«Au secours, les années 30 sont de retour !»

Article de François-Guillaume Lorrain, du Point ,faisant un parallèle entre la situation actuelle de la France et celle des années 30. «Si les mêmes maux produisent les mêmes effets, le pire est à venir».

L’insécurité, financière, identitaire, sociale, tarte à la crème de notre époque, est un thème qui surgit, habilement exploité, dans les années 30.

Cette fin de cycle, mutatis mutandis, évoque certains constats actuels, liant économie et capacité d’innovation, de plus en plus largement relayés : l’Europe est un très vieux continent, en voie de sous-développement ; la richesse, l’avenir, la croissance, sont réservés à d’autres horizons, d’autres civilisations. C’est à une refonte intégrale que la France est invitée : certains avancent déjà d’autres modèles – écologique, participatif -, mais à l’évidence, on semble en France bien plus essoufflé, à court d’idées, que dans les années 30. Pour le moment, les solutions les plus nettes sinon précises sont proposées par des forces protectionnistes, régressives – à droite, avec Marine le Pen, à gauche, avec Jean-Luc Mélenchon qui, par sa véhémence, aurait trouvé sans mal sa place dans les années 30 – chantant une France repliée sur elle-même, variation sur une vieille antienne. L’ambiguïté court au sein même du gouvernement puisqu’un des opposants les plus virulents à la mondialisation, Arnaud Montebourg, est devenu le ministre du Redressement national. […]

Non, il n’y a pas eu de fascisme à la française dans les années 30. […] Il n’en demeure pas moins une montée très violente des thèmes xénophobes que le gouvernement Reynaud avalisera en prenant en 1938 des décrets-lois très durs envers la population fraîchement immigrée. Ces décisions font écho à un état d’esprit présent dans la population et sont les prémices de la politique xénophobe de Vichy.

«À bas les voleurs !» : le slogan de la manifestation monstre du 6 février 1934, où se mêlaient dans un joyeux désordre anciens combattants, camelots du roi et forces attirées par le fascisme, visait avant tout les politiques impliqués dans l’affaire Stavisky, qui venait de «se suicider d’un coup de revolver qui lui a été tiré à bout portant». […]

Mais avec l’affaire Bettencourt, l’affaire Woerth, l’affaire Cahuzac et un ancien président mis en examen, la France des années 2010 a-t-elle des leçons de morale à donner à son ancêtre ? Ne serait-on pas en droit de crier : à bas les menteurs ! À bas les voleurs ! La colère sociale, doublée d’un écoeurement moral, gronde. Mais petit rappel : cet écoeurement fit aussi jadis le lit d’une idéologie anticapitaliste et antidémocratique qui prit la main sous Vichy, avec une volonté de moraliser à outrance la France à tous les niveaux. Attention avec la vertu : tombée aux mains de fanatiques, elle a souvent débouché sur des lendemains assassins. […]

Le Point

Le point commun entre printemps français» et «printemps arabe» ? Les intégristes religieux

Article de fatizo, contributeur d’Agoravox.

Mais peut-être qu’on doit y voir une droite barjot qui rêve de chaos, qui tout comme l’extrême droite des années 30 veut prendre le pouvoir par la force.

Ils étaient ce week-end dans les rues de Paris lors de la manifestation contre le mariage pour tous. Ils disent faire partie du « printemps français » en référence au « printemps arabe », qui avait démarré en décembre 2010.

On peut penser qu’il y a quelque chose d’indécent à comparer les deux situations, on peut se demander si ces gens feraient preuve du même courage face à un pouvoir réellement dictatorial. […]

Ce sont des manifestants qui refusent de se plier à la loi, qui face à l’interdiction de manifester sur les Champs-Elysées viennent avec des T- Shirts ou figure l’inscription «tous sur les Champs-Elysées». Ils ne s’arrêtent pas en si bon chemin puisqu’ils cherchent à forcer les barages de sécurité et s’étonnent par la suite que les forces de police appliquent la loi. […]

On se dit qu’ils sont gonflés d’utiliser le terme de printemps français», tout cela pour nous interpréter le rôle de victimes d’une dictature comme les révoltés du «printemps arabe». […]

Agoravox

Belgique : Polémique après les propos du Roi contre les «discours populistes» (MàJ)

Pour son traditionnel discours de Noël, le Roi Albert II a choisi comme thème majeur d’évoquer la crise cette année. Et il donne quelques pistes pour s’en sortir. Avec une mise en garde très remarquée «contre les discours populistes» de certains.

Addendum 26/2 : Les propos du roi suscitent une polémique.

Aux yeux de certains commentateurs, Albert II a, sans la nommer, pointé du doigt la N-VA (Parti nationaliste flamand) et fait une comparaison excessive avec l’essor du fascisme dans les années 1930. Des voix s’élèvent ce mercredi non seulement dans les rangs du parti nationaliste mais également chez certains spécialistes de la politique belge, comme les professeurs Mark Van den Wijngaert, Dave Sinardet et Carl Devos.

«Le Roi est sorti de son rôle. Il offense une grande partie des Flamands», estime pour sa part le sénateur Huub Broers. […]

Le Soir

En ces temps perturbés que nous vivons, soyons vigilants, et montrons-nous lucides face aux discours populistes. Ils s’efforcent toujours de trouver des boucs émissaires à la crise, qu’il s’agisse de l’étranger ou des habitants d’une autre partie de leur pays. Ces discours existent aujourd’hui dans de nombreux pays européens et aussi chez nous.

C’est un Roi grave pour une situation qui ne l’est pas moins. Il adresse d’abord un message de soutien aux travailleurs qui ont perdu leur emploi cette année à Ford Genk, dans la sidérurgie wallonne ou ailleurs. Et un Roi qui propose des recettes pour réagir à la crise : d’abord que tous les acteurs de la société belge «unissent leurs forces». […]

Mais la mise en garde la plus forte de la part d’Albert II cible les discours «populistes» : «La crise des années 30 et les réactions populistes de cette époque ne doivent pas être oubliées. On a vu le mal que cela fit à nos démocraties». […]

RTBF

Alain Duhamel : Marine Le Pen, les années 30 retrouvées

Tribune d’Alain Duhamel sur les 40 ans du Front national.

Crise, xénophobie, autoritarisme, populisme, Marine Le Pen n’a rien inventé mais a tout retrouvé.

En 1972, Jean-Marie Le Pen était à la tête d’un groupuscule mi-patibulaire mi-folklorique, composé des vestiges de multiples chapelles de l’extrême droite. Lui-même, ex-député poujadiste, ex-parachutiste sulfureux, orateur reconnu, étudiant éternel et activiste vibrionnant, avait une notoriété modeste et ambiguë. […]

Il a maintenant transmis le commandement de ses troupes à sa fille Marine. Contrairement à lui, celle-ci a bel et bien l’intention de conquérir le pouvoir. Pour cela, elle a entrepris de moderniser l’image du Front national, de le dédiaboliser sans le banaliser. C’est une entreprise ardue mais pas utopique. Marine Le Pen a joué habilement de son allure de femme contemporaine (études, travail, divorce) et de sa prudence face aux tentations du dérapage. Avec l’appui initial d’une presse aveuglée par le goût de la nouveauté et l’obsession de l’apparence, elle a marqué des points. […]

Image surtout paradoxale, puisque Marine Le Pen, loin de moderniser la thématique de l’extrême droite, l’enracine au contraire méthodiquement dans l’humus des années 30. Jean-Marie Le Pen vivait dans l’univers des guerres coloniales. Marine Le Pen revient à l’avant-guerre. […]

Elle dénonce les oligarques, comme ses aïeux fustigeaient les ploutocrates. Le vocabulaire change, la musique reste.

Dans les années 30, l’étranger, c’était le réfugié, juifs fuyant les persécutions et les menaces, ou républicains chassés par les dictatures. Désormais, c’est le musulman qui constitue la cible perpétuelle de l’extrême droite française.[…]

Libération

Derrière la crise de l’euro, l’inquiétant retour de l’ultra-nationalisme

La montée des nationalismes provoquée par la crise ressemble-t-elle à ce qui s’est passé après la grande dépression ? Point de vue de l’historien britannique Anthony Beevor.

Si une nouvelle crise se préparait avec la troïka (FMI, BCE, zone euro) [...] le gouvernement Samaras n’y résisterait sans doute pas. Ce serait alors un vrai saut dans l’inconnu pour Athènes. Et pour le reste de l’Europe.

L’historien, qui dans un livre monument sur la Seconde Guerre mondiale décrit avec précision la montée des nationalismes dans l’Europe des années 30, refuse l’amalgame, même s’il perçoit certains traits communs entre les deux époques. Et il concluait qu’heureusement la différence majeure entre les deux situations, c’est qu’il n’existe pas aujourd’hui d’idéologie, comme le nazisme ou le communisme, susceptibles de mobiliser les masses et d’anesthésier les esprits, comme ce fut le cas à la veille de la Seconde Guerre mondiale.

Pourtant, ajoute Beevor, la montée d’un certain extrémisme, notamment en Grèce, commence à devenir inquiétante pour la cohésion de la zone euro et même de l’Europe. En effet, si les incidents qui se produisent là-bas sont moins médiatisés qu’au moment des élections du printemps, les manifestations de voyous racistes, issus du mouvement d’extrême droite Aube dorée, se multiplient dans des proportions alarmantes.

Depuis le moi de mai, des dizaines de témoins rapportent des histoires de ratonnades, particulièrement à Athènes, contre des immigrés pakistanais ou somaliens, ou des réfugiés irakiens ou syriens. Étrangement, ces faits sont rarement suivis d’actions judiciaires. Alors que leurs auteurs sont souvent connus pour leurs idées néo-nazies. Pour une bonne raison : les victimes n’osent pas porter plainte, car tout le monde le sait, en Grèce, la police est gangrenée par l’extrême droite. […]

Le Point

BHL : «Le combat politique contre le FN doit se durcir. C’est la lutte à mort. Je dis bien à mort»

Interview de Bernard-Henri Lévy sur le site Atlantico dans lequel, «sans comparer l’incomparable», il ne peut s’empêcher de faire référence aux années 30. Il affirme par ailleurs que le terme »diabolisation» est «un mot avancé, habilement, par les Le Pen pour se victimiser».

Ce que je crois, moi, c’est que le bon angle d’attaque est de dire aux gens qui votent FN ou qui sont tentés de le faire : «votre voix ne sera pas entendue ; vos candidats ne bénéficieront, dans le cadre des prochaines législatives par exemple, d’aucune alliance ou report».

En quoi le FN est-il, selon vous, crypto-fasciste ?

Il l’est par sa rhétorique. Par ce ton de haine et de violence qui l’habite et qui ressort à la moindre occasion. Il l’est par la tonalité très «factieuse», par exemple, des attaques de Marine Le Pen contre le Président de la République. […]

Ni Mélenchon, ni Joly ne touchent aux fondamentaux de la République. Ni l’un ni l’autre ne sont opposés, que je sache, à la démocratie parlementaire. […]

Alors, quel bilan tirez-vous de trente ans de mobilisation ?

On ne fait jamais l’histoire des catastrophes évitées. Pour l’heure, la droite parlementaire tient bon. Et c’est heureux. Car, à la moindre défaillance, elle est morte. La droite fascisante de Marine Le Pen n’attend qu’un faux pas, un discours de compromis, un vague groupe de candidats à la députation annonçant que, dans le cadre d’une triangulaire perdue, ils considéreraient le candidat frontiste comme un moindre mal, pour tirer à vue et la détruire. N’oubliez jamais ce théorème qui est l’un des théorèmes du XX° siècle. Le grand adversaire de l’extrême droite, ce n’est jamais la gauche, c’est la droite. Ou, pour le dire autrement : c’est la gauche qui scande «le fascisme ne passera pas» ; mais c’est la droite qui, de fait, l’empêche ou non de passer. Regardez l’Histoire. Quand la droite libérale a tenu, le fascisme a été bloqué. Quand la droite libérale a composé, le fascisme est passé. […]

Atlantico
(Merci à Tino Roussi )

Alain Duhamel : La crise économique « grosse de dangers politiques »

Chacun le constate et peut malheureusement le vérifier : la crise économique et monétaire actuelle est la plus grave que le monde ait eue à affronter depuis la grande crise des années 30.

[...] On se rappelle que dans les années 30 la grande crise avait provoqué sur le Vieux Continent des convulsions politiques qui avaient engendré une chaîne dramatique de dictatures (Allemagne, Italie, Espagne, Roumanie, Hongrie, Autriche, Tchécoslovaquie, Portugal, Grèce, Yougoslavie, Pologne, Bulgarie) puis la guerre la plus féroce, la plus sanglante et la plus totale de l’Histoire. Nous n’en sommes pas là et ce qui se produit actuellement ne correspond qu’à la première phase de cette tourmente des années 30 qui a enfanté la catastrophe de 1939-1945.

Encore faut-il que la mémoire soit attentive et, en l’occurrence, dissuasive car les éléments constitutifs de la première phase des années 30 sont aujourd’hui réunis : crise économique, désastre social, montée du populisme et de l’extrême droite, spectre de la xénophobie, du nationalisme, du protectionnisme, de cet aveuglement qui se pare des oripeaux de l’égoïsme sacré. Le totalitarisme n’est pas de retour, la guerre ne rode pas devant notre porte mais, ce qui a conduit jadis au désastre final, les racines du chaos fatal sont aujourd’hui en train de pousser de nouveau. Cette crise n’est pas seulement économique et sociale – ce serait déjà beaucoup -, elle est grosse de dangers politiques et elle menace l’Union européenne. [...]

Libération

«Sur quoi débouchera la résurgence actuelle du problème de l’immigration ?»

Pour Yves Charles Zarka, philosophe, professeur à la Sorbonne, université Paris Descartes, les inquiétudes suscitées par l’immigration doivent être traitées avec prudence. Il pose la question : «Dans quelle société voulons-nous vivre ?»

Le problème a surgi et ressurgi à des périodes de crises sensibles : les dernières décennies du XIXe siècle qui débouchèrent sur l’Affaire Dreyfus, les années 1930 qui préparent bien des aspects de l’idéologie de Vichy, enfin la période que nous vivons depuis un certain temps déjà avec les crises énergétique, économique et financière, la montée et la persistance du chômage, tout cela redoublé par les effets de la mondialisation des marchés et l’ouverture de nouveaux espaces communicationnels. Sur quoi débouchera la résurgence actuelle du problème de l’immigration ? […]

Le Monde

Alain Duhamel s’inquiète de la «banalisation» de Marine Le Pen

Pour Alain Duhamel, chroniqueur à Libération, Marine Le Pen a réalisé une «percée incontestable» dans l’opinion mais a aussi remporté «la bataille de la banalisation».

Elle réclame le protectionnisme et la préférence nationale. [… ] Comment ne voit-on pas que ce sont, trait pour trait, les recettes des ligues d’extrême droite des années 30 qui, en pleine crise mondiale, leur valaient tant de succès en milieux populaires ?

Non seulement elle incarne aujourd’hui la troisième force politique du pays mais elle est intégrée dans l’arc républicain, presque dans l’arc démocratique. Cette deuxième victoire est encore plus redoutable que la première, car elle est grosse d’autres succès possibles. Si le Front national de Marine Le Pen n’est plus un parti d’extrême droite mais, comme cela se dit et s’écrit de plus en plus, un parti populiste comme les autres, alors non seulement elle peut arracher de bons scores au premier tour – son père le faisait déjà -mais elle pourra peut-être un jour les améliorer significativement au deuxième, ce que jamais Jean-Marie Le Pen n’avait pu espérer. C’est une confirmation : contrairement à ce que prétend la vulgate actuelle, Marine Le Pen est plus dangereuse que son père. […]

Sa banalisation a des causes logiques mais est aussi le fruit d’une complaisance étrange. Côté logique, Marine Le Pen est créditée actuellement de 20% ou plus des intentions de votes présidentielles. Dans ces conditions, il devient impossible de la regarder comme une marginale de la société politique. Sa puissance la respectabilise. Par ailleurs, partout en Europe, on voit monter le flux de partis populistes ou de partis d’extrême droite. Dix-huit pays de l’Union européenne sur vingt-sept sont atteints par cette marée xénophobe, protectionniste, autoritaire et démagogique. […]

Libération

Grand Rabbin de France : Il est difficile d’être musulman dans «un climat malsain»

Le Grand Rabbin de France, Gilles Bernheim, estime qu’il est de plus en plus difficile d’être musulman en France «dans un climat malsain», qualifiant de «très malade» une société qui cherche des «boucs émissaires», dans une interview publiée samedi par Le Monde.

Notre calendrier prétendument laïque est ainsi calé sur les fêtes chrétiennes.

«L’islam étant récent en France, l’harmonie peut être plus longue à venir. Cela dépendra aussi de l’Etat. Il ne doit pas oublier que, si la laïcité exige que les pouvoirs publics ne reconnaissent aucun culte, elle leur impose dans le même temps de n’en méconnaître aucun», déclare le Grand Rabbin.

Interrogé sur l’observance des rites religieux, il note également que «notre calendrier prétendument laïque est ainsi calé sur les fêtes chrétiennes : un enfant, en France, n’aura jamais à manquer l’école pour pouvoir fêter Noël. Les juifs et les musulmans doivent pouvoir assumer et vivre leurs différences dans le respect de la loi républicaine».

«Mais le véritable enjeu est ailleurs, plus pervers et plus grave : c’est, hélas, la place des juifs et des musulmans dans la société française», relève M. Bernheim, qui rejette toute comparaison entre la situation des musulmans aujourd’hui en Europe et celle des juifs dans les années 30, constituant à ses yeux «un outrage à la mémoire des victimes de la Shoah».

La Croix /AFP

Cécile Duflot compare «l’islamophobie» actuelle à «l’antisémitisme» des années 30

La secrétaire nationale d’Europe Ecologie-Les Verts, Cécile Duflot, a effectué jeudi à Lyon un parallèle entre «les ressorts de l’usage de l’islamophobie» aujourd’hui en France et «les ressorts de l’usage de l’antisémitisme» dans les années 30.

Avec les débats sur l’identité nationale, la place de l’islam dans la société, la loi sur la burqa et autre, non seulement, on se trompe, mais surtout on prend le risque d’allumer un incendie que personne ne saura éteindre.

«Je ne dis pas que le risque qui nous menace c’est le risque fasciste, mais je pense que les ressorts de l’usage de l’islamophobie aujourd’hui sont un peu les mêmes que les ressorts de l’usage de l’antisémitisme» dans les années 30, a estimé Mme Duflot, interrogée par l’AFP sur le climat politique en marge d’un déplacement de campagne pour les cantonales.

Il s’agit, «dans une période de crise, (de) trouver des coupables plutôt qu’affronter la situation politique», a-t-elle expliqué. […]

Le Parisien (Merci à Valar Morghulis)