
Par Ivan Rioufol le 12 décembre 2014
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“Touche pas à ma crèche !” pourrait être le mot d’ordre d’une opinion attachée aux racines chrétiennes de la nation, en dépit de la propagande sur le “vivre ensemble” qui invite le pays hôte à faire table rase de son passé. Les bras de fer engagés par la municipalité de Béziers et le département de la Vendée dépassent l’anecdote. Ils sont symboliques d’un sursaut identitaire né de trop d’abandons. Alors que le “Joyeux Noël” a été remplacé par d’anodines “Joyeuses Fêtes“, alors que des sapins dans des écoles sont régulièrement contestés par les intégrismes laïque et islamique, alors que la République rougit d’affirmer l’hégémonie de sa culture de peur d’importuner les minorités, alors que la pensée progressiste interdit de s’attacher au passé, ces reculades trouvent enfin leur limite. Non, les Français ne veulent pas disparaître. Mais qui en doutait ?
Cette défense de la crèche, symbolique de la civilisation occidentale, rend mutiques les promoteurs du métissage et de la société multiculturelle, habitués à tenir la dragée haute. Cette défense de la crèche, symbolique de la civilisation occidentale, rend mutiques les promoteurs du métissage et de la société multiculturelle, habitués à tenir la dragée haute. L’heureuse surprise a été d’entendre nombre de personnalités de gauche, y compris des bouffeurs de curés, s’apitoyer sur le sort fait à l’Enfant Jésus par l’intransigeance préfectorale et le fanatisme anticatholique. S’il fallait encore une preuve de la révolution conservatrice qui parcourt à bas bruit la société, en voilà une belle ! Il y a peu, cet unanimisme autour de la préservation d’une telle coutume aurait été impensable. Il est vrai que deux mille ans de christianisme ne s’effacent pas en quarante ans d’acharnements à enseigner l’oubli. La France malmenée n’a pas été rendue amnésique.
Les idéologues, qui pensent généraliser la visibilité musulmane en imposant le multiculturalisme, se trompent. Tout indique que les Français n’acceptent pas cette société relativiste et interchangeable qui leur a été infligée subrepticement ces trente dernières années. Défendre des crèches dans des lieux publics est une manière de rappeler la prédominance d’un héritage qui n’a pas à se fondre dans le communautarisme et, encore moins, dans l’islam impétueux et contre-colonisateur. Quand la militante Rokhaya Diallo assure, sur France 2 : « Changer d’identité est inexorable ; la France change de visage, elle change de religion majoritaire ; ce n’est pas grave », elle sous-évalue les oppositions au Grand Remplacement qu’elle cautionne. Derrière le « Touche pas à ma crèche ! », c’est « Touche pas à ma France ! » qu’il faut entendre.[…]
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