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Jeudi, Yohan, 22 ans, sera jugé à Paris comme deux de ses proches. “Jeune mineur d’al qada pré a mourire pour allah”, “Freres moudjahidines juska la morts”, “Inchallah bientôt jihadiste”. Ce sont ces commentaires, lâchés sur son compte Facebook par Yohan Farouk Moussouath, un Marignanais de 22 ans, qui ont attisé le flair des agents de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) début mars 2013. Sur cette page créée sous le pseudonyme “Ansardine Aqmi” – les noms de deux organisations islamistes armées – les agents du renseignement ont aussi découvert 39 photographies et 13 vidéos publiées, toutes relatives au djihad et aux actions terroristes.

Sur l’une de ces photos, Yohan apparaissait dissimulé sous un keffieh, avec son ami Ali Kelious qui se surnommait “Ali Pacino”, renvoyé aussi devant le tribunal. Un autre cliché montrait même Yohan sur le toit de sa maison, celle dans laquelle il vivait avec son père, l’air triomphant posant à côté du drapeau du Tawhid (le premier pilier de la foi musulmane).

Un jeune homme à la dérive, dont la passion pour le djihad, comme pour beaucoup de recrues, se serait déclenchée après les tueries perpétrées par Mohamed Merah, abattu en mars 2012 par le Raid, après avoir, en trois expéditions, assassiné sept personnes dont trois enfants et fait six blessés. Un jeune qui projetait de rejoindre une terre de djihad, mais attendait d’avoir rencontré un Imam ou un recruteur pour lui faciliter les choses, comme il le dira lors d’une conversation téléphonique écoutée par la DCRI.

C’est ce jeune homme que la 16e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris va juger demain, notamment pour “détention d’explosifs en relation avec une entreprise individuelle ayant pour but de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur”. C’est un arsenal plus qu’inquiétant qu’avaient découvert les enquêteurs lors de son interpellation le 7 mars 2013 : deux pistolets automatiques, un revolver, trois répliques de Kalachnikov, ainsi qu’un gilet pare-balle. Mais c’est la perquisition de son matériel du parfait terroriste qui a fait passer Yohan Moussouath dans une autre catégorie de délinquants.

Mélange de nitrate, de fioul et d’ammonium, engrais, acide sulfurique, eau oxygénée : selon le rapport rendu à l’époque par le laboratoire de police scientifique de Marseille, les spécialistes indiquaient qu’il était imaginable que Yohan préparait “un explosif constitué d’une charge principale nitrate-fioul, vraisemblablement amorcée par du TATP”. […]

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Merci à Lilib

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