Des clés USB offertes lors d’un salon professionnel et qui contiennent un logiciel malveillant, des objets potentiellement équipés pour espionner, des invitations destinées à placer des cadres dans des situations compromettantes : la DGSI détaille quatre exemples d’approches visant des entreprises françaises dans un « flash ingérence » consacré aux cadeaux provenant d’acteurs étrangers.
Deux clés USB infectées parmi cinq cadeaux
La Direction générale de la sécurité intérieure rapporte le cas de représentants d’une société française ayant reçu cinq clés USB de la part d’une entreprise étrangère au cours d’un salon international. La direction de la sûreté a examiné ces supports avant toute utilisation : deux contenaient un logiciel malveillant, dissimulé derrière un raccourci Windows à la racine de la clé.
La DGSI précise toutefois que le caractère intentionnel de l’infection n’a pas été établi. Par précaution, l’entreprise française a interrompu ses relations avec ce partenaire.
Une soirée à plusieurs dizaines de milliers d’euros pour recueillir des confidences
Dans un deuxième cas, des représentants d’entreprises françaises actives dans des secteurs stratégiques ont été conviés à un dîner puis en discothèque. L’entreprise étrangère a réglé l’ensemble des frais, représentant plusieurs dizaines de milliers d’euros. Selon la DGSI, l’objectif révélé par ses investigations était double : obtenir des informations confidentielles et provoquer des situations pouvant donner lieu à des photographies compromettantes et à des pressions ultérieures.
Objets suspectés de contenir des micros et équipements « offerts » en surnombre
La DGSI cite également des objets décoratifs distribués à des dirigeants industriels, dont certains avaient un poids inhabituel. Une analyse a révélé une anomalie grave dans l’un des objets, suscitant la crainte de dispositifs de captation, sans que le document public établisse précisément l’équipement qui se trouvait à l’intérieur.
Enfin, un fournisseur étranger avait livré à une société française plus du double des équipements commandés, y compris un matériel innovant et coûteux, tout en proposant un voyage payé à l’étranger. Alertée par son dirigeant, la DGSI a évoqué un risque de dépendance commerciale et de collecte de secrets. L’entreprise a renvoyé les cadeaux et décliné le déplacement.
Les conseils de la DGSI aux entreprises
Le service recommande de faire examiner les supports électroniques avant usage, de ne pas conserver les cadeaux suspects dans les bureaux sensibles et de prévoir des règles internes sur les invitations et objets de valeur. Il ne désigne publiquement aucun État dans ces quatre exemples, qui ne doivent donc pas être attribués sans preuve à un pays particulier.
Sources : DGSI, « Les risques associés aux cadeaux offerts par des acteurs étrangers », flash ingérence consulté le 7 novembre 2026 ; Le Figaro, « Clés USB infectées, invitations compromettantes… », 7 novembre 2026.
Photo d’illustration d’une clé USB : Lionel Allorge / Wikimedia Commons (licence libre indiquée sur le fichier).






















