L’avocate nantaise Anne Bouillon a été condamnée par le Conseil régional de discipline à une peine de six mois de suspension intégralement assortie du sursis. Accusée de “management toxique” par des anciennes collaboratrices et élèves avocats, elle avait fait l’objet d’une enquête interne. Elle se confie sur une décision qu’elle juge sévère mais qui la chamboule.
[…]Cette décision est intervenue après une longue enquête interne après que d’anciennes collaboratrices et élèves avocats l’ont accusé de “management toxique”. “C’est une peine d’avertissement”, explique l’avocate au lendemain de la décision. Une peine qu’elle juge plutôt sévère et qui la touche. Elle peine à cacher son émotion.
“C’est très dur, j’accuse le coup”, confie Anne Bouillon. “En même temps je suis soulagée. Car il y avait trois choses que le bâtonnier, l’autorité de poursuite, me reprochait : un manquement à la confraternité, un manquement à la délicatesse et un manquement à l’humanité. Le manquement à l’humanité n’a pas été retenu, c’est un soulagement car l’humanité est la pierre angulaire de tout mon engagement.”
[…]L’avocate chamboulée, revient sur le fait qu’elle a dès les premières accusations à son égard reconnu des faits. “J’ai des collaboratrices qui ont vingt ans d’expérience, qui sont rompues, mais je ne conteste pas le fait que ça a pu être douloureux pour des jeunes collaboratrices qui sont inexpérimentées. Il y en a une qui disait : “je suis allée sur une scène de crime, je ne m’y attendais pas, ça a été le plus gros choc de ma carrière. Et c’est vrai, j’aurais sans doute dû plus la préparer.”


