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ÀBagnolet, il n’y a plus de majorité LFI, mais deux : les Insoumis de Bagnolet et les Insoumis antiracistes et populaires de Bagnolet. Cette scission ubuesque a eu lieu cette semaine, dans un mouvement vertical peu habitué à ce type d’écarts. Elle déstabilise profondément le maire, Édouard Denouel, élu pour la première fois aux municipales en mars dernier, sur une liste soutenue par les Écologistes et LFI.

Tout part d’une réunion publique organisée par la mairie le 10 octobre sur le mouvement social des lycéens. La soirée est coanimée par la militante antiraciste de Bagnolet Fatima Ouassak, pourfendeuse régulière de l’islamophobie et du racisme avec son syndicat Front de Mères. À ses côtés, un jeune élève de 17 ans du lycée Hénaff coanime la réunion. Il soutient La France insoumise – soutien du maire – mais ne l’a pas précisé au micro.

S’ensuit un brouhaha. « Communistes ! Vous êtes des communistes ! », dégoupille le directeur de cabinet de la ville, Youcef Brakni. Avec Youcef Brakni, ils encadrent le jeune lycéen et l’un de ses amis, âgé de 21 ans. Et les sortent manu militari de la salle. « Tu nous as mis en difficulté ! », lui reprochent-ils. « Il fallait voir le regard du gamin, tétanisé, tout petit à côté des deux grands gaillards de 40 ans qui lui hurlaient dessus », raconte une témoin de la scène. Une membre de la section CGT Jeunes s’interpose entre le lycéen et le directeur de la jeunesse, très nerveux. Elle affirme avoir reçu quatre coups secs de sa part sur son bras. « Comme s’il cassait une brique », décrit un témoin.

La CGT locale n’a pas été la seule à avoir été choquée. Dans un communiqué, le groupe Insoumis de Bagnolet dénonce des « intimidations et des violences ». Le maire a été sommé de réagir. Édouard Denouel ne l’a pas fait. Ce jeudi, le groupe LFI a donc annoncé sa démission de la majorité. Une demi-douzaine d’adjoints plient bagage. Un petit séisme.

Car le psychodrame ne s’arrête pas là. Entre-temps, un nouveau compte Instagram émerge. Il est immédiatement relayé par des comptes très suivis, ceux du militant excommunié de LFI Taha Bouhafs, de Fatima Ouassak et de la patronne du comité Adama, Assa Traoré. Comité Adama dont Youcef Brakni est le porte-parole.

Ce contre-groupe d’action insoumis s’appelle « LFI Populaire et Antiraciste Bagnolet » et déplore des « violences sexistes, masculinistes et islamophobes » de la part des Insoumis locaux, dont ils n’hésitent pas à pointer la couleur de peau dans un communiqué : « Le GA LFI Bagnolet est composé majoritairement de personnes blanches qui nous font subir des mises à l’écart et des brimades », « notamment à propos du foulard porté par une militante insoumise. »

« Évidemment, le GA reprend les clichés sur les hommes arabes violents », commente le groupe dans une curieuse obsession identitaire. La fondatrice de Front de Mères, Fatima Ouassak, par ailleurs compagne de Youcef Brakni, en remet une couche en commentaire : les Insoumis locaux sont des « mascus racistes », qui lui ont tenu des propos « sexistes et racistes ». « Ça ne tient pas une seconde, les deux jeunes qui se sont fait sortir de la réunion publique sont des rebeus (sic) », oppose une témoin de la réunion publique.

« On ne peut pas crier au racisme pour justifier chaque agression, encore moins lorsque les victimes sont elles-mêmes racisées », répond sur Instagram à Fatima Ouassak un militant insoumis visiblement agacé par sa ligne de défense.

Le Point

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