Histoire : La question épineuse de l’origine de l’islam

Auteur : Jerome

Eglise St Jean de Damas devenue « masjid » en 705 sur ordre d’Al Walid

Avertissement : L’article sur le Chiisme introduisait le concept d’une double histoire de l’islam ; d’une part celle des sources islamiques et d’autre part une autre histoire, celle de la mise en doute de ces sources islamiques comme documents historiques par certains auteurs. C’est cette partie que nous traitons ici.

Toutes les dates s’entendent après Jésus-Christ, sauf mention contraire.

L’enjeu C’est le statut de l’islam en tant que religion et non celui de secte hérétique du christianisme parmi d’autres qui ne manquerait pas de lui être appliqué par les auteurs.

D’un point de vue théologique l’islam n’apporte rien de neuf ; tous ses dogmes existent avant son émergence : monothéisme biblique, non divinité de Jésus, Jésus est le Messie, retour à la Loi de Moïse. Ces divergences d’opinions (c’est le vrai sens du mot « hérésie ») d’avec le christianisme catholique où la nature de Jésus est pleinement humaine et pleinement divine à la fois- sont l’héritage des 600 ans de discussions autour de la personne du Christ. Rappelons que pour le christianisme catholique Jésus est l’Incarnation de Dieu, c’est à dire Dieu lui-même, venu sur Terre.

Suite et commentaires sur le blog Histoire.

Histoire : 885, les Danois à Paris, des Carolingiens aux Capétiens

Auteur : monalisa

bâteau tapisserie bayeux
Détail de la tapisserie de Bayeux (XIe siècle).

Entre 885 et 886 les Danois assiégèrent Paris. Nous avons connaissance des péripéties grâce à un texte, extrait du livre Le siège de Paris par les Normands, écrit par un contemporain, Abbon qui fut moine à l’abbaye de Saint Germain des Près. Il s’agit d’une rédaction à posteriori, basé sur la mémoire de l’auteur mais corroboré par d’autres ainsi que par l’archéologie. Le siège a fait des ravages dans les faubourgs, les assiégeants n’ayant pu prendre la cité fortifiée défendue vaillamment par les Parisiens. L’empereur Charles le Gros montra sa faiblesse lors de ce siège, tant et si bien que cela fut annonciateur du début de la fin des Carolingiens, et l’occasion pour une autre dynastie, celle des Capétiens de préparer son avènement.

La ville est sauvée par la présence et les troupes d’Eudes, Comte de Paris, grand oncle d’Hugues Capet, soutenus par l’évêque Gozlin. Ces deux personnages sont emblématiques de la montée en puissance de l’aristocratie territoriale qui renversera les Carolingiens et imposa les Capétiens.

Suite et commentaires sur le blog Histoire.

Histoire : Les « machines » ou le vote communautaire aux USA

Auteur : monalisa

political machines
Nous tenons ces vérités pour évidentes ; que tous les hommes ont le droit de corrompre ; que…

Les Etats-Unis, premier pays à accéder à la démocratie au XVIIIe siècle, inaugurèrent une de ses déclinaisons un peu particulière au travers du gouvernement des villes, du milieu du XIXe siècle jusqu’au milieu du XXe, ce qu’on appela les « political machines ».

Ce système, issu d’un usage primaire de la démocratie, était adapté aux besoins non moins primaires des nouveaux Immigrants. Si les pères fondateurs étaient arrivés pour des raisons religieuses, ceux du XIXe étaient plutôt poussés par la misère et la famine vers l’Amérique. Devenant rapidement citoyens et électeurs, ils s’attiraient les attentions intéressées des partis politiques qui voulaient gouverner les villes. Aidés et secourus par des associations caritatives liées à ces même partis, ils fournissaient en retour les bataillons électoraux nécessaires pour leur assurer la pérennité du pouvoir. La machine électorale ne recherchait pas la victoire d’un maire pour l’accomplissement d’un projet politique déterminé mais avait pour seule ambition sa propre survie afin de fournir toutes sortes de prébendes à sa clientèle. On était loin des aspirations politiques des aristocrates puritains de la Nouvelle Angleterre, inventeurs de la démocratie américaine.

Cette pratique discutable fut essentiellement le fait du Parti Démocrate qui s’en fit une spécialité. Le parti Républicain n’y a eu recours qu’exceptionnellement. L’enfer étant pavé de bonnes intentions, la raison originelle de cette déviance trouva son origine dans les traditions de solidarité d’une communauté irlandaise très soudée pour des raisons historiques, liées au sort tragique de la mère patrie.
De philanthropique à l’origine, la machine présenta vite tous les avatars conséquents à un tel contexte : clientélisme, spéculation, népotisme – et son corollaire l’incompétence des fonctionnaires -, et surtout au stade ultime, le règne du crime organisé sur certaines villes. Chicago en constitua l’exemple le plus significatif. Au final la machine a disparu très lentement à certains endroits, tant elle était incrustée. [...]

Suite et commentaires sur le blog Histoire.

Histoire : Mourir en Pennsylvanie, Gettysburg (1863)

Auteur : Armen

Gettysburg 1863

Au printemps 1863, l’armée fédérale du Potomac se remet difficilement du désastre qu’elle vient de subir à Chancellorsville, sans compter, en décembre 1862, ses attaques inutiles et meurtrières face aux collines de Fredericksburg. L’armée confédérée de Virginie du Nord est au mieux de sa forme, malgré la perte de Stonewall Jackson, son meilleur commandant de corps d’armée, qui a été blessé à mort, en plein combat, par ses propres hommes.

La situation politique reste bloquée. Pour que l’Union admette une fois pour toute la sécession des Etats confédérés, une victoire militaire est essentielle. Le général Lee propose alors, au printemps, un projet d’offensive audacieuse et dangereuse : toute l’armée de Virginie du Nord et ses 75 000 hommes vont dégarnir la ligne de protection de la capitale sudiste, Richmond. Cette armée va, en entier, contourner par l’ouest l’armée fédérale et s’engouffrer dans le Maryland, puis la Pennsylvanie. Elle passera pour se faire à l’ouest des « blue hills », les collines bleues, mettant ainsi ces collines entre elle et l’armée du Potomac, afin de masquer son mouvement. Elle arrivera alors au nord de Washington.

Suite et commentaires sur le blog Histoire.

Fougères (35) : « Ma famille vit sur ces terres depuis neuf cents ans, sans interruption. »

900 ans

Un châtelain du pays de Fougères a légué à la Ville les archives familiales, dont le plus vieux document date de 1253 alors que d’autres sont signés par Louis XIV et qu’on y trouve même une bulle papale.

Le trésor était délaissé au grenier, dans une grande caisse en bois et plusieurs malles. À l’intérieur, 11 000 archives. Le plus vieux des documents date de 1253. Car leur propriétaire, Lionel de La Haye Saint-Hilaire, est le descendant d’une longue lignée. [...]

Suite et commentaires sur le blog Histoire.

Histoire : Migrations, immigration, du droit du sang au droit du sol

Auteur : monalisa

Espagnols venant travailler en France
Au port de Vénasque : Espagnols allant travailler en France (1907).

Au XIXe siècle les transitions politiques et économiques ont entraîné une transition démographique majeure en France. Pays où tous les peuples d’Europe ou presque, se sont arrêtés pour s’y fixer aux temps lointains des invasions barbares, et où leurs particularismes imprégnaient toujours les campagnes, la France au moment de la révolution industrielle du XIXe a vu tous ses ruraux se regrouper vers les nouveaux centres d’activités à la recherche du travail que la terre ne leur fournissait plus.

Aussi nombreux furent-ils, ils ne le furent pas suffisamment pour pourvoir aux besoins de l’industrie. Tous ces Bretons, Auvergnats, Savoyards, chassés de chez eux par la misère eurent à partager leur condition de déraciné avec d’autres déshérités venus d’horizons plus lointains, ayant eu pour des raisons identiques à franchir une frontière, Belges, Italiens, Allemands, Polonais, Russes, et plus tard Juifs rescapés des pogroms.

Suite et commentaires sur le blog Histoire.

Décès de l’historien Jacques Heers : peu d’écho médiatique

Historien français de premier plan, spécialiste du Moyen Âge, Jacques Heers est décédé le 10 janvier 2013 à Paris. Élève de Fernand Braudel, assistant de Georges Duby, Jacques Heers écrivit de nombreux ouvrages principalement sur l’économie et la société médiévales.

livres Heers

Les commentaires sur le blog Histoire.

Histoire : Qu’est-ce que le Chiisme ?

Auteur : Jerome

Ali
Médaillon chiite d’Ali.

Le chiisme (shi’a Ali – parti d’Ali – en français) est le résultat des événements liés à la mort et à la succession de Mahomet (632 ap. J.C ) qui ont, non seulement conditionné l’avenir politique du mouvement, mais aussi sa théologie et sa pratique, le séparant en deux branches principales, une majoritaire, le sunnisme, et une minoritaire, le chiisme, éclatée en plusieurs tendances, considéré par certaines écoles juridiques sunnites comme en dehors de l’islam ; pour certains auteurs sunnites, le chiisme serait la création d’un rabbin juif converti à l’islam, Abdullah Ibn Sab’a. Cette assertion s’est vue contestée par les auteurs chiites qui y voyaient un dénigrement de la part des sunnites1.

« [...] comment Allah et son Envoyé auraient-ils pu laisser la cruciale question de la succession de ce dernier en suspens ? », se demande l’apologiste chiite Mohammad-Ali Amir-Moezzi. [...]

La suite et les commentaires sur le blog Histoire.