L’ex-épouse de Nelson Mandela, Winnie, a « été choquée » d’apprendre que la justice sud-africaine pourrait la poursuivre après l’exhumation des restes de deux anciens militants anti-apartheid dont les familles l’accusent d’être responsable de la mort, a fait savoir l’un de ses avocats, Mops Mageza.
« Mme Mandela souhaitait exprimer sa surprise et son choc après le communiqué diffusé au nom du parquet par Phindi Louw, et dans lequel celle-ci affirmait qu’il y a des procédures en cours qui conduiront à des poursuites à son encontre pour la mort de Lolo Sono et Siboniso Tshabalala », a-t-il indiqué dans un communiqué, transmis dimanche à l’AFP (…)
Corlett « Lolo » Sono, 21 ans, et Siboniso Anthony Shabalala, 19 ans étaient des messagers au service de la lutte anti-apartheid au sein de l’aile armée de l’ANC, quand ils ont été poignardés à mort en novembre 1988. (…)
Les deux jeunes gens avaient été vus vivants pour la dernière fois au domicile de Winnie Mandela, et le rapport de la commission conclut qu’elle « doit accepter la responsabilité de leur disparition ».
L’ex-femme de Mandela a toujours démenti son implication. Mais le père de Sono, l’une des deux victimes, a témoigné qu’il avait supplié en vain pendant plus d’une heure la dirigeante d’épargner son fils, accusé d’espionnage.
Dans les années 1980, Winnie Madikizela-Mandela, dont l’époux était alors emprisonné, s’était entourée de gardes du corps, connus comme le Mandela United Football Club, à la sinistre réputation. En 1991, elle avait été condamnée pour enlèvement et agression pour la mort d’un autre jeune militant trois ans plus tôt. Sa peine de prison a ensuite été commuée en amende.
Le Point