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Quand les historiens européens soutenaient que les Africains n’avaient rien apporté au patrimoine universel

19/07

Universitaire reconnu, le professeur El Hadji Ibrahima Ndao réagit à la parution en avril dernier des cinq premiers volumes sur les vingt-cinq attendus de l’« Histoire générale du Sénégal ».

La nouvelle avait été annoncée aux Sénégalais le jour de la 59e fête de l’Indépendance du pays. Pendant son adresse à la nation, le président Macky Sall avait fait savoir que les cinq premiers volumes de L’Histoire générale du Sénégal, des origines à nos jours seraient prochainement publiés. Ils sont aujourd’hui en vente dans les magasins. Ces volumes sont le début de la concrétisation d’un travail de plus de sept ans pour un comité international de scientifiques. Pour se détacher d’une « version imposée », notamment pendant la période coloniale, l’un des défis des historiens a été de retrouver des sources originales. Le professeur El Hadj Ibrahima Ndao, qui supervise la collection, s’est confié au Point Afrique.

Le Point Afrique : À quelles préoccupations répond la rédaction de L’Histoire générale du Sénégal ? Pourquoi maintenant ?

El Hadj Ibrahima Ndao : Pendant longtemps, l’histoire du continent africain a été délibérément cachée, au nom de préjugés politiques, diplomatiques, économiques, sociaux, scientifiques et culturels. Les historiens européens soutenaient que l’Afrique n’avait pas d’Histoire ou que son passé ne pouvait pas être reconstitué faute de documents écrits, ou que les peuples du continent n’avaient rien apporté au patrimoine universel. Dans les Leçons de la philosophie de l’histoire, Hegel écrivait : « Ce que nous comprenons […] sous le nom d’Afrique, c’est ce qui n’a point d’histoire et n’est pas éclos, ce qui est renfermé encore tout à fait dans l’esprit naturel et qui devait être simplement présenté ici au seuil de l’histoire universelle. »

Il est prouvé aujourd’hui que l’Afrique est le berceau de l’humanité. La Sénégambie est une vieille terre où l’être humain a laissé des traces de son activité existentielle depuis au moins 350 000 ans. Nous le faisons donc maintenant parce que la mondialisation interroge tous les peuples sur leur passé. Une forte demande sociale qui s’exprime dans tous les milieux exige que le Sénégal véhicule son histoire, les fondements de son identité culturelle et de sa conscience historique. C’est ainsi que la jeunesse et les générations à venir pourront vraiment prendre en main leur destin. […]

Le Point

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