […] c’était la reconnaissance du rôle éminent joué par les communistes dans la lutte pour l’indépendance nationale, dans la Résistance, alors même que de nombreux hommes politiques de la droite républicaine et de l’extrême droite s’étaient vautrés dans la collaboration la plus abjecte avec l’ennemi.

A la veille du second tour des législatives, M. Juppé, ancien premier ministre, maire de Bordeaux, voulant justifier le «ni-ni» de l’UMP pour refuser le désistement républicain face au Front national, s’est permis de traiter les membres, les sympathisants et les candidats du Front de Gauche «d’excités mélenchonnistes». Il reprenait ainsi des propos déjà lancés sur France Inter et par l’ensemble des ténors de la droite dite républicaine sur tous les médias français.

Que les leaders de la droite populaire argumentent ainsi, ce n’est guère étonnant, qu’un gaulliste déclaré le fasse, voilà qui en dit long sur l’état de l’ensemble de ce courant de pensée. […] Je voudrai donc rappeler à M. Juppé un fait historique sans doute enfoui au fond de sa mémoire. Le général de Gaulle, dont il se dit l’héritier, n’a-t-il pas reconnu le Parti communiste français (PCF) comme parti républicain ? […]

Le Monde

Pierre Benichou : « Alger, c’est la plus belle ville de France »

Par Pierre Bénichou, journaliste au Nouvel Observateur, chroniqueur sur Europe 1 et sur France 2.

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(…) À cette époque, je fréquentais beaucoup d’étudiants et d’intellectuels algériens et j’étais carrément partisan de l’indépendance.

J’étais issu d’une famille de gauche et, avec le recul, je pensais que c’était trahir son idéal que d’être contre l’indépendance.

Les gens du FLN ont pourtant commencé à me décevoir quand ils ont affirmé leur nationalisme.

Vous connaissez la phrase de Camus – « Entre la justice et ma mère, je choisis ma mère » -, elle a été très mal interprétée, mais je me demandais, moi aussi, si j’accepterais que les victimes de la révolution algérienne soient des miens.

Puis il y a eu la mascarade de De Gaulle, ce « Je vous ai compris » qui reste le pire exemple du cynisme en politique.

Alors il s’est produit, tout naturellement, cette chose extravagante : de sympathisant du FLN, je suis devenu un sympathisant des Français d’Algérie, même dans leurs pires excès.

Ce déchirement réel m’a marqué pour la vie. Et pourtant, pour moi, il est impossible à quelqu’un de sensé et de sensible de ne pas avoir été à la fois pour les révolutionnaires algériens et – moins de quatre ans plus tard ! – pour les Pieds-Noirs déboussolés, méprisés, aux abois.

On sait bien que le mythe du « Français d’Algérie millionnaire » a fait plus de mal à ce peuple que toutes les réalités historiques.

Ce million de petits employés, de commerçants, d’artisans qu’on voulait « rapatrier » dans un pays qu’ils ignoraient, a pourtant réussi à s’intégrer en France. (…)

(…) Si vous voulez continuer à refuser l’expression « les bienfaits de la colonisation », surtout n’allez pas à Alger !

Les horreurs de la colonisation, c’était impardonnable, mais mon grand-père était un juif berbère qui parlait mal le français et mon oncle Paul Bénichou, était normalien à 16 ans.

La Dépêche.fr

Quand les journalistes arrangent les faits de peur d’alimenter le racisme

Alors que les racistes avérés sont devenus très marginaux dans nos sociétés, l’antiracisme s’est mué en une idéologie à la fois diffuse et contraignante qui outrepasse largement sa raison d’être. Extraits du livre de Paul-François Paoli : « Pour en finir avec l’idéologie antiraciste » (1/2).

Le « racisme », ou ce qui passe pour tel, est semblable à ce qui était perçu autrefois comme une grossièreté ou vulgarité par les bourgeois et les honnêtes gens. Parler de sexe au XIXe siècle était réprouvé. Tenir des propos critiques sur telle ou telle communauté ethnique tient aujourd’hui lieu d’obscénité chez les gens bien élevés, même s’il est notable que tous les peuples ne sont pas logés à la même enseigne.

Blaguer sur les Japonais conformistes et disciplinés n’est pas toujours mal vu. Mais suggérer que les jeunes Africains seraient moins performants à l’école que les jeunes Chinois relève de la transgression. De fait, certaines popula­tions sont plus ou moins bien loties dans l’auberge espagnole de la mauvaise conscience occidentale et cela s’en ressent dans les mille précautions séman­tiques que nous utilisons.

Les militants de l’antiracisme idéologique détestent la complexité comme la peste. Eux voient le monde en noir et blanc : les méchants racistes contre les bons immigrés. Tribalat écorche le moralisme paresseux des journalistes, qui s’en tiennent souvent à des stéréotypes, mais elle met aussi en cause cer­taines institutions. Parmi elles, la Commission natio­nale consultative des droits de l’homme, chargée, chaque année, de remettre un rapport au gouverne­ment sur le prétendu racisme des Français.

À la lec­ture du chapitre que Michèle Tribalat consacre aux sondages pratiqués par cette institution qui, depuis la loi Gayssot de 1990, peut poursuivre en justice les manifestations et les écrits considérés comme racistes, on a le sentiment inquiétant d’habiter l’un de ces régimes soviétisés qui avaient choisi de museler le réel pour se rassurer. Ainsi, « la CNCDH a réglé la ques­tion du rapport au réel en le congédiant purement et simplement », écrit la démographe. (…)

on a le sentiment inquiétant d’habiter l’un de ces régimes soviétisés qui avaient choisi de museler le réel pour se rassurer.

À cette aune, c’est non seulement des mil­lions de Français qu’il faut incriminer, mais aussi une bonne partie du personnel politique vivant, sans oublier les morts eux-mêmes, à commencer par de Gaulle qui aurait assuré à Alain Peyrefitte : « C’est très bien qu’il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu’elle a une vocation universelle. Mais à condition qu’ils restent une petite minorité. Sinon la France ne serait plus la France. Nous sommes tout de même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne. » Nul doute que selon les critères ésotériques de la fameuse commission, de Gaulle aurait eu quelques comptes à rendre ! Il serait probablement rangé parmi les mauvais Français par des gens que nous n’avons pas élus…

Atlantico

Ségolène Royal, ce qu’elle n’a jamais dit

À six jours du premier tour de la primaire PS, la candidate se révèle en répondant aux questions «décalées» du Point. Extraits.

Si vous étiez un homme/femme politique d’un autre bord politique que le vôtre, vous seriez qui ?
Simone Veil tenant bon sous les insultes pour le droit des femmes à l’interruption volontaire de grossesse. De Gaulle : pour sa tenue et sa stature.

Si vous n’étiez pas française, de quelle nationalité seriez-vous ?
Sénégalaise puisque je suis née près de Dakar. Je démontrerais que le XXIe siècle sera celui de l’Afrique maîtresse de son destin.

Le duel qui vous a le plus emballée ?
Celui de Jaurès et Déroulède à cause d’une femme : Jeanne d’Arc. Il opposait deux conceptions de la nation et du patriotisme, débat toujours actuel.

Et Dieu ?
J’ai reçu une éducation catholique, cela m’aide à comprendre d’autres fois et ce qu’il y a d’universel en chacune d’elles. Ceux qui croient au ciel et ceux qui n’y croient pas, comme disait Aragon, peuvent partager une même foi en l’humanité et des valeurs communes qui transcendent les convictions, religieuses ou philosophiques, de chacun. Femme d’État, je serai la gardienne d’une laïcité républicaine respectueuse de la liberté de conscience, de pensée et de culte.

Le Point