En Malaisie, 90 % des places dans les collèges publics de matriculation, une filière de préparation à l’université, sont réservées aux « Bumiputera », qui regroupent les Malais et d’autres populations autochtones. Ces communautés représentent environ 70 % des citoyens, dont 57 % de Malais. Les étudiants des autres communautés, notamment chinoise et indienne, se partagent les 10 % de places restantes. Ce quota concerne cette filière préuniversitaire, et non l’ensemble des admissions à l’université.
Ce système de préférence ethnique s’inscrit dans la politique de discrimination positive engagée en 1971 pour favoriser l’ascension économique et sociale des Bumiputera. Le 8 septembre, à l’occasion d’une convention consacrée à l’éducation des Malais, le ministre de l’Enseignement supérieur, Zambry Abdul Kadir, a plaidé pour que ces derniers puissent réussir sans dépendre durablement des quotas. Aucune réforme du dispositif n’a toutefois été annoncée.
Le débat a également gagné le secteur privé. Une règle datant de 2006 devait être appliquée aux centres privés de soutien scolaire : pour obtenir ou renouveler leur licence, ils auraient dû réserver au moins 30 % de leur capital aux Bumiputera. Face à la polémique, le ministère de l’Éducation a annoncé le 22 septembre qu’il renonçait à imposer cette condition, sans abroger formellement la règle selon le chercheur Lee Hwok-Aun.
Dans une analyse publiée le 8 octobre par le centre de recherche singapourien ISEAS – Yusof Ishak Institute, ce spécialiste de la Malaisie juge les quotas ethniques obligatoires dans l’actionnariat « injustes et contre-productifs ». Il appelle à revoir ces politiques en tenant compte des difficultés socio-économiques, des résultats scolaires et de la représentation des différentes communautés.
Source : Fulcrum / ISEAS – Yusof Ishak Institute, 8 octobre 2026.



