Françoise Vergès : « L’Europe porte toujours le fardeau de la colonisation, de la traite négrière et de l’esclavage (…) »

[Article de La Croix du 19 avril ]

(…) « Vous n’êtes pas sans savoir, chères Européennes et chers Européens, que, vue des Suds, l’Europe porte toujours le fardeau de ce qu’elle a entrepris dès le XV e siècle, la colonisation du monde. Cette colonisation s’est accompagnée de la traite négrière, de l’esclavage, de spoliations, de massacres, de génocides, de déplacements de populations, de régimes d’exception et de règles discriminatoires, de déni des cultures, des langues, des religions et de racisme.

Il y a toujours eu, je vous l’accorde, des espaces qui ont échappé à cet ordre, mais les héritages de la longue histoire de la colonisation européenne sont encore vivaces.

Les paroles d’Aimé Césaire, de Frantz Fanon, d’Édouard Glissant, et celles de poètes, de romanciers, d’artistes m’ont appris que toutes les civilisations étaient belles et que nulle ne pouvait prétendre à la supériorité. Nulle aigreur, nul ressentiment dans leurs œuvres mais la conviction que pour échapper à la barbarie qui menace toujours, et pour retisser du lien, il fallait que l’Europe se penche sur son passé, qu’elle se « décolonise » pour entrer en relation avec le monde.

(…) Depuis des siècles, elle a été enrichie de tous les apports, de toutes les contributions culturelles de personnes venues s’établir sur son sol, Africains, musulmans, Asiatiques devenus ses citoyens. L’Europe n’a jamais été uniforme ou homogène et les peuples ont raison de refuser la construction d’un ensemble qui n’aurait pour principe d’organisation que celui du marché avec sa logique économique.

Il ne faut cependant pas céder à la peur. Cela peut paraître facile à dire, mais elle est mauvaise conseillère, elle réveille et attise la haine. Il est important de lui résister, de résister à la fabrique du consentement à la haine xénophobe, antisémite et raciste. (…)

La Croix

Françoise Vergès est une politologue™ française originaire de l’île de La Réunion. Elle est la nièce de Jacques Vergès et fille de Paul Vergès, fondateur du Parti communiste réunionnais.

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Revoir :

Complément vidéo : Toutes les France – 20 octobre 09

«Il y a une vieille France arrogante, qui refuse le multiculturalisme, et qui doit vraiment s’ouvrir. On est toujours dans cette vieille France avec toujours les mêmes vieilleries et les mêmes vieilles choses.»

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Françoise Vergès : « On continue à faire comme si la France était blanche et chrétienne» (+video)


[extraits] À l’occasion de la manifestation « Histoires parallèles, pays mêlés », Françoise Vergès, présidente du Comité pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage revient sur le passé colonial de la France et ses séquelles.

Françoise Vergès : La France est un cas unique en Europe. Tout se passe comme si l’histoire de la France était celle de l’Hexagone. (…) La société française est composée de Canaques, d’Haïtiens, de Guyanais, de Réunionnais, de descendants de marrons, de bagnards, de colons…

« On continue pourtant à faire comme si elle était blanche et chrétienne. Tant qu’on n’aura pas changé cette cartographie mentale et qu’on n’aura pas inclus la colonie au coeur de la société française et de la fabrication de son identité, on ne pourra pas transformer les musées, les manuels scolaires, etc.»

(…) On est en train d’entrer doucement, très difficilement, dans ce processus de décolonisation des esprits. Cela va être long et rencontrer des résistances parce qu’il faudra renoncer à beaucoup de privilèges, notamment à celui lié au fait d’être blanc.

« Il y a une manière de regarder les personnes qui ne seraient pas des « Français de souche », pour reprendre cette expression, comme étant justement un peu arriérées.

Il y a une espèce de confusion entre être blanc et être civilisé. La société française doit comprendre qu’elle serait bien plus pauvre culturellement, artistiquement, intellectuellement… si elle n’avait pas eu ces apports autres, « étrangers ». (…) »

À partir de 1962, après l’Algérie, la France s’est repliée sur elle-même et s’est reconstruite comme européenne. Mais heureusement, il n’y a pas qu’une bibliothèque coloniale et raciste. Il y a aussi une France révolutionnaire, anticolonialiste.

Les discours doivent être transformés pour répondre aux réalités d’aujourd’hui dans un monde globalisé. La réponse ne peut plus être celle de la France qui se voit uniquement blanche.

Jeune Afrique

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Complément vidéo : Toutes les France – 20 octobre 09

«Il y a une vieille France arrogante, qui refuse le multiculturalisme, et qui doit vraiment s’ouvrir. On est toujours dans cette vieille France avec toujours les mêmes vieilleries et les mêmes vieilles choses.»

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Françoise Vergès est une politologue™ française originaire de l’île de La Réunion. Elle est la nièce de Jacques Vergès et fille de Paul Vergès, fondateur du Parti communiste réunionnais, élu au Conseil régional de La Réunion, puis élu sénateur, puis élu président du Conseil régional de La Réunion.

Elle s’est investie dans les problématiques de l’esclavage « colonial », les théories politiques en « postcolonie » et les phénomènes de « créolisation ». Militante féministe, elle a édité le journal Des femmes en mouvement et dirigé la collection « Femmes en lutte de tous les pays ».

En avril 2009, elle a été désignée «experte transversale» dans le cadre des états généraux de l’Outre-mer. 

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Selon plusieurs sites, les ancêtres des Vergès, loin d’être esclaves, auraient plutôt été de l’autre coté de la barrière :  « Ses ancêtres Million des Marquets possédaient, selon l’acte établi en 1848, « 121 esclaves dont 66 créoles, 12 malgaches, 39 mozambiques et 4 indiens ou malais ». (source)

(cliquer l’image)

50% des – de 1an ont une mère immigrée dans le 93 (Seine-Saint Denis)

(…) Championne de la fécondité francilienne, la Seine-Saint-Denis, suite à une hausse constante depuis 15 ans, culmine en 2009 à 2, 42 enfants par femme. Elle devient ainsi le deuxième département le plus fécond de France, juste derrière la Guyane et devant la Réunion.

Ces disparités peuvent être dues à plusieurs facteurs, notamment la structure des ménages. À Paris, la part des femmes de 15 à 49 ans vivant seules est deux fois plus élevé que la moyenne nationale: 27 % contre 13 %. En grande couronne, où les familles sont plus nombreuses, cette part tombe à 8 % et ne dépasse pas 9 % en Seine-Saint-Denis.

L’immigration jouerait aussi un rôle si l’on en croit les chiffres: en Île-de-France, 22 % des femmes de 15 à 49 ans sont immigrées mais 31 % des enfants de moins d’un an ont une mère immigrée. Pour les femmes nées à l’étranger, l’indice conjoncturel de fécondité francilien atteint 2,93 enfants, contre 1,80 pour les femmes nées en France. En Seine-Saint-Denis, département où une femme sur trois est immigrée et où un enfant de moins d’un an sur deux a une mère immigrée, ces indices sont respectivement de 3,55 et 1,96. On constate le même phénomène, quoique d’ampleur moindre, dans le Val d’Oise. (…)

Le Figaro

Immigration-catastrophe : Merci patrons !

… Merci les partis « républicains » ! Merci les élites africaines !

(Chanson des « Charlots » datant de 1971, époque à laquelle les Français de Souche trouvaient encore du travail chez eux…)

Merci les patrons !

Merci au patronat français qui, avec une belle constance, a fait pression sur les gouvernements successifs de la Ve République pour faire ouvrir toutes grandes les portes de l’immigration de travail puis de peuplement, sans jamais en supporter les conséquences collatérales !

Merci en particulier à tous les dirigeants de l’industrie automobile française qui ont organisé dans les années 1960 des caravanes de promotion dans les pays du Maghreb, pour recruter à bas prix une main-d’œuvre destinée à concurrencer les salariés français ainsi que leurs syndicats et à éviter aussi aux entreprises d’investir dans l’innovation.

Merci à tous les patrons qui préfèrent employer des immigrés, en situation régulière ou non, en particulier dans les métiers de la restauration, du nettoyage, du gardiennage ou dans les services à la personne et les travaux publics.

Suite et commentaires sur Fortune

Bernard Lugan : «C’est pour nos sociétés européennes que la colonisation fut une catastrophe»

Bernard Lugan historien, spécialiste de l’Afrique, revient sur la «bataille des mémoires» à propos de la colonisation.

Le débat sur la colonisation est stérile car il a échappé aux historiens pour être monopolisé par des groupes mémoriels. Or, la Mémoire n’est pas l’Histoire. L’historien est un peu comme un juge d’instruction : il travaille à charge et à décharge […].

Vous avez écrit que «la question coloniale sert à désarmer moralement les Français». Pouvez-vous expliquer ?

Si nous faisons le bilan, c’est pour nos sociétés européennes que la colonisation fut une catastrophe. Aujourd’hui, elle est devenue une véritable «tunique de Nessus» qui fait peser sur les générations européennes à venir une hypothèque d’autant plus lourde qu’elles ne l’ont pas signée et dont elles demanderont un jour pourquoi elle sont condamnées à en honorer les traites.

Combien de temps encore les jeunes européens accepteront-ils en effet de se soumettre aux incantations accusatoires de ceux qui veulent leur faire croire que, puisque, et par postulat, leurs grands-parents ont «pillé» l’Afrique, ils sont donc condamnés à subir et à réparer ? D’autant plus qu’ils ont sous les yeux le spectacle de ceux qui, tout en accusant la France de tous les maux, forcent cependant ses portes pour y trouver de quoi survivre ou pour s’y faire soigner.

Laissons parler les chiffres. Il y eut au maximum 1 500 000 nationaux (ou Européens) installés dans tout l’Empire français, dont les deux tiers dans la seule Algérie. Or, aujourd’hui, les populations originaires de notre ancien empire et vivant en France, comptent plus de 6 millions de personnes, naturalisés compris, soit quatre fois plus qu’il n’y eut de «colons». Là est le vrai bilan colonial.

Atlantico

Algérie : la colonisation, un système « injuste et brutal » (Hollande) (màj)

Addendum 21/12/12

« Il y avait là une condamnation à porter, et je ne suis pas le premier à le faire. Je le fais pour que nous puissions nous tourner vers l’avenir. Ce que j’ai à faire, c’est permettre qu’il y ait cette réconciliation autour des mémoires pour pouvoir avancer. Je suis celui qui permet à la France d’avancer. » – François Hollande

Le Figaro

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Addendum

Le discours d’Hollande reçoit un accueil mitigé en France

Le PCF salue un «pas en avant» quand l’UMP parle d’un discours «hémiplégique». Pour le FN, la France «s’abaisse sur la voie de la repentance». [...]

De l’avis de la présidente du Front national, Marine Le Pen, le discours de François Hollande a posé «les bases d’un avenir extrêmement malsain entre la France et l’Algérie». «Il condamne triplement notre pays, l’abaissant encore un peu plus sur la voie de la repentance d’abord, de l’immigration massive ensuite et des délocalisations enfin», déclare l’eurodéputée. [...]

Dans un communiqué, le Parti communiste français (PCF) a admis que François Hollande avait fait «en termes mesurés, un pas en avant dans la reconnaissance de la vérité sur le colonialisme français en Algérie». «Cependant, il n’est pas allé au bout de ce qu’il fallait faire : reconnaître la responsabilité de la France dans les crimes d’État et les pratiques inhumaines qui ont caractérisé ce qui fut la politique de l’Etat français».

Le Figaro

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Algérie et colonisation : rappel des faits

En une minute trente, l’historien Daniel Lefeuvre évoque quelques aspects de la régence d’Alger qu’on oublie souvent :

« C’est la colonisation française qui a supprimé l’esclavage dans toutes ses colonies »

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