En pleine rue, quatre lycéens ont été victimes d’une agression, qui semblerait s’être passée rapidement et qui a été particulièrement brutale. Deux d’entre eux, des mineurs, souffrent de blessures importantes : une fracture du plancher orbital (10 jours d’ITT) pour l’un et une double fracture de la mâchoire pour l’autre (21 jours d’ITT). Ce mardi 30 juin, les quatre présumés auteurs de cette agression sont convoqués devant le tribunal de Cahors, dans le cadre d’une comparution immédiate. Ils auraient roué de coups les lycéens, notamment avec un objet en verre. Deux d’entre eux, Mehdine, âgé de 19 ans, et Ali, âgé de 18 ans, comparaissent dans le box après avoir été placés en détention provisoire ce dimanche 28 juin. Les deux autres, Bilal* et Joseph*, âgés respectivement de 30 et 23 ans, ont, eux, été placés sous contrôle judiciaire.
Dans le cadre de ce type de comparution, l’audience débute par une question simple : souhaitent-ils être jugés immédiatement ou demander le renvoi de l’affaire pour préparer leur défense avec leur avocat ? La réponse est unanime : tous souhaitent être jugés ultérieurement.
Au cours de cette audience, ce ne sont donc pas les faits qui sont abordés mais bien la personnalité des quatre mis en cause. Le premier, le plus jeune, Ali, a déjà une mention à son casier judiciaire. En janvier dernier, il a été condamné dans le cadre d’une affaire de rodéo urbain à six mois de prison assortis d’un sursis probatoire. Pour les autres, aucune mention n’a été relevée “même si l’identité n’a pas pu être vérifiée”, indique la présidente. Tour à tour, leur situation personnelle est évoquée. Ali est arrivé en France il y a trois ans à la recherche d’un travail pour financer les traitements de ses parents qui vivent en Tunisie. “Je n’ai pas envie d’aller en prison. Il y a douze jours, j’ai perdu mon père et j’ai un bébé de six mois”, avance celui qui a fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF) depuis fin 2025.
Mehdine, lui, est également né en Tunisie. Arrivé en France en 2023, le jeune de 19 ans bénéficie actuellement d’un contrat jeune majeur. “J’ai fait une erreur de jeunesse, je ne referai plus jamais quelque chose comme ça. Je ne veux pas rester en prison, je n’arrive même pas à dormir”, confie celui qui est actuellement dans une cellule avec deux autres codétenus. Son avocat, Me Mallemouche, insiste : “La détention provisoire doit être l’exception. J’ai plutôt l’impression que c’est systémique.” La robe noire plaide un placement sous contrôle judiciaire, à Saint-Céré, où il bénéficie d’un logement. Le tribunal a finalement suivi les réquisitions de la procureure et décide du maintien en détention jusqu’au procès.
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