Ils sont chirurgiens, anesthésistes, pédiatres, ophtalmologistes et viennent de Roumanie, du Maghreb, d’Iran… Ces bataillons de médecins assurent le bon fonctionnement, voire la survie, des hôpitaux français selon Paris-Match. “Exploités et sous-payés”, leur situation est en train de changer grâce à la HALDE (Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité, dissoute en 2010) : des centaines de médecins, chirurgiens et spécialistes algériens, syriens, libanais, roumains, polonais (avant leur entrée dans la Communauté européenne) ont été régularisés.
«Certains Français ne passent pas le concours à cause du numerus clausus, et vous, vous entrez par la fenêtre” nous disaient des confrères»
«Les objectifs poursuivis par le numerus clausus sont détournés et ont un effet délétère : on bloque des jeunes en France qui voudraient exercer une profession médicale, et on fait venir des gens formés à l’étranger», se plaint Philippe Gaertner, président du Centre national des professions de santé. (Le Monde 05 04 2014)

Elle est arrivée en France en 2005, son diplôme algérien d’anesthésiste-réanimateur en poche. Onze ans d’études. Recrutée par un chef de service, le Dr Widad Abdi venait ici finir son 3e cycle de spécialisation : anesthésie-réanimation en chirurgie cardiaque, son ambition depuis toujours. «En Algérie, nos moyens étaient sans rapport avec le savoir-faire, les expériences et la technologie française… »
Son rêve d’intégrer une équipe chirurgicale française se réalise. Mais à quel prix ! «J’étais pleine d’enthousiasme et de motivation. Mais la flamme qui brûlait en moi s’éteignait au fil des ans. En 2011, six ans après mon arrivée, mon statut n’avait pas bougé.» D’habitude, à l’hôpital, un jeune interne progresse vite dans un cursus de trois ou cinq ans selon la spécialité. «Je les voyais devenir chefs de clinique au bout de quatre ans et, moi, je faisais du surplace !»Widad avait alors dépassé la trentaine. […]
Paris-Match





