LDH : « A notre sens, la bête immonde est de retour »

“Il y a eu ces derniers mois dans notre région, des formes diverses de racisme et de violences : l’agression d’Aigues-Mortes pour laquelle le maire Cédric Bonato est resté bien discret lorsqu’il s’est agi de stigmatiser des faits s’étant déroulés dans sa commune, les insultes racistes du Caylar, les saluts nazis de la fête de Mauguio… ou, encore, les incidents graves à Sumène, avec des militants de la Ligue du Midi.

A notre sens, la bête immonde est de retour et il nous faut être vigilants. Il n’est pas question de hurler avec les loups, mais il n’est pas pour autant question de se taire et laisser faire. Ce serait coupable de rester muet. Le racisme n’est pas une opinion, c’est un délit”.

C’est en ces termes qu’Alain Doudiès, président de la section de la Ligue des Droits de l’Homme de Nîmes, a commenté, hier matin, à la faveur d’un point de presse, la volonté de son mouvement  ”d’apporter sa contribution dans la bataille des idées”. Avec plus de vigueur et de détermination encore lorsqu’il s’agit de condamner les idées véhiculées par l’extrême droite, ainsi que dérives racistes inacceptables : “Il faut dissiper les fantasmes, rompre avec les idées reçues, dépassionner la réflexion et engager un débat démocratique serein”. (…)

Objectif Gard

Alain Jakubowicz VS « La bête immonde » : « Ils croient agir en toute impunité derrière un écran »

En 40 ans, la loi Pleven a permis d’accroître la lutte contre le racisme. Mais les outils de communication moderne, à l’instar d’Internet, donnent de nouveaux terrains d’expression aux extrémistes. Comment lutter contre le racisme sur le Web? Eléments de réponse avec Alain Jakubowicz, président de la Licra.

http://img823.imageshack.us/img823/8706/hyenne.jpg

Sur les 2000 signalements que vous avez reçus en 2011, la moitié concerne Internet. Comment se manifeste le racisme sur la Toile?

Internet permet de multiples moyens d’expression. Les réseaux les plus organisés – à l’instar des néo-nazis, des islamistes…- montent des sites, mais certaines personnes plus isolées ouvrent leur propre blog ou postent sur Facebook ou Twitter des messages à caractère raciste ou simplement relaient des informations.

Nous nous attaquons en priorité aux sites car c’est ceux qui captent la plus grande audience et qui sont les plus réactifs.

On a remarqué que plus les internautes sont militants, mieux ils sont organisés et donc influents. Par exemple, le Front National est très actif sur la toile: dès qu’une question concernant l’immigration ou la sécurité est abordée, les sites, blogs et réseaux sociaux réagissent très rapidement. C’est grâce à cela qu’ils véhiculent leurs idées.  

Se lâche-t-on plus sur Internet que dans la vraie vie?

Cela ne fait aucun doute. Internet est devenu le lieu de tous les excès. Cela est lié au sentiment d’anonymat que confère cet outil: caché derrière son écran, sans personne pour nous contredire, on a l’impression d’être tout-puissant. On se lâche et on exprime ses pensées les moins avouables. Et même si le sentiment que personne ne nous retrouvera est totalement faux – l’adresse IP permet de retrouver une identité – les Internautes savent qu’il faut un certain volume de posts et de commentaires racistes pour que la police s’intéresse à eux.  (…)

L’Express

Histoire : «certains Français ont encore beaucoup de mal à intégrer la réalité d’une France multiculturelle»

Elisabeth Landi, Conseillère régionale de Martinique, dénonce la polémique née de la réforme du programme d’histoire de 5ème. L’histoire des empires africains du Songhaï ou du Monomotapa y est en effet introduite au détriment de Louis XIV et de Napoléon.

 » Les mêmes réactions nauséabondes de la part de groupes réactionnaires fond à nouveau surface, la bête immonde du racisme sort du trou, à peine tapie  »

(…) cette polémique révèle encore une fois comment certains Français ont encore beaucoup de mal à intégrer la réalité d’une France multiculturelle que le vivre ensemble condamne à prendre à compte. (…)

À les entendre, seule l’histoire de France (et non de la France !) est digne d’être enseignée, seule l’histoire de l’hexagone existe en France. Systématiquement, il est opposé l’argument de la «transmission culpabilisatrice de notre passé commun».

Comme si l’Afrique n’avait pas d’histoire. Comme si tous les Français étaient des Caucasiens et que la citoyenneté française était réservée à une catégorie d’habitants, blancs, catholiques et originaires du seul hexagone. Comme si l’enseignement de l’existence de brillantes et originales civilisations africaines pouvait remettre en cause l’identité nationale, la cohésion nationale, la culture et le socle commun, etc., etc.

Suite sur Le Monde