Allemagne/Cameroun : «Que d´épouser un africain, tu ferais mieux de m´apporter un blanc»

Dans le contexte actuel des brassages de cultures tant sur le plan national que sur le plan international, force est cependant de constater la réticence de certaines familles face aux mariages interethniques et interafricains. Ainsi, le panafricanisme peine à s´imposer dans la conception des rapports conjugaux entre Africains. Sinon comment comprendre le manque de tolérance de certaines familles envers les relations de leur enfant avec un ou une citoyenne d´un autre pays africain?

Il n´est pas rare d´entendre un parent conseiller à sa fille d´épouser un blanc au lieu de lui présenter un togolais ou un sénégalais qu´elle aime pourtant, avec qui elle a parcouru un long chemin et compte bâtir son avenir. Quant à l´homme qui trouve son âme-sœur, une princesse venant d´une autre région africaine, il se heurte à l´opposition farouche de sa famille. Tout bascule lorsque sa mère en visite chez lui ne tarde pas à manifester son désaccord malgré la stabilité du foyer de son fils et l´accueil à elle réservé par sa belle-fille.

Des sermons sur l´ingratitude, la désobéissance et le non-respect des traditions qui finissent par créer les problèmes de conscience chez notre frère, ballotté entre l´honneur familial et le cœur, entre sa mère et sa femme. Lorsqu´on interroge ces parents sur les motivations d´un tel désaccord, ils avancent des arguments liés aux traditions, aux langues différentes et à la distance qui entraveraient la réunion de deux familles autour d´une même table.

cette tradition si chère à nos sociétés exigeant que le mariage au-delà d´une union de deux personnes soit la symbiose de deux familles, de deux communautés appelées à se souder et à s´entraider. Si on prend le critère culturel, alors, dans quelle mesure la culture de l´européen serait-elle plus compatible que celle du voisin africain? L´argument de la distance laisse croire que Paris serait plus proche de Yaoundé que Libreville de  notre capitale. (…)

Camer

Télévision : « Seulement 12% de personnes “non blanches” à l’écran. Il faut changer notre système mental » selon le CSA

[Titre d'origine : La télévision française reflète toujours mal la diversité de la population]

[extrait] Minorités ethniques, handicapés ou ouvriers sont encore trop peu représentés à la télévision: c’est le constat du quatrième baromètre annuel de la diversité réalisé par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), qui compte auditionner prochainement les patrons de chaînes pour obtenir de nouveaux engagements.

(…) C’est principalement concernant la diversité des origines que « les résultats ne sont pas satisfaisants du tout », a indiqué Mme Hintermann.

« Seules 12% de personnes perçues comme “non blanches” sont présentes à l’écran. “Il y a quelque chose à changer dans notre système mental”, a-t-elle martelé, soulignant que “derrière ça, il est question d’intégration”. »

Le CSA a décidé de lancer un « plan d’action », qui passera notamment par des auditions des responsables des chaînes et des radios en mars et avril, « pour obtenir enfin des engagements fermes ».

AFP

Brésil : Trop blanc pour être SDF ?

Révélé via les réseaux sociaux, le destin d’un SDF brésilien à la peau blanche a ému nombre de Brésiliens. Les citoyens sont pourtant bien peu enclins à s’émouvoir face à la misère bien plus répandue des exclus à la peau noire. Du racisme ordinaire ?

Hebergeur d'imageGrand, les yeux bleux, enveloppé dans une couverture, Rafael Nunes, un ancien mannequin brésilien, est aujourd’hui connu comme le plus photogénique des mendiants de Curitiba (sud du Brésil). Il a attiré l’attention du monde entier après que sa photo et son histoire sont devenues très populaires sur Facebook et sur Twitter. Âgé de 30 ans, Rafael Nunes s’est retrouvé à la rue à cause de sa dépendance à la cocaïne. Son histoire s’est retrouvée sur les réseaux sociaux lorsque Indy Zanardo, une touriste, a été approchée par le mendiant qui lui a demandé si elle pouvait le prendre en photo.[...]

Mises à part les réactions concernant son beau physique et sa triste histoire de dépendance à la cocaïne, cette photo a lancé un débat au sujet du racisme dans la société brésilienne qui s’indigne uniquement devant des cas d’exclusion sociale lorsque les victimes sont blanches et d’allure européenne. Bien que la société brésilienne soit l’une des plus diverses du monde en termes ethniques, la partie supérieure de la pyramide socio-économique est largement occupée par des Blancs et la plupart des indicateurs sociaux relatifs à l’éducation, à l’accès aux soins et au marché du travail privilégient cette tranche de la population.[..]

Ce refus de voir le problème se traduit dans les discussions sur Twitter : elles se sont principalement centrées sur le fait que Rafael Nunes appartient aux podiums de mode et non à la rue. En effet, très peu ont relevé les questions qui se posent lorsqu’un SDF blanc aux yeux bleus fait sensation alors que des milliers de Noirs et de personnes de couleur vivent en marge de la société sans que personne ne s’en offusque. Sur Twitter, la journaliste Jéssica Batista (@jessicabatistaa) relève l’ironie de la situation : « le mendiant de Curitiba est entré en désintoxication. Cool. Mais tout le monde avait pitié parce qu’il est blanc aux yeux bleux… Bravo ! » [...]

Chacun semble avoir historiquement accepté que pauvreté et ethnie soient intrinsèquement liées. Par conséquent, cette pauvreté est devenue « acceptable » pour une personne d’une communauté noire, au lieu d’être perçue comme le produit de siècles d’exclusion sociale et de politiques exercées par un État qui n’a commencé que récemment à prendre en considération les questions d’ethnies et d’inégalités. Et pourtant, plus de 51% de la population est d’origine africaine.

Courrier Internanional

États-Unis : les conservateurs blancs, une espèce en voie de disparition

Dans le Wyoming, plus encore que dans les autres Etats des grandes plaines, les républicains se sentent déconnectés du reste du pays et inquiets face à la diversité croissante de l’électorat américain.

Dans le Wyoming, les électeurs se sont remis du choc initial qu’ils ont ressenti après les résultats de l’élection du 6 novembre. Les propriétaires de ranchs, les chefs d’entreprise et les agriculteurs de cet Etat extrêmement républicain étaient sûrs que les Américains ne rééliraient pas un président démocrate, favorable aux augmentations des impôts et des dépenses.

Et pourtant, ils ont dû accepter à contrecœur la réalité, car c’est précisément ce qu’ont fait les électeurs.

Depuis l’élection, toutefois, un voile d’inquiétude mêlé de perplexité a recouvert le Wyoming à mesure que les premières neiges ont commencé à recouvrir les plaines :

les conservateurs prennent peu à peu conscience que les Etats traditionnels, ruraux et majoritairement blancs du centre des Etats-Unis, sont déconnectés d’un électorat de plus en plus divers et urbain.

 

La part d’électeurs blancs – et d’hommes blancs, plus précisément – a rétréci cette année, alors que le taux de participation des Africains-Américains, des Latinos et des Asiatiques-Américains a augmenté. Ces différents groupes ont soutenu le président Obama, ce qui a largement compensé son manque à gagner au sein de la population blanche. Selon une analyse du Pew Research Center, les électeurs issus de minorités ont composé 28 % de l’électorat cette année, contre 26 % en 2008, un chiffre qui devrait continuer d’augmenter.

« Bienvenue dans la nouvelle Amérique, souligne Paul Taylor, vice-président du Pew Research Center. Les tendances qui ont caractérisé le scrutin 2012 seront consolidées dans quatre ans, et plus encore dans huit ans. » (…)

Courrier International

«Vive la France» – polèmique : trois footballeurs, black, blanc, beur, posent nus

Une exposition viennoise rend hommage aux hommes nus dans l’art depuis deux cents ans et l’affiche de l’exposition représentant des footballeurs français fait polémique. (…)

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Une des œuvres présentées dans cette exposition a tout de même fait un peu polémique, «Vive la France» des photographes français Pierre et Gilles. Trois footballeurs, black, blanc, beur, posent nus, en chaussettes et chaussures de sport.

La photo a servi d’affiche pour l’exposition, et a été placardée un peu partout dans la ville. Le reste de Vienne n’est pas toujours aussi ouvert que l’îlot intellectuel où est situé le Leopold Museum.

Finalement, après des protestations, un bandeau rouge a été posé sur les sexes pour les cacher. (…)

Libération

Bruno Roger-Petit : Holtz, Monfort, faut-il être mâle, blanc et âgé pour commenter les JO sur France TV?

Depuis le début des Jeux olympiques, les critiques pleuvent à propos de Nelson Monfort, Gérard Holtz et le service des sports de France Télévisions. Et si c’était aussi parce que les exigences de parité et de diversité semblent absentes des écrans du service public à Londres ? Bruno-Roger Petit, chroniqueur au Plus, s’interroge sur la politique de la chaîne. (…)

S’agissant du sport à l’antenne de France Télévisions, en vient à faire la même constatation que celle faite par « Libération » en se penchant sur la composition des cabinets ministériels : les journalistes vedettes qui sont mis en avant par le groupe France Télévisions sont tous de sexe masculin, blancs de peau et dotés d’une moyenne d’âge élevée : 56 ans et plus, si l’on calcule à partir d’un échantillon représentatif des journalistes stars de France TV : N. Monfort (59 ans), P. Montel (59 ans), L. Chamoulaud (52 ans), G. Holtz (65 ans), J.-R. Godart (61 ans), et L. Luyat (44 ans), ce dernier faisant baisser vertigineusement la moyenne à lui seul.

Quant à la diversité, si l’on excepte la compétence affichée par Kader Boudaoud sur le football (et encore, dans la hiérarchie de la chaîne, il n’est pas le numéro 1 dans l’exercice), c’est le grand désert. Les peaux noires et/ou foncées ne sont pas à l’honneur sur France Télévisions dès qu’il s’agit d’occuper des postes de présentateurs de premier plan, voire de second plan pour traiter du sport. Il suffit pour s’en convaincre de se rendre sur le site internet de l’émission emblématique  »Stade 2″ : sur 13 journalistes de « l’équipe » on compte une femme et un seul représentant de ce que l’on nomme la diversité (et aucun journaliste noir(e) et/ou asiatique).

 Le pire, c’est que le service public est en retard, déjà, par rapport à une concurrence privée qui, elle, depuis dix ans, s’est mise au diapason des mutations de la société française (…)

Mais les « Mimiles » ont changé ces trente dernières années : ils sont plus féminins, plus jeunes, plus divers… Le « Mimile » 2012 est aussi une jeune femme noire de trente ans, ou un jeune garçon asiatique de vingt ans, et tant d’autres encore. Et tous, sans exception, ont le droit de voir une France ouverte, vivante et présente, et pas fermée, morte et dépassée, quand ils regardent le sport sur France Télévisions, leur service public.

Le nouvel Observateur

Tabou : le sprint noir sur blanc

À la veille des Jeux olympiques de Londres, Jean-Philippe Leclaire pose une question lancinante qui est presque un tabou : pourquoi les blancs courent moins vite ?

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Je voulais tout mettre à plat sur ce sujet et faire la part des choses entre fantasme et réalité, en prenant soin de dépasser les idées fumeuses. » Malgré les mises en garde de certains confrères et d’amis proches, Jean-Philippe Leclaire, ancien rédacteur en chef de L’Équipe Magazine, a franchi le pas. À la veille des Jeux olympiques de Londres, celui qui a couvert l’athlétisme pour le quotidien sportif pendant plus de sept ans s’attaque à une question ultra sensible voire quasiment taboue en France : Pourquoi les blancs courent moins vite.

Comment l’idée est venue à ce journaliste chevronné de se lancer dans une aventure aussi périlleuse, alors qu’il reconnaît lui-même

qu’ « à cause des extrémistes de tous camps, d’hier et d’aujourd’hui, évoquer dans une même phrase le sport et la couleur de peau de ses participants constitue un exercice de haute voltige » ?

Alors qu’on lui commande un livre sur le phénomène Usain Bolt, Jean-Philippe Leclaire craint de s’ennuyer s’il se cantonne à l’ascension fulgurante du sprinteur jamaïcain. À ce moment-là, il se souvient d’un livre sorti en 2000 aux États-Unis et qui servira de déclic : Pourquoi les athlètes noirs dominent le sport, et pourquoi nous avons peur d’en parler, du journaliste américain Jon Entine. « Je me suis dit que je pouvais à mon tour tenter d’ouvrir le débat autour de cette question dans mon pays.

Surtout que, pendant mes sept années d’athlétisme à L’Équipe, la domination des sprinteurs noirs sur 100 m nourrissait la majorité des conversations entre confrères, avec les questions de dopage », raconte Jean-Phillipe Leclaire. (…)

Le Républicain Lorrain

Blanc vs Ben Arfa, Diarra vs Nasri, ça fait clash !

Le vestiaire français a implosé suite à la défaite contre la Suède. Feu de paille ou conflits larvés, Laurent Blanc n’a pas le temps de gamberger à deux jours du match contre l’Espagne.

L’opération de réhabilitation débutée en août 2010 est aujourd’hui à la croisée des chemins. Au révélateur de la compétition, l’équipe de France alterne le bon, le moins bon et l’agaçant. Surtout, le comportement de certains de ses membres n’exaspère pas que les observateurs à en croire « L’Equipe » du jeudi 21 juin. A trop s’être enfermés sur eux-mêmes, les Bleus voient leurs divergences exposées au grand jour.

Hatem Ben Arfa, pourtant très discret face à la Suède, a fait savoir à Laurent Blanc dans l’intimité du vestiaire qu’il regrettait que des « plus nuls que lui » n’aient pas quitté le terrain à sa place à l’heure de jeu. Alain Boghossian aurait aussi eu des mots avec Philippe Mexès à propos du carton jaune qui coûtera le quart de finale au défenseur central tricolore. Le premier a démenti. Alou Diarra a, lui, fustigé « l’attitude » des siens dans la foulée d’un Karim Benzema très énervé et de Franck Ribéry. Cette fameuse nonchalance mise précédemment en lumière par Laurent Blanc.

A Kiev, puis à Donetsk, tous se sont évertués à préciser que personne en particulier n’était en ligne de mire. Sans convaincre. En creux, Samir Nasri était visé par les « missiles ».

La belle euphorie du match gagné contre l’Ukraine, n’est pas parvenue a assainir des relations humaines tendues malgré les sourires de façade. Florent Malouda n’a lui pas gouté les prises de bec, et voit ressurgir « les vieux démons du passé. »

Comprendre 2010, l’Afrique du Sud, Knysna et la grève du bus. (…)

Le nouvel Observateur