Le parquet propose régulièrement aux victimes de viol que les faits soient requalifiés d’agression sexuelle, afin qu’ils soient jugés plus rapidement. Chloé refuse cette option : « Je ne veux pas que les faits soient amoindris. »
[…]Dès le début de la procédure, son avocate la prévient que le parquet va probablement lui suggérer de requalifier les faits de viols – des crimes – en agressions sexuelles – des délits. La pratique, qui n’aboutit que si la plaignante donne son accord, est courante. Cette possible proposition, « je la prends comme un affront », s’indigne la jeune femme. « Ça ne vaut même pas la peine de me le proposer parce que je dirai non et je vais m’emporter face à la juge d’instruction. »
Elle sait la raison principale pour laquelle on suggère aux plaignantes que leur dossier soit jugé par un tribunal et non une cour criminelle : « Parce que c’est une affaire qui pourrait durer longtemps, jusqu’à six ans, sept ans en raison du nombre de dossiers en attente d’être jugés par une cour criminelle ». Le parquet invoque une bonne administration de la justice car les délais sont moins longs devant un tribunal correctionnel : environ un an. Chloé résume : « Ce serait pour aider la justice qu’on accepterait cette correctionnalisation. Mais c’est à elle de nous aider, ce n’est pas à nous de l’aider. »
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