C’est un dossier révélateur de la réalité des violences sexuelles, car 90 % des victimes connaissent leur agresseur. C’est par ces mots que le conseil des parties civiles a commencé sa plaidoirie. Il a été leur suspect et leur bourreau, abonde-t-il. L’homme auquel l’avocate fait référence se trouve à quelques mètres d’elle, appuyé sur un petit pupitre en bois. Mardi 3 novembre, cet homme de 35 ans comparaissait devant le tribunal correctionnel de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) pour avoir agressé sexuellement deux de ses amies. (…)
Ils avaient l’habitude de se retrouver au cours de soirées, où l’alcool s’invitait, et de rester à dormir sur place. C’est donc sans arrière-pensée que le 14 avril 2022, l’une de ses amies, lui a proposé de mettre un matelas par terre. Bien qu’elle sache qu’il était connu du groupe pour « des gestes déplacés sur la gent féminine ».
Or, au petit matin, elle s’est aperçue qu’il était dans son lit et qu’il la caressait.
Une enquête est ouverte et les enquêteurs entendent cinq femmes accusant le trentenaire de gestes pouvant s’apparenter à des agressions sexuelles. Les faits sont prescrits pour quatre d’entre elles, mais le témoignage de la cinquième, 17 ans au moment des faits, est joint à la procédure. Elle décrit des attouchements sur sa poitrine à Guérande en juillet 2012.
Une autre jeune fille a porté plainte pour des faits identiques, en 2011-2012, alors qu’elle était mineure.
Le jeune homme au casier vierge était un « super copain pour tous ». Il avait sept ans, lorsque, en pleine guère civile d’Angola, ses parents l’ont confié à une famille française. Cela explique peut-être qu’il a mentionné : « Depuis mon enfance, je suis en recherche d’affection, je me suis investi par peur d’être abandonné… oui, je suis allé au-delà du consentement » (…)
Le trentenaire s’est de nouveau excusé : « Je suis navré d’avoir gâché une belle amitié ».
Le trentenaire a été condamné à 30 mois de prison dont dix-huit avec sursis probatoire. Il devra verser à celle qui était mineure au moment des faits 3 000 € de dommages et intérêts, 5 000 € à la seconde victime et régler leurs 1 800 € de frais d’avocate.






















