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Ahmed B. repère sur un site d’annonces le vélo de ses rêves. Le prix est très attractif, il clique. Il ne sait pas encore que cette machine a été volée et qu’elle appartient à un champion du monde. C’est le début d’un feuilleton aux péripéties aussi surprenantes qu’inquiétantes.

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Celui qu’on ne touche pas normalement à moins de 15 000 euros. « Vilos corses (sic), 4 000 € », dit l’annonce. Ahmed appelle, on lui répond en langue arabe que non, il n’y a pas d’infos supplémentaires, non il n’y a pas de facture mais oui, il peut passer voir la bête à Colombes. Le jeune homme sent que le vendeur ne maîtrise pas du tout son sujet, il hésite, raconte-t-il. Mais c’est le Pinarello dont il rêve. Alors…

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À partir de ce moment-là, Ahmed dit avoir décidé de documenter toutes les étapes de son achat en captures d’écran, déjà dans l’idée de coincer le voleur avec l’aide de la police : « Je n’avais pas envie qu’on m’accuse de quoi que ce soit. Qu’on dise : il était intéressé par les vélos et il s’est rendu compte que c’était peut-être un mauvais plan, alors il s’est mué en justicier. » Ahmed insiste : « En fait, dès le début, je savais que je n’allais pas acheter ce vélo pour moi. Je voulais faire en sorte que son propriétaire le récupère. Mais j’étais loin de me douter que c’était un champion du monde. »

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Ahmed, lui, se prépare à découvrir en vrai le « vilo corse » Pinarello de ses rêves. Il raconte la scène : deux heures à poireauter au lieu de rendez-vous donné à Colombes. Puis, deux jeunes types en survêt’et Nike Air Max arrivent, l’air méfiant, le questionnent, le font changer d’endroit à deux reprises via des ruelles. Le jeune ingénieur cogite.

« C’est là que j’active ma montre connectée pour garder une trace de là où ils vont m’amener, ainsi que le Bluetooth de mon téléphone. Comme ça, si j’arrête mon activité, les données seront envoyées à mon téléphone. Je préviens aussi ma copine qui se demande dans quelle histoire je me suis fourré. Moi, au départ, je pensais que je partirais avec la police dans une voiture, on irait récupérer les vélos et basta. Sauf que petit à petit, je suis seul et pris dans un engrenage. » Un troisième larron arrive et le fouille. Ahmed sort sa carte d’identité marocaine (il a la double nationalité), assure qu’il n’est pas de la police, et finit par être conduit dans une cave en sale état, imprégnée d’une forte odeur de clope.

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L’Equipe

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