Dans un long texte publié par Le Grand Continent, un professeur de lycée en banlieue parisienne avance une hypothèse sur le déclenchement de la mobilisation lycéenne : l’interdiction du téléphone portable à la rentrée aurait pu jouer un rôle d’accélérateur.
L’auteur insiste sur le fait qu’il ne présente pas cette idée comme une explication unique. Il évoque aussi la dégradation des conditions d’enseignement, les absences de professeurs, les classes surchargées, Parcoursup, les tensions avec l’institution et les violences entourant certains blocages.
Son hypothèse est que le téléphone jouait jusque-là un rôle d’« objet doudou » et de dérivatif permanent. Privés de cet écran pendant la journée, les élèves seraient devenus plus présents, plus agités mais aussi davantage confrontés à leur environnement scolaire et social.
« En levant les yeux de leur smartphone, les élèves ont découvert un monde insupportable », résume le sous-titre de l’article. Le professeur décrit dans son établissement des élèves qui bloquent le lycée, incendient des poubelles, insultent le proviseur ou affrontent les forces de l’ordre, tout en peinant parfois à formuler clairement leurs revendications.
Il raconte également que certains de ses élèves évoquent la Palestine, la cantine, l’accès aux toilettes, le « trop de cours », les absences de professeurs ou encore Parcoursup. À ses yeux, l’interdiction du portable n’aurait donc pas créé la colère, mais aurait pu rendre plus visibles et plus vives des frustrations déjà présentes.



