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Russell Lamberti, directeur exécutif et économiste en chef chez Sakeliga, a déclaré que cette initiative en faveur d’un fonds de transformation n’était rien d’autre qu’une « taxe sur les Blancs ».

Le ministre du Commerce, de l’Industrie et de la Concurrence, Parks Tau, a proposé pour la première fois il y a deux ans la création d’un fonds de transformation de 100 milliards de rands.
M. Tau a expliqué que ce fonds serait géré par le Fonds national d’autonomisation (NEF) et qu’il octroierait des financements conformément à la réglementation BBBEE.

[Broad-Based Black Economic Empowerment = Autonomisation économique des Noirs à grande échelle]

Il a précisé que les ressources du fonds seraient levées conformément aux codes de bonnes pratiques BBBEE et par le biais de la participation d’intérêt public de la Commission de la concurrence.
« En vertu des codes BBBEE, les entités sont tenues de verser l’équivalent de 3 % de leur bénéfice net annuel après impôts pour le développement des fournisseurs noirs », a déclaré M. Tau.
Le président Cyril Ramaphosa a présenté ce nouveau fonds de transformation lors de son discours sur l’état de la nation de 2025.
« Le gouvernement mettra en place un fonds de transformation d’une valeur de 20 milliards de rands par an au cours des cinq prochaines années afin de financer les entreprises détenues par des Noirs et les petites entreprises », a-t-il déclaré.
« Ce fonds garantira que les entreprises détenues par des femmes, des jeunes et des personnes en situation de handicap bénéficient d’opportunités équitables dans le cadre des marchés publics. »

[…]

M. Lamberti a déclaré qu’on assistait à une prolifération croissante de fonds de transformation auxquels les entreprises sont tenues de contribuer.

« Cela représente une toute nouvelle ramification du BEE. Cela pourrait être le reflet de la dernière phase du BEE ou de l’orientation générale que prend cette politique. »

Il a expliqué que cela modifie la nature de la transformation : au lieu de structurer des opérations sur capitaux propres, les entreprises se contentent désormais d’injecter de l’argent dans une vaste caisse noire gouvernementale par le biais d’équivalents de capitaux propres.

« Donc, il suffit de verser l’argent. Il suffit de payer la “taxe sur les Blancs” pour pouvoir participer. Une fois cette taxe acquittée, on est autorisé à participer », a-t-il déclaré.

M. Lamberti a souligné que ces fonds de transformation, qui constituent en substance une taxe sur les Blancs, posaient plusieurs problèmes.

« Au-delà de la question éthique, cela représente tout de même un coût considérable. Ce coût peut facilement être revu à la hausse à la discrétion du gouvernement », a-t-il déclaré.

« C’est inacceptable. Nous ne l’acceptons pas, et les entreprises ne devraient pas l’accepter non plus. C’est pourquoi nous intentons des actions en justice contre ce système. »

M. Lamberti a ajouté que les Blancs sont la cible principale des réglementations gouvernementales relatives à l’émancipation économique des Noirs et à l’équité en matière d’emploi.

« L’un des mécanismes utilisés par le gouvernement depuis des décennies consiste en des restrictions d’activité économique fondées sur la race, visant principalement les Blancs », a-t-il déclaré.

« On assiste à une offensive réglementaire et à une volonté de restreindre la participation économique sur la base de la race. »

« Il y a une volonté de priver les entreprises de leur actionnariat et de licencier les salariés s’ils ne sont pas de la bonne couleur. »

Il a fait valoir que ces restrictions fondées sur la race ont des conséquences négatives pour pratiquement tout le monde en Afrique du Sud.

Newsday


Le ministre du Commerce, de l’Industrie et de la Concurrence, Parks Tau, a déclaré que le nouveau Fonds de transformation serait une entité indépendante dotée d’un système de suivi des investissements en temps réel.

M. Tau a fourni ces informations en réponse à une question posée par le député Toby Chance.

M. Chance s’est montré très critique à l’égard du nouveau Fonds de transformation de 100 milliards de rands, mieux connu sous le nom de nouveau fonds BEE.

Il a averti que ce fonds risquait fort de devenir un gouffre sans fond pour l’argent des contribuables, avec peu ou pas de contrôle et peu de résultats concrets.

Il a ajouté que l’autonomisation économique des Noirs à grande échelle s’était avérée contre-productive pour réduire les inégalités en Afrique du Sud.

« La majeure partie des financements passe à côté de l’objectif visé, à savoir stimuler les entreprises à forte croissance en Afrique du Sud », a-t-il déclaré.

« Notre pays regorge d’entrepreneurs issus de communautés diverses qui ont simplement besoin d’une chance de réussir. »

M. Chance a affirmé que ce fonds ne s’attaquerait pas aux causes profondes des problèmes économiques majeurs de l’Afrique du Sud.

« Le Fonds de transformation perpétuera le même cycle de mauvaise gestion qui a conduit à une faible croissance économique », a-t-il déclaré.

« Un fonds de 100 milliards de rands, reposant sur ce cadre défaillant, conduira probablement à davantage de gaspillage financier et de copinage politique plutôt qu’à une véritable autonomisation économique. »

Le Freedom Front Plus, qui fait également partie du gouvernement d’unité nationale, a partagé le point de vue de M. Chance.

L’objectif initial de l’autonomisation économique des Noirs, à savoir donner aux Sud-Africains noirs les moyens de s’épanouir économiquement, n’a pas été atteint.

Au contraire, le système a été détourné pour enrichir un petit groupe de milliardaires, tandis que le grand public s’est encore appauvri.

Daily Investor (mai 2026)

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