L’intégralité de la lettre de Sarkozy aux Français

Ce que je veux dire aux Français

J’ai longuement hésité avant de prendre la parole. D’abord parce que je sais qu’il existe des sujets prioritaires pour nos compatriotes, à commencer par l’explosion du chômage. Ensuite, parce que, depuis deux ans, je me suis tenu à la décision de silence et de retrait que j’avais annoncée au soir du second tour de l’élection présidentielle de 2012.

Contrairement à ce qui s’écrit quotidiennement, je n’éprouve nul désir de m’impliquer aujourd’hui dans la vie politique de notre pays.

Je ne suis animé par aucune velléité de revanche et ne ressens nulle amertume à l’endroit des Français qui m’ont fait l’immense honneur de me confier, durant cinq ans, les rênes de notre pays. J’ai par ailleurs trop conscience des peines, des souffrances et des inquiétudes qu’endurent chaque jour tant de nos compatriotes pour ne pas mesurer la chance qui m’a si souvent accompagné tout au long de ma vie. Cette réalité mêlée à mon tempérament fait qu’aussi loin que je m’en souvienne je n’ai jamais aimé me plaindre. À 59 ans, il est sans doute trop tard pour changer. En tout cas, sur ce point…

Et pourtant, je crois qu’il est aujourd’hui de mon devoir de rompre ce silence. Si je le fais, c’est parce que des principes sacrés de notre République sont foulés aux pieds avec une violence inédite et une absence de scrupule sans précédent. Si je le fais par le moyen de l’écrit et non celui de l’image, c’est parce que je veux susciter la réflexion et non l’émotion.

Qui aurait pu imaginer que, dans la France de 2014, le droit au respect de la vie privée serait bafoué par des écoutes téléphoniques? Le droit au secret des conversations entre un avocat et son client volontairement ignoré? La proportionnalité de la réponse pénale, au regard de la qualité des faits supposés, violée? La présomption d’innocence désacralisée? La calomnie érigée en méthode de gouvernement? La justice de la République instrumentalisée par des fuites opportunément manipulées?

Que chacun réfléchisse à ce bref inventaire car demain il pourra, à son tour, être concerné. C’est de moi qu’il s’agit aujourd’hui. Je ne suis pas une victime. Je peux me défendre. Je peux en appeler au bon sens des Français, de gauche comme de droite. Tous n’auront pas et n’ont pas cette chance.

Ancien président de la République, je suis devenu un citoyen comme les autres. C’est la règle démocratique. Qui d’ailleurs pourrait prétendre que je l’ai, si peu que cela soit, enfreinte? En vingt mois, j’ai subi quatre perquisitions qui ont mobilisé trois juges et quatorze policiers. J’ai été interrogé durant vingt-trois heures parce que l’on me suspectait d’avoir profité de la faiblesse d’une vieille dame! Des milliers d’articles rédigés à charge ont été publiés. Sur le sujet, que reste-t-il de cette boue complaisamment répandue? Rien, si ce n’est une décision de non-lieu après que toutes les investigations possibles ont été engagées. J’ai eu envie de crier: «Tout cela pour cela.» Mais je n’ai rien dit au nom du devoir que me créent les responsabilités qui furent les miennes. J’ai tout accepté, confiant dans la justice et surtout dans la vérité.

Et que dire de la prétendue affaire Karachi où, après des années d’enquête, les magistrats ont fini par découvrir que je n’y avais, au final, assumé aucune responsabilité. Là aussi, cela n’a pas empêché des centaines d’articles à charge.

Puis l’on s’est aperçu que j’avais été le seul de tous les candidats à avoir dépassé, durant la campagne présidentielle de 2012, les montants de dépenses autorisés! De ce fait, je fus reconnu fautif d’un dépassement de 2,1 %. La sanction fut, pour la première fois dans l’histoire de la République, la suppression de 100 % des financements publics. Le 9 juillet 2013, il nous a fallu rembourser 11,3 millions d’euros, dont j’étais caution à titre personnel. Grâce aux soutiens de 137.000 Français et à la mobilisation de ma famille politique, ce fut réalisé en deux mois. Comment leur dire mon immense reconnaissance? Cette fois encore, je n’ai rien dit. J’ai tout accepté.

Sans l’ombre d’une preuve et contre toute évidence, me voici accusé d’avoir fait financer ma campagne de 2007 par M. Kadhafi. On a parlé d’un virement de 50 millions d’euros! Un détail… Après des mois d’enquête, des dizaines de commissions rogatoires, la justice n’a trouvé ni virement, ni banque de départ, ni banque d’arrivée. Toute l’accusation repose sur les témoignages «crédibles» du fils de M. Kadhafi et de son entourage, sans doute une référence morale, et de celui de M. Takieddine, dont on connaît aujourd’hui le passif judiciaire.

J’ai déposé plainte contre Mediapart pour faux et usage de faux à la suite de la publication d’un faux grossier. Ma plainte a paru suffisamment crédible pour que ses dirigeants soient placés par la justice sous statut de témoin assisté.

Le simple bon sens devrait amener à considérer que la guerre que nous avons conduite en Libye a duré dix mois. Durant cette période, si M. Kadhafi avait eu le moindre document à utiliser contre moi, pourquoi ne l’a-t-il pas fait, alors même que j’étais le chef de la coalition contre lui?

Or voici que j’apprends par la presse que tous mes téléphones sont écoutés depuis maintenant huit mois. Les policiers n’ignorent donc rien de mes conversations intimes avec ma femme, mes enfants, mes proches. Les juges entendent les discussions que j’ai avec les responsables politiques français et étrangers. Les conversations avec mon avocat ont été enregistrées sans la moindre gêne. L’ensemble fait l’objet de retranscriptions écrites dont on imagine aisément qui en sont les destinataires!

Ajoutant l’illégalité à l’illégalité, on n’hésite pas à publier des extraits tronqués et mensongers de ces mêmes enregistrements. Qui a donné ces documents alors même qu’aucun avocat n’a accès à la procédure? Les seuls détenteurs en sont les juges ou les policiers… Sont-ils au-dessus des lois sur le secret de l’instruction?

On me met sur écoute en septembre 2013 pour des faits supposés de corruption qui auraient été commis en 2007! On le fait, non parce que l’on dispose d’indices, mais parce que l’on espère en trouver. Aujourd’hui encore, toute personne qui me téléphone doit savoir qu’elle sera écoutée. Vous lisez bien. Ce n’est pas un extrait du merveilleux film La Vie des autres sur l’Allemagne de l’Est et les activités de la Stasi. Il ne s’agit pas des agissements de tel dictateur dans le monde à l’endroit de ses opposants. Il s’agit de la France.

Suis-je en droit de m’interroger sur ce qui est fait de la retranscription de mes conversations? Je sais, la ministre de la Justice n’était pas au courant, malgré tous les rapports qu’elle a demandés et reçus. Le ministre de l’Intérieur n’était pas au courant, malgré les dizaines de policiers affectés à ma seule situation. De qui se moque-t-on? On pourrait en rire s’il ne s’agissait de principes républicains si fondamentaux. Décidément, la France des droits de l’homme a bien changé…

Heureusement, des milliers d’avocats, quelles que soient leurs sensibilités, ont décidé que trop, c’était trop. Avec le bâtonnier à leur tête, ils veulent faire entendre cette vérité qu’un avocat dans l’exercice de ses fonctions doit être protégé de la même manière qu’un journaliste. Dans la République, on n’écoute pas les journalistes, pas davantage que les avocats dans l’exercice de leurs fonctions!

Mais cela n’est pas tout. Mon propre avocat se trouve accusé d’avoir abusé de son influence auprès de notre juridiction suprême. Cette fois, fini de rire, car c’est à pleurer d’indignation. Son «crime»: être l’ami depuis trente ans d’un avocat général à la Cour de cassation, un des plus fameux juristes de France, à qui il a demandé des avis sur la meilleure stratégie de défense pour son client. Le problème, c’est que le client, c’est moi. Alors «le conseil» devient un «trafic d’influence» supposé. Peu importe que ce magistrat ne puisse exercer la moindre influence sur une chambre criminelle dans laquelle il ne siège pas. Détail, encore, que le gouvernement monégasque ait solennellement déclaré qu’il n’y avait jamais eu la moindre intervention. Dérisoire, le fait que le poste, auquel ce magistrat postulait pour après sa retraite, ait été pourvu un mois avant qu’il ait pensé à en signaler l’existence à mon avocat.

Tout ceci ne résiste pas à l’évidence. Eh bien, cela n’a pas empêché trois juges et vingt policiers de multiplier les perquisitions aux domiciles et au bureau de mon avocat, quatorze heures durant! Après avoir démonté sa machine à laver et exigé, qu’au moment de sa douche, à 6 h 30 du matin, il laissât la porte ouverte. La juge en charge est repartie avec ses téléphones. Dois-je considérer comme une anecdote le fait que cette magistrate soit membre du Syndicat de la magistrature? Ce syndicat désormais célèbre pour avoir affiché dans ses locaux le tristement fameux «mur des cons», où j’occupe une place de choix! Dois-je considérer qu’il s’agit d’un exercice serein et impartial de la justice? Augmenterai-je la gravité de mon cas en informant mes lecteurs que l’un des juges qui enquêtent sur le prétendu financement Kadhafi est celui-là même qui a signé, en juin 2012, l’appel des quatre-vingt-deux juges d’instruction, dont le ciblage de ma personne et de ma politique est transparent? Au moins dois-je être tranquillisé sur la clarté des opinions politiques d’un magistrat dont le devoir est pourtant d’enquêter à charge et à décharge. Pour la charge, je crois que l’on peut être confiant, mais pour la décharge… Quel justiciable voudrait connaître une situation semblable?

Et pourtant, envers et contre tout, je garde confiance dans l’institution judiciaire, dans l’impartialité de l’immense majorité des juges, dans la capacité de la justice à ne pas se laisser instrumentaliser.

Mon propos n’est pas de me plaindre. Je ne demande à personne de s’apitoyer sur mon sort. Ce texte est un appel à la conscience, aux convictions, aux principes de tous ceux qui croient en la République.

Aux Français qui n’ont pas voté pour moi, je demande d’oublier mon cas personnel et de penser à la République et à la France. Au nom de leurs propres convictions, peuvent-ils accepter ces violations répétées de nos principes les plus chers?

À ceux qui me sont attachés, je veux dire que je n’ai jamais trahi leur confiance. J’accepte tous les combats à condition qu’ils soient loyaux. Je refuse que la vie politique française ne fasse place qu’aux coups tordus et aux manipulations grossières.

Je veux affirmer que je n’ai jamais demandé à être au-dessus des lois, mais que je ne peux accepter d’être en dessous de celles-ci.
Enfin, à tous ceux qui auraient à redouter mon retour, qu’ils soient assurés que la meilleure façon de l’éviter serait que je puisse vivre ma vie simplement, tranquillement… au fond, comme un citoyen «normal » !
NS

Jean-Pierre Le Goff : «Nous assistons à l’autodestruction de la politique»

A la veille des municipales et après une semaine marquée par la succession des affaires, le sociologue Jean-Pierre Le Goff a accordé un long entretien à FigaroVox. Il analyse la profonde crise morale et politique que vit la France.

Ce qui me frappe dans les réactions de Christine Taubira, c’est ce mélange de subjectivité débridée et ce point aveugle de certitude consistant à se croire constamment dans le camp du Bien.

On ne brandit pas la morale contre ses adversaires impunément. La gauche se prévaut d’une supériorité morale en se voulant le dépositaire attitré d’une certaine idée du Bien. Cette prétention s’est effondrée à travers une série d’affaires dont les plus récentes et les plus marquantes ont été l’affaire DSK et l’affaire Cahuzac, mais cela ne l’empêche pas de continuer à faire semblant. […]

Quant aux leçons tirées de l’«affaire Taubira»par des commentateurs, elles en disent long sur la façon dont ils conçoivent la politique aujourd’hui: «amateurisme», «manque d’habileté», «erreur de communication, comme si la politique se résumait désormais à des problèmes de management et de communication. Dans ces domaines, les conseillers ne manquent pas et ils font payer très cher leurs prestations avec les résultats que l’on sait… La compétence ou l’incompétence dans le cynisme politicien, telle semble être le nouveau critère pour évaluer la politique dans l’«essoreuse à idées» des grands médias audio-visuels et de nombre d’entreprises de conseils et de communication. […]

L’histoire retiendra que pour fêter le bicentenaire de la Révolution française, le président de la République fit appel à un publicitaire pour organiser le grand défilé des Champs Elysées. Le marché, le management et la communication vont être érigés en modèles de référence et la politique n’y a pas échappé. C’est dans ce contexte, qu’ont été formées de nouvelles générations marquées par le culte de l’ego et le modèle du perpétuel gagnant. La droite et la gauche n’y ont pas échappé. […]

Si l’on ne reviendra pas en arrière vers un supposé «bon vieux temps», il conviendrait de rompre clairement avec le mélange des genres entre la politique, les affaires et les médias, voire le show-biz. C’est l’une des conditions pour renouer le lien de confiance entre gouvernants et gouvernés. Nous vivons la fin d’un cycle historique ; il est temps de passer à autre chose et d’entamer un long travail de reconstruction. Quel homme politique saura désormais s’élever à la hauteur de ces enjeux ?

Le Figaro

Sondage : 70% des Français pensent que les politiques sont corrompus

Alors que ce vendredi, c’est au tour de Bernard Tapie d’être mis en examen dans une affaire qui éclabousse le précédent gouvernement, un sondage BVA pour iTélé révèle que 70% des Français pensent que les personnalités politiques sont le plus souvent corrompues.

Par ailleurs, les Français semblent avoir développé un «certain cynisme vis-à-vis des affaires politiques», selon BVA. Nombreux sont ceux qui, désormais, pensent qu’il est très difficile pour un élu de rester honnête.

«Cette succession d’affaires est une bombe à fragmentation», alertait en mars dans nos colonnes Eva Joly, ancienne juge et candidate EELV à la présidentielle.
29% seulement estiment au contraire que ces affaires sont «des cas isolés, la majorité des personnalités politiques étant intègres».

Début avril déjà, un sondage CSA pour BFMTV affirmait qu’une majorité de Français (55%) estimait que la plupart des hommes et des femmes politiques étaient corrompus. Outre cette tendance bien connue, l’étude BVA établit que la compétence est considérée comme la qualité la plus importante des politiques, plus encore que leur honnêteté (38% contre 28%). […]

Le Parisien

«Au secours, les années 30 sont de retour !»

Article de François-Guillaume Lorrain, du Point ,faisant un parallèle entre la situation actuelle de la France et celle des années 30. «Si les mêmes maux produisent les mêmes effets, le pire est à venir».

L’insécurité, financière, identitaire, sociale, tarte à la crème de notre époque, est un thème qui surgit, habilement exploité, dans les années 30.

Cette fin de cycle, mutatis mutandis, évoque certains constats actuels, liant économie et capacité d’innovation, de plus en plus largement relayés : l’Europe est un très vieux continent, en voie de sous-développement ; la richesse, l’avenir, la croissance, sont réservés à d’autres horizons, d’autres civilisations. C’est à une refonte intégrale que la France est invitée : certains avancent déjà d’autres modèles – écologique, participatif -, mais à l’évidence, on semble en France bien plus essoufflé, à court d’idées, que dans les années 30. Pour le moment, les solutions les plus nettes sinon précises sont proposées par des forces protectionnistes, régressives – à droite, avec Marine le Pen, à gauche, avec Jean-Luc Mélenchon qui, par sa véhémence, aurait trouvé sans mal sa place dans les années 30 – chantant une France repliée sur elle-même, variation sur une vieille antienne. L’ambiguïté court au sein même du gouvernement puisqu’un des opposants les plus virulents à la mondialisation, Arnaud Montebourg, est devenu le ministre du Redressement national. […]

Non, il n’y a pas eu de fascisme à la française dans les années 30. […] Il n’en demeure pas moins une montée très violente des thèmes xénophobes que le gouvernement Reynaud avalisera en prenant en 1938 des décrets-lois très durs envers la population fraîchement immigrée. Ces décisions font écho à un état d’esprit présent dans la population et sont les prémices de la politique xénophobe de Vichy.

«À bas les voleurs !» : le slogan de la manifestation monstre du 6 février 1934, où se mêlaient dans un joyeux désordre anciens combattants, camelots du roi et forces attirées par le fascisme, visait avant tout les politiques impliqués dans l’affaire Stavisky, qui venait de «se suicider d’un coup de revolver qui lui a été tiré à bout portant». […]

Mais avec l’affaire Bettencourt, l’affaire Woerth, l’affaire Cahuzac et un ancien président mis en examen, la France des années 2010 a-t-elle des leçons de morale à donner à son ancêtre ? Ne serait-on pas en droit de crier : à bas les menteurs ! À bas les voleurs ! La colère sociale, doublée d’un écoeurement moral, gronde. Mais petit rappel : cet écoeurement fit aussi jadis le lit d’une idéologie anticapitaliste et antidémocratique qui prit la main sous Vichy, avec une volonté de moraliser à outrance la France à tous les niveaux. Attention avec la vertu : tombée aux mains de fanatiques, elle a souvent débouché sur des lendemains assassins. […]

Le Point

Les affaires vues de banlieue: « A quoi bon mener un combat pour le civisme ? »

Quel impact auront ces affaires sur les prochaines élections?

En banlieue parisienne où l’abstention atteint souvent des sommets, l’affaire Cahuzac et celle des comptes off shore ne vont pas aider à redorer le blason des hommes politiques. Les associations redoutent que le fossé entre habitants et politiques ne s’élargisse encore un peu plus.

France Info

Lagarde, Cahuzac, Sarkozy…Eva Joly : «Cette succession d’affaires est une bombe à fragmentation»

La députée européenne Europe Ecologie-les Verts Eva Joly,ancienne juge et candidate à la présidentielle, dénonce avec vigueur les affaires, à droite comme à gauche. Elle propose le lancement en France d’un plan d’urgence contre les affaires, à la manière du mouvement Mani pulite en Italie dans les années 1990.

Nos élites doivent se ressaisir. Leurs égarements sont d’autant plus insupportables pour les Français qu’ils ont été incapables de combattre la crise qui frappe les citoyens ordinaires.

Jérôme Cahuzac aurait-il dû démissionner plus tôt ?

Oui. L’effet de son maintien est désastreux. L’ouverture d’une information pour blanchiment de fraude fiscale, quand on est ministre du Budget qui doit trouver les milliards qui manquent et demander des économies, c’est intolérable. Affirmer les yeux dans les yeux, aux députés et aux citoyens, qu’il n’a pas de compte et se voir démenti parce que sa voix est reconnue… c’est pathétique. Mais cette affaire révèle aussi un certain dysfonctionnement du système : Jérôme Cahuzac a été, tour à tour, au cabinet du ministère de la Santé et conseiller des laboratoires pharmaceutiques. Quelque chose ne tourne pas rond dans notre système. […]

François Hollande doit retrouver l’esprit du Bourget. ll s’est fait élire avec la promesse de combattre la finance mais sa main a tremblé.

Cette semaine il y a également eu une perquisition au domicile de Christine Lagarde dans l’affaire Tapie. Ces successions d’affaires ne vont-elles pas profiter au Front national ?

Quelle semaine! J’avais mis en garde contre la nomination de Christine Lagarde au FMI en disant qu’elle risquait une mise en examen dans le dossier Tapie. Cette succession d’affaires qui nourrit l’idée du « tous pourris » est une bombe à fragmentation pour la démocratie! Nos élites doivent se ressaisir. Leurs égarements sont d’autant plus insupportables pour les Français qu’ils ont été incapables de combattre la crise qui frappe les citoyens ordinaires. Crise politique et crise économique s’alimentent l’une l’autre. C’est le même système qui est à genoux devant la finance et laisse prospérer l’impunité. Dans les deux cas, ce qu’il faut, c’est un retour de l’éthique, du sens des limites, du respect des règles. […]

Le Parisien

Roland Cayrol : «La suspicion est générale à l’encontre du monde politique»

La succession des affaires conforte la piètre image que les Français ont de leurs responsables politiques mais ne fait pas mécaniquement le jeu du FN, assure Roland Cayrol, directeur de recherche au Centre d’études politique de Sciences-Po (Cevipof).

Ces affaires font-elles le lit des populistes, notamment du FN ?

L’extrême droite française a toujours fait son miel du «tous pourris» clamant qu’elle est la seule force propre quand tous les autres confondraient leur cassette personnelle et la cassette publique. Ce discours trouve effectivement un écho. Mais il est faux de dire que cela lui apporte mécaniquement des suffrages. Pour les Français c’est la politique dans l’ensemble qui est soupçonnée. L’opinion ne distingue pas les purs et ceux qui ne le seraient pas.

Il ne faut pas non plus oublier que les Français ne veulent pas voir le FN au pouvoir.

Depuis des années celui-ci s’est banalisé mais il n’a pas gagné des millions de voix. Ne tombons pas dans la propagande de l’extrême droite qui voudrait nous faire croire que chaque affaire grossit naturellement l’escarcelle du FN. […]

La Croix

François Hollande et le monde des affaires

En choisissant comme directeur de campagne le vice-président du Cercle de l’Industrie – lobby réunissant les PDG des principaux groupes industriels français – le candidat de la gauche de droite aux prochaines élections présidentielles a envoyé un signal, on ne peut plus clair, aux marchés financiers : l’alternance ne constituera pas une menace, bien au contraire, pour les classes possédantes.

Après José Sócrates, José Luis Zapatero, George Papandréou et Elio Di Rupo, François Hollande sera-t-il le prochain dirigeant socialiste à prétexter la « crise des dettes publiques » pour imposer aux travailleurs l’austérité et la régression sociale ? Au vu du pédigrée de ses responsables de campagne, il y a tout lieu de le craindre : c’est que les principaux conseillers dudit candidat se signalent par leur proximité avec le monde des affaires et leur volonté de rassurer l’Europe des marchés.

A moins de quatre mois des élections, un passage en revue des troupes s’imposait.

Suite et commentaires sur Fortune

Alain Duhamel : FN, la tentation de l’instrumentalisation

Le chroniqueur Alain Duhamel s’inquiète des «affaires» qui éclatent, à droite et à gauche, et de «l’épouvantable climat actuel qui favorise évidemment Marine Le Pen».

Une crise morale s’ajoute à la crise économique et à la crise sociale. Marine Le Pen pourrait avoir écrit le scénario.

Le Front national n’a obtenu aucun élu aux élections sénatoriales. Pas un seul de ses candidats ne s’est même trouvé en position éligible. […] Et cependant dans les sondages la candidate d’extrême droite à l’élection présidentielle progresse de nouveau en popularité.

[…] la tentation de l’instrumentaliser existe malheureusement à droite, c’est flagrant, et à gauche, c’est visible. Pour être sûr de se qualifier pour le second tour, les uns et les autres jouent avec des thèmes qui ne peuvent profiter qu’à l’extrême droite. Ce cynisme trop partagé est à la fois inefficace et dangereux. […]

Or, au lieu de se tenir à distance des bas-fonds, les partis de gouvernement jouent au contraire avec le feu. La Droite populaire, c’est-à-dire l’aile ouvertement populiste de l’UMP, tient quotidiennement un discours néofrontiste. Tout y passe, du durcissement des peines aux discriminations contre les immigrés, des moulinets verbaux à la culture intensive des préjugés. […] Résultat : au lieu de siphonner une partie des suffrages du Front national, il l’alimente en électeurs furieux et aigris. […]

A gauche, on proclame que le Front national est le diable et que Marine Le Pen est une démone, mais on participe au climat de polémiques incessantes et d’attaques manichéennes qui lui profitent et, pire, légitiment ses propos. […]

Libération

Pupponi quitte l’équipe de campagne d’Aubry (MàJ)

JT France IdF 29/09/2011


Pupponi quitte l’équipe d’Aubry
François Pupponi, le député-maire de Sarcelles (Val-d’Oise), quitte l’équipe de campagne de Martine Aubry, où il était responsable des questions de sécurité, révèle Le Monde.[…]

« Je ne veux gêner personne, et assurer ma défense », a expliqué au Monde le maire de Sarcelles, dont la démission est « spontanée » et ne résulte d’aucune pression. Le successeur de DSK à la mairie de Sarcelles se dit « convaincu d’être la victime d’une manipulation, d’un coup tordu »

Le Figaro

JT France 3 IdF le 29/09/2011

La direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) a perquisitionné, mardi 27 septembre, le cabinet du maire socialiste de Sarcelles (Val-d’Oise), François Pupponi, ainsi que chez sa mère, dans le village de Sainte-Lucie-de-Tallano (Corse-du-Sud).

Egalement député du Val-d’Oise, François Pupponi, proche collaborateur et intime de Dominique Strauss-Kahn, auquel il a succédé à Sarcelles, est aujourd’hui membre de l’équipe de Martine Aubry, qu’il a ralliée après que son mentor a renoncé à se présenter aux primaires. Il s’y occupe des questions de sécurité.

Ces investigations seraient liées à l’enquête [..] sur le cercle de jeu Wagram, situé à Paris, près de l’Etoile[...]. Le cercle était l’enjeu d’une guerre entre membres du grand banditisme corse – une équipe ayant tenté d’en déloger une autre par la force, le 19 janvier 2011. [...]

Le nom de François Pupponi a été prononcé par plusieurs témoins dans l’enquête sur le cercle Wagram.

Certains d’entre eux auraient fait état de « menaces » prononcées par le maire de Sarcelles.

Le Monde

(Merci à Hermione)

Bayrou veut «passer le Kärcher» sur la classe politique

Lors de la clôture des Universités d’été du Modem, à Giens (Var), François Bayrou a renouvelé dimanche son appel à la reconstruction d’une nouvelle majorité et a critiqué sévèrement la classe politique.

On prétendait que les voyous étaient dans les cités et qu’on allait les nettoyer au Karcher. On découvre qu’en réalité les voyous, les truands, les trafiquants, on les a installés au coeur de l’Etat.

Enumérant «l’incroyable succession de scandales», touchant le PS comme l’UMP – «les affaires Karachi, Djouri, Bourgi, Tapie, Guérini, Takkiedine et compagnie» –, François Bayrou a insisté sur la morale publique. […]

Malgré la présence de nombreux représentants de droite, le président du Modem a renouvelé son appel à construire une majorité nouvelle, à l’instar de Jean-Louis Borloo ou d’Hervé Morin. «Lorsqu’on est en temps de guerre, on fait une majorité d’union pour que tout le pays porte la guerre, et c’est bien une guerre que nous avons à mener», a expliqué le «troisième homme» de la présidentielle de 2007, qui juge que «jamais l’inquiétude » face à la crise « n’avait été aussi lourde et aussi fondée» dans le pays. […]

Le JDD