Entraîneur des Orlando Pirates, Abdeslam Ouaddou a réalisé un triplé historique avec le club de Johannesburg (Championnat, Coupe, Supercoupe) pour lequel il a reçu le prix de meilleur coach d’Afrique du Sud. Mais tout n’a pas été si simple pour l’ancien défenseur, dans sa reconversion comme dans cette saison aboutie. (…)
«La première fois, je n’étais «que» coach en centre de formation», raconte-t-il en expliquant que la Direction technique nationale privilégiait alors les entraîneurs déjà en poste dans le football professionnel. Après une première expérience sur le banc du Mouloudia d’Oujda, il dépose une nouvelle candidature. La réponse ne change pourtant pas : «On m’a dit que j’avais un super profil (…) mais que j’entraînais à l’étranger et que c’était un problème. C’est le serpent qui se mord la queue.»
L’ancien international marocain assure également que la FFF lui a refusé, dans un premier temps, l’autorisation de poursuivre sa formation en Allemagne. «J’ai demandé des explications par mail et je n’ai jamais eu de réponse (…) En fait, on m’a empêché de travailler. Incompréhensible.» Il finira finalement par obtenir le document nécessaire après avoir saisi le directeur technique national, Hubert Fournier.
Ouaddou estime que son expérience illustre un problème plus large. (…)
Vous avez bourlingué ces dernières années sur le continent africain, où vous avez entraîné au Maroc, au Bénin, en République démocratique du Congo et maintenant en Afrique du Sud. C’était une volonté de votre part ?
Quand j’ai arrêté ma carrière de joueur, mon ambition était clairement de continuer à évoluer dans l’univers professionnel. J’ai commencé à entraîner au centre de formation de Nancy, mon club formateur, et j’ai passé mes premiers diplômes en parallèle avec l’idée de me présenter au BEPF. J’ai postulé deux fois, et j’ai été recalé deux fois avec des excuses changeantes à chaque fois.
À vous écouter, vous avez suspecté un fond de racisme ?
“Je constate simplement que c’est toujours plus compliqué pour nous. Pourtant, je suis Franco-Marocain, fier de l’être, fier de mes deux cultures. Vous savez, je suis arrivé en France à deux ans, je m’y suis marié, mes enfants y sont nés. J’ai la double nationalité. Je pense même être reconnu de par mon parcours professionnel, réalisé en France en grande partie. Mais tout cela ne semble pas avoir compté. Pourquoi ? Quand la FFF aura compris qu’il faut un peu colorer les entraîneurs professionnels, les éducateurs, on aura avancé dans le pays.”
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