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À Boulogne-Billancourt, dans les Hauts-de-Seine, la municipalité poursuit son bras de fer contre les dark kitchens, ces cuisines fantômes développées depuis la crise du Covid et destinées à la vente en ligne. La ville a déjà obtenu gain de cause devant le tribunal administratif de Cergy-Pontoise face aux établissements Cooklane et Taster, tous deux visés par des arrêtés municipaux limitant leurs horaires d’ouverture.

Boulevard Jean-Jaurès, les riverains et commerçants dénoncent depuis plusieurs mois le ballet des livreurs, les scooters stationnés en nombre, le bruit, les déchets et les attroupements. Cooklane, exploitée par une société de location de cuisines créée par Travis Kalanick, fondateur controversé d’Uber, a été particulièrement ciblée par les plaintes du voisinage. La mairie affirme avoir reçu appels, courriers et pétitions de riverains se plaignant principalement des nuisances sonores.

« Il y a déjà eu jusqu’à 70 scooters devant », dénonce un commerçant de l’avenue. « Boulogne, c’est devenu Barbès, depuis qu’ils nous ont ramené ça, ils nous ont pourri le quartier. » Le même commerçant ajoute : « Les livreurs dérangent les filles qui passent, ça pue le shit. » Aldo, un habitué du quartier, abonde : « Ils bloquent toutes les places de stationnement, ils se garent à la sauvage, ils parlent fort, je plains les habitants. »

Face à ces troubles, le maire LR Pierre-Christophe Baguet a pris un premier arrêté en septembre contre Cooklane, puis un autre le 18 mars contre Taster, situé près du marché de Billancourt. Les deux établissements doivent désormais fermer de 22 heures à 11h30. Taster contestait la mesure, affirmant n’avoir jamais reçu « la moindre plainte des habitants » et estimant sa perte de marge annuelle à 120 000 euros. Le 11 mai, le tribunal administratif a toutefois validé l’arrêté municipal. Les recours sur le fond restent encore à examiner.

Selon la ville, les nuisances ont diminué : la police municipale a effectué 381 passages et dressé 144 verbalisations l’an dernier sur le secteur concerné, contre 570 passages et 287 verbalisations en 2024. Depuis l’entrée en vigueur du PLUi du territoire Grand Paris Seine Ouest en 2025, l’installation de nouvelles cuisines fantômes est désormais impossible dans ces conditions, ces activités étant rattachées à une sous-destination spécifique de type industries ou entrepôts.

Le Parisien

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