L’acquisition de nationalité, un puissant réservoir de voix pour le parti de Jean-Luc Mélenchon dans un contexte d’immigration incontrôlée… La dernière étude cosignée par la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol) et l’Observatoire de l’immigration et de la démocratie (OID) explore un sujet éminemment sensible. En se basant sur les chiffres de l’Insee, du ministère de l’Intérieur et de l’agence statistique de la Commission européenne Eurostat, ces deux groupes de réflexion exhument des chiffres que l’administration se garde bien de mettre elle-même en perspective. Les auteurs de l’étude propose que la naturalisation par décret soit la seule voie d’acquisition de la nationalité française.
Ainsi, constatent-ils, depuis l’an 2000, « 3 millions de personnes, nées étrangères, ont acquis la nationalité française » : « 1,6 million d’entre elles ont obtenu la nationalité française via une naturalisation par décret, 770 000 via le « droit du sol différé » (acquérir la nationalité française de manière automatique à sa majorité, sous réserve d’avoir passé 5 ans sur le territoire entre 11 et 18 ans, ou de manière anticipée dès l’âge de 13 ans, NDLR) et 560 000 à la suite du mariage avec une personne de nationalité française. » « Par leur importance, ces chiffres sont sans précédent : il y a eu près de deux fois plus d’acquisitions de la nationalité française sur le premier quart du XXIe siècle que durant le dernier quart du XXe siècle » , nous apprend ce document d’une cinquantaine de pages, truffé de références. [… ]
Selon les auteurs : « Une telle répartition géographique soulève d’importantes questions quant à ses effets sur le corps électoral. En vue de l’élection présidentielle de 2027 : les électeurs dont les deux parents sont d’origine extra-européenne déclarent quatre fois plus souvent une intention de vote pour La France insoumise que ceux dont les parents sont d’origine française. » À l’inverse, « ils envisagent deux fois moins souvent que ces derniers de voter pour Les Républicains – et près de trois fois moins souvent pour le Rassemblement national » . [… ]
Le tandem Fondapol-OID appelle à une forme de sursaut sur la question de l’accès à la nationalité française : « L’importance du traitement de ce sujet est d’autant plus grande qu’au 1er janvier 2024, 763 000 étrangers nés en France et âgés de moins de 18 ans vivaient sur le territoire français – soit autant de bénéficiaires attendus du « droit du sol » d’ici à leur majorité » , écrit-il. Il y voit un puissant vivier électoral pour LFI. Car la galaxie Mélenchon est en passe de réussir ce dont les socialistes rêvaient : attirer massivement le vote immigré. Une stratégie exprimée sans complexe dès 2011 par le think-tank Terra Nova, proche du PS, qui, prenant acte de la désaffection grandissante du vote ouvrier et employé à l’égard de la gauche, recommandait de miser notamment sur les électeurs jeunes, les urbains et ceux issus de l’immigration. [… ]



