Le président des Maraudes des Anges, association toulousaine connue pour ses distributions aux sans-abri, est soupçonné d’avoir utilisé le nom de la structure pour obtenir près de 184 000 euros de marchandises auprès de 14 enseignes. Interpellé mercredi, l’homme de 41 ans a reconnu une grande partie des faits. À l’hiver 2020, il arpentait les rues de Toulouse à la tête des Maraudes des Anges, distribuant des repas aux sans-abri sous le regard admiratif de Jean-Luc Moudenc.
Ce jeudi, le maire de la Ville rose, Jean-Luc Moudenc a participé à une maraude. Il a enfilé le gilet blanc des bénévoles de l’association La Maraude des Anges.
« C’est une association que la mairie subventionne. Je me suis appuyé sur ce que l’on m’a dit. Il est temps d’aller sur le terrain constater », sourit le maire de la Ville rose. Daniel Rougé, l’adjoint au maire chargé de la solidarité et de l’inclusion, marche également aux côtés des bénévoles.« Même si on a conscience des personnes qui sont à la rue, il est important de les voir et de se rendre compte », affirme-t-il. La Dépêche (Article de 2020)
Entre mars 2024 et avril 2026, le président des Maraudes des Anges aurait utilisé le nom et la réputation de son association pour ouvrir des comptes professionnels auprès de nombreuses enseignes. Le mécanisme, répété pendant deux ans, était relativement simple : se présenter comme le responsable d’une structure associative disposant de moyens importants, ouvrir un compte client avec un relevé d’identité bancaire, puis profiter de systèmes de paiement sur facture ou à trente jours pour multiplier les commandes avant que les commerçants ne découvrent l’impayé. […]
Les achats ne semblent pourtant avoir que marginalement bénéficié aux maraudes. Une partie des marchandises, notamment du mobilier, de l’électroménager ou des cartes cadeaux, aurait été remise à des membres de sa famille. D’autres biens auraient été revendus. Selon les enquêteurs, une sorte de loterie aurait même servi à écouler une partie des produits et à récupérer de l’argent liquide.
Une grande partie de ces sommes aurait finalement été engloutie dans les jeux d’argent. L’homme aurait reconnu une forte addiction, notamment au poker, pratiqué dans des casinos ou en ligne. Au moment de son interpellation, il ne resterait pratiquement rien des quelque 184 000 euros concernés par le dossier.


