En Gironde, 42.000 hectares ont été parcourus par les flammes depuis le début de l’incendie. Alors que les pompiers sont éreintés, la solidarité s’organise sur place, où des agriculteurs, forestiers et bénévoles ont fait le trajet pour venir leur prêter main-forte. La chambre d’agriculture et la préfecture sont réticents à leur initiative.
Près de Lacanau, les soldats du feu s’affairent à contenir le feu, éreintés physiquement et mentalement après plusieurs jours de travail. « On a envie de chialer parce que c’est du patrimoine. C’est la forêt, c’est quelque chose ici. Nous on n’est peut-être pas du secteur mais ici les mecs c’est leur gagne-pain, c’est leur vie. Ils ont travaillé toute leur vie pour avoir des trucs comme ça et aujourd’hui tout est en feu donc non t’as qu’une envie c’est de chialer“, témoigne l’un d’entre eux au micro de RTL, ajoutant : “Sur 24 heures, tu dors 3 heures. Tu travailles entre 19 et 21 heures. Tu travailles, tu travailles, tu travailles, tu réfléchis pas, mais encore une fois, t’as qu’envie de chialer. »
Une chose est sûre, les pompiers peuvent compter sur la solidarité d’autres professions. Christophe, qui a traversé le département avec ses 25.000 litres d’eau, rempli la cuve des véhicules des soldats du feu. « On est en agriculture à côté de Libourne et on vient aider. C’est notre pays, on est citoyens, on défend notre territoire », explique-t-il à RTL.
« On a prévenu la chambre d’agriculture, la préfecture, on a dit qu’on était prêts à venir. Ils nous disent non. Aujourd’hui, on paye tout de notre poche, ça nous coûte 500 euros de gasoil par jour pour venir aider. Et quand j’ai appelé tout à l’heure la chambre d’agriculture, ils nous ont dit ‘vous ne serez pas indemnisés, vous avez pris la décision d’y aller, vous vous débrouillez’ », dénonce-t-il.
Quelques mètres plus loin, Nathalie recharge pour la 30e fois de la journée avec une pompe électrique la cuve de 1.000 litres accrochée à l’arrière de son pick-up noir. […]


